Ce matin, il faisait gris. C'est comme ça tous les jours de toute manière, à Paris. Brisons autant tout de suite les clichés du grand ciel bleu et du soleil dans un coin de la page, tout comme de l'herbe verdoyante dans le parc du coin. Il n'y a aucun parc dans cette ville.
J'étais perché sur un toit en tuile et je regardais au lointain, avant de passer ma main dans mes cheveux pour les attacher. C'est chiant les cheveux au vent, surtout en hauteur.
J'aperçus une tache rouge apparaître au loin, sautant de toits en toits. C'était Ladybug, qui se balançait à l'aide de son yo-yo et qui m'avait visiblement repérée bien avant moi.
Elle posa pieds sur le toit où je me trouvais, et s'avança vers moi alors que je la regardais droit dans les yeux.
« Bah alors, ça va pas chaton ?
- Ah, tu as remarqué ? »
Je me frottais les yeux entre le pouce et l'index, fatigué, avant de soupirer profondément en replongeant mon regard dans l'horizon. C'était vraiment une journée de merde.
« C'est encore ton père ? »
Je feignis de sourire en jetant un coup d'oeil sur Ladybug qui avait posé sa main sur mon épaule, avec son habituel visage compatissant.
« Touché. Il m'a encore fait un speech de dix ans en me disant que si je continuais à me blesser comme je le fais, je ne pourrais plus faire du manneq-
- Eh, pas d'indices sur notre identité ! »
J'avais presque oublié ça. Je me suis alors tût, et j'ai détourné les yeux.
« À quoi ça sert ? On est même plus des supers héros, maintenant. Il y a tellement de gens que nous n'avons pas réussi à sauver, et je...
- Tu as pris tes antidépresseurs récemment, chaton ?
Je ne répondais pas.
« Tu sais que c'est important que l'on prenne tous soin de nous-mêmes. Ce n'est pas en évitant tes médicaments que tu vas pouvoir sauver cette ville, c'est vrai. »
Elle me prit chaleureusement dans ses bras en souriant pour essayer de me réconforter, mais je n'avais pas la force de faire face à la réalité. Accepter cette embrassade, ce serait accepter de me faire prendre en pitié. Je ne suis pas malade, je ne suis pas dépressif, je suis juste réaliste.
« Si tu veux, tu peux sauter la garde d'aujourd'hui. Rentre chez toi et va te reposer, je vais demander à Magma Doll de te remplacer pour aujourd'hui.
- Non, je veux pas que cet idiot prenne ma place.
- Dis pas ça, il est très doué ! Tu sais, il m'aide beaucoup ces derniers temps. Et ça lui plaît de prendre ta place quand tu ne te sens pas bien.
- Justement. »
Je connaissais le faible qu'avait Magma Doll pour Ladybug. Je ne voulais pas qu'il me la prenne, après toutes ces années où j'ai essayé de me rapprocher d'elle en vain. C'était encore la seule chose qu'il me restait de fiable, mon amour pour elle, malgré ces épreuves.
« Tu es sûr ?
- Complètement. »
Je me suis relevé en grinçant des dents, avant de prendre une grande bouffée d'air pollué et d'afficher un faux sourire sur mes lèvres pour faire plaisir à ma douce.
« Bon, allons la faire cette patrouille ! »
Elle avait l'air satisfaite, et c'est tout ce qui comptait pour le moment. Je lui tendis ma main pour l'aider à se relever, puis je bondis sur un autre toit tout en grimaçant. Ma blessure au thorax de la veille me faisait encore mal, mais j'avais connu bien pire. C'était le genre de blessure qui se soignait en moins d'une semaine.
Heureusement, et avec l'expérience, j'avais appris que Hawk Moth ne faisait que rarement apparaître des Akumas les Mardi. Ils ne devrait donc pas y avait de problèmes aujourd'hui, hormis peut être des bagarres de rues et quelques vols de banque. La routine.
