Vos reviews m'ont énormément encouragées, et mis la pression aussi ! ^^ J'espère vraiment que vous aimerez cette histoire et qu'elle ne vous décevra pas !
Mais je vous remercie de vos questions, de vos réflexions et de vos commentaires ! On m'a dit qu'Harry serait une sorte "d'Ange Gardien", je n'y avais pas pensé en ces termes, mais c'est un peu de cela. Vous allez voir aujourd'hui comme il est compliqué pour Harry de s'habituer et de comprendre son nouveau corps et comment faire pour se faire attendre ou voir !
J'avais à peine posté le premier chapitre que j'avais déjà compris que cette fic ne ferait pas que "quelques chapitres" ! Et je suis plus qu'inspirée, alors profitons-en ! Merci encore à vous pour vos encouragements ! Sur ce, je ne vous dérange plus ! :)
Bonne lecture !
Chapitre 2 : L'impuissance
POV Harry
J'ai bien eu le temps d'analyser la situation. Je suis donc dans la chambre de mon ancien professeur de potion, Severus Snape. Celui-ci n'a pas plus de six ou sept ans. Je peux marcher sur le sol et même sauter sans faire aucun bruit, mais je ne peux pas toucher le mur, je passe à travers. Je ne peux pas toucher les objets, pourtant je peux m'assoir par terre et m'adosser au mur. Donc tout n'est pas perdu, je vais pouvoir faire quelque chose !
Je me suis regardé dans le miroir, je me vois mais je ressemble à un fantôme, en encore plus transparent. Je ne suis donc pas un fantôme, la Magie a dit qu'on ne me verrait pas. Je dois être un peu comme les sombrals, sauf que rien ne peut me montrer aux yeux des autres, enfin, pour ce qu'elle m'en a dit. Donc, je suis un genre de spectre. Et si je suis censé être là pour changer les choses, c'est que d'une façon ou d'une autre, je vais pouvoir agir physiquement, ou que quelqu'un va finir par m'entendre. Enfin, quand bien même quelqu'un m'entendrait, il aurait certainement la trouille et n'écouterait même pas ce que j'ai à dire. Sûrement pas si c'est Severus Snape, même enfant, il doit être intelligent ! Puis honnêtement, qui irait croire une voix dans sa tête qui lui dit qu'une guerre se prépare ?
Je ne sais même pas ce que je suis censé faire ici, pourquoi avec Severus Snape ? Il a fait des choix qui ne l'ont pas aidé, bien au contraire, mais comment changer ses choix ? Je n'en sais strictement rien. Et quand bien même j'ai une idée, ce n'est certainement pas un spectre qui ne peut se faire entendre ou voir qui pourra changer grand-chose, et il est hors de question que je vive toute une vie de spectre en tant que spectateur. D'ailleurs, combien de temps ai-je ? Jusqu'à la fin de la guerre ? Jusqu'à ma naissance ? Vais-je mourir une bonne fois pour toutes ou disparaître ? Vais-je revenir dans mon corps, à ma naissance ? Dans l'époque que j'ai quittée tout en ayant tout changé ? Tant de questions que j'en étouffe, il faut que je sorte d'ici !
Je me lève donc et sors dehors en essayant plusieurs fois d'ouvrir des portes que je ne pouvais pas toucher mais tout simplement traverser. Étrangement, il n'y a que le sol et les escaliers que je « sens » réellement et même que je peux toucher avec mes mains. Tout doit être question d'intention, d'idée. Je ne me vois pas autrement que marcher, et c'est sur le sol que l'on marche, logique. Donc forcément, le sol est une chose de papable. Mais en tant que spectre, je m'imagine comme un fantôme pouvant passer à travers les murs. Est-ce que les vrais fantômes font face aux mêmes problèmes que moi ? Apprennent-ils à passer à travers le sol et le plafond ? Ou est-ce juste ma nouvelle condition ? Quelque chose me dit que je peux changer cela, je ne sais pas si un jour je pourrai réellement voler et passer à travers le sol et le plafond, mais je sais que je pourrai toucher le mur et les objets. Il ne peut en être autrement…
En sortant dans la rue, je me rends compte qu'il n'y a que pour seule lumière, la lune. Il y a bien des lampadaires, mais aucun ne fonctionne. Cela donne une allure encore plus flippante à cette rue pourvue de petites maisons collées les unes aux autres, toutes identiques. Je repère bien le numéro de la maison et commence à m'avancer jusqu'au bout de la rue. Un petit parc s'y trouve, les dealeurs aussi. De bonnes victimes pour essayer de toucher quelqu'un ou quelque chose.
