Chapitre 2 : Un voyage mouvementé
Molly, comme à son habitude, était en panique à la vue du train rouge fumant d'impatience. Elle courrait le plus vite possible et poussait les enfants pour qu'ils en fassent de même.
- Dépêchez-vous ! Le train va partir !
- Calme-toi, Molly, rassura son mari. Le train ne partira pas sans eux.
Il jeta un regard amusé à sa femme qui le fixait avec des yeux noirs. Il aida ensuite Ginny et Hermione à porter leur valise jusqu'à la soute puis ils se réunirent tous sur le quai remplit d'adolescents disant au revoir à leurs parents. Arthur et Molly embrassèrent rapidement les quatre adolescents avant qu'ils n'embarquent pour leur septième et dernière année à Poudlard, l'école de sorcellerie. Pendant qu'Arthur enlaçait sa fille, Molly prit dans ses bras Harry, Ron et Hermione.
- Vous avez intérêt à réussir votre année et à avoir les meilleurs notes aux ASPIC.
Elle fixa ensuite Ron droit dans les yeux.
- Surtout toi, Ron ! Je compte sur toi pour avoir plus d'ASPIC que tes satanés frères jumeaux. Je pense que ce ne sera pas difficile puisqu'ils n'en n'ont obtenus que trois, dit-elle sur un ton sarcastique.
Après les avoir serré tellement fort qu'ils étouffaient et les avoir embrassé une dernière fois, Harry, Ron, Hermione et Ginny montèrent dans le Poudlard Express. Dès qu'ils refermèrent la porte, le train démarra sous les "au revoir" et "je t'aime" des parents des jeunes sorciers restés sur le quai. A travers la fenêtre, ils firent de grands signes aux parents Weasley, jusqu'à ce qu'ils soient hors de vue.
Après un long moment de silence, Harry prit la parole.
- Nous devrions chercher un compartiment de libre sinon on risque de ne plus en avoir.
Ron se tourna vers Hermione.
- Je suppose que toi, Hermione, tu dois aller au compartiment réservé aux préfets-en-chefs ? demanda-t-il.
- Oui. Je recevrais les instructions par hibou une fois dans le compartiment. Et puis ensuite, il va falloir que je donne des explications aux nouveaux préfets. Je pense que vous ne me reverrez pas avant plusieurs heures, se plaint-elle.
- Au fait, tu sais qui est le nouveau préfet-en-chef ? questionna Harry.
- Non, ce n'était pas indiqué sur la lettre que Dumbledore m'a envoyé ce matin mais j'espère de tout mon cœur que ce ne sera pas un Serpentard parce que sinon, je vais me retrouver avec ce parvenu de Drago Malefoy !
Tout le monde fit la grimace.
- Si c'est ça, la cohabitation sera très difficile ! Un sang pur avec une Sang-de-Bourbe, imaginez le tableau ! rigola Ginny en imitant le ton narcissique de Drago Malefoy.
Les trois autres rigolèrent avant de se séparer. Hermione prit la direction de l'avant du train tandis que Harry, Ron et Ginny entrèrent dans un compartiment où leurs amis Neville Londubat et Luna Lovegood étaient en train de discuter de tout et de rien.
