Ce fut long mais j'y suis enfin parvenue X_X Je voulais que ce chapitre soit bon et ne diffère pas trop du prologue (que je trouve assez spécial pour une fiction).
Questions/réponses :
BlueTimes : Oui mais tout ira moins vite et ce sera plus sombre que la première partie ^^
We'reAllMadHere : Il me semble que l'ancienne version est encore sur mon ancien ordinateur mais le problème est qu'il y a un virus dessus, du coup impossible d'accéder à quoi que ce soit. Si j'arrive à tout récupérer, je ne suis pas sûre que je reposterai tout car j'ai vraiment pas aimé ce que j'avais écris.. =/
Je vous souhaite une bonne lecture en espérant que ça vous plaira =3
Un aboiement, un miaulement, un cri, un hurlement, des gémissements... c'était ce qu'on entendait toutes les nuits dans le village. Beaucoup de voyageurs qui passaient par-là – souvent poussés par le hasard - se demandaient toujours en arrivant pourquoi les yeux des habitants étaient si cernés. Ils comprenaient très vite qu'il était impossible de s'endormir même après une journée de dur labeur.
Le soleil qui brûlait les terres de ce pays comme un désert abîmait leur peau et le résultat étaient parfois épouvantables chez certains. Les voyageurs repartaient toujours dans le même état au petit matin.
Manigoldo se leva difficilement de sa palliasse et prit le petit bout de verre disposé près du matelas de paille. Il reflétait la triste réalité de ses journées. Certes le jeune homme était beau et musclé mais sa peau était couverte de coups de soleil à cause des heures passées aux champs sans pouvoir se protéger. Son visage viril et attirant était recouvert de saletés qu'il ne parvenait pas à enlever depuis plusieurs jours tandis qu'une de ses nombreuses blessures s'était ré-ouverte et saignait abondement. La terre sur sa joue qui entrait directement en contact avec la plaie lui faisait mal mais il n'en montrait rien. La douleur était présente aussi bien physiquement que moralement mais Manigoldo avait appris à l'ignorer tant bien que mal pour que sa petite soeur ne puisse rien voir et ainsi s'en vouloir de ne pas pouvoir l'aider au travail.
Il tenta de réorganiser sa coiffure avec ses mains mais le résultat fût bien pire qu'au réveil Shaina allait encore se moquer de lui aujourd'hui. En songeant à son amie, Manigoldo se rappela qu'il fallait qu'il lui raconte ce qu'il avait vu la veille en rentrant du boulot. Bon sang, cela l'excitait tellement que peu lui importait si il serait en retard chez son patron si c'était pour en parler avec la prostituée.
L'agriculteur enfila rapidement ses vêtements de la veille en lambeaux sur son corps avant de laisser un baiser sur le front de la petite fille dont la main refusait de lâcher le tissus de son haut.
- « Je reviens ce soir, Lise... » murmura-t-il à sa petit soeur avant de se précipiter hors de leur taudis prenant garde d'éviter de croiser d'autres personnes avec qui il travaillait pour ne pas se faire remarquer.
Avant de se rendre aux quartiers chauds, Manigoldo décida de faire un tour au marché qui avait déjà commencé depuis une bonne heure et en profita pour voler deux pommes qui commençaient à pourrir pendant que le vendeur hurlait sur un petit garçon qui avait tenté de faire le même coup que lui.
Cela le dégoûtait mais il n'avait pas le choix. Si cela dépendait que de lui, il aurait défendu l'enfant et lui aurait même donné l'un des fruits qu'il dévorait goulûment en ce moment-même. Ce n'était pas de la lâcheté, il se devait de ne pas s'attirer d'ennui pour ne pas perdre son travail même si il n'hésitait pas parfois à faire tourner son employeur en bourrique comme en arrivant quelques minutes en retard.
Cela était nettement moins grave que de s'en prendre à un de ces riches qui vendaient leurs produits à prix trop élevés pour la majorité des habitants du village. Il avait une petite soeur à nourrir et il n'était pas le héros au coeur pur d'un quelconque manga ou roman d'aventure qui défendait les veuves et les opprimés. D'ailleurs, il faisait partie de cette deuxième catégorie bien qu'il se refusait de l'avouer à cause de sa fierté mal placée.
Lorsqu'il arriva dans la rue où habitait Shaina, il fût surpris d'y trouver une énorme nuée de mouches qui entouraient une sorte de bonne soeur. La masse d'insecte empêchait quiconque de voir ce qu'il se passait derrière la personne qui semblait être leur maîtresse. Le visage de cette dernière était recouvert d'une capuche qui laissait à peine voir ses yeux. L'inconnue releva lentement la tête et elle lança un petit sourire amusé à Manigoldo.
