Rukia ouvrit un œil fatigué lorsque le réveil d'Ichigo fit entendre sa sonnerie nasillarde. Elle comprit tout de suite qu'il y avait un problème. Son placard était beaucoup trop lumineux, elle était obligée de fermer les yeux. Or, elle veillait toujours à bien le fermer. Ichigo l'aurait-il regardée dormir ? Mais elle avait du mal à bouger... quelque chose la retenait clouée au lit.

Elle devint rouge pivoine quand elle découvrit qu'elle était dans le lit d'Ichigo. Et sa gêne monta de quelques crans supplémentaires lorsqu'elle vit que c'était lui qui l'empêchait de se lever.

- Et merde... qu'est-ce que je fous là, moi ?

Elle posa une main sur l'oreiller pour se redresser sans le réveiller, et fut surprise en constant que l'oreiller semblait humide. Elle regarda Ichigo, mais il ne semblait pas avec les yeux rouges. En revanche, lorsqu'elle toucha son visage, elle sentit ses joues humides, et des cernes gonflés.

- La vache, pour que l'oreiller soit humide, il fallait vraiment que je sois mal... mais bon sang de bonsoir, qu'est-ce qui s'est passé hier soir ?

Elle jeta un œil rapide sous les draps.

- Bon. Déjà, j'ai mes fringues. Et lui aussi. C'est un bon point. Il ne s'est rien passé. Mais alors, bordel, qu'est-ce que je fous dans son pieu ?

Malheureusement, elle n'était pas dans son élément pour pouvoir réfléchir tranquillement. Elle essaya d'écarter doucement les bras du rouquin, mais celui-ci, toujours endormi – à quoi pouvait bien lui servir son réveil, s'il ne le réveillait pas ? – resserra sa prise autour de ses épaules et de sa taille, et Rukia, plus rouge que jamais, se retrouva plaquée contre son torse.

- Et merde... et à tous les coups, c'est pile à ce moment qu'Isshin...

Tout à coup, un grand vacarme se fit entendre sur le palier. De rouge pivoine, Rukia passa à un blanc cassé. Elle avait vraiment la poisse. Le père était parti pour faire son bonjour matinal au fils, mais – et Rukia voyait la scène se profiler à l'horizon avec une précision effrayante – lorsqu'il découvrirait la jeune fille dans les bras d'Ichigo, il ferait aussitôt tout un fromage sur le fait que son fils avait déshonoré sa troisième fille, tout en s'extasiant que son fils indigne était enfin devenu un homme...

Tentant le tout pour le tout, Rukia se retourna, et envoya une grande baffe dans le visage d'Ichigo. Celui-ci, encore dans les vapes, eut tôt fait de constater l'ampleur du problème. Il entendait toujours son père arriver de loin, mais là, il était beaucoup trop près pour tenter une esquive.

Sans réfléchir, il se redressa avec les yeux à moitié ouverts, lança sans ménagement Rukia dans son placard, et ferma la porte sans attendre qu'elle ait atterrit. Puis il se massa la joue où la jeune fille l'avait giflé – une bonne grande baffe bien sentie, on pouvait presque voir la marque de sa main – avant de s'autoriser un bâillement.

Puis il repensa à la scène de son réveil, et, enfin – c'est pas trop tôt ! – la première question sensée fusa dans son esprit.

Qu'est-ce que Rukia faisait dans son lit ?

Il n'eut pas le temps de demander à la principale intéressée, ou même de commencer à y réfléchir, car le père Kurosaki entra dans la chambre en coup de vent, et lança une attaque du pied que le fils évita sans peine. Ledit fils profita de la surprise de son père pour l'éjecter de sa chambre avec un coup de poing dans la figure, et ferma la porte à clé.

Bon sang, mais qui lui avait fichu un père pareil ?

- C'est bon, tu peux sortir, le danger est écarté, lança-t-il dans le vide, tout en enlevant son T-shirt de la veille pour en enfiler un autre qui ne soit pas humide ou froissé.

Doucement, la porte du placard s'ouvrit, et Rukia sortit la tête de son abri en se massant la tête.

- Non mais ça va pas la tête, Baka ?! Me lancer comme ça ! Heureusement que Kon était là pour amortir ma chute, sinon, j'étais grillée ! hurla-t-elle en direction du garçon en face d'elle, qui à présent se baladait en caleçon pour trouver un pantalon.

Elle agita sous son nez une peluche représentant un lion avec une magnifique fleur rose collée à une oreille. Le lion en mousse semblait passablement écrasé, mais cela ne l'empêcha pas de hurler tout un tas d'imbécillité sur les droits des animaux en peluche au rouquin en face de lui, qui, après avoir trouvé un pantalon, enfilait maintenant une chemise propre.