Hermione marchait toujours dans le long couloir permettant de rejoindre son compartiment. Elle trouva celui-ci très long et pour se distraire, elle jetait des regards furtifs aux compartiments remplit d'élèves de tout âge et faisant des signes à ceux qu'elle connaissait. Elle était arrivé au bout du train et faisait face à une porte où un petit écriteau y trônait avec d'écrit : "Réservé au personnel et aux préfets-en-chefs". Elle ouvrit la porte et se retrouva dans un couloir (plus petit cette fois) très calme comparé à celui qu'elle venait de quitter. Il y avait une porte au fond qu'elle devina être les machines. Il y avait deux autres portes, une de chaque côté du couloir. Elle s'en approcha et entendit du bruit dans la cabine de droite. Elle pensa tout de suite à celui qui devait être son homologue masculin tout au long de cette année. Elle tendit donc la main vers la poignée, s'apprêtant à entrer, mais un écriteau sur la porte l'en empêcha. En effet, il y était inscrit "Préfet-en-chef" (en anglais, cela serait plus significatif car il serait marqué "Head Boy"). Elle se retourna et vit que sur l'autre porte en face de celle-ci était inscrit "Préfète-en-chef". Elle s'étonna de cette séparation et dans un haussement d'épaule, elle se dirigea vers son compartiment. Un hibou l'attendait déjà à l'intérieur, tenant une lettre de Poudlard dans le bec. Elle s'assit et décacheta la lettre lorsque le hibou s'envola. Celle-ci était signée Minerva McGonagall. Lorsqu'elle eut fini de la lire, Hermione posa la lettre et réfléchit longuement. Elle n'en revenait pas ! Les nouveaux préfets seraient séparés en deux groupes et chaque préfet-en-chef s'occuperait d'un groupe précis. Elle ne verrait donc jamais son futur collègue ! Cela l'énervait au plus haut point, mais d'un autre côté, elle se laissa rêver à un bel inconnu, beau et charmant, qui pourrait tomber amoureux d'elle et ils vivraient une année fabuleuse, pleine d'amour et... Elle se ressaisit et enfila rapidement sa robe de sorcier s'apprêtant maintenant à accueillir les nouveaux préfets. Elle paniquait un peu à l'idée de parler devant eux mais elle reprit vite confiance en elle lorsqu'elle s'aperçu qu'ils étaient très intimidés. Elle leur expliqua tout ce qu'ils devaient savoir et au bout d'une heure et demi, au lieu de retourner dans son compartiment où elle serait seule, elle préféra retourner voir ses amis qui, apparemment, s'amusaient beaucoup plus qu'elle. Ils furent ravis de la voir et l'invitèrent à s'asseoir avant de lui raconter les derniers potins.
- Au fait, Hermione, l'interpella Ron. C'est qui l'autre préfet-en-chef ?
- Je ne sais toujours pas. J'ai l'impression que le destin s'acharne à faire reculer le moment de cette rencontre.
- Mais il n'était pas dans le compartiment réservé aux préfets-en-chefs ? s'étonna Harry.
- Non. Je ne sais pas pourquoi mais, cette année, chaque préfet-en-chef à son propre compartiment.
- C'est ridicule, dit Ginny.
- Je ne te le fait pas dire.
Ils parlèrent comme ça des heures jusqu'à ce qu'un événement imprévu interrompit leur conversation. En effet, le Poudlard Express s'arrêta brusquement et toutes les lumières s'éteignirent. Dehors, le temps était orageux ce qui fait qu'ils n'avaient même pas la lune pour les éclairer. Harry et les autres étaient très silencieux, essayant de percevoir le moindre bruits suspects. Malheureusement pour eux, ceci était impossible. Tout le monde criait et courrait dans les couloirs. La tension était à son comble dans le compartiment des six amis. Ils se rappelèrent tous la troisième année lorsque le train s'était arrêté et que les Détraqueurs y étaient entrés. Moment horrible pour tout le monde mais surtout pour Harry qui s'était évanoui au souvenir noir de ses parents assassinés. Ginny osa rompre ce silence glacial.
- Vous pensez que ce sont…
- Je ne sais pas, coupa Harry reprenant son courage à deux mains. Mais soyez vigilant et gardez votre baguette à portée de main.
- Je vais aller voir ce qu'il se passe, dit enfin Hermione
- Je viens avec toi !
Harry se leva de son siège mais Hermione le fit rasseoir.
- Non ! Reste ici avec les autres ! Je vais voir le conducteur et seuls les préfets-en-chefs peuvent entrer dans la salle des machines. De plus, je sais très bien me défendre toute seule.
Harry la laissa faire. Il savait très bien que ce n'était pas la peine de discuter, Hermione aurait trouver le moyen d'avoir le dernier mot.
Celle-ci sortit dans le couloir et ordonna aux élèves de retourner dans leur compartiment respectif. Elle ne voyait absolument rien, même pas sa main qui tâtonnait le mur pour se diriger. Au bout de quelques minutes, elle arriva enfin au fond du couloir. Elle chercha la poignet en caressant la porte et elle s'apprêta à l'ouvrir lorsqu'une main agrippa son épaule et la retourna violemment.
