Crédits : Les personnages ne m'appartiennent pas.
Note : Je ne sais pas pourquoi j'ai replongé dans le monde merveilleux de St Seiya. L'inspiration m'est venue. J'écris et je verrais où me porte ma plume. Il est probable qu'il y ait des fautes d'orthographes. Je m'en excuse d'avance.
Je remercie chaleureusement ceux qui ont pris le temps de lire le premier chapitre, shiroitora-lili pour sa review encourageante et à ceux qui m'ont suivis et qui m'ont ajoutés à leurs favoris ! Merci, cela me fait vraiment plaisir ! J'espère ne pas vous décevoir avec ce deuxième chapitre.
Donc voilà la suite. Enjoy !
Et ce fut dans ces moments, comme celui-ci, que Kanon, second Gémeaux de son état regrettait sa vie. Il se réveilla dans son lit, une chance pensa-t-il mais avec un goût pâteux dans la bouche, sûrement un reste d'alcool quelconque. Combien de verres ont-ils pris ? Plus d'un, c'était sûr. Sa tête bourdonnait telle une ruche et il se demanda s'il pourrait se relever. Avec bien des difficultés il s'assit sur le bord du lit et se frotta la nuque pour l'assouplir. Il s'étira et bailla en regardant le sol encore dans des brumes du sommeil. Quelle heure était-il ? 12h. Ah comme même. Machinalement, il tâta le lit pour retrouver son tee-shirt quand il gémissement lui répondit. Depuis quand un tee-shirt pouvait-il parler ? Lentement Kanon se retourna et aperçut une masse sous le drap qu'il aurait été difficile de manquer s'il n'avait pas été dans cet état. Plusieurs questions défila dans son cerveau comme : avait-il dragué quelqu'un ? l'avait-il amené dans le temple pour finir la soirée ? Pour toute réponse un bras sortit et souleva le drap. Saga. Le cadet soupira de soulagement, il ne savait pas ce qu'il aurait fait pour congédié sa petite folie du soir sans créer de scandale. Ils avaient dû rentrer complétement souls et n'avaient dû penser qu'à une chose : se reposer. Le chevalier des Gémeaux était toujours profondément endormi tandis que Kanon sourit en le regardant. Son frère s'était lâché pour une fois, peut-être un peu trop, mais il a arrêté de s'en vouloir pour une soirée, ce n'était pas rien. Et tout ça grâce à lui. Il en était fier, fier de pouvoir aider son frère.
Le goût pâteux dans la bouche l'écœura et il dut se résoudre à aller prendre une bonne douche. Il en sortit une demi-heure plus tard en remerciant les bienfaits de l'eau chaude. Juste vêtu d'un caleçon, il s'essuya les cheveux avec une serviette en se dirigeant vers l'espace destiné à la cuisine. Café, tartines, beurre, le tout y était. Ce n'était pas un repas gastronomique mais c'était comestible, déjà un bon point. Il s'affala sur la chaise et beurra son pain. Il commença à croquer dedans tout en se servant du café dans une tasse qu'il estimait à peu près propre. Il bût deux gorgées et se remémora la soirée de la veille ainsi que sa discussion avec Rhadamanthe. Réunion diplomatique ? Qu'est-ce qui pouvait se cacher derrière ça ? Un traité de paix ? Venant du Seigneur des ténèbres, cela semblait plus que étonnant. Il espérait que le Juge ne reviendrait pas pointer le bout de son nez par ici, sans quoi Saga se ferait une joie de lui montrer la puissance du chevalier des Gémeaux. Kanon, lui, n'avait aucune animosité à son égard. La guerre était finie, dans son esprit il n'y avait plus d'ennemis. Mais bon cela venait de son caractère à tout laisser passer et à vivre sans se soucier des conséquences. Libre, quoi. Il finit d'engouffrer sa dernière tartine quand le portefeuille de Saga attira son attention. Il n'avait que très peu d'argent et il avait vu un super magazine, hier, dans la librairie. Magazine qu'il aurait bien aimé avoir. Puis ce n'était que justice après la soirée qu'il avait fait passer à son frère. Sans remord, il l'ouvrit dans l'attention de sortir un billet, en même temps les deux cartes tombèrent sur le sol. Alerter par le bruit du plastique sur la pierre, Kanon s'abaissa pour les ramasser. Il sourit. Depuis quand son frère jouait aux cartes ? Enfin, des cartes assez spéciales comme même. Identiques. Il haussa les épaules et les rangea dans l'étui, après tout si son frère apprécie les jeux d'hasard, tant mieux. Ça prouve qu'il fait autre chose de son temps que de ruminer dans un coin sombre.