Et effectivement, comme je l'avais prévu, l'après-midi fût plutôt calme. Nous avions dûs empêcher un bus d'écraser une petite vieille, nous avons arrêté un voleur, et ce fût quasiment tout. La journée était déjà finie et nous devions chacun rentrer de notre côté même si je n'en avais pas vraiment envie. Rentrer chez moi voulait dire faire face à mon père, et c'était vraiment la dernière chose dont j'avais envie.
Ces dernières années ont étés désastreuses avec lui. Alors que mes résultats scolaires chutaient, mon père me donnait toujours plus d'heures de rattrapage, il insistait aussi énormément sur ma carrière dans la mode, sur le piano, sur le mandarin, sur l'escrime, et sur toutes ces choses qui rendent les gens si "hauts" et "bien-vus" dans la société. Il essayait de me forger une identité lui-même, alors que je n'en avais déjà plus depuis des années.
Ah, et je ne pouvais évidemment pas quitter le foyer comme l'avait déjà fait Ladybug et les autres puisque mon père refusait de me payer quoi que ce soit qui ne me soit pas nécessaire pour répondre à ses attentes. En l'occurrence, un appartement n'en faisait pas partie.
« Ladybug ?
- Oui, chat ?
- Est-ce que je ne pourrais pas... Passer la nuit chez toi ? Si tu le veux je peux me bander les yeux jusqu'à demain matin. Je t'en pris, je peux pas vraiment rentrer chez moi, là... »
Elle soupira et me regarda droit dans les yeux en souriant.
« D'accord, je veux bien t'accorder ça après tout ce que tu as fais pour moi.
- Merci. »
La lumière du soleil couchant se reflétait dans ses cheveux courts pendant quelques secondes, alors qu'ils s'agitaient à cause du vent. C'était l'un des rares soirs où les nuages laissaient passer une éclaircis du soleil pour illuminer tout Paris, et je ne voulais pas gâcher ce moment. ma main se posa d'elle même sur sa chevelure de jais, et un sourire se dessina sur mon visage. Ce geste sembla la toucher, mais elle recula par réflexe avant de détourner les yeux. Il me sembla qu'elle avait rougit même si cela pouvait aussi n'être qu'un effet du soleil.
« Écoutes, ça va être compliqué de te bander les yeux jusqu'à chez moi. Tu pourra te contenter d'éviter de lorgner sur le chemin et le quartier ?
- Bien entendu, my lady. »
Elle se retourna alors rapidement après ma réponse, et sauta sur un autre toit pour prendre son élan et se balancer dans le vide entre les immeubles. Je me suis contenté de la suivre, regardant avec nostalgie les bâtiments gris qui s'empilaient les uns sur les autres, piégés dans l'ombre du ciel.
J'avais bien fait attention à ne pas regarder le chemin jusqu'à chez elle pour ne pas la fâcher, bien que toutes les rues étaient les mêmes et que j'aurais eu du mal à le retrouver même en connaissant la direction.
Nous sommes entrés par une fenêtre, et je me suis rendu compte que son appartement était très… Basique. Un appartement d'étudiant, quoi. C'était simple, il n'y avait que deux pièces. Le salon comprenait une cuisine et une mezzanine donnant sur le lit, l'autre pièce était la salle de bain.
« Je ne pense pas qu'on devrait retirer nos costumes, mais ça risque d'être gênant pour dormir...
- ça me pose pas de problème, t'en fais pas. C'est déjà gentil à toi de risquer ton identité pour m'héberger, je peux pas demander plus. »
Elle me sourit à nouveau et je fis de même. C'est quelque chose que je veux protéger, ce sourire. C'est la plus belle chose au monde.
« Ecoutes, je pense qu'on devrait aller dormir directement. Je n'ai pas le courage de rester réveillée une seule seconde de plus ! »
Je n'avais même pas eu le temps de répondre à sa remarque qu'elle monta dans sa mezzanine pour se plonger dans un lit qui semblait délicieusement doux.