- Eh, qu'est-ce que tu fais là ? Tu n'as pas le droit d'être ici !
La faible lumière provenant de la baguette magique révéla le visage de... Malefoy ! C'était bien la dernière personne qu'elle aurait voulu croiser dans ce couloir. De plus, elle se maudissait intérieurement de ne pas avoir pensé à utiliser le sort "Lumos" avant.
- Tiens, Granger ! dit Drago avec un sourire narquois aux lèvres quand il reconnut Hermione.
Il se retourna vers ses deux acolytes, Crabbe et Goyle, et leur dit sur un ton qui se voulait noble :
- Il est très dangereux de se promener dans un couloir sombre car on ne sait jamais sur quelle racaille on va tomber.
Ces deux sbires rigolèrent bêtement et Hermione voulut répliquer mais Drago enchaîna :
- Qu'est-ce que tu fiches ici ? Tu n'as pas le droit de rentrer là, ceci est réservé aux préfets-en-chefs !
- Je te retourne la question !
- Eh bien, il se trouve que moi, je suis préfet-en-chef.
Elle hurla intérieurement. Ce n'était pas possible ! Son mystérieux et bel inconnu était Malefoy !! Elle allait devoir cohabiter avec lui durant toute une année ! Elle cauchemardait, c'était la seule explication. Elle n'avait pas entendu que Malefoy lui parlait.
- Alors, Granger ! Tu réponds !
- Hein ? Quoi ?
- Qu'est-ce que tu fais là ? s'impatienta Malefoy.
- Je suis malheureusement préfète-en-chef aussi, j'ai donc tout comme toi le droit d'entrer là-dedans, dit-elle en désignant la porte.
Elle crut voir le visage de Malefoy devenir livide une seconde mais celui-ci répondit :
- Une Sang-de-Bourbe préfet-en-chef ! s'exclama Malfoy. Décidément, Poudlard est tombé bien bas !
- Moi, au moins, j'ai été choisi pour mon sérieux et mes excellentes notes. Je n'ai pas eu de père influent pour qu'on vote en ma faveur.
Drago était vert de rage. Il voulut répliquer mais elle était déjà parti en direction des machines.
La salle des machines étaient plus petite que ce qu'elle avait imaginé. En effet, celle-ci ressemblait plus à une cabine de conducteur de métro. Drago la rejoignit et la place commençait à manquer. Un homme minuscule (plus petit que Flitwick), avec un long nez allongé, étaient plongé dans les machines. Il courrait partout et vérifiait le fonctionnement de chacune.
- Espèce de sales machines à la noix ! cria-t-il de sa toute petite voix.
Il écarta Drago et Hermione d'un geste puis, s'apercevant enfin de leur présence, il s'arrêta brusquement dans sa tâche.
- Qu'est-ce que vous faites là ? Vous n'avez pas le droit d'être ici !
- Nous sommes les nouveaux préfets-en-chefs, dit Hermione. On est venue pour savoir si tout allait bien et si nous allions repartir bientôt.
- Tout va parfaitement bien, dit le petit homme. Ce n'est qu'un tout petit problème magique. Nous allons bientôt repartir alors vous pouvez retourner dans votre compartiment.
Drago et Hermione se regardèrent d'un air sceptique puis ils s'exécutèrent. En sortant, ils refermèrent la porte sur un petit homme énervé.
- Pff ! On ne peut vraiment pas faire confiance à ces créatures ! s'exclama Malefoy. Dumbledore aurait dû engager un sorcier, il y aurait eu moins de problèmes.
Tout à coup, le train redémarra et les lumières se rallumèrent. Les deux adolescents entendirent un cri de joie provenant de la cabine qu'ils venaient de quitter. Hermione se tourna vers Drago affichant un grand sourire.
- Apparemment, cette créature a réussi à régler le problème sans que personne ne l'aide. Tu sais, je suis sûre que toutes les créatures de notre monde peuvent être plus intelligentes et plus douées que nous, êtres humains. En tout cas, je suis persuadée qu'elles sont plus intelligentes et douées que toi.
Hermione se dirigea vers son compartiment et laissa derrière elle, un Drago plus en colère que jamais.