12h45. Il s'apprêtait à s'habiller quand une porte s'abattit contre le mur. Un Saga à moitié vêtu, les cheveux en bataille venait de sortir de la chambre, apparemment, en colère.
-Kanon !
-Oui mon cher frère que j'adore, minauda le concerné.
-Ah ne joue pas à ça avec moi, ce n'est pas le moment ! Saga s'affairait à mettre une chemise et cherchait ses chaussures.
Kanon, de son côté, soupira. Il n'y avait eu qu'une soirée de paix, le Saga débordant de fautes à expier était de retour. Aucun répit.
-Très bien. Quel est le problème ?
-Le problème est qu'il est presque 13h et je ne suis pas prêt ! Je…enfin nous devions nous rejoindre pour mettre les statues de Bouddha à l'entrée de son temple. Normalement Shion a tout arrangé pour les faire transportés au Sanctuaire.
À la fin de sa phrase, il avait fini de lacer ces chaussures et ce releva d'un bond près à descendre jusqu'au temple de Mû, le point de rendez-vous. Avant de partir il regarda son frère qui ne portait qu'un simple caleçon.
-Je suppose que tu ne viens pas ?
Sa voix avait un léger ton de reproche mais Kanon savait qu'il ne le forcerait pas à venir. En réponse, il hocha négativement de la tête. Non, se trimballer une statue d'au moins cinq mètres ne faisait pas partit de ses projets. Et encore moins voir son frère jouer le bon Samaritain à tout bout de champ.
-Tu ne prends pas un truc pour éviter de faire un malaise ?
-Pas le temps !
Et Saga fila à toute allure, laissant son cadet seul. D'un geste lasse il mit sa tasse dans l'évier en mettant, à plus tard son attention de faire la vaisselle. Il s'étira et se dirigea vers la chambre, il ouvre l'armoire et prit un simple pantalon, ne retrouvant pas son tee-shirt et ayant la paresse de le chercher, il en prit un propre. Voilà, il était fin prêt à profiter de cette journée ensoleillée comme il se devait. D'un pas décidé il s'en alla avec le billet piqué à son frère à Rodorio. Oui, il y tenait à ce magazine.
Il passa devant les autres chevaliers – enfin, juste son frère, Aldébaran, Shaka, Mû et le Grand Pope – amicalement, il les salua d'un geste de la main. Kanon sourit, il se doutait bien qu'après leur soirée arrosée, Milo n'en ferait pas partit, le trio devait être en train de commérer comme à leur habitude, d'ailleurs Kanon pensa à leur rendre une petite visite pour avoir les actualités. Ayoros, comme avait dit son frère devait être en train de faire son rapport à Athéna, peut-être que le chevalier du Lion se proposerait pour l'accompagner, qui sait ? Et Camus… Bin, on le voyait que très rarement car il préférait rester dans son temple à lire ou à pratiquer une autre activité intellectuelle. Malgré son caractère plus que renfermé il venait comme même aider ses camarades à la reconstruction du Sanctuaire.
La journée était une des plus belles, enfin pour l'ex-Marina toutes les journées depuis leur résurrection étaient belles mais celle-ci, Kanon la sentait bien. Il arriva au village paisible et se dirigea vers la librairie. Il prit le temps de regarder toutes les revues pour savoir si quelques chose était plus intéressant que : « Profitez de la vie, chose simple ! ». Enfin, simple sauf si on se nomme Saga… Il sourit, cela pourrait aider son frère, c'était un joli cadeau qu'il lui faisait. Fier comme un coq, il alla l'acheter quand une voix qu'il reconnût très bien lui parvient aux oreilles.
