Voici le second chapitre qui est disponible (aussi) dans le recueil de noël que j'ai fait sur ce fandom.


L'âtre rougeoyant


Le temps était calme sur la ville de Beacon Hills, aucun bruit ne régnait dans cet endroit pourtant d'habitude si animé. Toute la meute était réunie dans le loft de Derek qui avait, en cet hiver, aménagé sa demeure d'un coin cheminée. Il ne l'avait, certes, pas fait de bon cœur mais il avait accepté la demande d'Isaac parce que, bien évidemment, il ne pouvait rien refuser à ce gamin. C'est donc sans son consentement que tout le petit monde squattait allègrement son chez lui. Il tolérait déjà son oncle et n'avait pas besoin que tous ces ados se remmènent ici, mince à la fin.

Scott et Stiles étaient postés devant l'endroit où le feu était allumé, Noah et Mélissa étaient assis sur le canapé à sa gauche. Parrish, Lydia, Malia et Isaac discutaient près de l'énorme trou dans le mur. La cheminée était placée tout au fond et envoyait une douce chaleur dans tout le loft. Christopher avait était invité comme tout le monde pourtant, il était introuvable. Enfin son odeur était perceptible mais ils étaient beaucoup et Derek n'avait pas envie de s'y attarder.

Il était vingt heures et d'un commun accord ils décidèrent de manger. Il fut de la responsabilité de Scott de commander le bon nombre de pizzas avec les bonnes saveurs pour qu'une quinzaine de minutes plus tard elles soient livrées. Scott avait eu la bonne idée de monter à l'étage pour demander leurs goûts aux hommes qu'étaient Peter et Chris. Tout le monde s'était rapproché du feu pour être plus au chaud, Derek avait quelques réticences mais accepta à condition qu'il soit à au moins dix mètres.

Chris était venu chercher leurs trois pizzas – parce que oui, Peter avait vraiment faim – et commençait à repartir vers l'étage quand Stiles l'interpella.

« Pourquoi vous ne mangez pas en bas avec nous, toi et Peter ? demanda le brun.

- Peter a horreur du feu et celui-ci, dit-il en pointant ledit feu, ne fait pas exception à la règle.

- Oh mais oui, lui répondit Stiles. Je vois. »

Christopher repartit de là d'où il venait sans rien dire d'autre. En arrivant en haut, il retrouva Peter allongé sur le lit, les yeux fermés. Le chasseur avait bien conscience qu'il était repéré, lui et ses pizzas mais bon.

« Un problème Peter ? demanda le chasseur.

- Non aucun, lui répondit le blond.

- Alors tu ne vois aucun inconvénient à ce que je descende pour manger, lui relança Chris.

- Quoi ? dit Peter en se redressant.

Chris amorça son mouvement pour descendre quand Peter vint lui attraper le biceps. Posant les pizzas sur la table la plus proche il se retourna ensuite fixant le loup-garou dans les yeux. Chris souriait doucement à l'attitude de son petit-ami. Il est vrai qu'il pouvait être têtu, buté et obstiné mais au fond Peter restait un homme traumatisé. Les Argents avaient ruiné sa vie en brûlant sa patrie. Et ensuite, il avait été abandonné par les survivants, laissé sur la touche, dans le coma. Alors oui, il ne voulait pas s'approcher d'un feu, d'une cheminée mais selon lui, ne rien faire contre cette peur est la pire des solutions.

Le regard du chasseur ne montrait pas la possibilité d'un refus : ils allaient descendre point final. Peter n'était pas ravi de ça mais il faisait confiance au chasseur. En même temps, comment ne pas faire confiance et dire non à la personne que l'on aime ? Telle est la question. Quoi qu'il fasse, le loup-garou n'y arrivait qu'en de rares occasions. Alors il se laissa guider vers le rez-de-chaussée du loft. Il avait comme la sensation d'être en situation de danger mais la main du plus grand qui enserrait la sienne le rassurait, plus ou moins.

Tout le monde se retourna quand ils entendirent les deux hommes venir vers eux. Peter n'accepta pas plus près que le canapé. Il fixa de ses yeux bleus l'astre qui brillait intensément. La petite cheminée improvisée ne lui inspirait vraiment pas confiance et il se colla un peu plus à Chris. Le feu était l'un des rares points faibles qu'avait Peter.


