(Note : Etant donné que le nom de Raito et Lawliet sont censés avoir les mêmes prononciations, j'ai pensé que « le destin de Lawliet » pouvait s'accorder au pluriel, bien que mon L adoré soit le centre de la fic xD. Bonne lecture !)
L'âme d'un psychopate : Chapitre II
Alors qu'un enfant anglais jouait avec les rats dans la rue, un autre, aux sourires tout aussi rares, de l'autre côté de la Terre…
- Raito, souffles tes bougies ! Elles vont s'éteindre si tu ne te dépêchés pas.
L'enfant mature leva vers son père un regard chargé de mépris, dissimulé derrière l'attitude toute enfantine que présentait son apparence pré pubère.
Mais il revint au final au gâteau dont les fumées crépitantes s'élevaient devant ses yeux. Une délicieuse pâtisserie au chocolat, couverte de 10 bougies bleues et d'une plaque de sucre glacée où des mains malhabiles avaient marqué à la crème : « Joyeux anniversaire Raito ! ». Lorsque le petit garçon, blasé, prit son souffle ; toute la famille, massée dans son dos retint son souffle, le regard rivé sur la table. Les secondes s'écoulèrent, douloureuses, avant que l'enfant n'arrive éteindre chaque bougie. Et enfin, le summum de l'action : la dernière flamme qui grésille, maculant le chocolat d'une cire bleutée. Il souffla un grand coup et la salle-à-manger éclata en applaudissements.
Soîchiro Yagama distribuait des poignées de mains fières, un sourire éclatant fiché sur le visage, tel un masque que son fils trouvait immonde.
On s'empressa autour de lui, les tantes éloignées le firent voler entre leurs bras épaissis par les années, tandis que les rares oncles s'esclaffaient. Raito tenta de sourire, mais ses rictus, qu'il espérait attirants, viraient rapidement à la moue boudeuse. C'était plus fort que lui…
Sa mère, tout en lui recommandant de bien se tenir, lui resserra sa cravate. Sa petite cravate longue de quelques centimètres qu'il ne portait habituellement que pour les baptêmes et pour les visites à la préfecture de Police. Hilarant ; Pensa l'enfant, observant discrètement les glottes largement découvertes de ses oncles.
Que pouvait-il y avoir de solennel à ses dix ans, pour que son père se sente obligé d'inviter la famille entière ?
Sayu, du haut de ses six ans, se précipita vers lui, flottante dans une jupe trop grande pour elle :
- Onee-chaaaaan ! S'écria-t-elle avec enthousiasme
Elle dévisagea son frère de ses grands yeux noirs, un petit sourire amusé au coin des lèvres :
- Ne m'appelles plus comme cela, Sayu ! J'ai dix ans maintenant ! Protesta vainement Raito
- Tu n'es plus mon frère alors ?
Le garçonnet se retrouva pris au dépourvu par cette question et la petite fille en profita pour courir dans les jupes de sa mère. Elle s'agrippa à la première robe qu'elle rencontra, rassurée de sentir le contact soyeux d'une étoffe familière sous les doigts :
- Raito a dit qu'il n'est plus mon frère. Pleurnicha-t-elle, le nez enfoncé dans le tissu
Tante Nao, une femme rondouillarde d'une cinquantaine d'années, aux traits tirés par les produits anti-rides, s'approcha du jeune garçon. Il bouillait littéralement de rage, tout à ses premières réactions d'enfant jaloux. Six ans plus tôt, il avait vu arriver ce petit parasite rose dans sa maison, sa belle maison où il était auparavant le seul enfant. Sa maturité quelque peu précoce n'avait pas résisté au feu dévorant de la jalousie et il s'était empressé d'exécuter ses fantasmes de monarchie dés que sa sœur eut ses premières poupées barbies. Que de dictatures avortées dans la chambre de la fillette !
Le petit garçon tourna résolument le dos à sa tante qui se penchait pourtant vers lui avec gentillesse. Il daigna à peine lui jeter un regard hautain, enchaîné par la colère intérieure. La grosse femme lui tendit un paquet cadeau enrubanné de bleu, espérant sans doute le dérider. Encore une fois, les oncles se mirent à rire grassement, tapant avec virilité dans le dos du Père Yagami. Il manqua de s'étouffer avec le morceau de gâteau qu'il portait à sa bouche et prétexta l'heure des cadeaux dés qu'il eut vent de l'initiative de tante Nao :
- C'est l'heure ! Déclara-t-il fièrement
L'assemblée rassemblée dans le grand jardin des Yagami fut agitée d'un gloussement terrible, tandis que tous, ils se jetaient sur leurs sacs pour en sortir un paquet. Paquets que le petit Raito ne désirait pas forcément…
- Lequel veux-tu ouvrir en premier ?