-Le journal d'aujourd'hui, s'il vous plaît.
-Un euro.
Le son des pièces qui tombaient sur le comptoir suivit de pas rapides en direction de la sortie. Kanon paya vivement et s'élança à sa poursuite. En dehors de la librairie, il tourna à gauche, remontant la rue principale.
-Rhadamanthe, attends !, cria-t-il.
Une chance que l'entente de son prénom eut l'effet de l'arrêter car il était déjà loin. L'hebdomadaire coincé sous son bras, l'altitude nonchalante et calme, le Juge se retourna avant de le dévisager. Une fois arrivé à sa hauteur, Kanon se permit un temps de répit, il était étonné que le Spectre soit en habit de civil, un costume dans les tons gris aux airs Anglais, mais le pire c'était que le chevalier d'Athéna trouvait que ça lui allait bien. Le Juge n'amorçant pas la discussion il fut bien obligé de le faire.
-Que fais-tu encore dans le coin ?
Une pairs d'yeux dorés l'observèrent un instant avant de répondre.
-Je viens chercher le journal comme tous les matins.
-Ne te moque pas de moi.
Rhadamanthe soupira, il claqua sa langue contre son palais montrant son mécontentement face à l'attitude curieuse du Gémeaux. Ce dernier s'en occupa pas et continua sur sa lancée.
-Est-ce que ça a un rapport avec la requête d'Hadès envers Athéna ?
-Tu ne me lâcheras pas.
-Tu me connais, sourit Kanon.
-Bon, allons dans un endroit plus tranquille.
À cette remarque, le chevalier d'Athéna ne put qu'acquiescer.
-Hey il y a quelqu'un ?
-Au fond Milo, au fond, lui répondit une voix lasse.
Joviale comme à son accoutumée, ledit Milo courut vers l'immense bibliothèque de son collègue, le sourire aux lèvres. Il trouva Camus, chevalier du Verseau assit à son bureau un livre à la main. Ce dernier ne releva même pas la tête à la venue de son collègue et continua sa lecture.
-Oh par Athéna, j'y croyais pas ! C'était inédit !
-De quoi Milo ?
Sa voix froide invita le chevalier du Scorpion à continuer, à moins que ce soit son imagination. Quoiqu'il en soit ce dernier s'assit sans gêne sur le bureau et balança ses longues jambes dans le vide, dans un geste qui se voulait théâtral il pointa son doigt vers le Français.
-Saga s'est lâché ! Incroyable, non ?!
D'un revers de main Camus frappa ce doigt trop près de son visage, referma son précieux roman Madame Bovary de Flaubert, récit célèbre d'une jeune femme en manque d'aventures. Pour lui, les aventures ou batailles, c'était du passé mais un bon livre pouvait toujours se lire s'il était bien écrit, évidemment. Milo, impatient comme un enfant, attendit avec une joie non feinte, une quelconque réaction. Ce à quoi, le Français se leva, digne, lui faisant face et le regarda, hautain.
-Et ?
-Bin je me disais que tu…
-Que je quoi, Milo ? Tu crois franchement que je vais arpenter les bars dans le seul but de te faire plaisir ? Tu viens me déranger comme d'habitude, tu viens me débiter des absurdités dont je n'ai que faire et tu crois vraiment que…
-Non, excuse-moi.
Le visage de Milo s'était obscurcit pendant qu'il parlait. Et ce fut avec les poings tellement serrés qu'on en voyait les jointures qu'il partit sans demander son reste. Qu'est-ce qu'il avait cru ? Il était bête. Voilà. Franchement Camus sortir de son temple pour lui ? Quelle idée. Pourtant, ce matin tout lui paraissait clair, si Saga avait pu lâcher du lest pourquoi pas son ami ? Mais non, Camus n'était pas Saga. Oh non, il n'y avait pas de comparaison… Il se passa la main sur son visage et releva la tête une fois sur les marches. C'était une belle journée mais le chevalier ne pensa pas qu'il pourrait en profiter.
