Merci pour vos commentaires ! Voici la suite, je pense poster tous les jours si j'y pense sinon tous les 2 jours :)

Fin des POV

- Désolé Lisbon, ça n'a pas marché, souffla-t-il.

- Ce n'est rien Jane. Sans arme vous ne pouviez rien faire, mais faites-moi penser à vous apprendre quelques prises de combat, histoire de ne pas avoir honte quand vous vous défilez.

- Oh ! oseriez-vous me traiter de lâche ? Lança-t-il d'un ton faussement indigné, la main posée sur la poitrine.

Elle lui lança un regard noir accompagné d'un sourire qu'il lui rendit.

- Vous savez ce qu'ils nous veulent ? Demanda Lisbon.

- Aucune idée… du moins pour l'instant. Ils ont attendu que tout le monde parte, et voulaient l'équipe au complet, c'est qu'ils ont eu affaire à nous.

- On doit trouver un moyen de contacter l'extérieur. Vous n'auriez pas votre portable, par hasard ?

Jane fouilla dans sa poche intérieure et grimaça.

- Euh, je crois qu'il est resté dans le grenier.

Soupir de la jeune femme. Elle détestait ne pas contrôler la situation, et c'était le cas à ce moment précis.

POV Lisbon

Le chef s'approcha de moi, et s'accroupit, tout sourire. Il joua un moment avec son pistolet, le faisant tourner dans sa main. Il veut t'énerver, pensé-je, te déstabiliser. J'étais assez bon agent pour savoir me contenir, sans compter qu'avec Jane, j'avais un entraînement quasi quotidien : Il s'arrêta pour observer son effet et planta ses yeux dans les miens. Sans baisser le regard ou même éviter la confrontation, je distinguai Jane sourire. Il savait, lui. Il savait quelle colère m'habitait, il savait déceler ce que je cachais aux yeux de tous. Mais il n'était pas tout le monde. Tony fit disparaître son sourire moqueur pour laisser apparaître un rictus sadique.

« Vous savez agent Lisbon, je n'aime pas qu'on me mente. Encore moins quand il s'agit d'une femme. Mais je suis impressionné par votre aplomb. Il est rare qu'une si belle femme sache mentir avec autant d'audace. » ajouta-t-il en caressant ma joue de la crosse de son arme. Tournant légèrement la tête afin d'éviter ce froid contact, je vis mon consultant serrer les dents puis sourire de nouveau. Il me jeta un coup d'œil et partit dans un éclat de rire qui me surprit tout autant que notre ravisseur. Je regardai le reste de l'équipe, cherchant à comprendre. Grace semblait choquée, Rigsby étonné et Cho égal à lui-même.

- Qu'est-ce que tu as à rire comme ça, blondinet ? Vociféra-t-il, braquant directement l'arme vers lui.

Je ne cessai de fixer Jane espérant capter son regard afin de lui faire comprendre qu'il devait cesser au risque de mettre le preneur d'otages dans une colère folle.

- Rien, c'est juste que… enfin, il faut vraiment être aveugle pour ne pas voir quand Lisbon ment. Elle ment très mal.

-Jane ! criai-je d'une voix lourde de reproches.

- Quoi ? C'est la vérité ! Rétorqua-t-il dans un haussement d'épaules.

- Non c'est faux ! Et vous…

- Ca suffit ! Hurla l'homme. La colère déformait ses traits, son arme tremblait.

D'un regard, Jane et moi comprimes que ce « chef » était en fait loin d'être un pro. Il nous fallait rester vigilants malgré tout. Redevenu maître de ses émotions, il pointa de nouveau l'arme sur moi et prononça d'un ton froid. « Rigole encore une fois, Boucle d'Or, et l'agent Lisbon mourra. »

Le sourire de Jane s'effaça, et je vis son regard d'assombrir, puis il sourit de nouveau. Cela n'avait duré que quelques secondes mais je l'avais vu. Jane sortit alors une boutade, comme à chaque fois que quelque chose le touchait de trop près.

- Je peux vous promettre de ne pas rire mais vous ridiculiser, ça, j'en suis moins sûr. Demandez à Lisbon, c'est l'un de mes plus gros défauts.

- Jane, criai-je, sentant l'arme s'enfoncer sur ma tempe.

