II. LE JOURNAL DE LA CONQUÉRANTE
Après ma visite désagréable à Darphus, je décidai d'aller voir mon Caporal Garde Bahri pour un examen rapide avant de retourner à mon amour, Gabrielle. Les gardes de l'équipe de jour étaient déjà en place et étaient déjà plongés dans leurs tâches quotidiennes, je voulais m'assurer que Bahri avait bien été réaffectée à son nouveau poste sous le commandement de Palaemon et que son hébergement avait bien été transféré dans la caserne des femmes. C'était étrange, mais je voulais également m'assurer qu'elle allait bien après les événements de la nuit dernière. Palémon était au QG de la Garde. Il ne pouvait pas faire grand-chose parce que sa jambe cassée était coincée dans une attelle, alors il s'était résigné à rester temporairement à son bureau et à exécuter des tâches administratives. Palémon n'était pas un homme heureux.
— Bonjour‚ Commandant‚ ai-je dit gaiement pour le faire enrager davantage sur mon prochain ordre.
— Mon seigneur‚ s'inclina-t-il sur son siège. Bonjour.
— Comment va la jambe ?
— Toujours cassée‚ Conquérante.
— Waow‚ c'est mauvais‚ lui ai-je dit avec un sourire sinistre.
Je contournai son bureau et posai mes fesses à côté de sa jambe surélevée.
— Bien‚ au moins vous avez l'air à l'aise dans votre ennui.
— Et vous épouvantablement gaie, si je puis me permettre, Majesté.
— Je ne vous le fais pas dire‚ Commandant‚ mais comme vous le savez déjà‚ je suppose qu'il n'y a rien que je puisse faire avec ça, actuellement. Je suis venue pour demander où vous avez réaffecté le Caporal Garde Bahri.
— Le Caporal Garde Bahri a été assignée à la formation des officiers supérieur‚ mon seigneur. C'est ce qu'elle a demandé‚ répondit Palaemon. Je me suis presque évanoui quand elle m'a dit ce matin. Quand avez-vous appris qu'elle était une femme‚ Conquérante ?
J'ai regardé vers le bas.
— La nuit dernière, ai-je répondu. Quand j'ai essayé de la tuer‚ pensai-je.
J'étais sûre que Palaemon avait remarqué le changement soudain dans mon comportement, mais je ne voulais pas faire une autre confession pour le moment. Je me levai de son bureau et sortit de la pièce en direction du bâtiment de formation. Quand je fus assez proche, je regardai Bahri à distance pendant un court instant. Elle avait un masque de concentration sur le visage alors qu'elle exécutait des manœuvres tactiques. Elle semblait apprendre rapidement et je la soupçonnai de faire un futur bon officier sur le terrain. Elle avait un choix de carrière intéressant devant elle. Je regardais son apprentissage jusqu'à ce que je fusse prise de désir pour Gabrielle. Elle me manquait, même si elle était seulement qu'à une courte distance de là. Satisfaite que Bahri soit en de bonnes mains, je retournai mon attention vers ma chambre et ma douce Gabrielle.
Quand je revins, Gabrielle avait disparu. Probablement est-elle partie à ma recherche, pensai-je alors. Je savais qu'elle reviendrait tôt ou tard, je décidai de rester dans la chambre et de l'attendre. Je convoquai Mia et lui ordonnai d'apporter du pain et un peu plus de fruit, parce que Gabrielle avait apparemment mangé avant de partir ce matin. Puis, je me lavai le visage une deuxième fois, ce matin et me peignai les cheveux. Après une marque chandelle, je décidai d'aller à sa recherche. Je me dirigeais vers la bibliothèque en premier. Non seulement elle n'était pas là, mais Demi ne l'avait pas vu de toute la matinée. Je décide alors d'aller voir dans sa chambre. Il était tout aussi vide et rien n'avait l'air d'avoir été dérangé. Je commençai à m'inquiéter à ce stade. Après être retournée dans ma propre chambre encore une fois, je décidai de convoquer Palémon.
— Mon seigneur‚ répondit-il à ma question sur ses allées et venues. Elle venue me voir juste avant que vous m'avez demandé pour Bahri.
— POURQUOI NE M'AVEZ-VOUS RIEN DIT ? ai-je imploré.
— Vous ne me l'avez pas demandé‚ Conquérante.
