Voilà, la deuxième partie du premier chapitre, mais je préfère vous prévenir, c'est la première fois que je vous livre la suite aussi rapidement.
Préparez-vous à attendre...
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Décidément, on se croirait difficilement en début Juin. Il avait fait beau le moi dernier, et durant la Golden Week, il avait même fait assez chaud. Le jour de la fête des enfants, le ciel d'un bleu éclatant avait vu s'agiter doucement les koinobori(1), sous une légère brise au parfum fleuri. Mais le temps s'était considérablement rafraîchi, faisant presque regretter les uniformes d'hiver, en partie à cause du vent froid qui soufflait sans répit.
Les premières gouttes de pluie commencèrent à frapper timidement sur les carreaux, avant de se muer rapidement en pluie violente. Les carreaux commencèrent à ruisseler, rendant trouble les immeubles que l'on devinait de derrière la fenêtre.
Il quitta ses devoirs et fit le tour de la maison pour fermer les volets, puis rejoignit la cuisine. Le riz dans l'autocuiseur était enfin prêt, il se prépara rapidement quelques onigiri et retourna dans sa chambre, à ses devoirs. Il n'avait jamais réellement cuisiné. Sa mère se débrouillait toujours pour qu'il fasse le moins de chose possible à la maison, malgré le fait qu'elle travaillait, à présent. Une habitude qu'elle avait prise quand son mari était encore en vie. Elle était très fière de lui et de ses résultats à l'école, et voulait qu'il ne se concentre que sur son travail scolaire. Aujourd'hui, cependant, elle était absente. Elle était partie pour trois journées entières dans une auberge avec des anciens amis de son club d'ikebana, du temps où elle était lycéenne.
Elle ne s'était pas amusée depuis la mort de son mari, pas plus qu'elle n'était réellement sortie. Elle n'avait pas voulu le laisser seul à la maison, mais il avait insisté jusqu'à ce qu'elle se décide à y aller. Pour la première fois de sa vie, il s'était préparé à manger. Il ne s'était pas mal débrouillé, mais ce que préparait sa mère était bien meilleur. Aujourd'hui, en rentrant du collège, il avait mit du riz à cuire, dans l'idée de se préparer des onigiri, se disant qu'un enfant serait capable d'en faire autant, la seule difficulté consistant à façonner la boulette de manière à lui donner une forme de triangle. Il avait été beaucoup trop materné, et cela lui déplaisait, maintenant qu'il s'en était rendu compte.
Il avait beau avoir à présent accepté Shiori comme sa mère, l'idée de se retrouver dépendant de quelqu'un lui était désagréable. Malgré toutes ces années passées dans le ningenkai, certains de ses anciens instincts de démons étaient toujours présents. La dépendance n'était pas une bonne chose, dans le makai. Mieux valait savoir se débrouiller seul.
Il lécha sur ses doigts des grains de riz collés, derniers vestiges de ce repas rapide, et retourna à ses devoirs. Il n'avait pas besoin de travailler autant pour rester le premier toutes matières confondues, mais travailler l'occupait. Il pensait beaucoup trop, ces derniers temps, et ses devoirs lui fournissaient une distraction. Mais il savait que ce soir, ça ne serait pas suffisant. Il ne parvenait pas à oublier Maya.
Il ne pensait pas avoir des sentiments aussi profond pour elle. Il pensait que c'était juste une amourette, quelque chose qu'il oublierait en quelques jours une fois que Maya l'aura oublié lui. Il s'était dit qu'effacer ses souvenirs et ses sentiments à elle ne lui causerait aucun problème. Il s'était trompé. Depuis, Maya s'était montrée distante avec lui, et ne lui parlait plus. Il s'était alors rendu compte qu'il aimait les conversations qu'il avait parfois avec elle. Maya était la seule personne dans sa classe qui lui parlait. Les autres garçons l'ignorait ou le méprisait, quant aux filles, jamais elles ne conversaient réellement avec lui. La plupart du temps, elles essayaient de l'inviter quelque part ou bien elles essayaient de le convaincre qu'elles valaient toutes mieux que Maya.
