Titre : Rien n'est jamais fini
Pairing : Hephaistion/Alexander
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas à part ceux que j'ai créé
Rating : T pour la plupart des chapitres avec quelques chapitres avec violence et sexe.
Warning : Univers historique et alternatif.
Summary : Mythe et réalité se confondent pour compliquer l'amour entre Alexandre et Hephaistion.
Chapitre 1
Dressé à deux journées de marche d'Halicarnasse où nous devons rejoindre le reste de l'armée, le camp est calme et paisible.
Pour l'accomplissement de sa mission, Hephaistion s'est vu obliger de parcourir la Carie pour trouver tous les approvisionnements nécessaires à la poursuite des rêves d'Alexandre. Après une semaine d'absence, Il se languit de le retrouver. Il ne peut s'empêcher de sourire au souvenir de leur dernière nuit ensemble. J'aime cet homme plus que tout au monde. Le seul qui me connaisse vraiment.
Alexandre a demandé à Cleitos de m'accompagner dans cette mission. J'ai toujours admiré le Général de Philippe même si parfois j'ai l'impression qu'il ne me prend pas vraiment au sérieux. Il passe son temps à se moquer de moi et me provoquer, gentiment certes, mais parfois cela finit par m'agacer. L'impression d'être traité comme un enfant. Est-ce ma position auprès d'Alexandre ou mon physique ? Je sais le regard que pose sur moi la plupart des gens ou se mêle désir, envie et mépris. La beauté emprisonne l'âme autant que la laideur. Les gens me juge sur ce qu'il voit non sur ce que je suis. Mon apparence me rend faible à leur yeux et beaucoup me méprisent pour cela. Ne voyant en moi qu'un opportuniste ou un sycophante se servant de ses atouts physiques, incapable de voir ma véritable valeur. Avec le temps j'ai appris à supporter les regards et les messes basses lorsque je passe. Faisant abstraction de cela, préférant laisser parler mes actes plutôt que de convaincre.
Malgré cela, lorsqu'un homme comme Cleitos me traite ainsi, je me sens agacé avec l'envie de crier qu'il se trompe et que je ne suis pas celui qu'il croit que je suis. Je voudrai que l'on me respecte pour ce que je suis. La beauté que l'on me prête me crée plus d'embûches qu'elle ne m'ouvre des portes.
Je regarde le ciel étoilé, la nuit est chaude et je n'arrive pas à dormir. La pleine lune est énorme ce soir et éclaire la nuit presque comme en plein jour. Je décide tout à coup de partir pour une balade à cheval. J'informe mon page de ma décision, rejoins l'enclos à chevaux et pars. Je sais que cela n'est pas très raisonnable de partir ainsi sans escorte mais j'ai besoin d'être seul loin du camp. Et plus que tout autre chose j'adore monter à cheval. Je finis par arriver près qu'un cours d'eau ou je m'arrête. Je mets pied à terre et laisse mon cheval se désaltérer.
Le lieu est enchanteur. Une petite rivière court bordée de chaque côté d'arbustes qui offrent un semblant d'intimité, tandis qu'un figuier sauvage offre ses fruits à qui voudra les ramasser. Je cueille une figue et la savoure tranquillement. Pas un brin d'air ne souffle sur les feuillages immobiles comme figé par la chaleur. L'air empli des parfums des thyms et romarins alentours est si lourd et l'eau bien trop tentante. Je décide d'en profiter. Je me débarrasse de mes armes et retire mon chiton. J'entre dans la rivière. La fraîcheur de l'eau me saisit mais est tellement agréable. Cela me rappelle quand avec Alexandre nous étions à Mieza enfant. Je souris à ces souvenirs heureux et insouciants. Allongé sur le dos dans l'eau je regarde le ciel étoilé. Les étoiles semblent si proches et pourtant si lointaines. Le véritable domaine des dieux. Essayant de distinguer au milieu de la multitude Andromède, Persée ou encore Cassiopée, je me laisse porter par l'eau profitant de ces quelques et rares moments de paix. La vie auprès d'Alexandre est exaltante mais ne laisse que peu de temps aux simples plaisirs.