Je me dirigeais vers le bâtiment de formation. À ce stade, Bahri recevait l'enseignement des armes. Je courus jusqu'à elle. Elle tenait un poignard et je ne doutai pas qu'elle pensait l'utiliser sur moi.
— Bonjour Bahri‚ lui ai-je dit alors que ses camarades de classe me regardaient avec émerveillement.
— Bonjour‚ mon Seigneur‚ répondit-elle et avant que je ne puisse demander : oui, elle était ici‚ Conquérante. Elle a voulu savoir comment aller jusqu'aux cachots du palais.
— QUOI ?
J'étais sidérée.
— Pourquoi ?
— Je ne sais pas… Conquérante.
La réponse fut brusque.
Je ne me préoccupais pas immédiatement du mépris évident de Bahri envers moi. Je devais trouver Gabrielle. Je sortis du bâtiment de formation et me dirigeais vers les portes du cachot. Où l'on m'informa que 'ma petite barde blonde' avait été là et avait demandé à voir mes deux précieux prisonniers. Que cherches-tu, Gabrielle ? pensai-je quand je repartis une nouvelle fois vers ma chambre.
Cette fois-ci‚ elle était là.
Gabrielle se tenait près de la fenêtre qui donnait sur la cour du palais. Elle était seulement vêtue d'une serviette et ses cheveux étaient mouillés. J'étais déçue de voir qu'elle avait décidé de prendre son bain sans moi, mais j'étais plus préoccupée par sa visite dans les cachots. Je me rapprochai d'elle et posa mes mains sur ses épaules humides. Je me penchai et lui embrassai le côté du cou pour lui souhaiter un bon matin. Elle ne me répondit pas.
Je commençais à lui masser les épaules.
— Qu'y a-t-il‚ Gabrielle ?
Je ne voulais pas la laisser savoir que je savais qu'elle avait été aux cachots‚ pas tout de suite.
— Xena‚ commença-t-elle. Tu te souviens de ce que tu m'as écrit dans ta lettre quand tu es partie te battre à Rome ?
— De combien je t'aime‚ Gabrielle ? ai-je répondu.
— A propos de tout ce que tu as fait, que tu l'as fait pour moi‚ arriva enfin sa réponse.
— Oui, ai-je dit.
— Est-ce vrai‚ Xena ?
— Oui, Gabrielle‚ c'est vrai.
Gabrielle se tourna vers moi. Son visage était pâle, et son expression était inhabituellement grave.
— Je veux que tu épargnes Darphus‚ Xena.
— QUOI !? Je crié pratiquement ma question. Qu'est-ce que ce bâtard t'a dit ?
— Ce n'est pas ce qu'il a dit‚ Xena‚ me répondit-elle.
— Alors quoi ?
Je devenais de plus en plus furieuse à ce moment.
— Si tu le tues‚ il gagne‚ Xena‚ me dit Gabrielle. Tu ne feras que renforcer tout ce qu'il pense et tout ce qu'il croit. Tout ce que tout le monde croit. Ils pensent tous que tu es un monstre‚ Xena.
— Je suis un monstre‚ Gabrielle‚ tu ne l'as pas remarqué ? fus ma réponse cynique.
— Non, Xena‚ tu ne l'es pas‚ continua Gabrielle. Tu peux changer. Tu as changé. Personne ne sait mieux que moi que tu as changé. Tu as été un tel monstre avec moi‚ un monstre cruel. Pendant longtemps j'ai pensé que tu étais le mal incarné. Avec le temps, je n'ai pas su quoi faire de toi. Tu étais une contradiction vivante, douce un instant et bestiale la suivante. Mais je t'ai trouvé‚ Xena. Tu as trouvé ta capacité d'aimer. Quelque part à l'intérieur de toi‚ tu as trouvé de l'amour pour moi. Tu as cette grande puissance d'amour à l'intérieur de toi. C'est plus fort que ta haine. Plus grand que ta capacité au combat. Permet aux autres de découvrir ce que j'ai découvert en toi‚ Xena. Laisse-les connaître la femme passionnée‚ chaleureuse‚ belle et aimante que tu es. Fais-le pas seulement pour moi‚ fais-le pour toi‚ pour ton âme. S'il te plaît‚ Xena‚ épargne la vie de Darphus.
