Me revoilà :) Second chapitre, encore une fois les reviews sont les bienvenues ;3 Bonne lecture !

Mardi

Le réveil sonnait, une nouvelle journée commençait.

Je ne voulais pas me me lever, je ne voulais pas manger. Je voulais juste entendre une voix si caractéristique, une voix chantant à tous moments de la journée, sa voix.J'avais l'espoir de l'entendre,mais ce ne fut pas le cas .Je ne distinguai aucun signe de vie du chanteur . Le Panda était mort.

Comment une joyeuse journée de convention avait pu virer en une macabre soirée ?

L'appartement était plongé dans le même silence que la veille, ce silence qui vous plaque au sol sans échappatoire possible, ce silence qui remet tout en question, ce silence mortel.Rien n'avait bougé depuis son départ vers l'au-delà : ses partititions trainaient sur le bureau, son micro était branché dans l'attente d'un chant qui ne viendrait jamais et son infecte bambou occupait le balcon.

Je dus me lever à contre-cœur, appelé par le Geek : il avait faim. Pire qu'un gosse lui .Je lui préparai des pancakes et partai me laver. Autant continuer sur ma lancée .Soudain ,mon téléphone sonna : les organisateurs de la convention. Et merde ils n'étaient pas au courant .Je m'apprétai à décrocher quand ma personnalité sombre me prit l'appareil des mains, l'éteignit, le reposa sur la table basse du salon et retourna dans la chambre après m'avoir lançé un regard à la fois rempli de tristesse et de colère. Le Panda nous manquait à tous.Même le Hippie semblait affecté par sa disparition, lui d'habitude si perché qu'un avion de ligne ne pourrait le croiser.

L'eau chaude coulant sur mon corps et mon visage fatigué me remis les idées au clair : les bienfaits de la douche étaient encore plus extraordinaires que je ne le pensait .Et c'était là que le Panda chantait …

Ne pas y penser ...

Quand quelque chose ne va pas bien dans notre vie, aussi infimne que cela puisse être, son influence sur notre quotidien de dépend pas de sa taille ou de son contexte, mais de l'importance qu'on lui donne.

C'était la solution : je devais aller de l'avant et oublier le Panda .Aussi dur et terrible que cela puisse paraître, je ne pouvais pas me permettre de tout plaquer sous prétexte de la mort du chanteur : j'avais un public, des amis et une famille .Et ils avaient besoin de moi.

Je sortai enfin de la salle de bain après 1h30 d'intense réflexion . Pire qu'une fille .Je savais de quoi j'avais besoin : de clopes. Certe j'avais arrêté mais la fin justifiait les moyens .Je sortai ainsi de chez moi et descendai dans la rue .Après quelques croisements, la peur me reprit : et si le tueur du Panda me voyait ? Et si il s'en prenait directement à moi ? Les questions se bousculèrent dans mon crâne, me faisant accélérer le pas. Je traversai les rues parisiennes a toute allure, bousculant les gens qui s'y trouvaient avec une montagne de jurons pour certains .Des Fans m'accostèrent mais je les envoyai chier. Pas maintenant.

-« Le Panda aurait été plus accueillant …»

-« C'est clair, connard ce type… »

Non pas lui …

Ne pas y penser, ne pas y …

Je m'effondrai en larmes dans un cul de sac. Je n'y arriverais .Je n'arriverais pas a l'oublier, je n'arriverais pas à continuer Salut les Geeks. Arriverais je seulement à continuer de vivre ?

Je rentrai à mon domicile, titubant et me servant du mur comme appui .Le monde pourrait s'écrouler autour de moi que je garderais ce saint mur.


Une fois chez moi, je sentai une étrange odeur, peut-être du gaz . Le Hippie était assis dans le canapé, un énième joint pas encore allumé au coin des lèvres .La tête basse et ses lunettes tombant sur son nez, il jouait avec son briquet.

-« Le Panda et l'Ours avaient raison, gros » dit-il d'une voix inhabituelle.

-« Quoi ? » lancais-je, surpris.

-« Internet est trop petit pour nous deux . »

Il alluma son joint . La déflagration se propagea dans toute la pièce et me projeta contre un mur.


Je marchai .Je marchai seul dans l'obscurité la plus totale et pourtant je savais où j'allais : vers la mort .Non! Non je ne voulais pas mourir ! Mon esprit cherchait en vain une issue de secours mais mon corps continuait d'avancer, comme si je n'étais que la marionette du Diable .Je voulais hurler, appeler à l' aide .Aucun son ne sortit de ma bouche.J'étais seul dans mon épreuve, seul face à mort, seul contre tous.

Et là, comme sortie du plus profond des Limbes, un bruit .Puis un deuxième, bientôt rejoint par tout une troupe .Mes oreilles bourdonnaient, submergés par l'intensité sonore qui s'abattait sur elles.

-« Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip … Bip … Bip bip … Bip bip … »

Une vive lumière inonda la salle blanche .Des appareils médicaux, des infirmières et un horrible objet métallique froid qui me prenait le torse .Une chambre d'hôpital.J'étais en vie.

Le personnel me regardait avec soulagement et tristesse .Le Geek et le Patron étaient également là. Et le Hippie ? Je le cherchais , balayant les environs du regard.

-« Où est le … ». Ma voix se brisa sur ces mot, j'étais encore plus faible que je le pensais.

-« Parti, avec le Panda. » finit par lâcher le Patron.

Les larmes me montèrent aux yeux, ma gorge se serra et mon estomac se noua. Une perte de plus me fit comprendre de la gravité de la situation : quelqu'un voulait notre fin et il voulait que je voie ma propre mort.

Je n'avais plus d'appartement et je devais protéger un gosse sans défense et un taré.

Je passai la journée à l'hôpital, subissant toute une série d'examens.J'avais eu de la chance selon les médecins : la déflagration aussi puissante qu'elle fut ne m'avait blessé que légèrement et mes brûlures seraient disparues d' ici quelques le Hippie s'était lui désintègré sur place, les policiers etaient d'ailleurs surpris de n'avoir pas retrouver son corps . Et oui, personnalités multiples donc une fois disparues, plus rien a part des regrets.

Alexis et Antoine vinrent me rendre visite, le figure baignée par l'inquiétude. Le Breton avait reservé une chambre à mon nom dans le même hôtel que lui.

Durant la journée d'observation, je me rendai compte à quel point le monde était horrible : de jeunes mères qui perdaient leur enfant, les détraqués mentaux qui ne se souvenaient ni de leur passé ni de leurs proches, de grands blessés qui se vidaient de leur sang … La perte de deux de mes acolytes me rendaient défaitistes.

Une fois sorti, Alexis me conduit à l'hôtel en question. Sur le trajet il me raconta la journée de convention, l'hystérie des fans quant à mon absence et l'inquiétude à mon sujet. Je me contentai de quelques hochements de tête de temps à autres, ne l'écoutant que brièvement . On arriva devant le bâtiment : assez petit, situé dans une impasse avec une facade très anglaise .Cela aurait pu être une maison close.

La chambre avait une décoration similaire à la mienne, ce qui ne me déplu pas .Mes personnalités avaient besoin de retrouver un tant soit peu de stabilité.Je venais à m'en demander si le Gamin tiendrait le coup…