Note de l'auteur : De nouveaux personnages font leur apparition, et Hermione discute avec son agaçante gérante.
N'hésitez pas à me signaler des erreurs ou incohérences.
Amicalement,
Solange S.-C.
Chapitre 2 : A l'ombre d'une jeune fille en fleur
Tom Riddle claqua sa portière en ignorant les bruits furieux qui sortaient de son coffre et fit craquer sa nuque en sortant de sa voiture. Une mallette noire à la main, et son manteau au bras droit, il gravit les marches du perron. Il poussa de son épaule la porte d'entrée déjà entrebâillée et posa ses affaires sur une chaise. Il se figea un instant, croyant sentir comme une odeur étrange d'encens, une pesanteur particulière. Le vestibule, tout comme l'ensemble du manoir, était plongé dans la pénombre. Tous les lourds rideaux étaient tirés ne laissant passer que de minces rayons de lumières. Il continua d'avancer et entra dans le salon. C'était une grande pièce qui aurait paru sans doute vide à des yeux autres que les siens. Les immenses fenêtres qui menaient au jardin avaient elles aussi été fermées et obscurcies par les tentures. Un feu avait été allumé dans la grande cheminée à l'autre bout de la pièce, et une épaisse fumée grise s'en échappait. Tom toussa.
« Luna ? »
Personne ne répondit.
« Luna ? », dit-il d'un ton plus pressant.
La fumée se propageait. Tom plaqua un mouchoir contre sa bouche et toussa encore une fois. Ses yeux s'embuèrent, et il avança d'un pas vif vers les fenêtres, ouvrant brusquement les rideaux.
Il tenta de distinguer quelque chose, en vain. Il serra les dents, et donna un violent coup aux vitres de son poing enveloppé dans le mouchoir. Celui-ci se teinta de rouge, et Riddle, voyant le sang, sembla pris d'une fureur incompréhensible et frappa les fenêtres jusqu'à ce qu'elles s'écroulent à terre dans un bruit de verre brisé et de craquement de bois.
Il se retourna vers le salon. Face à la cheminée, assise en tailleur, immobile, se tenait une fille aux cheveux blonds et à la peau pâle parsemée de suie. Elle tourna la tête de côté et regarda Riddle, clignant des paupières et fermant ses yeux clairs.
Il parcourut la distance qui les séparait en quelques enjambées et saisit son bras, la tirant vers le haut pour la forcer à se lever. Elle se laissa faire comme une marionnette et lui sourit.
Il la gifla.
Sa tête accompagna le mouvement tandis qu'il maintenait le corps de la fille contre le sien. Riddle respirait d'un souffle entrecoupé, il sentait encore la fumée qui commençait pourtant à se dissiper. Il regarda la fille et la gifla à nouveau, plus fort, sur l'autre joue.
Puis il la lâcha, et elle se laissa tomber au sol, comme si ses fils avaient été coupés et que plus rien ne l'eut retenu. Il s'accroupit immédiatement à son niveau, et tressaillit lorsqu'il la vit lui souriant à nouveau. Il détourna la tête. Ses yeux piquaient toujours, mais d'une manière différente à présent. Il vit qu'elle levait la main pour le toucher, mais elle interrompit son geste. Elle portait de légers gants de coton, dont le bout avait été brûlé par le feu lorsqu'elle l'avait allumé. Cette fois, ce fut elle qui détourna la tête, son sourire mourant sur ses lèvres.
Tom saisit son visage fin entre ses mains et la força à le regarder. Il lui semblait qu'il venait d'être brûlé et il sentit des excuses se bousculer sur ses lèvres sans qu'il ne les prononce, tandis que dans un même temps, une étrange torpeur le saisissait, comme une fatigue accumulée, une fatigue qui avait le goût d'un renoncement.
« Chut, Tom. Ce n'est pas grave. Tu sais bien que ça ne fait rien. »
Et il savait qu'elle ne parlait pas de ce qu'il venait de faire. Et il savait qu'elle parlait du feu, et à ces mots une grande fureur l'envahit à nouveau. Il voulut la frapper à nouveau, pour qu'elle aussi éprouve ce lancinement, cette douleur profonde.