Il me fallut presque deux heures pour avoir un semblant de résultat, et ce ne fut que quand je shootai dans un tas de sable sous le coup de l'énervement dû à mon manque de résultat, que le sable s'éparpilla comme si j'avais réellement tapé dedans. Mais trois heures plus tard, alors que le soleil commençait à se lever, impossible de faire réagir le monde extérieur à ce que je faisais. Même quand je m'assois, je sens le sable sous mes doigts, mais rien ne bouge.
C'est plus que déçu que je me dirige de nouveau vers la maison de Snape. La rue à l'air toujours lugubre, bien que moins depuis que le soleil illumine enfin la rue. Je rentre dans la maison en essayant une nouvelle fois d'ouvrir la poigner, mais je passe au travers, toujours…
Apparemment, une femme s'active déjà dans la maison, la mère de Snape. Eileen, si mes souvenirs sont bons, Eileen Prince. Ce qui avait valu à Severus son surnom de « Prince de Sang-Mêlé », qu'il s'était lui-même donné. Quand on connaît Snape adulte, il ne fait aucun doute que cette femme est sa mère. Elle est de taille moyenne mais elle a la peau tout aussi blafarde que celle du professeur que j'ai connu et les cheveux tout aussi noirs. Le même regard envoutant et froid, d'un noir d'encre magnifique. Elle est mince et ses mains sont sans conteste des mains de potionistes, longues et fines.
Je regarde la femme s'affairer à préparer la table pour une personne. J'entends d'ailleurs des pas lourds dans l'escalier. Un homme faisant deux têtes de plus que la mère de Snape arrive dans la cuisine. La comparaison entre cet homme et le Snape adulte que j'ai connu s'arrête à la forme du visage et aux sourcils épais. L'homme ne prête aucune attention à sa femme, pas même un bonjour et celle-ci se recule alors que l'homme avance, semblant en avoir peur.
Je m'interroge sur ce couple étrange, plus qu'étrange. J'assouvis ma curiosité en faisant le tour de la maison, de toute manière, je suis condamné à rester ici pendant de nombreuses années, n'est-ce pas ? Pourquoi suis-je remonté aussi loin dans le temps ? L'époque de Poudlard n'aurait pas suffi ? Peut-être pas. Je me suis toujours dit que tout arrivait pour une bonne raison, le fait d'être ici aujourd'hui ne doit pas en être un, j'espère, car sinon, cela va être très long…
Au rez-de-chaussée, il n'y a que la cuisine et le petit salon, un escalier menant à une cave que je n'ai pas été voir, ainsi que celui montant à l'étage où se trouvent les chambres et la salle de bain. Comme à Privet Drive. C'est presque la même maison, en plus petite et plus lugubre. Tout comme il n'y avait aucune photo de moi à Privet Drive, il n'y en a aucune de Snape ici. Tout simplement parce qu'il n'y a aucune photo du tout ! On ne dirait même pas que des sorciers vivent ici, tout à l'air moldu et la mère de Snape fait tout à la Moldue, pour le peu que j'ai pu voir.
Je remonte à l'étage et entre dans la chambre dans laquelle j'ai atterri quelques heures plus tôt. Mais je retrouve la chambre vide, se peut-il que même enfant, mon professeur se lève à l'heure des poules ? Je redescends dans la cuisine en me disant qu'il est sans doute dans la salle de bain. Malgré les deux occupants bien éveillés, il règne un silence de mort. L'homme se lève et sort une clé qui est accrochée à une corde autour de son cou. Il va jusqu'à la porte de la cave et ouvre la porte avec sa clé.
