Hey ! Un deuxième (court) Braggière ! A mercredi :3
Bragg sentait la chaleur rassurante des bras musclés autour de sa poitrine faible. Assis sur le carrelage glacial de sa chambre, blotti contre l'homme, l'Intendant respirait à grands coups irréguliers, coupés par d'incessants sanglots. Les larmes coulaient chaudement sur sa peau pâle, déformant son visage en une grimace torturée. Il triturait de ses mains tremblantes la tunique pourpre de son amant, passant maintes et maintes fois le velours à l'odeur boisée entre ses doigts. Derrière lui, l'homme à la rapière posa son menton sur l'épaule de Bragg et murmura de sa voix la plus douce en caressant ses cheveux sombres :
- Ça va aller, ne t'inquiète pas. Ça va aller.
Mais malgré ses vaines tentatives, l'homme ne trouva pas le réconfort de l'Intendant. Il semblait noyé dans son chagrin. Bragg se recula un peu et posa sa tête contre la poitrine du soldat. Il était perdu, définitivement dépassé par ce qu'il se passait. Il craquait totalement. L'Intendant n'en pouvait plus de ce masque d'indifférence, toujours à cacher ce qu'il avait de plus cher. Alors, ce soir, il l'avait appelé. La seule personne qui savait le calmer, devant qui il pouvait se dévoiler entièrement. L'homme à la rapière.
Voilà maintenant un an qu'ils se voyaient en secret, loin de tout. Un an que, le jour, ils reprenaient leurs fonctions respectives, déguisés de ce maudit masque. Un an que, la nuit, ils se retrouvaient enfin. Mais à présent, les lignes se brisaient, les heures se confondaient.
Bragg sentit une pression contre lui. Affaibli, il se laissa emporter par la vague. L'homme, démuni de façons pour le calmer, l'enlaça tendrement. L'Intendant attrapa ses poignets, comme pour se rattacher à la seule branche dans les torrents. Au bout de longues minutes, Bragg réussit enfin à arrêter ses larmes. La tête posée sur les bras musculeux de l'homme, il se calmait lentement, fixant le mur de pierres. Son visage était encore couvert des perles salées, mais plus aucune ne coulait. Le soldat se leva et le souleva doucement avant de le déposer au centre des couvertures brodées.
Accroupi, à hauteur du visage de son amant allongé, il caressa distraitement la joue de l'Intendant.
- Essaye de dormir, tout va bien se passer.
- Ne pars pas.
La voix de Bragg était si faible que l'homme l'entendit à peine en s'éloignant. Il se tourna vers l'Intendant avec un sourire apaisant et s'approcha de lui. Il ne pouvait pas rester ici mais détestait l'idée de le laisser seul. Alors il déposa un long baiser sur les lèvres froides de Bragg et pointa sa poitrine :
- Je suis là. Ne l'oublie pas.
La porte claqua derrière lui. Avec un sourire désolé, il sortit de sa poche un parchemin froissé. La feuille était remplie d'une écriture serrée et stricte. Celle du chevalier Vlad. L'homme à la rapière avait choisi son camp.
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