« Bah alors, tu attends quoi chaton ? »
Elle rit en tapotant de la main sur le matelas, m'invitant à monter. J'agréai, amusé par son comportement.
« On se croirait à nouveau au collège. »
Je me suis mis à rire en prononçant ces mots, n'attendant pas une seule seconde de plus pour monter et me jeter à côté d'elle. J'avais lâché mes cheveux pour les laisser tomber raidement sur l'oreiller sous ma tête en fermant mes yeux, et je me rendais alors compte que dormir dans une combinaison de cuir n'avais effectivement pas être une excellente idée. Mais bon, tout ce qui comptait était que je n'avais plus rien à craindre pour la soirée et que je pouvais maintenant me contenter de m'endormir et de laisser tous les problèmes à mon moi de demain.
Ladybug, à côté de moi, me fixait. J'ouvrais l'un de mes oeils pour la regarder, la questionnant du regard.
« Tu sais, je suis vraiment contente de notre duo. On forme une belle paire malgré toutes ces années ! ça va faire, quoi... Cinq ans maintenant ?
- Cinq ans, oui. Et tu es toujours aussi belle après tout ce temps, my lady ~
- Pff ! Je me disais bien, ça faisait longtemps que tu n'avais pas essayé de flirter ! »
Elle rit à nouveau, et je relevai ma tête de l'oreiller pour la surplomber. Je pouvais profiter de la situation, là, maintenant. Elle était tellement belle, à me regarder droit dans les yeux avec ses pupilles bleu ciel. Ce jeu de regard commençait à être épuisant, et je me basculai pour la bloquer, encadrant son visage entre mes mains posées sur le matelas.
« Tu sais, Ladybug, je…
- Chat ? »
Elle rougit. Cette fois, j'en étais sûr : ses joues pâles prenaient une couleur rosée qui lui allait à merveille. J'avais vraiment l'impression de redevenir l'ado un peu pitoyable qu'étais Adrien Agreste, sans son costume. L'ado maladroit qui ne savait pas quoi faire de ses sentiments et de ses émotions.
« Je ne veux pas te perdre. Tu es la personne la plus chère dans ma vie. »
Je l'ai alors serrée dans mes bras. Je ne pouvais rien faire de plus sans mettre encore notre relation de coéquipiers en doute comme à l'époque. Si seulement je connaissais sa véritable identité, tout serait tellement plus simple.
« Oh, Chat... Tu es tellement gentil. Moi aussi, je tiens beaucoup à toi. »
Je la relâchait alors en soupirant, et m'effondrait à côté d'elle. Peut être que j'avais un visage trop fatigué ou triste, et qu'elle eût -encore- pitié de moi. Je la sentis poser un baisé sur ma joue qui me fit frémir de la tête aux pieds, avant qu'elle ne me chuchote à l'oreille.
« Bonne nuit, chaton. »
À ces mots, elle appuya son doigt sur un interrupteur à sa gauche et la lumière s'éteint subitement. Je me suis retourné dans le lit pour être dos à elle, et je fermai les yeux pour tenter de dormir.
Au final, est-ce que j'étais dans une situation si mauvaise ? J'avais Ladybug à mes côtés qui me soutenait toujours, mais pourquoi est-ce que j'en demandais toujours plus ?
Peut être que toutes ces années de travail en tant que Chat Noir m'ont rendu aigri et que j'avais changé depuis. Est-ce qu'elle voulait vraiment d'un Chat Noir cynique et dépressif ?
Je ne voulais pas y penser plus, chassant ces idées de ma tête pour enfin me laisser succomber au sommeil.
Le matin, un drôle de petit pouffement me réveilla dans mon dos. J'ouvrais les yeux, et je voyais la lumière du soleil filtrée à travers la vitre abîmée de l'appartement. Il n'y avait pas de nuages, encore une chance aujourd'hui. Je me suis soulevé, encore à moitié endormi, pour bailler longuement.
« N-Non, Ad-... Chat ! »
j'avais voulu me tourner vers Ladybug pour savoir ce qu'il se passait, mais elle posa subitement ses mains sur mes yeux, m'ôtant la vue avant que je ne puisse la voir.