Elle dut lire quelque chose sur son visage et sourit à nouveau.
« Tu sais bien que rien ne peut m'arriver. »
Il ne répondit rien.
Ils restèrent ainsi, face à face, assis, ne bougeant pas, souffles confondus. Le sien, laborieux, inégal, et sa respiration à elle légère, à peine audible.
Lentement, il se sentit plus calme, contemplant le visage de la fille.
Tom eut soudain l'impression de plus l'entendre du tout, que ses inspirations et expirations régulières s'étaient arrêtées et il sentit son propre souffle se couper, avant de se reprendre en la voyant porter sa main devant ses yeux.
« Tom…
- Oui, ne t'inquiètes pas. Je remettrai des rideaux. Monte dans ta chambre, j'arrive. »
Elle se leva et d'un pas léger sortit. Tom lui, toussa encore une fois et trébucha en se relevant, encore sous le coup de la fumée grise. Il ressortit du manoir et pris plusieurs grandes inspirations à l'air pur. Des gémissements se faisaient encore entendre du coffre de sa voiture. Il ouvrit le coffre. Un grand chien noir était couché, qui leva la tête vers lui en le voyant et commença à remuer furieusement la queue.
Tom retira la muselière du chien et saisit une laisse et un collier au fond du coffre. Le chien sauta joyeusement à terre et le suivit en trottinant à l'intérieur du manoir. Tom monta les marches menant à l'étage, le bois craquant à chacun de ses pas, le chien toujours sur ses talons.
Il se dirigea vers la chambre la plus éloignée du couloir et toqua.
« Luna ?
- Oui, oui ! »
Il entra. Elle était assise sur son lit et griffonnait quelque chose sur un carnet auquel Tom jeta un regard oblique. Elle poussa un petit cri en voyant le chien et battit des mains comme une enfant. Elle avait changé de gants.
Elle sauta hors du lit et posa un genou à terre, enserrant la tête du chien entre ses mains et palpant joyeusement la grosse masse noire, le caressant autour du cou et se laissant lécher joyeusement la figure.
Tom les regardait.
Elle se releva vivement, et se jeta contre lui, enserrant ses bras autour de son cou.
« Merci, merci, merci ! »
Puis elle se reprit gravement et s'éloigna un peu de Riddle en désignant le chien du revers de la main.
« C'est pour me le confier que tu l'as emmené ici ?
- Eh bien, oui, il est à toi. »
Elle eut un petit rire et Riddle sourit en retour.
« Non, non, voyons Tom, quelle idée ridicule, il n'est pas à moi. Les gens –
- C'est un chien.
- Oui, c'est vrai. Tu crois que les chiens nous appartiennent ?
- Je l'espère.
- Nous voulons tous appartenir, mais comme on ne peut pas se donner, on n'est jamais que son propre maître. Tu ne crois pas le chien ? Tu crois que tu m'appartiens toi ? Non, non, je ne crois pas. Tu n'as pas de collier.
- J'en ai un que je peux te donner pour lui passer au cou.
- Lui passer au cou ?
- Oui.
- Et je le promènerais avec une laisse ?
- C'est ce que les gens font.
- C'est ce que tu ferais ?
- Le collier, oui. La laisse, je ne sais pas. Parfois, les êtres vous aiment mieux lorsqu'ils croient avoir le choix. Un simulacre de liberté. Cela leur évite de – »
Tom s'interrompit brusquement et refusa de rencontrer le regard de Luna.
Elle lui tourna le dos et se replaça au niveau du chien, essayant de capter l'attention de l'animal surexcité.
« Le chien ! Le chien, écoutes moi. J'ai décidé, oui, j'ai décidé que tu allais m'appartenir. Alors, je vais te mettre un collier. Il ne faut pas que tu sois triste, tu comprends ? Parce que, parce que tu n'auras pas de laisse. Tu auras toi aussi ton simulacre de liberté, le chien. Et puis, tu ne seras plus jamais seul. Je m'occuperais bien de toi. »
Elle se retourna vers Tom qui la regardait silencieusement, illisible.