Je pense que je m'attends absolument à tout sauf à Snape enfant, assis en bas des escaliers, les jambes repliées contre lui et la tête sur les genoux, semblant dormir.
- Allez ! Hurla son père, je pus entendre sa voix pour la première fois aujourd'hui, une voix grave et empreinte de brutalité à cet instant. Lève-toi et monte !
L'enfant sauta sur ses jambes aussi vite que l'éclair, il fit quelques instants éblouis par la lumière mais remonta bien vite, la tête baissée. Son père lui attrapa les cheveux en les tirants en arrière, Snape fit une grimace de douleur mais ne dit rien. Son père approcha son visage à quelques centimètres de celui de son fils, les yeux ancrés dans les siens.
- Que je ne te reprenne plus à me réveiller la nuit en pleurant comme un chiard pour des conneries, ou la punition sera bien plus douloureuse… Susurra son père que je n'aimais déjà pas. Est-ce clair ? Fit-il en tirant un peu plus sur les cheveux de son fils, lui tirant un gémissement de douleur dont il semblait être heureux.
- Oui, Père. Répondit l'enfant d'une voix craintive.
Il poussa son fils dans le couloir et referma la cave à clé. Puis il mit son manteau et partit sans un regard en arrière. À ma plus grande surprise, Snape n'alla pas dans les bras de sa mère qui ne s'était même pas déplacée pour le voir. Il monta directement dans la salle de bain. Il en sortit une quinzaine de minutes plus tard, propre et les cheveux encore humides. Puis, il rejoignit sa mère, celle-ci lui donna des fruits en guise de petit déjeuner, les placards étant plus que vide. Il semblerait que seul le père avait le droit à un repas convenable.
C'est le cœur battant douloureusement pour cet enfant que fut mon professeur de potion, que je regarde attentivement la suite en analysant tout ce que j'avais vu jusqu'ici. La cave n'avait pas l'air d'être une chose nouvelle, cela devait être sa punition, comme moi et mon placard. Snape Senior n'est qu'une brute qui doit très certainement battre son fils, sa remarque ne laissait que peu de place au doute. Eileen Prince est très certainement une femme battue elle aussi, au vu du bleu que je peux apercevoir dans la commissure de sa robe.
L'enfant remonte à l'étage, moi sur ses talons, bien qu'il ne me voit pas. Il fait descendre l'escalier menant au grenier, le trou est minuscule, je doute que son père puisse venir le chercher jusqu'ici. Je découvre donc cette pièce que je n'ai pas encore visitée, elle est de la même taille que la chambre d'enfant, bien que le fait qu'elle se trouve dans les combles la rapetisse grandement. La fenêtre est l'unique source de lumière de cette pièce, ce qui rend l'atmosphère assez lugubre, mais pas plus que le restant de la maison ou même du quartier. Au centre de ce grenier se trouve une malle, seul et unique objet de la pièce.
Snape ouvrit la malle sous mes yeux effarés, une malle sorcière ! De multiple compartiment cachant, au vu de ce qu'en sortait l'enfant, énormément de livres. Tous sorciers. L'enfant se métamorphosa sous mes yeux, la tristesse et la peur de ses yeux s'évanouirent aussitôt, les yeux pétillants de curiosité et de joie. C'est la première fois que je vois Severus Snape agir comme un enfant, un enfant heureux de ce qu'il fait. Et en l'occurrence, il ne fait que lire, mais rien que cela le transporte de joie.
Malgré le jeune âge de Snape, celui-ci ne semble aucunement dérangé de lire « L'histoire de Poudlard », bien au contraire. J'imagine qu'il ne souhaite qu'une chose, y entrer. Cela me fait prendre conscience que Snape sait qu'il est un sorcier, malgré le manque flagrant de communication avec sa mère, il connaît cet héritage magique.