« Ladybug ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- N-Nos c-costumes…
- Quoi ? »
J'ai tâtonné rapidement les vêtements que je portais, comprenant la pensée de Ladybug. Nous nous étions re-transformés pendant la nuit, et nous étions à nouveaux habillés en civils, sans le masque évidemment.
« Merde ! »
Je me suis alors retourné à nouveau pour éviter de la voir par accident, même si j'en mourais d'envie.
« Eh mais attends, ça veut dire que tu m'as vu, toi !
- D-Désolée, je voulais pas !
- Si toi tu m'as vue, je devrais pouvoir te voir aussi !
- N-Non, arrête ! »
Et je me suis alors retourné, retenant mon souffle, scrutant son visage qu'elle tentait tant bien que mal de cacher dans ses mains pendant quelques secondes et que j'avais donc du mal à reconnaître.
« S-S'il te plait, ne regarde pas. V-Vas-t-en juste ! »
Elle ne semblait vraiment pas vouloir que je la reconnaisse, et le ton triste de sa voix me toucha profondément. Je ne pouvais pas me résoudre à trahir sa confiance et à abuser de la situation.
« D'accord, je m'en vais, je ne te regarderais pas. »
En soupirant, je suis descendu rapidement de la mezzanine et j'ai pris la porte d'entrée pour me retrouver dans le couloir de l'immeuble sans attendre une seule seconde de plus, tout en plaquant mon dos contre le mur qui nous séparait.
J'entendis alors Ladybug s'approcher, et parler à travers la porte.
« C-Chat, c'est pas contre toi… Tu serais déçu en découvrant qui je suis…
- Qui te dis que je le serais ?
- On se connaît, et je sais que nous n'appartenons pas au même monde... »
Je baissai les yeux. Voilà tout ce que je craignais depuis le début lorsqu'elle découvrirait mon identité : qu'elle me rejette.
« D'accord. On se verra à la prochaine patrouille alors. »
Je m'éloignais sans attendre, descendant les escaliers. Plagg sortit de ma poche après tout ce temps, mais ne prononça pas un mot. Je n'avais pas envie de parler non plus, de toute manière. J'allais juste attendre sagement la prochaine patrouille et ne pas poser de questions.
En sortant de l'immeuble, j'avais cru reconnaître l'endroit. Et je ne m'étais pas trompé : C'était à une centaine de mètres de là où Marinette habitait, mon ancienne camarade de classe. Nous nous voyons encore de temps en temps puisque Nino est toujours avec Alya, sa meilleure amie, malgré les années. Ah, j'avais même cru comprendre qu'ils étaient sur le point de se marier. C'est peut être un peu jeune, dix-neuf ans, pour se marier. En réalité, je suis peut être juste un peu jaloux qu'ils aient trouvés leur âme soeur avant moi.
Les rues étaient silencieuses, et les nuages avaient repris la place du soleil en très peu de temps.
Je me suis alors soudainement rendu compte que j'avais oublié mon élastique chez Ladybug ; je devrais faire sans pour aujourd'hui. Mais ce n'était qu'un détail.
« Plagg, transforme moi ! »
Il était déjà midi mais le ciel était toujours terne. Je m'étais assis sur un toit, me rendant compte que cela devenait une habitude très récurrente. Me transformer sans raison et constamment ne devait être bon ni pour moi ni pour Plagg, mais je ne pouvais m'en empêcher. J'avais l'impression de pouvoir être moi même, en portant le costume de Chat Noir. Pourquoi me priver de ce plaisir ?
Il n'y avait que le bruit des voitures qui parvenaient à mes oreilles. J'avais le sentiment qu'aujourd'hui serait une journée banale, comme hier, et qu'il n'y aurait pas d'Akumas.
Je me suis relevé difficilement en voyant Ladybug apparaître sur le toit.
« Chaton ? »
Je la regarda brièvement avant de détourner les yeux vers le sol.