« D'où vient-il, Tom ?
- Je l'ai trouvé dans la forêt. Il avait l'air égaré. »
Ce n'était pas tout à fait vrai, ce n'était pas tout à fait comme cela que les choses s'étaient passées, mais il sut qu'il avait dit ce qu'il fallait quand il vit les yeux de Luna s'adoucir encore et qu'elle lui sourit à nouveau.
« Pauvre chien, tu as eu de la chance que Tom te trouve. Il ramasse tous les orphelins, tu sais. Lui aussi, il était orphelin. »
Tom tressaillit.
« Mais toi, toi, le chien, tu as trouvé une famille maintenant. Et nous allons vivre ensemble, n'est-ce pas Tom ?
- Oui. »
Il scruta son visage plein de lumière et elle continua de sourire. Et pour une fois, ce fut lui qui fut aveuglé.
« Merci, Tom, dit-elle doucement. »
Quelque chose de sombre remua en lui et il ouvrit la porte de la chambre et sortit sans répondre.
Il s'adossa à la porte désormais close et se laissa glisser à terre. De l'autre côté de la porte, il entendait Luna qui parlait au chien d'une voix grave que contredisait son ton léger.
« Ne me remercie pas, murmura-t-il, surtout ne me remercie pas. Je ne pourrais pas le supporter. »
Il tenait toujours la laisse entre ses mains.
Hermione se réveilla au son de bruyants coups contre sa porte et parvint à marmonner indistinctement :
« Oui ? Je… Non, un instant, je, j'arrive, un moment ! »
Elle sortit hors du lit, chercha du regard sa valise, et fronça les sourcils lorsqu'elle ne la trouva pas. La voiture. La valise était restée dans cette fichue voiture. Elle avait tout remballé la veille, persuadée qu'elle était de partir. Et maintenant, elle se trouvait sans rien mis à part les vêtements qu'elle avait porté la veille. Elle alluma la lumière de la petite salle de bain attenante à la chambre et vit une robe de chambre un peu élimée, qu'elle enfila. Elle la noua en se dirigeant vers la porte qu'elle ouvrit d'un grand coup, faisant trébucher la femme qui se trouvait derrière.
« Madame Ombrage, prononça Hermione d'un ton neutre.
- Bonjour, bonjour, ma chère, je ne vous dérange pas ? J'espère que je ne vous ai pas réveillée ?
- Pas du tout, voyons. »
Hermione vit qu'Ombrage tentait de regarder à l'intérieur de sa chambre, et bien qu'elle n'ait strictement rien à cacher, elle éprouva un plaisir immense à se positionner dans l'entrebâillement de la porte en bloquant le champ de vision de la gérante.
Ombrage se racla la gorge et continua d'un ton un peu pincé.
« Nous avons reçu une lettre pour vous, je voulais vous la transmettre personnellement, ce cher garçon –
- Une lettre ?
- Oui, oui, du continent, c'est D-
- Je peux l'avoir ?
- Oui bien sûr, se renfrogna Ombrage. »
Hermione prit la lettre des mains d'Ombrage et la regarda fixement.
« C'est tout ce que vous vouliez me dire ?
- Je –
- Parce que si c'est le cas, j'apprécierais de pouvoir m'habiller et lire cette lettre. »
Hermione fit un large geste de la main comme pour appuyer ses propos et Ombrage fronça les sourcils. Hermione pensa que si Ombrage avait été un personnage de film, elle aurait grincé des dents et révélé qu'elle était une vieille sorcière, torturant ses clients en leur parlant d'une voix mielleuse. Mais, si elle avait été une sorcière, elle n'aurait sans doute pas été gérante d'un hôtel pommé d'Ybris.
Hermione haussa un sourcil.
« Madame Granger, reprit Ombrage, je suis aussi venue vous prévenir que le Commandant veut vous voir.
- Le Commandant, rien que ça ?
- Oui, oh, rien de très grave, des formalités, et puis je suis sûre qu'une femme comme vous n'a rien à se reprocher, non ?
- Non. Merci de m'en avoir informée.
- Hum.