« J'peux savoir ce que tu fous là toi ?! » grogna-t-il « je te signale que c'est pas l'endroit pour une nonne et c'est quoi toutes ces mouches autour de toi ? Il n'y a jamais eu assez de cadavres ici pour attirer autant de ces bestioles » Il secoua les bras pour faire partir les quelques insectes qui venaient se poser sur lui.
L'étrange personnage ne répondit pas et se contenta de sourire de plus belle. Un silence pesant prit place et mis Manigoldo mal à l'aise. Celui-ci commença à se masser la tempe le bourdonnement désagréable des mouches lui donnait une migraine déjà présente à cause du manque de sommeilet cette dernière augmentait de seconde en seconde. Manigoldo ferma les yeux et serra les dents quand la douleur devint de plus en plus perçante. Soudain, elle disparu et l'agriculteur rouvrit les yeux lil ne restait plus une seule trace des mouches et de la nonne, comme si tout n'avait été qu'un rêve. Manigoldo cligna des yeux complètement dépassé parce qu'il venait de voir.
Un étrange murmure résonna cependant dans sa tête « cela ne te regarde pas.. ». Il n'arrivait pas à savoir si c'était celle d'un homme ou d'une femme.
Malgré son incompréhension, Manigoldo décida de reprendre sa route jusque chez Shaina. La prostituée l'accueilli avec un grimace qu'il lui rendit avec une joie non dissimulée. Même si ils se connaissaient depuis l'orphelinat, ces deux-là n'arrêtaient de se chamailler mettant souvent Albafica, leur meilleur ami en commun, mal à l'aise.
Manigoldo et Albafica avaient été adoptés mais Shaina n'avait pas eu cette chance. La jeune femme dû se prostituer dès l'âge de ses 11 ans pour subvenir à ses besoin tandis qu'Albafica fut recueilli bien malgré lui par le fermier du village qui avait besoin d'un homme à tout faire pour s'occuper de ses animaux. Sa situation était peu enviable mais celle de Manigoldo ne l'était pas moins non plus ses beaux parents qui avaient eu une bonne situation financière décédèrent 3 ans après son adoption.
Tout leur argent avait mystérieusement disparu, sans doute volé par la mairie comme fût celui de la bibliothécaire et du botaniste. Une vie miséreuse recommença du jour au lendemain pour le jeune homme et sa soeur après avoir connu un bref moment de répit.
Manigoldo raconta la mésaventure qui lui était arrivée cinq minutes plus tôt à Shaina mais cette dernière ne l'écoutait pas et était plongée dans ses pensées. Elle se pinçait les lèvres et elle n'osait pas regarder son ami dans les yeux. Elle était inquiète et cela se voyait clair comme de l'eau de roche. La jeune femme était rarement mise en état de faiblesse et quand cela lui arrivait, elle se refusait de le montrer à lui ou à Albafica.
- « D'ailleurs je me demande où il est passé celui-là.. » pensa Manigoldo en repensant à la colère du fermier qu'il avait vu la veille. Le vieil homme avait eu besoin de lui pour nettoyer les enclos des chevaux et son second demeurait introuvable depuis l'annonce du maire à la Grand Place.
« Bon. » fit Shaina « tu étais venu ici pour me raconter d'autre chose non ? » ajouta-t-elle pour faire diversion.
« Oh... je voulais juste savoir si tu avais de nouvelles collègues depuis quelques jours. »
La prostituée arqua un sourcil, l'agriculteur n'avait jamais été intéressé par ce genre de filles pourtant. Il aimait plus les femmes riches à opulente poitrine riche pour picorer un peu d'argent pour nourrir sa soeur après les avoir séduites et opulente poitrine car profiter d'un beau paysage montagneux était plus agréable qu'un simple champs de maïs.
« Non pourquoi ? » répondit-elle désabusée
« Bah, j'ai croisé près de chez toi un sacré beau morceau hier soir que j'avais jamais vu. En plus, elle portait le même genre de robe que toi et le collier que ton ancien amoureux t'avait offert. Je voulais savoir si tu la connaissais parce que franchement, j'aimerai bien la rencontrer... intimement si tu vois ce que je veux dire. »
Shaina étouffa un petit rire que Manigoldo ne comprit pas. Pourquoi son hôte se moquait-elle de lui de cette façon ?
« Il vaut mieux pas que tu n'essayes pas de la voir » fit-elle en tentant de calmer son fou rire.