Laissant mon professeur tout à sa lecture, je redescends pour découvrir la mère de Snape frottant des saletés qui n'existent pas dans la cuisine. Son regard est totalement vide, absent. Je finis par la laisser à sa folie pour descendre à la cave, il n'y a, en réalité, rien à voir. La cave est sale, je peux entendre le bruit de souris ou rat qui croient certainement être seuls. Un mélange de sable et de terre recouvre le sol de la cave, l'odeur est assez horrible mais par le manque de lumière, je ne vois que peu de choses. Pour ce qu'i voir.
Je fais un second tour de la maison, mais il n'y a vraiment rien à voir ici. Les meubles sont vieux et abimés, voire cassés. Aucun livre, aucun jouet, pas même dans la chambre d'enfant. Pas de dessin, pas de photo, rien. S'ils devaient déménager demain, il n'y aurait vraiment rien à emporter, outre la malle magique dans le grenier. Je retourne donc dans la seule pièce réellement intéressante, je m'assois en face de Snape et l'observe en essayant de trouver ce que je pourrais bien faire.
Je dois détruire les horcruxes, c'est sûrement l'une des premières choses à faire. Mais comment ? Est-ce qu'ils ont tous été créés au moins ? Sont-ils déjà à l'emplacement que je leur connais ? Tant de questions ! En plus, je ne vais pas pouvoir faire tout le chemin à pied, quand bien même je trouverai un moyen de récupérer physiquement les horcruxes !
Alors que je formule le souhait d'avoir un carnet pour pouvoir écrire, un carnet apparaît devant moi, avec un stylo moldu accroché dessus. Je le regarde sans bouger, je jette un coup d'œil à mon professeur pour voir si lui-même a vu quelque chose, mais il ne fait rien d'autre que lire. J'approche doucement mes mains, ayant presque peur qu'il s'envole, mes doigts finissent par toucher la couverture du carnet. Le souffle que je retenais sortit sous l'intense soulagement que je ressens à cet instant, et la tête de Snape tourna vers moi, semblant avoir entendu quelque chose. Il ne bougea plus, le corps entièrement tendu à l'affut du moindre bruit. Je me suis aussi stoppé dans mon geste, regardant dans les yeux l'enfant en face de moi, enfant qui me regarde sans vraiment me voir. Après quelques instants, il se détend et reprend sa lecture non sans quelque coup d'œil craintif vers la trappe.
Je finis par prendre le carnet entre mes mains, je l'ouvre pour découvrir un carnet entièrement vierge. Je ne sais si je l'ai fait apparaître par ma simple volonté ou si la Magie m'a entendu, mais je l'en remercie tout de même. Je me réinstalle contre la cloison et commence à écrire la liste des horcruxes que je connais. Un horcruxe par page, il me faut au moins ça pour rassembler tous mes souvenirs sur chacun d'entre eux.
Je n'ai que peu d'inquiétude pour trois d'entre eux, la Bague doit être dans les ruines de la maison des Gaunt. Le Médaillon de Salazar Serpentard dans la caverne et la Diadème de Rowena Serdaigle dans la Salle-sur-Demande.
Ce qui me tracasse le plus, c'est le Journal, il était en possession de Lucius Malfoy, mais dans cette époque, il ne doit pas être beaucoup plus vieux que l'enfant face à moi. Il en est de même pour la Coupe d'Helga Poufsouffle qui n'est pas encore dans le coffre des Lestrange.
Pour la première fois depuis bien longtemps, je ris. Le son me surprend moi-même. Mais il est vrai qu'imaginer Bellatrix Lestrange – enfin, Black pour le moment – enfant, est assez risible. D'ailleurs, si mes souvenirs sont bons, cette folle furieuse est née dans les années cinquante, Severus Snape étant du même âge que ma mère, nous devons être vers la fin des années soixante. Lestrange doit donc être loin d'un ange, à supposer qu'elle ait été ainsi un jour…
Je souffle un bon coup, reprenant le fil de mes pensées dans ce silence calme et presque serein. J'étais un Horcruxe, mais à cette époque, n'étant pas né et même pas véritablement vivant, cela fait un horcruxe en moins. Ne manque plus qu'à savoir si Nagini est déjà auprès de Voldemort ou non.