« Tu ne m'en veux pas j'espère, hm ?
- Non, je crois pas. »
Elle me sourit et s'approcha de quelques pas, mais je recula en même temps.
« D'accord... »
Elle haussa les épaules, et soupira profondément avant de changer totalement de sujets.
« J'ai entendu des cris près des Champs Elysées tout à l'heure, je pense qu'on devrait aller voir ce qu'il s'y passe.
- Ok. »
Je n'ai pas attendu une seconde de plus, et je me suis jeté dans le vide en déployant mon bâton pour me rattraper. Je crois que Ladybug n'a pas tardé plus à me suivre, puisqu'elle est arrivée presque en même temps que moi sur le toit de l'Arc de triomphe sous le regard des visiteurs qui nous scrutaient alors.
« Je ne vois rien d'anormal.
- Moi non plus, c'était sans doute une fausse alerte. »
Ladybug s'avança vers le rebord et plongea son regard dans la foule qui parcourait la grande avenue en dessous d'elle.
« On dirait des fourmies. »
Je l'avais rapidement rejoint, relativement soulagé à l'idée qu'il n'y aurait pas d'Akumas aujourd'hui, bien que cela m'inquiétait aussi.
« Je me demande ce que fait l'Hawk Moth. Cela fait déjà trois jours qu'aucunes de nos patrouilles n'a donné de fruits, on dirait qu'il prépare quelque chose de plus… violent ? »
Alors que je prononçais ces mots, une énorme explosion venant de ma droite m'éblouit. Un bâtiment, à deux patés de maisons, venait simplement de disparaître dans les flammes et la fumée en moins d'une seconde. Des cris retentirent à mes oreilles, et cela me fit perdre ma concentration. Je déteste les bruits sourds et les cris, ils sonnent tellement fort à mes oreilles. Ladybug, elle, ne perdit pas une seule seconde. N'attendant pas que je me remette du choc, elle sauta du toit de l'arc pour foncer vers l'épicentre de l'explosion.
Je la suivis aussi vite que je pu, alors que tout le monde semblait fuir du côté inverse. Ces moments là me faisaient le plus peur : la foule en panique est le plus grand obstacle à notre mission.
Une voix puissante retentit alors.
« Le surmenage, c'est FINI ! Maintenant que j'ai tué mon patron, je n'aurais plus jamais à me faire virer ! Je peux enfin laisser ma rage éclater ! »
Celui qui avait prononcé ces mots était la créature qui avait été transformée par l'Akuma. Son corp déformé pullulait de pustules de magma qui explosaient et se reformaient aussitôt sur ses bras. Sa voix était affreusement grave et indiscerne, on aurait dit qu'elle était étouffée sous la carapace de feu qui le recouvrait. Inquiet, je jetais un regard vers Ladybug qui fronçait les sourcils en faisant face au monstre.
Je pense que nous savions tous les deux que ce pauvre homme faisait partit de l'un des cas spéciaux. Ces gens là ont une telle haine en eux qu'ils ne peuvent pas être sauvés, car l'Akuma ne possède pas qu'un objet mais leur âme elle même. Le seul moyen de protéger la population est de les éliminer, de manière très définitive.
Vous voyez, quand je vous disais que notre travail était bien différent de ce que vous pourriez penser ?
« Vous ! Ladybug, Chat noir, qu'est-ce que vous allez faire contre mon POUVOIR ? Je vais vous détruire, vous exterminer, vous écraser et vous démembrer ! »
Ladybug eût le temps de bondir lorsqu'une boule de feu lancée par la chose lui frôla la cuisse, mais elle manqua son atterrissage et s'affala au sol. Je me suis alors jeté d'un bond vers elle pour m'assurer qu'elle n'était pas blessée, alors qu'elle se relevait déjà.
« Ladybug, ça va ?!