« Et pourquoi je te prie ? » renchérit le jeune homme un peu vexé
« Tout simplement parce que la personne dont tu parles est un homme et Albafica qui plus est. »
L'agriculteur resta coi quelques instants réalisant les paroles de son amie avant de hurler un « Kôôôôôaaaaaa ? » retentissant.
« Mon Dieu, mon Dieu.. » répéta-t-il en tournant en rond « je savais que ce Shié De Arion qui lui faisait l'oeil lui donnait l'impression d'être une femelle mais de là à se travestir ?! J'en r'viens pas !
Shion De Aries, Mani... et ça n'a rien avoir avec ça ! » soupira Shaina un peu désabusée par le tempérament de son ami qui débloquait souvent lorsqu'il s'agissait d'histoire homosexuelle et c'était loin d'être le seul dans le coin à réagir de cette façon. « Sasha a été choisie par le Maire pour être envoyée au château du Comte pour servir de sacrifice mais elle a fui avec Tenma il y a peu de temps. Albafica n'a pas trouvé mieux que de se déguiser pour y aller à sa place pour sauver les autres filles.. »
« J'veux bien comprendre pour Sasha mais pour Gisèle et les autres, j'ai un doute. Il n'a jamais été très sociable et encore moins avec ces racoleuses qui attendent la moindre occasion pour séduire un voyageur et se casser du village ! » s'exclama Manigoldo « En plus, même si c'est pour Sasha, Albafica ne serait jamais allé jusqu'à se travestir, il aurait mûrement réfléchit avant d'agir...
Je crois que cela a un lien avec ses parents. Rappelles toi du livre qu'il avait reçu pour son anniversaire le jour de la mort de ses parents. » Manigoldo ne s'en souvenait pas. « L'emblème du Comte était sur la couverture. Je suis certaine qu'il veut savoir pourquoi et surtout si il y a un rapport avec le meurtre de ses parents. »
La grande charrette avançait lentement et les jeunes femmes qui se trouvaient dedans tentaient de garder leur calme malgré la situation dans laquelle elles se trouvaient.
« Pourquoi nous ? Pourquoi nous ? » ne cessait de répéter l'une d'elle qui se dévorait les ongles alors que ses bras étaient déjà en sang à force de les avoir mordu et griffé pour oublier la peur. Mais rien n'y faisait, elle continuait de trembler et de pleurer à l'idée de mourir. Et ce n'était pas la seule, elles étaient toutes dans cet état de panique.
« Tais-toi ! Idiote, tu nous saoules à force de gémir de couiner dans ton coin ! Si tu as peur, tu n'as qu'à sauter! » C'était Gisèle, cette dernière avait beau tenter de le cacher, elle aussi tremblait comme une feuille.
« Mais ce type à tuer toutes celles qui ont essayés ! » Elle désigna du doigt l'homme vêtu d'une cape noir et en haut de forme qui donnait des coups de fouet aux chevaux qui les emmenaient jusqu'au château. Le haut du visage de ce dernier était caché par un masque inspiré de ceux de la Comedia Del Arte et sa présence, même de dos, imposait la peur et le respect.
Le corps sans vie de deux jeunes femmes reposaient à ses côtés tandis qu'une autre fille pleurait la mort de l'une d'elle qui devait être sa soeur jumelle vu leur ressemblance. Leurs membres étaient déboîtés et la seule chose qu'avaient pu voir les survivantes étaient de fins fils presque transparents provenant des gants de l'inconnu. Le liquide rougeâtre ne cessait de couler de leurs cadavres qui avaient garder l'expression de douleur ressenties lorsque leurs corps ne leur obéirent plus.
Albafica restait seul dans son coin, personne ne l'avait reconnu, le village était certes petit, les habitants étaient associables et ne s'intéressaient aucunement à leurs voisins sauf si ces derniers possédaient de l'argent. Il retenait des grimaces d'inconfort, les vêtements que lui avait prêté Shaina le serraient beaucoup trop et les bijoux qui avaient beau n'avoir aucune valeur lui irritaient la peau.
Sa longue robe était du même bleu que sa longue chevelure et descendait jusqu'à ses chevilles. Elle servait pour le dur travail des femmes dans les champs ou pour les taches ménagères que devait accomplir Shaina en plus de la prostitution pour qu'elle puisse gagner assez d'argent pour se nourrir convenablement.
Le tissus était fin mais grattait lorsqu'on était pas habitué à s'habiller ainsi et Albafica en payait les âce à son visage fin et doux, il avait réussi à se faire passer pour une femme sans le moindre maquillage ou ajouts superflus.