L'enfant en prit un au hasard, celui de sa tante, et l'ouvrit sans précautions. Un robot étincelant apparut entre les lambeaux de papiers et le garçonnet se retint d'esquisser une grimace de dégoût. Les adultes environnants ne repérèrent pas la lueur maligne qui s'alluma dans ses yeux sombres ; ces grandes personnes qui l'imaginait heureux de recevoir un inutile personnage de dessin animé.
Il continua néanmoins à ouvrir les cadeaux avec automatisme, sans s'arrêter vraiment sur leur contenu. Pourtant, lorsque Soîchiro lui glissa entre les mains un paquet cylindrique, le père et le fils échangèrent un regard complice, l'espace d'un instant :
- Merci Papa. Murmura-t-il, l'ombre d'un sourire se dessinant sur ses lèvres
Il déballa lentement le cadeau et découvrit, avec une moue intéressée, une paire de jumelle conçue pour des snipers. Il haussa un sourcil intrigué et se tourna vers son père. Ce dernier haussa les épaules, avant de lui adresser un clin d'œil chaleureux.
Raito comprit alors qu'une odieuse complicité s'était installée entre lui et son géniteur… Il se secoua avec mauvaise volonté, avant de prétexter un mal de tête urgent, lassé de ce petit jeu qu'était la « fête » :
- Enfin Raito, tu ne vas pas être malade le jour de ta rentrée dans la société. Je ne comprends pas ; cet enfant a toujours été solide. C'est bien la première fois qu'il se plaint d'un mal de tête. Avoua sa mère, en poussant un soupir de résolution
- Enfin Sachiko, il a peut-être une méningite. Il est tellement précoce que cela devait bien arriver un jour. Rétorqua Tante Nao
Raito se figea, ses nouvelles jumelles entre les mains. Il jeta un regard mauvais à sa tante et s'empara du robot qu'elle lui avait offert, sans ajouter un mot.
C'était donc cela… Le sortir en société, comme un animal de foire ; le présenter à la famille entouré d'un joli ruban, qui lui étranglait le cou.
Il rentra dans la maison, avant de fermer précipitamment la porte. A travers le mur épais, le brouhaha des invités perdait de son intensité et ce ne fut plus qu'une bouillie sonore qui parvint au jeune garçon. Il soupira à son tour, serrant contre son torse étroit les jumelles. Le contact glacé des lentilles épaisses contre son cou nu le fit frissonner et il sembla au garçonnet qu'il se réveillait d'un cauchemar ignoble. Son regard fit un tour d'ensemble de l'entrée, s'arrêtant à peine sur le porte manteau surchargé, sur les murs immaculés. Enfin, il défit sa cravate et entreprit de montrer à l'étage, engoncé dans son costard comme dans un cocon épais. Il lui semblait que le vêtement craquait aux entournures dés qu'il levait le pied, que les fils noirs en profitaient pour se dissoudre dans les courants d'air.
Effrayé par de telles perspectives, il se jeta avec nervosité dans sa chambre et claqua la porte derrière lui. Se rappelant les mots de sa tante, il se laissa glisser avec tristesse contre le panneau qui le séparait du couloir :
- Plus jamais ça… Un monde parfait sans tantes, sans oncles, sans sœur… Sans criminels. Souffla-t-il, les yeux baissés sur le robot
Il le posa sur ses genoux et tordit son bras de plastique, jusqu'à ce qu'il cède dans sa main. L'enfant le jeta au loin, sous son lit, écoeuré par tant d'inutiles convenances.
Oui, un monde parfait sans toutes ces cérémonies. Les personnes hypocrites n'y ont pas leur place, les malfaiteurs non plus…
Oui, il trouvera un moyen… Bientôt !
A suiiiiiiiiiiiiiiiiiivre xD
(le IIéme chapitre déjà. Le prochain sera sur Lawliet évidement, ne l'oublions pas x3. Rewiewez pour vos avis xD !)