- Bien, je prends note, M. Jane. Quant à vous, agent Lisbon, empêchez-le de dépasser les bornes, c'est un conseil, ajouta-t-il en se relevant.

Les deux sbires se rapprochèrent et lui murmurèrent quelque chose. Il me jeta un coup d'œil et partit s'installer dans mon bureau avec l'un de ses complices, le plus baraqué restant à l'entrée de l'open space voulant sûrement nous dissuader de tenter une quelconque évasion. Difficile sans arme !

Quelques minutes s'écoulèrent dans un silence pesant que brisa Van Pelt.

-Patron, vous avez une idée de qui il est ?

- Aucune, je ne me souviens pas de cet homme, et vous, Cho, Rigsby ?

Un signe de la tête en guise de réponse. Si seulement nous avions accès aux dossiers !

La porte de mon bureau s'ouvre sur les deux hommes qui ont l'air content et qui se dirigent vers la cuisine. Je suis loin d'être rassurée, ce qui n'échappe pas à Jane.

- Ne vous inquiétez pas Lisbon. On va réussir à sortir de là. Murmura-t-il en posant sa main sur mon genou.

Je regardai sa main, puis son visage. Comment pouvait-il être aussi serein ?

- Que pouvez-vous me dire sur eux ?

- Eh bien les deux complices sont influençables. Ils ont sûrement accepté ce boulot contre beaucoup d'argent. Quant au chef, ce fameux Tony, il est manipulateur et sournois. Il a subi la perte d'un être cher, un homme je dirais. Son père ou son frère peut-être. Il se met facilement en colère, et est très impulsif. Je pense que la personne qu'il a perdue était la seule à pouvoir le canaliser. Je parierais que nous sommes responsables de la mort de ce « quelqu'un ». Autrement dit, il cherche à se venger. Reste à découvrir qui. Vous avez tué beaucoup d'hommes Lisbon ?

Sa question s'est voulue légère mais elle ne l'est pas. Je n'en ai pas tué tant que ça, il le sait, mais ce n'est pas rien, la mort d'un homme. Même si c'est un assassin.

- Que va-t-il faire à votre avis ? Il ne peut pas nous retenir indéfiniment ici. D'autant plus que nos voitures sont encore sur le parking, cela attirera l'attention du gardien.

- A moins qu'ils ne l'aient maîtrisé. Non, ils vont vouloir agir. Ils ne semblent pas décidés à nous tuer… du moins pas tout de suite. Je pense qu'ils vont nous faire souffrir avant de nous achever. Lança Jane fataliste.

- Sauf si on réussit à être assez rusés pour s'enfuir, rétorqua Cho.

Un pressentiment m'étreignit le ventre, et je regardai tour à tour les membres de mon équipe. C'était moi le chef, il fallait donc que je sois optimiste pour eux, et que je trouve un moyen de sortir de là. Leur faisant signe d'approcher, je baissais la voix afin que « Barracuda » ne saisisse pas mes paroles. « Il va falloir faire preuve d'imagination. Nous sommes supérieurs en nombre, mais désarmés, il faudra donc être extrêmement prudents. » Tous acquiescèrent, mais Jane semblait soucieux. « Bien, je vous laisse réfléchir quelques heures, si vous avez un plan, faites-moi signe. » Chacun se remit à sa place, sauf Jane qui se leva et se dirigea vers Barracuda, avant même que je n'aie pu ouvrir la bouche pour intervenir. Ils discutèrent pendant quelques minutes au bout desquelles Jane lui tapa sur l'épaule en souriant et revint vers moi. Mais alors que je pensais qu'il reprendrait sa place initiale, il s'allongea sur son canapé.

- Quoi ? demanda-t-il, les yeux clos.

- C'est plutôt à moi de vous poser cette question ! Vous faites copain-copain avec Barracuda et vous revenez tranquillement vous vautrer dans votre canapé ! A quoi jouez-vous, Jane ?

Il rit puis laissa le silence prendre place quelques minutes.

- Je voulais simplement savoir si nous pouvions nous dégourdir les jambes dans l'open space, étant donné que nous sommes là pour un petit moment. Ah, j'ai aussi obtenu l'autorisation d'utiliser les toilettes. Bien sûr, l'un de ces charmants messieurs nous accompagnera.

Rires de Rigsby et de Cho, ainsi qu'un hochement de tête soulagé de la part de Grace.