La colère monte une nouvelle fois en moi. Comment puis-je aider si je ne suis capable de rien ? Même s'il y a une petite chance que je puisse retrouver les horcruxes, comment faire pour les détruire ? Et détruire Voldemort ?
- Et merde ! Hurlai-je de rage en jetant le carnet contre le mur.
Snape se retourna vivement vers le mur sur lequel j'avais jeté le carnet. La colère retomba immédiatement. Je me fige, me demandant s'il peut voir le carnet, je peux voir ses yeux parcourir la pièce alors que son souffle est bloqué dans sa poitrine, mais son regard passe sur le carnet sans s'arrêter. Mais cette fois, j'en suis certain, il m'a entendu.
HP HP HP HP
Comment est-ce que j'ai bien pu atterrir ici ? Je n'en sais strictement rien ! Après l'épisode du carnet, je suis allé le reprendre et je me suis assis pour réfléchir à ce nouvel élément plus qu'intéressant, je peux me faire entendre ! Puis, mes pensées ont dévié aux files des heures, mais tout changea quand une idée particulière m'était venue. J'allais enfin avoir la chance de voir mes parents vivants. J'avais pensé à ma mère qui est encore une enfant dans ce présent, j'avais pensé à elle avec tellement de force que j'avais… transplané ? Moi-même ne sais comment j'ai fait. Mais le résultat est bien là, je suis dans un salon chaleureusement décoré avec de multiples photos, montrant sans conteste deux petites filles. L'une que j'avais bien trop connu et l'autre bien trop peu, Lily et Pétunia Evans.
- Lily ! Pétunia ! Venez, c'est l'heure de manger ! Cria une voix masculine venant d'une pièce adjacente.
C'est avec émotion que je vis pour la première fois ma mère, vraiment. Elle est devant moi, bien vivante, rayonnante de joie et de vie ! Une enfant d'environ sept ans aux magnifiques cheveux roux et avec des yeux comme les miens. Ma mère descendit les escaliers rapidement et courra jusqu'à ce qui devait être la cuisine. Une seconde fille la suivi de peu, plus calme et posée, les cheveux aussi blonds qu'elle les aura plus tard et le même corps grand et fin que je lui connais à l'âge adulte, Pétunia Evans à n'en pas douter.
J'entre avec ma tante dans ce qui n'est autre qu'une cuisine. Ma mère raconte avec excitation une histoire farfelue à laquelle je ne prête pas vraiment attention, ne faisant que la regarder. Ma tante s'installe près d'elle et elles se mettent à discuter ensemble à propos d'un livre que ma tante lirait en ce moment, ma mère la regarde avec fascination et admiration. Si elle savait, elle ne la regarderait certainement pas ainsi !
Je m'installe sur une chaise libre, regardant mon grand-père servir les assiettes de ses filles. Je suis presque ému d'être là, oubliant pendant une seconde que je ne suis qu'un spectre, que personne ne peut me voir. Je suis juste là, regardant avec fascination ce qui est ma famille. Il manque juste ma grand-mère et je fus heureux d'entendre par mon grand-père qu'elle reviendrait dans la soirée après avoir vu une certaine Tante Edna. J'ai une grand-tante, moi ? Je ne connais vraiment rien de ma famille…
- À qui la faute ? Demandai-je hargneusement en regardant ma tante.
Bien évidemment, personne ne me répondit. Tout simplement parce que personne ne m'avait entendu !
Je suis resté quatre jours dans cette maison, regardant sans qu'elle le sache, ma famille. Même ma tante Pétunia me paraissait plus humaine, plus aimante, elle n'est encore qu'une enfant. Je n'avais pas réussi à retourner voir Severus, peut-être était-ce parce que je ne l'avais pas vraiment souhaité. Mais là, à cet instant précis, je sens quelque chose m'appeler, quelqu'un crier. Mes yeux se ferment et mon esprit se concentre sur ces cries, sur ces pleurs, et je transplane sans même m'en rendre compte avant d'entendre des sanglots ainsi que des souffles saccadés.