Une heure s'était écoulée depuis leur départ et personne n'osait dire un mot à l'homme masqué ou lui demander ce qui allait se passer. L'odeur putride des corps des mortes en décomposition commençait à se propager, faisant même vomir certaines tant c'était dégoûtant. Les autres n'eurent pas d'autres choix que de balancer les cadavres hors de la charrette comme de vulgaire objet.
Le palais était proche et un agréable parfum de fleur vint dominer le précédent et sans trop savoir pourquoi, tout le monde se détendit et les larmes disparurent. Le masqué stoppa les chevaux et descendit pour ouvrir le grillage qui menait à l'immense jardin de la propriété. L'endroit avait beau avoir une réputation horrible, il était magnifique vu de l'extérieur. L'architecture était digne de celles qu'on pouvait à la Renaissance et le jardin était fait à l'anglaise. La nature dominait sur les traces de l'homme mais était tout de même contrôlée comme si il s'agissait d'une semi-liberté qu'on lui offrait.
« Descendez.. » Sa voix était grave, sévère et ne laissait place à aucune discussion. Toutes les femmes obéirent calmement malgré leurs doutes.
Deux autres personnes les rejoignirent à l'entrée, il s'agissait de deux hommes un grand blond au cheveux légèrement bouclés, habillé comme une nonne et le deuxième semblait un peu plus calme et avait un visage sévère.
« Seigneur.. » fit ce dernier en se courbant légèrement vers le masqué. « Avez-vous fait bon voyage ?
Allez en forêt, vous y trouverez deux des sacrifices qui n'ont pas survécus au voyage. Offrez-leur une tombe dans laquelle elles pourront reposer en paix ! » Il n'avait même pas pris la peine de répondre à son serviteur qu'il avait déjà donné ses ordres.
Celui qui les avait emmenées jusqu'ici était donc le comte ? Albafica trouvait sa manière d'agir plutôt étrange, il avait tué sans la moindre hésitation deux personnes et maintenant il voulait qu'on leur fasse une sépulture décente. Les deux hommes s'inclinèrent à nouveau et s'en allèrent effectuer la mission que leur maître leur avait ordonné.
« Comme si il voulait expier son crime.. » murmura l'orphelin intrigué par ce comportement contradictoire. Son regard se posa sur ce masque et sur cette cape extravagante qu'il avait sûrement mis pour éviter que quelqu'un puisse le reconnaître si il retournait au village.
Il continua de le fixer sans se rendre compte que tout le monde s'était rendu dans le jardin sauf lui. Le comte était le seul à l'attendre, posant ses prunelles violettes dans les siennes avec insistance. Albafica n'avait même pas vu qu'il avait retiré son masque. Machinalement, l'hôte et l'invité(e) continuèrent à se regarder dans le blanc des yeux et profitaient de l'occasion pour inspecter l'autre de haut en bas.
Il avait un air stricte et Albafica avait l'impression que quelque chose le faisait souffrir continuellement, ça se lisait dans ses yeux, mais il n'osait pas demander quoi. Sa longue chevelure argentée retombait sur son dos et sur son torse, lui donnait un charme irrésistible. Cette jeunesse le perturbait. La légende existait depuis des siècles et il semblait à peine plus âgé que lui mais étrangement, le comte ne le mettait pas mal à l'aise.
« Un problème ?
N..non, tout va bien.. »
Le jeune homme rejoignis les autres, tête basse, en rougissant légèrement. Il ne comprenait pas pourquoi il se mettait dans un état pareil. Sans doute parce qu'il avait un je-ne-sais-quoi d' envoûtant et un physique à en damner un saint. Son corps était musclé mais pas trop et lui donnait une carrure virile et rassurante. Albafica se rappela que dans certaine version que les enfants se racontaient sur lui le soir avant d'aller dormir, on le présentait comme quelqu'un de très beau qui se servait de son charme pour assassiner les jeunes demoiselles plus facilement comme le faisaient les vampires pour boire le sang des vierges.
Derrière lui, le comte le suivait silencieusement, intrigué par cette prisonnière qui ne semblait pas le craindre. En fait, il n'avait même pas remarquer sa présence tant elle était restée discrète. Elle n'avait pas dit un mot de tout le voyage et son expression restait impassible ou ne montrait aucun signe de faiblesse. Elle avait aussi une odeur étrange, une odeur douce et agréable bien différente de celle des autres qui s'aspergeaient à outrance de parfum jusqu'à obtenir des mélanges dégoûtants qui tuaient tout le charme de ses senteurs qui devaient normalement embellir.
Il ferma les yeux, conquis. Une personne – qui plus est une femme – aussi naturelle au village était devenu un met rare et surtout raffiné. C'était tout à fait ce que le comte appréciait mais cette otage le perturbait, celui qui avait transmis la liste ne lui avait jamais parlé d'une femme comme ça.