Le feu crépitait à une vingtaine de mètres d'eux. Toute la meute avait décidé d'aller au marché de noël qui prenait place dans la ville, alors que Peter et Chris étaient restés au loft pour profiter du calme. Peter était blottit dans les bras du chasseur qui avait posé sa tête près de son cou. Ses lèvres s'étiraient en un petit sourire et ses doigts caressaient doucement l'un des poignets du loup-garou. Ils étaient bien ici, tranquillement installés l'un sur l'autre.

Le lycanthrope relava un peu la tête et quémanda un simple baiser que Chris lui accorda sans problème. La cheminée où brûlait le feu n'était plus un souci pour lui, pas quand il avait son Christopher à côté.

Loup-garou et chasseur ne pouvaient pas s'entendre mais les deux hommes avaient un quelque chose de spécial, d'unique. C'est donc ainsi qu'avec des relations communes et une rivalité bien présente, la colère qu'éprouvait Peter envers les Argent s'était peu à peu émoussée pour ne pratiquement plus exister du tout, lui laissant la possibilité d'aimer et d'être aimé. Le temps passait lentement quand le blond repensa à quelque chose.

« On n'a pas mangé nos pizzas, dit-il dans le silence.

- Heu, je vais les chercher et les réchauffer, lui répondit-on.

- En espérant que Derek ait un micro-onde, rétorqua Peter sur un ton taquin.

- N'en rajoute pas, il doit forcément en avoir un, » conclut Chris.

Chris laissa donc Peter seul et peu confiant. Ce n'était que pour une dizaine de minutes tout au plus, alors le loup n'allait pas l'embêter juste pour ça. Il s'aventura dans la pièce en haut et revint avec les trois boites. Quand il se dirigea dans le coin cuisine, juste un buffet aménagé, Chris fut dépité de ne pas voir un seul outil pour réchauffer leurs pizzas et poussa un juron qui fut bien capté par l'autre.

« Qu'est-ce que j'avais dit, lança Peter de sa pièce vide.

- Peter, dit Chris en revenant. Tais-toi. »

Mais c'est sans compter sur Chris qui avait toujours un atout dans sa manche. Il alla chercher une plaque de cuisson, pas forcément en bon état mais il ferrait avec et la posa sur le feu avant d'y mettre deux pizzas. Il n'écouta pas les protestations de son amant quant au danger que représentait les flammes, jusqu'à ce qu'il se brûle légèrement et que l'autre l'oblige à s'éloigner de cette chose maléfique. Il lui avait pourtant dit de faire attention mais il n'en faisait toujours qu'à sa tête, fichu chasseur qui ne l'écoute pas.

Peter retira la plaque s'étant préalablement munie de gants puis la posant sur le sol il s'éloigna très vite du petit rond aménagé. Il se dirigea vers l'étage et revint avec une trousse de premiers secours. Il en sortit une crème et des bandages, força Chris à passer la toute petite brûlure sous un filet d'eau pendant un certain temps puis appliqua la pommade ainsi les bandes. Une fois son travail terminé et la douleur de Chris atténuée, il repartit chercher leur dîner et ils se posèrent sagement sur le canapé sans rien dire, trop occupé à se remplir l'estomac.

Après leur repas qui, pour une mi-décembre, n'était pas fameux, Peter remonta en haut dans la chambre qu'il occupait. Chris, de son côté, alla chercher tous les matelas ramenés pour l'occasion et les disposa dans la pièce près de feu pour les autres. Une fois fait, il monta à son tour rejoindre le loup qui était déjà sous les couvertures n'attendant plus que lui. C'est en souriant doucement qu'il vint embrasser son amant et le prendre dans ses bras pour passer une bonne nuit.


Quand la petite troupe rentra tous les membres furent surpris de ne pas voir les deux hommes alors que le feu frémissait à côté. Ils furent touchés de l'attention qu'avaient eue les deux hommes et furent ravi d'avoir des matelas chauds. Évidemment, il faisait quand même un peu froid et ils n'étaient pas tous des loups. Ils se couchèrent sans tarder et passèrent une vraie bonne nuit.