Pendant qu'elle parlait‚ je bouillonnais de plus en plus de haine contre ce bâtard. Comment osait-il séduire et manipuler les traits les plus vulnérables du caractère de Gabrielle, sa bonté ultime et son respect suprême pour la vie humaine. Ce cochon ne méritait que la compassion de vermine. Il ne méritait certainement pas la compassion de ma magnifique Gabrielle.
— Tu ne comprends pas‚ Gabrielle‚ ai-je répondu gravement. Darphus ne mérite pas de vivre. Il mérite de payer pour toutes les vies perdues de mes hommes de cette guerre sanglante.
— Je l'ai vu‚ Xena‚ me dit-elle. Tu le sais évidemment. Je l'ai vu. Il a payé. Il paie encore.
J'étais exaspérée.
— Non ! Il aura payé quand je lui aurais coupé sa putain de tête‚ ai-je dit.
— Pour le Royaume‚ Xena‚ ou pour le Gantelet ?
J'étais réduite au silence. Ce n'était pas une question. C'était une accusation. Elle m'accusait d'utiliser mon pouvoir de souveraine du monde connu pour conforter ma vendetta personnelle. Elle connaissait la réponse, tout comme moi, mais j'étais furieuse contre elle d'avoir insinué ce qui était une évidence.
— Tu ne comprends pas‚ Gabrielle‚ ai-je dit alors que j'avais l'impression que le feu dans mon sang s'enflammait. Que sais-tu en plus des parchemins et d'avoir assuré mon service ?
Il y eut un silence parce que je regrettais immédiatement ce que j'avais dit. Mais la question suivante m'arriva comme boulet de canon.
— Quand allais-tu me dire que tu avais presque tué Bahri ?
— Je te l'ai dit !
— Non tu ne l'as pas fait, accusa-t-elle. Tu m'as dit que tu es allée la tuer mais qu'elle t'a arrêtée. Tu n'as pas mentionné qu'elle avait réussi en quelque sorte à te parler pendant qu'elle mourait à cause de tes points de pressions. Est-ce ce qui est arrivé‚ Xena ? Elle t'a parlé pendant qu'elle mourait ?
— Je n'ai pas à te répondre ! Elle est vivante. Que veux-tu de plus ?
— Je veux que tu épargnes Darphus ! cria Gabrielle maintenant.
— Bien‚ cela n'arrivera pas.
Un autre silence s'installa. Qu'est-il arrivé à ma Gabrielle ? pensai-je. Hier, à cette époque, nous étions dans la célébration de notre réunion. Nous avions marché ensemble, parlé ensemble, rit, fait des taquineries, et fait l'amour. Maintenant, elle se tenait devant moi avec ce regard que j'avais vu un million de fois. C'était un regard que j'avais espéré ne plus jamais revoir après avoir professé mon amour sans fin pour elle. Elle avait l'air dégoûté de moi. Mon cœur voulait lui demander de ne pas me regarder de cette façon, mais en ce moment même mon sang chauffait et la fureur avait gagné la bataille à l'intérieur de moi pour contrôler mon âme.
— Je suis également allée voir ton précieux Darphus ce matin, Gabrielle. Sais-tu comment il l'a appelé ?
Je sentis mon cœur se durcir quand ma fureur voulait l'insulter comme qu'il l'avait insultée.
— Il t'a appelé ma 'putain petite esclave blonde. Ma 'putain suceuse de chatte'. C'est-ce que tu es, Gabrielle ? Est-ce ce que tu l'es encore ?
— Je me fous de ce qu'il a dit‚ Xena. Ce n'est pas de lui qu'on parle. C'est de toi.
Je croisai les bras.
— D'accord‚ alors 'je' vais prendre un grand plaisir à regarder son sang jaillir de son cou quand je lui aurais coupé la tête.
Gabrielle se détourna de moi et commença à marcher vers la porte.
— Où crois-tu aller ? ai-je demandé quand j'attrapai son bras dans la main.
— Suis-je toujours libre‚ Conquérante ?
Je ne répondis pas.
— Le suis-je ? demanda-t-elle de nouveau.
— Oui.
— Alors je vais dans ma propre chambre.
Elle retira son bras de ma poigne et marcha vivement jusqu'à la porte.
— Gabrielle ! ai-je crié. Gabrielle ! ai-je crié de nouveau‚ quand elle ouvrit la porte‚ Palaemon entrait. Elle sortit en l'effleurant. Je commençais à partir après elle‚ mais Palaemon arriva pour m'informer que la marque de chandelle pour le jugement public était arrivée.