- Ce sera tout ? »
Ombrage sembla chercher un instant de rester encore, pour une raison inconnue à Hermione.
« Vous vous plaisez ici ?
- Oui.
- Et, vous avez rencontré du monde, discuté un peu avec certains des locaux ? Denis, notre chauffeur, vous savez, qui est venu vous chercher hier, m'a dit qu'il vous avait longuement parlé sur le chemin. Vous savez, Madame Granger, c'est un bon bougre, mais il embellit un peu ses histoires, il ne faut pas le prendre au mot, il a un goût prononcé pour les ragots. Il s'imagine que ces terribles accidents d'il y a quelques années étaient je ne sais quels meurtres prémédités. Ce garçon lit trop de romans, et j'ai toujours dit que la littérature était dangereuse pour les esprits plus simples. Vous savez, vous et moi sommes plus éduquées, mieux élevées, nous sommes un peu du monde, d'une certaine élite même si j'osais, mais ce pauvre Denis… Il n'y a rien de plus dérangeant qu'un paysan cherchant à sortir de son milieu. Il y a une hiérarchie des hommes pour une bonne raison, enfin ! Et c'est avec ces velléités de littérature, de lire des romans, que s'installe l'anarchie. Le chaos. Tenez, c'est bien du fait de l'arbre de la connaissance, de la connaissance, du savoir, qu'Adam et Eve furent chassés du Paradis. Heureusement que certains savent garder leur place, et comprennent que l'ignorance est le bonheur des petits, qu'il faut laisser à leurs supérieur la charge de connaître. Mais enfin, sur une petite île comme Asphodèle, il n'arrive jamais rien de bien grave. Et je suis sûre qu'une femme comme vous ne prend pas ces racontars au sérieux.
- Non, bien sûr. Comment pourrais-je ?
- Et Denis vous a trouvée chez ce vieux fou de Dumbledore alors ? Ah, pauvre homme, il a perdu complètement pied avec le réel à la mort de ses enfants, et son pauvre petit fils qui s'imagine voir des fantômes… Cela, ma chère, cela est une véritable tragédie.
- Les enfants de Dumbledore sont morts ?
- Oh oui, terrible terrible évènement, horrible coïncidence. Vous voulez que je vous le raconte en détail ?
- Dites-moi.
- Eh bien ils étaient allés rendre visite à leur père, avec leur petit garçon, ils habitaient de l'autre côté de l'île, Dumbledore et le Ministre Riddle sont les seuls à être prêt d'Erèbe. Et puis, le soir, le petit Harry – c'est le nom du petit-fils de Dumbledore – disparaît. Alors bien sûr, c'est la panique générale, tout le monde le cherche, et Lily Potter, sa mère, part voir s'il n'est pas quelque part dans la forêt. Elle ne revient pas, alors James, son mari, part à sa suite. Au bout d'une heure, Dumbledore, comme aucun des deux n'est revenu, part lui aussi, et là, il trouve les deux à terre, l'un à côté de l'autre, inanimés. Il a d'abord cru qu'ils étaient évanouis, mais lorsque les secours sont arrivés ils ont dit qu'ils avaient fait une crise d'épilepsie si violente que... Et le pauvre petit Harry était à côté d'eux et pressait ses mains contre son visage en gémissant, il tenait des propos complètement incohérents.
- Une crise d'épilepsie ? Pour les deux d'entre eux ? Cela n'a paru bizarre à personne ?
- Si, bien sûr, surtout de nos jours, mais vraiment, il n'y avait pas d'autre explication, les syndromes étaient là, et puis, James Potter avait déjà eu des crises nocturnes, alors…
- Hum. Et ils ont été enterrés ou leurs cadavres font partie de ceux qui ont mystérieusement disparus ?
-Oh, ma chère, je préfèrerais que vous ne parliez pas ainsi. Les cadavres n'ont jamais disparu, voyons, mais les gens ont imaginé toutes sortes de choses en voyant qu'on n'organisait pas d'obsèques.
- Denis m'a dit qu'on avait trouvé des litres de sang en forêt sans que le corps de la victime soit retrouvé.