- Et ?

Sans rien dire de plus, il tendit la main vers moi. Je me levai, faisant fi de son geste, et m'accroupis près du canapé, à hauteur de sa tête.

- Tony et son complice mettent au point leur plan, enfermés dans la cuisine. Ils semblaient se préparer des sandwiches. Murmura-t-il d'un air de conspirateur.

- C'est tout ?

- Du calme Lisbon. Nous n'avons pu voir ce Tony que quelques minutes.

- Mais vous avez un pressentiment, n'est-ce pas ?

Soupir. Pourquoi ne répondait-il pas à ma question ? Il se redressa soudain, et ancra son regard au mien, avant de reprendre d'une voix incertaine.

- Je sais que quelque chose vous préoccupe, et j'ai moi aussi la sensation que quelque chose n'est pas normal.

Gêné, il baissa la tête. Rares étaient les fois où Jane se confiait, à vrai dire, j'aurais pu les compter sur une main. De savoir que lui aussi trouvait cela étrange me rassurait d'un certain côté.

« Sandwiches pour tous ! » Cria Tony, un plateau en main. Echangeant un coup d'œil, Jane et moi rejoignîmes les trois autres piochant déjà dans le plat. Je n'avais pas faim et me méfiais de ce qu'il pouvait y avoir dedans.

- Vous ne mangez pas agent Lisbon ?

Son ton désolé, presque déçu, tranchait avec la froide colère de la demi-heure précédente.

- Non, je n'ai pas faim, répondis-je d'un ton aussi froid que possible. Il était hors de question que je me laisse avoir, je devais rester sur mes gardes.

- Je vous rassure, ils ne sont pas empoisonnés ! Vous me croyez aussi idiot ?

- A vrai dire, oui !

Jane. Pourquoi avait-il besoin de provoquer tous ceux qu'il ne supportait pas. La tête entre les mains, je tentais d'endiguer ma colère et le mal de crâne qui l'accompagnait.

- Vous aimez jouer avec le feu, M. Jane, mais je…

- Par contre si vous pouviez amener un café pour Lisbon, je crois qu'elle en a bien besoin, l'interrompit-il.

De mauvaise grâce, Tony fit signe à Barracuda de surveiller le temps qu'il ailler chercher le café.

- Vous ne pouviez pas vous taire ? Fis-je.

- Allons Lisbon, avouez-le, vous en mourrez d'envie ! Je le vois bien et je sais qu'il vous faut votre dose de caféine si vous voulez tenir toute la nuit pour veiller sur l'équipe.

- Je ne…

- Mais il est hors de question nous dormirons tous… ou du moins nous tenterons. Ne jouez pas le rôle de mère avec nous Lisbon, nous sommes capables de nous défendre, ajouta-t-il dans un sourire qui ne fit que décupler ma fureur.

- Vous n'êtes qu'un…

-Tenez votre café.

Coupée dans mon élan, la tasse que me tendait le preneur d'otage calma instantanément ma mauvaise humeur.

- Merci, dis-je d'un ton séducteur en prenant la tasse, rien que pour provoquer mon consultant.

Jane fronça les sourcils, tandis que nos amis esquissaient un sourire.

- Tant que j'y suis, quelqu'un veut quelque chose ? Grogna Tony.

- Euh, oui, moi ! Fit Jane, levant le doigt comme un élève, ce qui me fit soupirer une fois de plus.

- Bien, et que voulez-vous cher Monsieur Jane ? Un café, un thé, une glace ?

Je me penchai sur ma tasse, cachant un sourire suite à cette répartie que quiconque ferait à un enfant. Visiblement, Tony commençait à perdre patience.

- Non quoiqu'un thé me tenterait bien. Il faudrait quelques couvertures pour mes camarades, vous n'allez tout de même pas nous faire dormir à même le sol ! Moi, ça va, j'ai mon canapé, mais vous vous doutez bien qu'il n'y a pas assez de places. Quoique, je pourrais me serrer pour Lisbon, dit-il faisant un clin d'œil à mon égard, ce qui ne fit qu'accentuer la rougeur de mon visage.

- Il est toujours comme ça ? Questionna l'un des complices.

- Et encore vous n'avez pas tout vu ! Soufflai-je alors que le principal intéressé souriait de toutes ses dents.