Bonjour tout le monde, :)

Je reviens avec le deuxième chapitre d'une certaine fiction où un professeur aigri rencontre une élève brillante qui ne finit pas de lui en faire voir de toutes les couleurs, sans pour autant être une fautrice de trouble. Les personnages appartiennent à J-K Rowling , mais l'histoire sera différente.

Bonne lecture,

Cordialement,

Mononoke-chan


Une semaine après son altercation avec Miss Granger, Severus Snape la revit, assise à la table des Gryffondor. Il était seize heures, il avait terminé son cours avec les septième année et pourrait profiter d'un léger en avait besoin, après toute cette pression de début d'année qui l'irritait considérablement.

Il se reposerait en surveillant la Grande Salle ainsi que les élèves qui y étudiaient. Avec lui on entendait les mouches voler, tellement le silence était absolu. La discipline n'était pas un sujet de plaisanterie avec lui. S'ils ne filaient pas doux, alors il leur infligeait les pires sanctions imaginables, à savoir récurer les cachots sans magie, faire des devoirs particulièrement rébarbatifs. Bref,ce n'était pas pour rien que certains élèves l'avaient comparé à une porte de prison.

Mais, alors qu'il semblait surveiller la Grande Salle, il se surprit en train d'observer une élève. Pas n'importe laquelle. La miss-je-sais-tout, alias Hermione Granger. Celle-ci était assise à la table représentative de sa maison, plongée dans un livre épais dont il n'arrivait pas à déchiffrer le titre. Elle était seule.

Un sentiment de curiosité le traversa. Il se demanda ce qu'elle pouvait bien lire. Mais soudain, il se retint. Ce n'était ni dans ses habitudes, ni dans ses principes de chercher à tout prix à savoir ce que lisaient les élèves d'une autre maison. Il laissait ce soin à Minerva McGonagall. De plus, depuis maintenant dix ans qu'il enseignait, il avait vu des élèves absorbés par la lecture, fascinés par le contenu de ce qu'ils regardaient.

Mais elle c'était différent. Elle ne se mêlait pas aux autres, restait longtemps seule. Le matin même, lors de son cours de potion, elle lui avait demandé les différentes utilisations d'un bézoard. Curieusement, au lieu de la renvoyer à ses livres, il lui avait répondu calmement, posément, comme s'il parlait à un élève de sa maison. Ce qui n'était pas coutume. Pourtant, elle lui avait gâché son cours, en faisant équipe avec Seamus Finnigan, qui ne s'était pas gêné pour faire exploser son chaudron, ce qu'il avait sanctionné par cinquante points de moins pour Gryffondor et une retenue pour les deux malheureux.

Alors que le petit Finnigan avait pesté auprès de son ami Dean Thomas du comportement trop sévère de leur enseignant, Hermione ne s'était pas laissée démonter. Elle lui avait demandé des explications sur les usages du bézoard, faisait part de son désir de soigner les autres plus tard. Et lui, tout en utilisant ses dons d'occlumens pour éviter que la gamine ne perce ses défenses, lui expliquait avec pédagogie un cours qu'il réservait aux troisième année.

Bref, elle n'était pas comme les autres, c'est certain. Mais il ne la trouvait pas surdouée non plus. Simplement curieuse et avide de savoir.

Il devait la voir pour sa retenue le soir même. Elle et Finnigan devraient lui rendre une réflexion argumentée sur le respect dû aux enseignants, plus un devoir sur la potion servant à soigner les furoncles. Il leur donnerait trois heures pour tout faire. De toute façon, ça leur apprendrait à faire correctement leur travail. La vie n'était pas une partie de plaisir, et il souhaitait armer les jeunes le plus tôt possible afin qu'ils puissent affronter un avenir sombre. Faire son travail comme demandé faisait partie des critères de sélection des individus, qu'ils soient moldus ou sorciers.

Les élèves le détestaient, se plaignant de son intransigeance, de sa misanthropie, de sa tendance à toujours favoriser les Serpentard. Il ricana intérieurement.

S'ils savaient... Il ne favorisait pas sa maison autant qu'ils le croyaient, bien qu'il ne leur enlevât jamais de points. Il leur donnait des sanctions amères qui se passaient dans son bureau, où il n'hésitait pas à leur passer un savon bien senti, teinté d'ironie comme de sarcasme. L'élève en question finissait toujours par craquer, que ce soit en criant, se jetant par terre ou pleurant sans pouvoir s'arrêter. Les parents étaient au courant, mais les élèves de Serpentard étaient tenus de ne rien dire sur ce qui se passait pendant leurs retenues, au risque de perdre leurs pouvoirs magiques. Ils étaient en effet liés par un serment sorcier.

