Voilà pour le deuxième chapitre! Désolée pour le délai, je voulais vous donner un nouveau cover pour que ça soit plus joli! Voici le lien (retirer les - , remplacer (point) et (slash) par . et /): h-t-t-p:/fav(point)me(slash)d9c78s3

Enjoy!


Ma mère espère que je me fasse des amis, que je puisse faire autre chose de mes soirées et week-ends que "de pitonner (taper) sur des écrans". Ne sait-elle pas que je dessine, aussi? Peut-être qu'une tablette est un "écran", mais en fait, c'est comme si je dessinais sur papier, mais avec plus de fonctionnalités.

La cloche du premier cours me tire de mes pensées. Je vais en anglais. J'ai toujours aimé les langues. J'ai toujours eu de belles notes en anglais et en espagnol. En fait, je suis bonne dans tout sauf en éducation physique. J'espère aller à l'université pour obtenir un doctorat, mais je ne sais pas ce que je veux faire dans la vie. Sûrement un travail dans le domaine scientifique, car j'adore aussi les sciences. En gros, comme diraient les gens "normaux", je suis une nerd.

Je me dirige vers ma classe d'anglais. Comme je viens de dire, j'adore les langues, alors je me suis inscrite dans la concentration langues, ce qui fait que la moitié de mon année scolaire a une majorité de cours en anglais, et l'autre, ce sont les autres matières.

En lisant mon horaire, je suis surprise de constater que je vais souvent avoir des journées entières ou presque en anglais. Ça ne va pas être facile, mais je suis convaincue que ça va être amusant, et surtout très enrichissant!

L'enseignante ne parle qu'en anglais. De toute façon, je comprends tout, enfin presque. Sa manière de parler laisse croire qu'elle est de souche anglophone car elle n'a pas d'accent francophone et formule bien les phrases. Elle a des cheveux châtains légèrement ondulés qui frôlent les épaules et des yeux foncés cachés par des lunettes noires. Elle semble être dans la fin vingtaine ou le début de la trentaine. Assise à la première rangée, je la regarde présenter le cours d'anglais et ce que nous allons faire en cours d'année, puis, elle nous fait faire un jeu pour apprendre à nous connaître.

Je fais de l'anglais toute la journée sauf à la dernière période. Rendue à ce moment, je regarde mon horaire. Sciences. Je suis comblée.

À la fin de la journée, je vais dans l'autobus scolaire. Je n'ose parler à personne, car j'ai trop peur que les gens me détestent.

Je rentre à la maison.

- Salut! Me dit maman. Comment s'est passée ta journée?

- Super bien! Je vous raconte ça à table?

- Oui!

Je me dirige vers ma chambre et je vais un peu sur Internet, avant de faire le mini-devoir que ma prof de langues nous a demandé de faire, une présentation d'à peine cent mots. Je le finis facilement, après m'être relue deux fois.

Quelques jours passent comme ça. Je m'habitue rapidement à la routine. Je n'ai pas le courage de parler à mes camarades de classe, ni aux autres ados qui sont au même arrêt de bus que moi, surtout que les seuls qui semblent de mon âge sont un gars - et je ne me sens pas à l'aise avec les garçons - qui a l'air renfermé et une fille qui se maquille, est à la mode et sûrement ultra populaire, donc tout le contraire de moi. En plus, elle fume - à douze ans -, alors c'est encore plus dégueulasse.

Dans l'autobus jaune, je m'arrange toujours pour m'asseoir sur un banc à moi toute seule, mais parfois, il arrive que je doive partager mon siège avec une autre personne - souvent plus grande que moi -, alors je reste silencieuse.

Pour tous mes cours, je suis toujours avec les mêmes élèves, sauf pour les arts plastiques. En effet, quand nous devions choisir notre concentration - langues pour moi -, nous avions le choix d'une option, soit arts plastiques, art dramatique, guitare ou danse. Par conséquent, pour ces cours, nous avons été placés en fonction de nos options, alors ceux qui sont en guitare, par exemple, sont jumelés ensemble, peu importe leur concentration.

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Vendredi 6 septembre 2027. J'ai survécu à ma première semaine au secondaire. Je reviens par autobus, comme toujours. Je soupe (dîne), fais mes choses et me couche.

Samedi. Je ne fais pas grand-chose de la journée à part travailler sur un exposé oral en anglais, étudier un peu pour un mini-test en sciences, dessiner et aller sur Youtube.