-Non je te crois pas ! C'est pas possible !
-Eh bien si, mon petit crabe.
-Tu tiens à la vie, poisson ?
S'en suivit un petit rire et d'un grognement. Le chevalier des Poissons, Aphrodite replaça une mèche turquoise derrière son oreille. Ses beaux cheveux longs étaient sa plus grande fierté, pas question de les abîmés, ce fut pourquoi cette discussion se déroule au frais dans le douzième temple, assit à une table, loin des rayons desséchant du soleil. Le courant d'air, qui circulait entre l'entrée et la sortie, rendait l'atmosphère plus douce, contrastant énormément avec la chaleur pesante du dehors. Accompagné de ses amis de toujours, il leur raconta les informations qu'il tenait personnellement d'Athéna lors de sa visite quotidienne du matin, qui elle, la tient d'Ayoros qui était au parfum par son frère. Inutile de dire que le réseau d'information avait une sacrée réputation au sein du Sanctuaire. Après tout commérer était une des activités des plus saines dans ce lieu. Activité qu'Aphrodite pratiquait avec zèle et efficacité.
-Donc, je reprends. Saga était en compagnie de son frère et Milo, les deux plus gros fêtards du Sanctuaire. Déjà il est sorti de son temple, un miracle ! Athéna en est soulagé, elle m'a confié ses doutes ce matin quand je lui amené mes plus belles roses. Ah et quand vous serez partit je fonce voir notre cher Scorpion pour en savoir davantage !
-Eh bien, on voit que notre petit commerce de potins revient en force.
-Exactement, mon petit crabe, sourit Aphrodite avec un petit clin d'œil en supplément.
Nouveau grognement. Il détestait ce surnom.
-Tu préfères Angelo ?
Les deux compères se retournèrent simultanément vers leur camarade qui n'avait pas dit un mot depuis le début de leur discussion mais qui n'en avait pas perdu une miette. Shura, chevalier du Capricorne, choisit le moment opportun pour se manifester.
-Oh oui Angie, c'est mignon !
L'exaltante passion du Poisson à trouver des surnoms ou l'exubérance d'Aphrodite. Ce n'était pas comme s'ils n'avaient pas l'habitude. Ils le connaissaient bien, leur poisson. Le propriétaire du quatrième temple se résigna à son sort. Pour une fois, il pouvait bien laisser passer ça, depuis qu'ils ont vu que la vie était courte, autant en profiter. Puis ce n'était pas n'importe qui, c'était Aphrodite. Ça pouvait tout résumer.
-Fais comme tu veux mais ça reste entre nous. Devant les autres c'est Masque de Mort, ok ?, grogna-t-il avec un air menaçant.
-Evidemment Angie, tu ne crois comme même pas que je vais laisser quelqu'un d'autre t'appeler ainsi ?, minauda Aphrodite
Il s'était levé et se plaça derrière lui. Son souffle chaud sur sa joue, ses cheveux sentant un doux parfum de roses firent tressaillir l'Italien qui, en réponse, lui adressa un sourire moqueur. Shura se contenta de regarder la scène qui se jouait devant lui, il était habitué à ce que ces deux-là se tournent autour. Une sorte de jeu pour faire monter la tension. Et dont lui, n'était que le spectateur silencieux mais cette fois, son esprit était à des lieux de cette représentation. Oui, la journée promettait d'être intéressante.
-Ces statues te plaisent, Shaka ?
Le concerné acquiesça d'un hochement de tête. Autour de lui, le petit groupe bavardait à propos de son temple. Shion conversait amicalement avec le livreur concernant la qualité des matériaux qu'il vendait. Il fallait dire que pour le nombre de réparation à faire, il faudrait faire appel à un fournisseur de pierre de bonne qualité. Saga écoutait d'une oreille discrète cette discussion plutôt gêné, et n'osait pas participer mais Shion se retourna et le fit intervenir sur le choix entre calcaire ou marbre alors que Mû et Aldébaran était plus proche de lui.