Les élèves d'autres maisons subissaient en effet retenues humiliantes, vexations, retraits de points, mais il ne les châtiait pas autant que les élèves issus de Serpentard.

Tout le monde redoutait Severus Snape. Mais il s'en moquait comme d'une guigne. La vie lui avait infligé de pires tourments, alors ce n'était pas cette bande de morveux qui allait le faire pleurer. Il s'en fichait résolument.

Il se leva et se dirigea vers les cachots où se trouvait son bureau. Celui-ci était sombre, mal éclairé. Les étagères étaient chargés de bocaux contenant des horreurs ou des ingrédients de potion. Il aimait effrayer ses invités.

Comme il n'avait rien à faire, avait déjà corrigé ses copies, il ouvrit une armoire où étaient rangés quelques livres de littérature moldue. Il réfléchit, avant de saisir une vieille édition de "Sacrées sorcières" de Roald Dalh! Même s'il déplorait le manque de connaissances du monde sorcier de l'écrivain, il aimait son style sarcastique et très drôle! Il avait besoin de rire un peu lui aussi! Sinon l'armoire contenait quelques romans de Leon Garfield, qu'il avait reçu d'une amie à l'école primaire, quelques grands auteurs, et c'est tout. Elle était ensorcelée afin que personne hormis lui-même ne puisse l'ouvrir.

Il se promit de faire cravacher dur ses deux victimes le soir-même. Ils verraient ce qu'était enfin la discipline, avec lui.


17h00 . Devant le bureau du Professeur de Potions.

Hermione se tenait devant la porte massive en fer. Elle attendait Seamus. Qu'est ce qu'il faisait, à la fin? Ils étaient collés, c'était à cause de lui qu'elle devait passer la soirée ici, au lieu de lire tranquillement les œuvres complètes d'Oscar Wilde. Elle se sentait frustrée. Oh!oui, terriblement frustrée! Méritait-elle cette punition?

Elle frappa à la porte. Le professeur lui ouvrit, lui adressant un regard furieux, comme si elle était responsable de l'absence de Finnigan.

"-Que faites-vous là! Entrez! lui intima-t-il d'un ton rude.

Elle s'avança, effrayée.

"-Votre camarade n'est pas venu? Cela ne m'étonne pas de la part d'un stupide Gryffondor", dit-il, une pointe de sarcasme dans sa voix veloutée.

Elle soutint son regard, s'efforçant de ne pas ciller.

"-Puisqu'il n'est pas venu j'enlève cinq points par minute de retard. Il devra revenir demain. Quant à vous, venez."

Il avait décidé de modifier le programme de la retenue, même si cela ne ressemblait pas à ses habitudes, pour montrer à cette petite de quel bois il se chauffait. Elle n'était pas plus forte que lui en lecture, quand même! Elle allait voir!

Asseyez-vous ici, Hermione s'assit sur la chaise en face de celle du professeur. Attendez-moi.

Il se dirigea vers le fond de son bureau. Hermione était pâle d'inquiétude. Pourvu qu'il ne lui fasse pas faire quelque chose de trop dangereux!

Il revint avec un livre. Mais pas un livre sorcier. Il le posa sur le bureau! Elle eut un sursaut.

"-Ça alors! C'est Jane Eyre de Charlotte Brontë! Mais c'est un livre moldu!"

"-Vous êtes limitée, trop limitée, à ce que je vois, lui lança-t-il méchamment.

Elle eut envie de pleurer! Pourquoi prenait-il un malin plaisir à la torturer? Pourquoi?

"-Vous êtes une née-Moldue, pourtant, si je ne m'abuse!"

Elle évita soigneusement son regard.

"-Je pense que pour votre culture et votre réflexion, il serait intéressant que vous le lisiez. Pas en silence. A voix haute. Lisez-moi le premier chapitre, et n'oubliez pas d'articuler, autrement ce sera dix points de points pour votre satanée maison. Dès que vous aurez fini le premier chapitre, vous me nettoierez mon bureau sans magie, avec ce fainéant de Finnigan s'il arrive!, ajouta-t-il d'un ton qui ne souffrait aucune réplique.