- Plus jamais ! Claqua la voix terrifiante du père de Snape, tenant dans sa main sa ceinture d'où perle du sang.
- Tobias, arrête… Supplia sa femme avec crainte. Il ne l'a pas fait exprès…
Tobias Snape repoussa sa femme d'un coup de pied dans les côtés, celle-ci s'étala contre le sol et s'évanouit. Les contusions sur son visage démontrent que ce n'était certainement pas les premiers coups.
Mais je le vis avec horreur se retourner vers la masse sanglotante et sanguinolente au sol, Severus Snape, il leva sa ceinture avec une fureur qui exulte par tous les pores de sa peau et l'abaisse durement sur le dos de son fils.
L'enfant gémissait, pleurait, suppliait. Je courus vers l'homme pour intercepter son bras avant qu'il ne l'abaisse une nouvelle fois sur son fils, mais quand son bras traversa ma main, le rappelle de mon impuissance fut plus que douloureux.
J'étais fou de rage, je regardais totalement impuissant un enfant se faire battre par son père. Les objets dans la pièce commencèrent à trembler et c'est quand je vis le garçon à deux doigts de l'inconscience que je compris que cela ne provenait pas de lui, mais bien de moi !
Tobias Snape qui s'était arrêté pour regarder avec crainte les meubles bouger légèrement, cria de rage et abattit une fois de plus sa ceinture vers son fils. Sans trop savoir pourquoi, l'instinct, très certainement, je me couche sur Snape pour protéger son corps meurtri du mien. Le cri qui sortit de ma bouche quand je sentis la ceinture fouetter mon dos fut autant un cri de surprise que de douleur.
Le corps de l'enfant que je protège de mon propre corps tremble toujours autant. Il ouvre les yeux pour tomber dans les miens, bien qu'il ne puisse pas me voir, je le crus presque pendant une seconde. Par contre, je pouvais clairement apercevoir la lueur de surprise qu'il eut quand il ne ressentit pas la brûlure de la ceinture sur son corps, moi je la sentais. Et quand ses yeux soulagés se refermèrent pour tomber dans une inconscience bienfaitrice, je sus à ce moment-là que je prendrais autant de coups qu'il le faudrait pour protéger cet enfant.
Le monstre dans mon dos ne s'arrêta que quand il fut bien trop essoufflé pour continuer, il remit sa ceinture et sortit de la pièce en poussant sa femme d'un coup de pied dans le buste. Je le vis tituber, se raccrocher à la porte et partir dans le couloir.
Mon corps se relâcha complètement, maintenant que je n'ai plus à faire attention à surplomber complètement celui de Snape. J'étais sur lui, ou plutôt, je le traversais. C'était étrange, mais pas étrange comme quand je traversais un fantôme, enfin, quand j'étais vivant…
Non, c'est comme une caresse. Mais cela ne me l'avait pas fait avec mes grands-parents quand ils me passaient à travers, ou même avec cet horrible Tobias Snape quand il avait traversé la main avec laquelle je tentais vainement de l'arrêter. J'avais déjà senti cette caresse, c'était quand ma mère m'avait traversé pour attraper ce que son père lui tendait... Cette caresse, ce ne pouvait être que la magie…
Après de longues minutes à reprendre mon souffle, je me relève en touchant mon dos, pas de sang. C'est bon signe, je ressens mais ne saigne pas, c'est déjà un bon point ! Il me faudra travailler pour découvrir comment je peux volontairement agir sur le monde comme je viens de le faire, c'est sûrement là ma chance de pouvoir communiquer avec Severus Snape. Reste à savoir comment et s'il veut bien écouter quelqu'un qu'il ne peut même pas voir !
Mais pour le moment, j'ai plus important à faire, et c'est de trouver un moyen de protéger les deux personnes étendues sur le sol du monstre qui – au bruit – doit boire dans la cuisine. Et peu importe le nombre de coups que je dois prendre à leurs places, je les prendrai, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus frapper personne !