Mais Maya n'agissait pas comme les autres filles. Elle l'avait toujours entraîné dans ses conversations, juste pour le plaisir de discuter avec lui. Même s'il la trouvait un peu étrange, converser avec elle était agréable.
Il pensait n'éprouver rien pour elle, rien de plus que de l'affection. Et maintenant qu'elle ne lui parlait plus, il se sentait... seul. C'était étrange, comme sentiment. Avant de faire équipe avec Yomi, il avait toujours été solitaire, et cela ne le dérangeait pas. Quand il s'était réincarné, il n'avait pas comprit cette inclinaison qu'avait les humains à toujours vouloir être avec quelqu'un. Pas plus qu'il n'avait comprit les larmes de sa mère à la mort de son mari. Vouloir être avec quelqu'un, être affecté quand on perdait la personne avec qui on était, tout cela, il ne l'avait jamais connu. Jusqu'à présent.
Il voulait être avec Maya. Et ça lui faisait mal maintenant qu'elle ne restait plus à ses côtés. Peut-être qu'il l'aimait. Il n'en était pas certain. Il n'avait jamais éprouvé d'amour, avant, et était à présent incapable de clairement identifier ses sentiments.
Il poussa un long soupir. Plus d'un millier d'années de vie dans le makai, et il avait éprouvé plus de sentiment en une dizaine d'année dans ce corps humain. A croire que les humains l'avaient ramolli. Enfin, pas tous les humains. Sa mère, seulement.
Il ne savait pas non plus réellement ce qu'il ressentait pour elle. Il s'était senti incapable de la quitter, et à chaque fois qu'il voyait les cicatrices qu'elle portait sur ses bras, il se sentait vaguement coupable. Il la considérait à présent comme sa mère, et tenait à elle.
Pendant un moment, il avait tout de même pensé à la quitter après quelques années, car le ningenkai commençait à se faire trop pesant. Mais son mari était mort et elle s'était plongée dans un tel chagrin et un tel désespoir qu'il avait décidé de rester toujours à ses côtés, et ce, jusqu'à sa mort. Elle avait besoin de lui. Il ne pouvait pas la laisser, même si elle avait à présent reprit goût à la vie.
Rester dans le ningenkai jusqu'à la mort de sa mère était ce qu'il avait décidé. Au bout de quelques mois, il avait commencé à penser que l'idée n'était pas si déplaisante que cela. Même s'il se forçait à jouer un rôle qui peu à peu commençait à se fondre en lui comme une seconde peau qui était en train de devenir sienne, il se se surprenait à penser que la vie dans le ningenkai était loin d'être si désgréable. Au contraire même, il commençait à l'apprécier.
Mais il l'avait rencontré. Ce Hiei. Il portait encore sur lui l'odeur du makai, de ses forêts profondes, de ses hautes montagnes, de ses champs de bataille. Une odeur qui l'avait rendu nostalgique. Malgré toutes ses années ici, malgré le fait qu'il s'habituait très bien à la vie dans le ningenkai, tout au fond de lui, il ne se sentait pas à sa place. C'est peut-être ça, qui renforçait son idée de solitude. Le fait d'être comme un étranger dans un endroit où il ne devrait pas être.
Ses pensées revinrent vers Hiei. Est-ce qu'il était toujours ici ? Ou était-t-il retourné dans le makai ? Aller et venir d'un monde à l'autre pour un démon de basse classe n'était pas très difficile, quand on savait à qui s'adresser, mais il doutait que Hiei sache à qui s'adresser. Il venait d'arriver fraîchement dans le ningenkai, ça se sentait, il ne devait pas en savoir beaucoup. Et il recherchait une Yukina. Il se doutait que Hiei ne retournerait pas dans le makai tant qu'il ne l'aurait pas retrouvée. Un faible sacrifice comparé à ce qu'il avait du subir pour l'implantation du jagan.