Dimanche. Je vais me promener au parc. Je m'installe sur une table à pique-nique et regarde autour de moi. Les modules (installations où jouent les enfants) sont déserts et les bancs, inoccupés. Les seuls sons que je peux entendre sont le bruit du fleuve, les piaillements des oiseaux et le frémissement des feuilles dans les arbres.

Mes parents m'ont dit un jour que les enfants, avant, allaient au parc avec leurs parents et jouaient à la tag (chat et souris), à des jeux de rôle dans la vraie vie, à "papa maman", et toutes sortes de jeux que le monde semble avoir oublié.

Contrairement à la majorité des familles, qui cédaient sous le poids de la société contemporaine, nous allions jouer dehors, soit à la piscine, au parc, aux jeux d'eau ou bien dans une réserve pour faire du camping sauvage. Quand je racontais mes "aventures" à mes camarades de classe, ils ne comprenaient pas mes dires et me traitaient d' "anormale" et jugeaient mes parents. Évidemment, ces derniers n'ont jamais voulu me donner d'iPad ou autre "inutilité", comme ils disaient. Pourtant, en deuxième année, tout le monde avait son propre téléphone cellulaire!

En juillet, mes parents ont accepté, puisque je finissais mon primaire, de me donner une tablette à dessin et un ordinateur portable, à condition de ne pas les emmener à l'école rendue à la rentrée. De plus, l'internet est limité au matin - de 7h à 13h - et au soir - à partir de 4h de l'après-midi jusqu'à 10h du soir.

Mais ai-je vraiment raison de chialer (me plaindre) contre ce règlement relativement strict comparé à la supposée liberté de la plupart des jeunes de mon âge? Après tout, j'ai des comptes sur des réseaux sociaux et je peux jouer à des jeux en ligne. Aussi, je peux faire connaître ma bande dessinée et mes autres dessins. Grâce à un site d'artistes, je peux poster mes œuvres d'art et me faire des amis. Enfin, ma mère me dit que ce ne sont pas des vrais amis, mais je ne la crois pas, je suis certaine que je peux compter sur eux, avoir du plaisir avec eux et apprendre à les connaître même s'ils sont américains, français ou argentins.

Je passe le reste de l'après-midi à réfléchir, dessiner la beauté de la nature, écouter le chant mélodieux des oiseaux ou bien admirer les différentes espèces de fleurs – que presque personne ne doit connaître aujourd'hui – et les feuillages anormalement verts – ma mère m'a raconté que quand elle était jeune, les arbres devenaient rouges, jaunes et bruns au début de l'automne.

Je rentre dans mon domicile telle une zen sortant d'une agréable et apaisante transe. J'ai oublié l'école, le déclin de notre société, les guerres, la famine, les allergies, le cancer, la mort et mes problèmes. Mon esprit est rengorgé de pureté, d'innocence, de paix, de douceur et d'espoir.

Malheureusement, le retour à la réalité dure et cruelle se fait vite sentir. Sacs d'écoles, télé allumée sur un poste de nouvelles, ma mère avec le nez rouge et la toussote facile à cause du pollen, l'odeur de cigarette pesant dans l'air, ...

Le lendemain est d'autant plus désagréable, sachant que tout le monde m'ignore, je mange seule telle une ermite à la cafétéria, je n'ai pas de coéquipier pour les travaux d'équipe en anglais, bref la solitude à son paroxysme. Alors, en cette deuxième semaine scolaire, je marche vers mon prochain cours, l'éthique et culture religieuse, magazine de sciences à la main. Je regarde la couverture, intéressée. Je peux lire divers titres d'articles semblant aussi intéressants les uns que les autres.

- Un antidote au cancer ... Tout sur les virus ... Les fast-food nous vendraient-il la mort? ... La langue, plus qu'un simple organe buccal ... L'obésité...

Je n'ai pas le temps de lire le dernier titre. Je trébuche, je fonce dans quelque chose, je ne sais pas, je ne sais plus, et tombe à la renverse sur le sol.

Je lève la tête, encore surprise de ne plus être debout à lire mon texte informatif favori. Un garçon se tient devant moi.


Mais qui est ce garçon? Que va-t-il se passer? Tant de questions sans réponses pour vous, chers lecteurs... :')

Au prochain chapitre, et surtout n'oubliez pas de commenter, aimer, partager, et tout le reste! :3

~ MissKitCat