-C'est génial tu vas bientôt pouvoir rentrer dans chez toi ! Tu dois en avoir marre du Palais.
-C'est différent Aldébaran. Mais effectivement, rien de mieux que son propre temple.
Les deux amis sourirent à la réponse de leur acolyte. Depuis qu'ils étaient revenus à la vie, Shaka avait dû emménager dans le Palais avec le Pope. Non, pas qu'il s'en plaignait, Shion était d'une nature très agréable comme son disciple, mais le manque d'autel pour prier ainsi que son jardin de paix entre les Arbres Jumeaux était inconcevable plus longtemps.
-Shaka, nous allons amener ces deux statues de cuivres dans ton temple. Pour ce qui est du reste il faudra patienter un peu. L'entreprise est à court de pierres, annonça le Pope avec regret. Mais dès qu'ils auront une nouvelle cargaison nous serons les premiers à en bénéficier.
En effet, le Sanctuaire n'avait pas été le seul à être endommagé, les villages des environs se remettent encore difficilement de la visite de l'armée d'Hadès. Et même si la priorité viendrait davantage au Sanctuaire, Athéna, Déesse servant l'humanité ne pouvait pas négliger le bien des populations qui les avaient soutenus. Ce n'était qu'un prêter pour un rendu, hautement justifié. Tous les chevaliers comprenaient la décision de leur Déesse.
-Pourquoi ? Hadès monopolise les reconstructions ? Bah il n'avait pas à nous faire chier avec sa tentative de domination du monde.
Ils se retournèrent tous vers l'homme qui avait parlé aussi grossièrement et ils ne s'étonnèrent qu'à moitié de trouver Milo devant eux, sur les dernières marches. Il avait l'air fatigué, sûrement dû à la soirée d'hier pensa Saga. Les cernes noirs lui donnaient un air diabolique mais c'était surtout l'abattement que reflétaient ses yeux qui choqua Shion, pourtant habitué au langage du Scorpion.
-Milo…tu vas bien ?
Le concerné mit un temps avant d'émergé et de se rendre compte qu'on s'adressait à lui. D'ailleurs toute conversation avait été interrompue et cinq pairs d'yeux se braquaient sur lui, attendant une réponse.
-Ouais, je dois être crevé. Désolé.
-Non ce n'est rien Milo, fit la voix douce du Bélier.
Mû essayait tant bien que mal de désamorcer la situation qui était devenue tendu. On ne blaguait pas avec la résurrection d'Hadès ni avec la minime possibilité qu'il puisse reconstruire son royaume pour être prêt à se venger. Car c'était bien connu, les Dieux renonçaient rarement, non ? Ce fut à ce moment-là qu'Aiolia descendit pour aller entraîner les apprentis et se défouler aux arènes. Il se sentait comme un lion en cage, là-haut dans son temple. N'ayant pas de talent pour analyser les situations sensible, il s'approcha de son camarade et lui donna une accolade dans le dos. Celui-ci se retourna et lui fit face avec son visage à faire peur à un fantôme.
-Hey mec ! Tu viens t'entraîner avec moi aux arènes et mettre une raclée aux jeunes ? Leur apprendre la vie, quoi !
Milo ne broncha pas et balaya cette offre d'un revers de main, il descendit les dernières marches et s'approcha du Pope.
-Vous voulez de l'aide pour transporter ces machins ?, de son doigt il désigna les statues de Bouddha d'un air blasé.
-Ce ne sont pas des machins. Mais de dignes effigies de Bouddha.
-Milo ne voulait pas être offensant, Shaka. Mais effectivement un peu d'aide ne serait pas de refus, fit Shion calmement.
-Dans ce cas je veux aussi en faire partie !, s'écria Aiolia, plein d'entrain.