Il était possible qu'il soit toujours en ville. Par ce temps... Il n'aimerait pas avoir à rester dehors. Il savait ce que c'était, de devoir rester dehors quand il faisait froid ou qu'il pleuvait. La pluie s'insinue sous les vêtements, et on a l'impression d'être glacé même de l'intérieur. Bientôt, on se met à trembler si fort que c'en est douloureux et fatiguant, mais malgré tout, la douleur vous tiens éveillé.
Il se leva de sa chaise et enfila un manteau, puis il récupéra un parapluie et sorti dans la rue. C'était pire que ce qu'il imaginait. Il pleuvait si fort, et le vent était si violent que malgré le parapluie, il ne lui fallut que quelques minutes avant que son pantalon ne soit complètement trempé. Son manteau, lui, commençait à devenir sérieusement humide.
Par un temps pareil, il était peu probable que Hiei n'ait pas cherché à s'abriter. Les entrepôts du port fournissaient un excellent endroit pour se protéger du mauvais temps. Malgré tout, il continua à essayer de localiser Hiei. Alors qu'il se rapprochait du parc près de chez lui, il fut surpris de sentir l'énergie du démon. Rester dehors alors qu'il pleuvait à cordes... Hiei ne savait peut-être vraiment pas où s'abriter. Pourtant l'ancienne planque de Yatsude aurait pu faire un bon refuge... s'il n'y avait eu l'odeur des cadavres. Une odeur qu'on avait l'habitude de sentir dans le makai, quoi qu'il comprenait aisément que le démon ne puisse pas supporter l'odeur de cadavres humains. Quand lui était arrivé dans le ningenkai, il lui avait fallu un moment avant de s'habituer à l'odeur des ningen, et même de celle de son propre corps, qui le répugnait au plus haut point.
Il ralenti le pas, quand une pensée le frappa subitement. Mais est-ce qu'un démon de feu craint le froid ? Il avait toujours le moyen de se réchauffer avec son propre youki. Oui mais... En tant que démon de feu, il doutait fortement que Hiei apprécie la pluie...
Il fini par repérer Hiei dans un arbre. Malgré le fait qu'il soit réveillé, il ne semblait pas l'avoir remarqué. Il faut dire aussi qu'il avait prit pour habitude de masquer son énergie. Il était loin d'avoir retrouvé toute sa puissance, et certains démons seraient trop ravis d'avoir l'occasion de tuer le célèbre voleur dont la renommée avait fait le tour du makai. Même si peu de démons dans le ningenkai étaient au courant de sa véritable identité, il valait mieux rester prudent, et ne pas se faire remarquer.
Comme Hiei n'avait toujours pas baissé ses yeux sur lui, il se demanda s'il ne faisait tout simplement semblant de l'ignorer.
Il allait l'appeler tout simplement quand il se ravisa. Il avait l'habitude de toujours mettre une particule derrière le nom. Hiei était un démon, et il s'en moquait peut-être, mais il préfèrait mettre un peu de distance entre eux deux au départ.
'Hiei kun' était un peu trop familier. Cela dit, Hiei était beaucoup plus jeune que lui, donc c'était sans doute la particule la plus appropriée. Hiei san serait bien. Un peu trop pompeux, peut-être, mais il se doutait que le démon apprécierait moyennement le 'kun'. Et puis, ce n'était pas le moment de le titiller. Le 'san' mettrait un peu de distance, et ça pourrait peut-être rassurer le démon.
Il l'appela doucement, mais assez fort cependant pour couvrir le bruit de la pluie.
"- Hiei san ?"
Le démon sursauta et lui lança un regard passablement énervé. Apparemment, il ne s'était pas rendu compte de sa présence. Et cela sembla l'irriter. Il le regarda quelques secondes, les sourcils froncés, avant de tourner la tête. Dans une tentative d'approche, Kurama lui sorti la première chose qui lui passa par la tête.