- Ne t'en fais pas Chat. Je crois qu'il faut trouver son point faible et vite l'exterminer, sinon il risque de causer encore plus de dommages. Occupes-toi d'évacuer les civils encore présents dans les immeubles, je m'occupe à le distraire. Dépêches toi, j'ai besoin de toi pour le vaincre ! »
J'acquiesçai d'un signe de tête. Je n'aimais normalement pas la laisser seule devant un ennemi aussi mortel que lui, mais les habitants du quartier avaient besoin d'être sauvés. Je me suis précipité vers l'une des entrée du bâtiment le plus proche, ouvrant brusquement la porte. Une foule criante s'était cachée à l'intérieur, et se mit à courir vers dès que je leur avait ouvert la porte ; c'était vraiment insupportable à entendre. Je tentais tant bien que mal de me boucher les oreilles d'une main tout en gardant un oeil sur Ladybug et son combat, mais surveillant tout de même la foule de civils affolés que je faisais sortir des immeubles les uns après les autres.
Mais mon coeur s'arrêta net lorsque je vit Ladybug être frappée de plein fouet par une autre boule de feu. Mon sang ne fit qu'un tour, j'avais déjà laissé tomber l'idée d'aider les civils : ma Ladybug était plus importante que TOUT. J'avais déjà déplié mon arme et m'était élancé sur le dos du monstre qui était trop occupé à affaiblir Ladybug à terre. D'un coup sec et sans hésitation j'ai planté le bâton dans la gorge de la créature qui se redressa en portant ses mains au cou. Plusieurs litres de sangs ruisselaient sur le sol, tachant non seulement mes habits mais également ceux de Ladybug qui semblait avoir peine à tenir sur ses jambes, deux mètres plus loin. Je devais finir ce combat maintenant pour pouvoir aider ma coéquipière au plus vite.
Pour achever la créature, j'ai retiré vivement mon arme de sa gorge et l'est laissée s'affaler sur la route ensanglantée. Il s'était retourné vers moi, et j'ai alors cru percevoir dans un son étouffé la voix de l'homme, dessous, qui me remerciait dans un dernier soupir d'agonie alors que je plantais mon bâton dans son crâne. Le sang m'arrosait abondamment le visage, mais je n'en avais plus rien à faire.
L'Akuma s'échappa du corps sans vie sans attendre une seconde de plus. Il était aussi noir que de l'obsidienne et puait la mort et l'éternelle souffrance. Je jetais un regard vers Ladybug qui l'attrapa avec ses dernières forces avant de s'écrouler sous son propre poids une fois que l'Akuma était purifié. Le corps de la créature disparut ne laissant place sur le pavé qu'à un homme troué baignant dans son propre sang, et je pris le choix de déterrer mon bâton planté dans le front de ce pauvre gars.
Je me suis ensuite rapidement jeté vers Ladybug pour la rattraper dans sa chute et l'empêcher de se blesser plus qu'elle ne l'était déjà. À quelques mètres, je voyais déjà la police et les journalistes s'avancer vers le lieu où nous nous trouvions. Bien que le maire de Paris avait officiellement décrété qu'il nous laissait exercer nos pratiques pour le bien de la population, les forces de l'ordre ne nous appréciaient vraiment pas et avaient même tendance à nous persécuter. Les journalistes, eux… Ce n'était pas ma tasse de thé, surtout dans mon état actuel.
« Chat... »
Je perçus la voix de Ladybug dans mes bras qui tentait de s'accrocher tant bien que mal à mon cou. Ne voulant pas rester là une seule seconde de plus, je glissai mes bras sous ses jambes et dans son dos pour la porter, et j'utilisais mon bâton pour me propulser dans les airs et sauter sur un immeuble à côté. Je ne savais vraiment pas où aller pour la laisser se reposer : l'hôpital était un lieu trop dangereux pour nous, les toits n'étaient définitivement pas une bonne idée, et je n'avais aucune idée du chemin qu'il fallait prendre jusqu'à chez elle. Je n'avais qu'un seul choix : rentrer chez moi, et la cacher jusqu'à ce qu'elle aille mieux.