Je finis par sortir de l'eau, puis je me sèche sommairement et me rhabille. Je ne tarde pas à repartir en direction du camp, mon escapade en solitaire ayant duré assez longue comme ça. Inutile de m'attirer des ennuis. Mais c'est avec regret que je me décide à quitter ce petit coin de paradis.
Sur le chemin de retour, mon corps se met à réagir de façon étrange. Le bain ne semblant pas avoir eu l'effet escompté. Je tremble et ma peau me brûle comme sous le soleil de midi. Je ne me sens mal. La tête me tourne et je suis à la limite de perdre connaissance. Je ne peux me permettre de m'abandonner à ce malaise avant d'avoir rejoint le camp. Je lutte de toutes mes forces pour tenir le coup. Mon corps me fait souffrir, je ressens des douleurs terribles comme jamais ressenties dans le bas du ventre. Et je ne peux m'empêcher de gémir de douleur et me retrouve plié en deux sur ma monture. Je ne comprend pas ce qui m'arrive. Je finis par arriver au camp où, à bout de force, je sombre dans l'inconscience.
Alerté par le bruit de la chute, un garde se précipite et donne l'alerte. Cleitos arrive sur ces entrefaits. Voyant Hephaistion à terre, il se précipite et prend dans ses bras le corps inconscient. Il l'amène à sa tente et presse un soldat de faire venir le médecin. Cleitos se tourne alors vers le page d'Hephaistion et lui demande pourquoi celui-ci est sorti du camp. Le page terrifié par Cleitos se contente de bégayer incapable de sortir une phrase cohérente. Arrive le docteur.
Durant l'examen du médecin, le page finit par expliquer que le jeune général lui a juste indiqué qu'il s'absentait du camp sans lui donner plus de raison. Cleitos fait les cent pas, furieux. Si Hephaistion s'est fait attaqué, comment va-t-il expliquer cela à Alexandre. Après un long temps d'attente, le médecin sort.
- Alors docteur ? Que lui arrive-t-il ?
- Pour tout vous avouer je n'en sais rien. Il semble qu'il souffre d'une forte fièvre.
- Aucune blessure ?, pensant à une attaque hors du camp.
- Non aucune vraiment. Juste cette fièvre. Je lui ai donné une tisane à base de sureau pour la faire baisser. Je vais rester à son chevet pour le surveiller. Mais il n'est rien d'autre en mon pouvoir que je puisse faire. On ne peut qu'attendre et voir venir.
- Trés bien docteur, Cleitos s'éloigne et décide d'envoyer un messager sans tarder à Alexandre pour l'informer de l'état d'Hephaistion.
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Arrivé à Halicarnasse, le messager demande à voir le roi de toute urgence. Il est introduit dans la tente ou se trouve Alexandre, Perdiccas, Leonnatos, Krateros, Parmenion et Ptolémée.
- Sire, le Général Cleitos m'envoie pour vous prévenir qu'Hephaistion est tombé subitement malade.
- Malade ? Comment ça malade ?, s'inquiète Alexandre.
Le messager lui explique les circonstances et rapporte le diagnostique du médecin. Sans attendre, Alexandre ordonne que Bucéphale soit scellé et demande à Perdiccas et Leonnatos de l'accompagner et de préparer une escorte. Il appelle un page et lui demande de prévenir Philippe, son médecin personnel afin qu'il les accompagne. Alexandre charge Ptolémée de la poursuite du siège.
Une fois prêt, Alexandre et son escorte prennent la direction du camp.
Alexandre, les traits fermés, conduit la colonne à bride abattue. Il ne peut attendre de voir son aimé.
A suivre…