Avec deux membres en plus, ils purent réussir, sans encombre, à amener les deux statues, intactes, au temple de la Vierge. Temple qui avançait plus vite que prévu, il ne restait que quelques finitions par-ci, par-là, ainsi que rajouter quelques colonnes pour la solidité du toit. Un dossier presque achevé, enfin, le plus grand bonheur de Shion ! Pour les remercier, Shaka se proposa de leur offrir une petite collation et partit dans la cuisine prévu à cet effet avec Mû. Cet espace avait dû être reconstruit comme le reste du temple, la moitié du matériel était prêtée par le chevalier du Bélier, cependant Shaka mangeait fréquemment au premier temple donc il n'avait aucune expérience avec ses nouveaux ustensiles. Ils reviennent avec deux plateaux recouverts de plusieurs tasses ainsi qu'une théière où une fumée en sortait, elle devait être chaude et pour finir, ils offrirent le choix entre différent parfum de thé.
-T'as pas plutôt de la bière ?, demanda Milo qui regardait Mû remplir sa tasse d'eau comme si c'était une abomination.
-Aucun d'alcool dans mon temple. Le thé a des vertus que ces boissons dégénératives n'ont pas.
Milo grogna mais obtempéra quand même. Aiolia et lui s'assirent sur le perron de la sixième maison. Saga s'appuya contre une colonne et buvait tranquillement son thé au jasmin comme il l'avait promis à Mû et écoutait également le discours de Shion sur la tension accumulée de ces dernières semaines. Shaka lévitait et semblait tenir une conversation privée avec Mû et Aldébaran.
-Alors c'est au thé que vous marchez maintenant ?, s'écria une voix moqueuse que tous reconnurent comme celle d'Aphrodite.
Le chevalier des Poissons était accompagné, comme à son habitude de Masque de Mort qui n'avait pas l'air ravi d'être là. Ils se doutaient bien qu'Aphrodite avait, disons, plusieurs moyens de persuasions. Et de Shura qui suivait le regard hagard sur l'horizon. Qui pouvait savoir ce qu'il était en train de penser ? Personne n'avait la réponse. Le groupe se retourna vers eux et le Suédois vint près de Shaka.
-Tient mon Hindou que j'aime, des roses toutes fraîches de mon jardin. Evidemment je te conseille de les mettre directement dans un vase avec une eau froide. C'est en honneur de ton temple presque rénové, ça rajoutera un charme. Tu as vues comme elles sont belles ? C'est l'été, il a un don pour sublimer les fleurs !
-Je te remercie Aphrodite ton attention me touche énormément.
Le concerné sourit et fila dans le temple de la Vierge pour aller déposer son bouquet dans le plus beau vase qu'il put trouver. Quand il en sortit, il trouva ses deux compagnons de fortunes sur les marches avec Milo et Aiolia. Parfait. Il tourna la tête, faisant valser ses longs cheveux turquoise.
-Saga est parti ?
-Oui avec Shion pour aller voir Athéna, répondit Mû dans son calme légendaire.
-Ah…, fit-il avec une moue déçue.
Avec un pas aérien il se dirigea vers sa proie ou nouvelle source d'information. Il encercla Milo de ces deux bras et lui donna un bisou sur sa joue. Ce dernier ne chercha pas à se dégager, Aphrodite avait toujours été très tactile et facilement irritable. Mais le Cancer n'approuvait pas toujours cette attitude venant de son acolyte et le fit savoir par un petit grognement, rappel à l'ordre. Le gardien du douzième temple fronça le nez et claqua sa langue contre son palais. Masque de Mort détourna le regard et commença une conversation avec Shura pour se changer les idées.
-Bien mon cher Milo, nous devons parler, n'est-ce pas ?
D'un coup le visage bronzé du Scorpion blêmi.
-Je…je ne vois pas de quoi tu veux parler.
-Bien sûr que si ! De Saga, voyons !
Milo resta interdit un instant avant de sourire, enfin d'essayer de sourire.