Rukia lança Kon dans la chambre, avant de sortir pour utiliser la salle de bains. Elle aussi avait besoin de se changer. Elle avait passé la nuit à pleurer, et sa robe était froissée.

Après une douche rapide mais bienfaitrice, un rapide examen lui permit de constater que les cernes sous ses yeux avaient fortement diminué, et mais qu'elle avait toujours une sale tête.

La tête de quelqu'un qui avait passé la nuit à pleurer. Rukia serra le rebord du lavabo tout en se détaillant dans la glace. Qu'est-ce qui avait bien pu la traumatiser pour qu'elle perde ses moyens comme ça ?

C'est en regardant son visage dans le miroir qu'elle se rappela tout. Dans les moindre détails. Elle avait revu cette nuit avec plus d'intensité que jamais. Mais il devait bien y avoir eu un élément déclencheur, quelque chose... elle n'allait pas très bien, ces temps-ci, mais craquer à ce point, elle ne l'avait encore jamais fait.

A cette pensée, de nouvelles larmes perlèrent au coin de ses yeux. Elle en laissa tomber quelques unes, puis respira un bon coup, ravala les sanglots qui obstruaient sa gorge, et essuya ses joues.

Elle ne devait plus craquer.

- Rukia, ça va aller ?

Ichigo. Il semblait inquiet. Comme toujours.

- Ouais, t'inquiètes.

- Faut qu'on y aille, on va finir par être en retard.

- J'arrive.

Rukia regarda une dernière fois dans le miroir, puis inspira un grand coup et ouvrit la porte. A voir la tête d'Ichigo, il semblait à deux doigts de la défoncer.

- Ça va ? répéta-t-il.

- Oui, oui. Ça va.

Sans d'autres commentaires, elle le contourna, et fila dans sa chambre récupérer son sac.

Puis elle voulut retourner dans le couloir, et vit qu'il lui barrait le chemin.

- Qu'est-ce qui s'est passé hier soir ?

Rukia se renfrogna. Elle avait espéré y couper, ou au moins avoir le temps de réfléchir à une excuse la plus plausible possible. Elle tenta de le contourner, mais, en croisant son regard, elle vit qu'il ne la laisserait pas passer tant qu'il n'aurait pas eu d'explication. Rukia grommela.

- Tu sais que tu peux tout me dire, murmura Ichigo.

Soudain, ses yeux n'étaient plus inquisiteurs, ou suspicieux. Ils étaient seulement inquiets. Eh oui. Ichigo, malgré son apparente froideur ou bouderie, était un éternel inquiet. Rukia sourit doucement.

- On va dire, pour faire simple, que je me suis rappelé quelques souvenirs plutôt déplaisants, et que notre visite au Hueco Mundo n'avait fait qu'empirer les choses. Ça te va, ou je fais un exposé plus détaillé ?

Ichigo sentait qu'elle se forçait à lui expliquer. Il le voyait toujours. Il avait appris à déterminer son humeur réelle, souvent différente de sa froideur habituelle, derrière ses intonations, ses mimiques, sa gestuelle, sa manière de se tenir. Ile ne la connaissait que depuis peu de temps, mais il la connaissait par cœur. Il arrivait à lire en elle. Son masque d'indifférence n'était pas encore assez travaillé pour ne laisser filtrer aucune émotion. Seul son frère, Byakuya, avait cette capacité à rester de marbre dans toutes les situations, même les plus tordues.

- Ça me va. Je ne veux pas te forcer la main. Mais je ne t'ai jamais vu craquer à ce point, alors je me suis fait du souci.

- Ichigo, quoique je fasse, de toute façon, tu te fais toujours du souci.

- Quoi ?! s'exclama le garçon en reprenant les bonnes vieilles habitudes. Je ne suis pas inquiet ! Pas du tout !

- Baka ! Tu passes ton temps à t'inquiéter pour les autres ! s'exclama Rukia.

Elle le bouscula pour sortir, et rejoignit Karin, Yuzu et Isshin dans la cuisine pour un petit-déjeuner hâtif. Ichigo la suivit en traînant les pieds.

Tite note de l'auteur

Hello everybody !!

Juste un p'ti mot pour dire que c'est ma première fanfic', alors soyez pas trop sévères, mais n'hésitez pas à commenter, le p'ti bouton vert en bas au milieu, c'est fait pour ça !! Je prends toutes les critiques !!

Je vais essayer de publier régulièrement, veinards que vous êtes, cette fic et terminée, vous aurez pas à attendre trois ou quatre mois avant un mise à jour… ^^

Et désolée pour le résumé plus que naze, mais avec cette fichue limite de 225 caractère, j'ai pas pu faire mieux ! ^^'

Quand au p'ti commentaire au début du premier chapitre, je l'enlèverai dès que je pourrais... promis !

Bsx !!