-Ah, en effet, en effet, une affaire bien différente. C'était peu de temps après remarquez, cette pauvre pauvre femme. Pourtant, elle qui avait tout ce qu'elle voulait, un si gentil fils, un mari dévoué et admiré de tous, un pilier de notre communauté vraiment, et pourtant, pourtant… Elle s'est suicidée voyez-vous. Pauvre Narcissa, elle et son mari avaient toujours été des amis très chers. Inexplicable.
- Narcissa ?
- Oui, Narcissa Malfoy, la femme du Président de la communauté paroissiale, Monsieur Lucius Malfoy, sûrement, on a dû vous parler de lui ? Tout va bien, ma chère ? Vous avez l'air un peu figé ?
- M-Malfoy ?
- Mais oui ! Oh, je suis navrée, je pensais que puisque vous connaissiez Draco…
- Vous connaissez Draco Malfoy ?
- Oh, je ne l'ai pas vu depuis qu'il était un petit garçon, vous comprenez, après cette affaire terrible, Lucius l'a envoyé en pension sur le continent. Je croyais que c'était lui qui vous avait envoyée ici, et la lettre- ?
- Je… oui, oui tout à fait.
- Vous avez déjà rendu visite à son père ? Il serait ravi, j'en suis sûre, d'avoir des nouvelles de notre adorable petit ange blond.
- Non, pas encore, je…
- Je vais vous donner son adresse, attendez-moi un instant, je vais chercher je dois avoir l'une de ses cartes ! »
Ombrage disparut dans un froissement de dentelle, et Hermione se retint au chambranle de la porte. Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait vraiment pas. Bien sûr, sa relation avec Draco était purement professionnelle et ils n'étaient pas du genre à aborder leurs vies privées respectives, mais alors pourquoi l'envoyer sur cette damnée île ?
Pourquoi soudainement…
Elle tourna la lettre qu'elle tenait entre ses mains et l'ouvrit en réduisant l'enveloppe en pièces. A l'intérieur se trouvaient une lettre qui lui était adressée, et une autre enveloppe portant le nom de Lucius Malfoy.
Hermione,
Comme tu es loin d'être idiote, je pense que tu ne perdras pas de temps à te rendre compte que je ne t'ai pas vraiment envoyée à Asphodèle juste pour que tu puisses encore m'écrire un des articles insipides sur la pluie et le beau temps.
Et tu dois avoir compris que ce n'est pas tellement par souci de ton bien-être que je t'ai forcé la main pour prendre des congés.
Je voulais te demander de me rendre un service, mais je n'ai pas eu le cran de te le dire en face. Alors, j'ai un peu détraqué ta voiture, comme tu le constateras. Tu vois que je ne me vantais lorsque je disais que j'étais doué de mes mains.
Il y a une dizaine d'années, il y a eu plusieurs accidents, des morts, sur cette île. Je ne pense pas que tu vas en entendre parler de suite. L'un de ces morts était ma mère, Narcissa Malfoy. Je ne t'en ai jamais parlé, et avec un peu de chance, une fois que tout ceci sera résolu, nous n'en parlerons plus jamais.
Ma mère s'est suicidée, mais on n'a jamais retrouvé son cadavre.
J'ai subis tes gémissements depuis plusieurs années, comme quoi ton boulot n'est pas assez intéressant, pas assez de matière. Retrouver un cadavre, ça te parait plus palpitant ?
Je n'ai pas vu mon père depuis plusieurs années, nous nous sommes brouillés quand j'ai divorcé de Daphnée. Et puis, soyons honnête, l'investigation, c'est plus ton truc que le mien. Et puis, et puis, je vais être honnête : j'ai la trouille Granger, j'ai peur parce que je suis un lâche.
Satisfaite ?
Je préfère que tu sois mon chevalier en armure étincelante et que tu ailles pourfendre le dragon pour moi.
S'il te plaît.
J'ai confiance en toi, et tu es la seule personne à qui je puisses demander cela. Et enfin, ne sommes-nous pas devenus amis après tout ce temps ?
Je t'embrasse.
Draco M.
P.S : tu trouveras une autre enveloppe. Donne-la à mon père si tu décides d'aller lui parler.