-Ah euh oui. Alors qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
Aphrodite afficha un grand sourire, Milo n'opposait aucune objection à parler. Bien. Très bien.
-Est-il vrai qu'il est sorti de son temple pour aller boire un coup avec vous ?
-Euh, il cherchait Kanon mais oui, il est venu avec nous, hein Aiolia ?
Ce dernier consentit d'un hochement de tête et écoutant l'échange entre son ami et la commère du Sanctuaire.
-Et il était comment ? Genre complètement euphorique ou abattu ?
Milo soupira. Cet interrogatoire allait-il durer longtemps ? Surtout qu'il avait autre chose que de parler de Saint Saga…
-Ni l'un ni l'autre. Enfin si au début il ne souriait pas vraiment, mais après il s'est détendu.
Aphrodite sourit et attrapa le bras de Maque de Mort.
-Tu as entendu ça ! Il s'est détendu ! Enfin ! Il faut dire que depuis notre résurrection, c'est lui qui porte le plus lourd fardeau. Attenter à la vie d'Athéna deux fois… Oh, je suis heureux pour lui, il en avait vraiment besoin ! Déjà qu'il ne rigolait pas beaucoup mais c'était de pire en pire. Il restait enfermé dans son temple à ruminer. Nous aussi on a trahis notre Déesse mais de là à se couper du monde…
-C'est surtout grâce à Kanon, je pense, ajouta Milo debout. Enfin, oui ça fait du bien de le voir comme ça si seulement d'autre personne pouvait en faire autant.
Si on suivait son regard peiné on se retrouverait à observer le onzième temple. Mais il ne leur laissa pas le temps et le détourna rapidement. D'un geste de la main il les salua avant de partir suivit de près d'un Aiolia qui passa son bras autour de ses épaules. Ensemble, ils remontèrent au temple du Scorpion.
Aphrodite adressa un regard interrogateur à Mû qui n'en savait pas plus que lui. Il grimaça et se retourna vers ses compères.
-Oh non…, commença Masque de Mort.
-Qu'est-ce qu'il a Angie ?
Un grognement. Un rire moqueur.
-Je déteste quand tu as cette expression.
-Quelle expression ?, demanda Aphrodite en fronçant les sourcils.
-Celle qui dit : j'ai une nouvelle cible et vous allez m'aider…
-Mais non voyons ! Qu'est-ce qui te fais croire ça ?
Si Shura l'aurait voulu, il aurait applaudit les talents de comédien de son ami. Ami qui avait mis une main sur le front, prêt à s'évanouir dans un mouvement presque théâtral. Quel beau spectacle. Impressionnant. Les mimiques d'Aphrodite étaient tellement ridicules mais elles faisaient sourire. Il était heureux d'avoir des amis tels qu'eux. Sûr qu'on le voyait comme une ombre dans leur trio mais personne ne pourra nier que ses deux compagnons étaient extraordinaires.
-Mais c'est vrai que le comportement de Milo n'est pas normal. C'est donc notre devoir de l'aider !
-Quoi ?! Comment ça notre devoir ? Non non et non !, protesta le chevalier du Cancer.
-Mais si, tu verras ! Puis ça nous occupera et Milo est notre ami ! Tu ne t'inquiète pas de le laisser dans cet état, toi ?!, s'insurgea le Poisson
Face à l'expression d'Aphrodite, le gardien du quatrième temple se décala. Instinct de survie.
-Bien sûr que nous te suivrons, Aphrodite.
La voix calme et posée de Shura, leur rappela qu'ils n'étaient pas seuls. Ils se retournèrent vers lui et le Suédois affichait déjà une mine victorieuse. Masque de Mort soupira, il n'avait plus qu'à capituler, comme d'habitude.
-Mais dans quoi je me suis embarqué ?!