Elle le fusilla du regard! Seamus faisait beaucoup de bêtises, mais il n'était pas un fainéant! Snape allait décidément trop loin. Quoiqu'elle n'était pas vraiment amie avec ce garçon. Il avait accepté de se mettre avec elle en équipe parce que personne ne voulait d'elle comme partenaire, c'est tout.

Elle regarda le livre avec l'envie ferme de pleurer. Elle sentait qu'elle aurait la nausée rien qu'en commençant le premier chapitre, qui présentait une petite fille seule,laide,banale; méprisée par sa tante et ses cousins, considérée comme le "mauvais objet" en psychanalyse.

"-Je ne vous ai pas demandé de vous plaindre, lisez le premier chapitre à haute voix! Ma patience a des limites., lança d'un ton acide la chauve-souris des cachots.

Quelques coups sonnèrent à la porte. C'était Seamus.

"-Entrez, Finnigan! Voilà, votre jeune amie lira pendant que vous ferez votre composition. Il lui tendit l'énoncé qui était "Vous croyez-vous sorti de la cuisse de Jupiter? " Écrivez cinquante lignes, bâtissant votre réflexion sur des arguments précis, avec des exemples concrets.

Seamus pâlit en voyant le travail de réflexion , manifestement destiné à torturer sa conscience pendant une bonne heure.

Un sourire malveillant apparut sur le visage du professeur, qui exultait d'avoir trouvé une tâche pénible pour ses deux condamnés.


Pour une fois, Severus était ravi. Il avait enfin trouvé la punition adéquate pour les deux élèves. De la lecture ou de la réflexion, puis du nettoyage. Ainsi Hermione, après avoir versé des larmes sur le triste sort de Jane Eyre à mesure qu'elle faisait la lecture à Rogue, avait dû récurer les coins les plus sales du bureau de son professeur sans la moindre formule magique. Elle se sentait traitée comme l'héroine du roman qui l'avait fait tant pleurer. Cet enseignant abusait, décidément!

Snape était on ne peut plus ravi de rabattre le caquet de cette Miss-Je-Sais-Tout, qui ne connaissait même pas l'intrigue du roman de Charlotte Brontë. Il était aussi très content de voir l'égo de Seamus Finnigan mis à rude épreuve, après avoir écrit un devoir dont le sujet était tant soit peu flatteur. Le professeur l'avait en outre forcé à nettoyer les étagères sans renverser les bocaux remplis de substances dégoûtantes. Pour sa retenue du lendemain, il lui avait réservé le début de "La montre d'or" de Leon Garfield, ainsi que l'incipit d'"Oliver Twist" de Dickens, afin de mettre à l'épreuve l'aptitude à la lecture du jeune garçon. Il continuerait sa retenue pendant deux semaines, le temps d'avoir fini la lecture des deux livres à haute voix. Les élèves de Serpentard seraient bien sûr les bienvenus dans son bureau pour assister à la lecture de Seamus Finnigan.

A la fin, Seamus était parti presque en larmes ( Snape aurait juré avoir vu des larmes couler sur ses joues), et Hermione s'était avancée vers lui avec un air de reproche.

"-Professeur, vous vouliez m'humilier en m'obligeant à lire ce livre."

"-Il était temps que vous appreniez l'humilité, Miss Granger", répondit le sombre individu,d'une voix douce et velouté. Il arborait un air indifférent, avant de la regarder. Le regard qu'il lui lança ,n'était plus empreint de haine , mais d'une profonde gravité.

"-J'espère que vous n'oublierez pas cette leçon, mademoiselle."

"N..Non"bredouilla-t-elle. C'était impossible! Comment pourrait-elle oublier les vexations qu'elle avait endurées ce jour-là?

"-Au fait, Miss, votre travail et votre application, quoique perfectibles, méritent bien cinq points pour votre maison.

"Merci."

"-Maintenant allez-y! Au lit! Si je ne vous vois pas demain matin, vous aurez affaire à moi!"

Elle éclata de rire. Il lui adressa un regard pénétrant, puis un rictus fit son apparition sur son visage.

Elle sortit, pendant que Snape inspectait son bureau, avec sa mine insondable habituelle.


Alors, chers lecteurs, que pensez-vous de ce chapitre :), de l'attitude de Snape et des retenues qu'il inflige?

Cordialement,

A bientôt.