Quand les deux retardataires eurent rejoints les autres, l'argenté sortit une petit clé de sa poche qu'il enfonça dans la serrure de l'immense porte en bois, non sans adressé un der,ier petit regard à cette jeune femme qui avait attiré toute son attention. Albafica frémit en sentant sur lui cette insistance du comte à l'observer ainsi. Il cru même que ses orbes violettes passèrent au doré et le brûlaient dès que leurs regards se croisaient.
Avait-il compris la supercherie ? Il en avait bien peur.. mais il n'arrivait pas à savoir si il lui en voulait, il n'y avait pas la moindre once haine dans ses yeux. En fait, il n'y avait rien, comme si ils étaient vides comme si il les avait rendu ainsi pour que ses pensées puissent restées inviolables. Quelques goûtes de sueur coulèrent sur sa peau et il serra les poings dans les longues manches de sa manche pour se calmer.
Il suivit les autres à l'intérieur de la maison en tentant de rester le plus calme possible alors que certaines « invitées » pleuraient. Personne ne pouvait leur en vouloir, on les envoyait de force dans un endroit réputé dangereux avec un maître de maison qui – malgré sa beauté et son charisme évident – faisait froid dans le dos. Le genre à te sauter dessus par surprise quand tu es bien en confiance pour te dépecer dans une petite allée, loin du regard des autres.
Personne n'échangeait un mot, que ce soient les filles ou le comte. Tout le monde restait muet. Le maître du château ne semblait avoir aucune envie de leur parler et se contentait de fixer un coin de la pièce comme si une petite scène se déroulait devant lui mais que personne d'autre ne pouvait voir.
Les jeunes femmes et Albafica observaient le hall d'entrée avec attention avec des sueurs froides. La pièce n'était pas horrible mais elle était très sombre, il n'y avait ni bougies, ni lampes. Les mûrs étaient recouverts d'un vieux papier pain pas encore moisis et il n'y avait presque pas de décoration. L'entrée menait sur deux escaliers, l'un menant à gauche et l'autre à droite, et semblaient monter indéfiniment jusqu'au plafond alors que de l'extérieur, le bâtiment ne semblait pas aussi surélevé.
Des bruits de pas les firent sortir de leur contemplation, un homme aux cheveux blonds et aux yeux étranges s'approchait du groupe avec un petit sourire (impossible de savoir si il était ironique ou vraiment amical) qui leur souhaita la bienvenue avec un petit mouvement de main. Son attention s'arrêta sur Albafica pendant quelques secondes mais ce fut trop rapide pour que celui-ci puisse remarquer quelque chose. Il s'approcha du comte et lui dit d'une voix un peu ensommeillée
« Les chambres sont prêtes, Mon Seigneur.
Bien, emmène-les pour qu'elles puissent se reposer avant le repas, Byaku.
A vos ordres... » Byaku se retourna vers les prisonnières et s'adressa à elles, toujours avec ce même sourire. « Veuillez me suivre Mesdemoiselles, s'il vous plais ! Je suis sûr que vous devez être morte de fatigue ou avoir envie de piailler entre vous alors c'est le moment d'en profiter ! »
Toutes les jeunes filles le fixèrent avec les yeux ronds comme des billes, tentant de comprendre si ce qu'il venait de dire était sympathique ou si il se moquait tout simplement de leur sort cruel. Ses paroles et le ton employé étaient tellement différents que c'était impossible de le savoir ça juste comme ça.
Elles le suivirent jusqu'au deuxième étage où il les mena toutes dans leur chambre qu'il ferma à clef pour être sûr qu'aucune d'elle ne puisse fuir. Byaku observa une dernière fois sur Albafica avant de redescendre rejoindre le comte en courant.
« Tu m'as l'air pressé, Byaku.. » fit une voix derrière lui qui ne l'étonna même pas.
« Je suppose que toi aussi tu l'as vu, Véro..
Evidemment ! Je trouve étonnant que Maîtres Minos ne l'aie pas remarqué.. » rétorqua le blond, un peu moqueur.
« Que je n'ai pas remarqué quoi ? »
L'argenté les écoutait parlé depuis le début un peu plus bas dans les escaliers. Il détestait que ses serviteurs jouent avec ses nerfs qui lâchaient très rapidement car il se mettait souvent en colère.
« Eh bien que l'une de ces filles est un homme. »
J'espère que ça vous a plu ^^ N'hésitez pas à me laisser votre avis positif ou négatif (mais en restant poli quand même merci :p)
A la prochaine
Yoshiho