Précisément, à Rodorio, un cri de fureur ce fit entendre. Un vol d'oiseaux décolla des arbres et s'éloignèrent le plus possible. Kanon, lui, ne fit qu'un mouvement de tête en direction du Sanctuaire avant de reposer son verre de bière sur la petite table en terrasse. En face de lui, Rhadamanthe, Juge de son état gardait le silence depuis déjà plusieurs minutes. Le blond se contentait de fixer sa tasse de thé.
-Donc si je comprends bien, Hadès veut l'aide d'Athéna.
Il tenta de faire débuter la conversation vu que l'Anglais s'était enfermé dans son mutisme. Et ce dernier refuser de faire le moindre geste. Une statue vivante. Kanon soupira d'exaspération.
-Tu sais, ce n'était pas la peine de m'inviter à une terrasse de café si tu ne veux rien me dire.
Un sifflement de désapprobation se fit entendre. Rhadamanthe avait l'air agacé par son attitude, Kanon tourna la tête. L'Anglais bu une gorgée de son thé qu'il reposa brutalement sur la table attirant, au passage, les regards des autres clients et même de la serveuse.
-C'est la première fois.
-Pardon ?
Un grognement.
-C'est la première fois que sa Majesté demande son aide, grinça-t-il entre ses dents.
-Cela n'a pas l'air de te faire plaisir…
-Il est faible, il n'a pas le choix ! On aurait aimé faire autrement !
Devant l'énervement de Rhadamanthe, Kanon s'empressa d'ajouter :
-Eh calme-toi. Je me doute bien qu'Hadès n'est pas en sucre, je te rappels qu'on a du mal à le vaincre, hein ?
Sous le regard noir du Juge, il dut s'excuser. Une défaite restait un mauvais souvenir et laissait un goût amer.
-Je suppose que tu ne peux pas me dire quelle est la requête, finit par dire Kanon.
Rhadamanthe hocha la tête d'un mouvement à peine perceptible.
-Je suis désolé.
Un moment de silence avant que Kanon éclate de rire.
-Quoi ? Toi, t'excuser ? Il y a une caméra c'est ça ?
Devant l'expression surprise de l'Anglais, il se ressaisi. Non ce n'était pas une blague. Rhadamanthe avait l'air sérieux. Il s'excusait vraiment. Il avait même l'air d'avoir mis sa fierté de côté pour prononcer ces quelques mots.
-Tu n'as pas à t'excuser. Bon oui j'avoue que j'ai envie de savoir mais je respecte ton choix, déclara-t-il calmement. Même si ça me tente vraiment de savoir, hein ?
Le Juge esquissa un bref sourire. Il finit son thé avant de souffler.
-Tout ce que je peux te dire c'est que tant qu'Hadès n'est pas sûr de ça, je n'interviendrais pas. Mais dès qu'il aura décidé je viendrais au Sanctuaire.
-Donc on sera amenés à se revoir ?
-Effectivement.
-Ah ! Ça ne me dérange pas mais mon frère ne va pas apprécier ta compagnie.
-Oui j'ai cru comprendre. Juste une chose avant que je parte, vous êtes au complet ?
Kanon haussa un sourcil et essaya de chercher ce qu'avait voulu dire le Juge. Au complet ?
-Euh comment ça ?
-Vous êtes tous revenu à la vie ?
L'ex-Marina hésita longuement. Il n'était pas tout à fait sûr de la réponse à dire.
-Eh bien oui mais…enfin pour les Bronzes, ils ne sont pas encore au Sanctuaire. Ayoros les cherche.
-Dans ce cas, dis-lui de chercher vers le Japon, conseil de sa Majesté.
-Ah. Merci c'est gentil, sourit Kanon. Je t'avais mal jugé enfin pas vraiment, mais tu es plus sympa que je l'aurai cru.
Rhadamanthe tiqua sur le « sympa ». Puis il se leva, balança quelques pièces sur la table avant de partir laissant Kanon finir sa bière. Ce dernier était plutôt satisfait, il venait de passer un après-midi agréable et en plus on lui payait la boisson. Que demander de plus ? Ah, il avait hâte de donner son cadeau à son frère et lui raconter sa journée !