"- Qu'est-ce que tu fais ici?
- Ça ne se voit pas ? Je dors. Du moins, j'essaie."
Hiei ponctua sa phrase d'un regard appuyé. Le message était clair. Autrement dit, tu m'ennuies, laisse moi tranquille. Dans la version la plus civilisé. Malgré tout, Kurama ne se démonta pas. La mauvaise humeur de Hiei ne l'effrayait ni le dérangeait.
"- Je pensais que tu avais déjà quitté les lieux."
Hiei ne lui répondit pas. De toute façon, Kurama avait déjà remarqué que le démon n'était pas du genre bavard. Aussi, il continua.
"- C'est parce que tu cherches encore cette Yukina ?"
Kurama se demandait quels liens unissaient Hiei et Yukina. Hiei s'était fait implanté le jagan, alors que l'opération était dangereuse, et que cela amoindrirait fortement ses pouvoir, simplement pour la retrouver. Dans ce sens, Kurama trouva que Hiei était peut-être plus humain que lui. Il n'était pas certain de faire un tel sacrifice pour quelqu'un. Et il se rappela qu'il avait risqué sa vie pour Maya, Maya qu'il croyait pourtant morte. Il s'était engagé dans un combat qu'il n'était pas sûr de gagner. Au fond de lui, il était même persuadé qu'il le perdrait.
Hiei était peut-être amoureux de Yukina.
Ce dernier se décida finalement à ouvrir la bouche.
"- Fais pas chier, lâche moi la grappe avant que je ne te tues, tu commences à me saouler."
La dernière fois, Hiei s'était montré un peu plus sociable. Mais la dernière fois non plus, il n'avait pas aimé aborder le problème Yukina. C'était apparemment un lien qu'il voulait garder secret. Mais les renards ont la fâcheuse manie d'être curieux. Il se débrouillerait bien pour savoir, un jour ou l'autre.
Dans l'arbre, Hiei ferma les yeux, comme pour tenter d'ignorer sa présence. D'ici, Kurama pouvait voir qu'il était entièrement trempé. Il pouvait le faire venir chez lui, sa mère était absente, ça ne lui poserait pas de problème. Et ça lui tiendrait compagnie. La compagnie de Hiei n'était certes pas vraiment agréable, mais dans un sens, elle était très distrayante. Quand il disait quelque chose. Ses menaces de mort l'amusaient plus qu'autre chose, Kurama savait bien que Hiei n'avait pas l'intention de mettre ses mises en gardes à exécution. Le démon ne semblait pas vouloir tuer par plaisir. Quand il avait apprit que Kurama n'était pas avec Yatsude, il avait immédiatement arrêté de combattre. Enfin, c'était aussi peut-être parce qu'il n'était plus en état de continuer. Et puis peu importe.
Hiei rouvrit les yeux. Kurama vérifia rapidement qu'il n'y avait personne, avant de reprendre.
"- Il pleut", dit-il simplement, se sachant où commencer.
"- Si t'es venu pour parler de la pluie et du beau temps, tu peux te casser. J'ai pas besoin de toi pour voir le temps qui fait."
Il s'attendait à une réponse du genre. Il aurait mieux fait d'aller directement au but.
" -En fait... Je me demandais si ça te dirait... De venir chez moi. Juste pour t'abriter, le temps qu'il arrête de pleuvoir."
Hiei se redressa légèrement, et le considéra longuement, comme s'il le jaugeait. Kurama se mit à lui sourire doucement, le seul moyen qu'il avait trouvé pour lui ôter ses craintes. En temps normal, il souriait rarement. Il ne voyait pas en quoi cela pouvait lui être utile. La plupart des humains sourient quand ils sont heureux. Lui ne souriait que rassurer les autres. Et ça faisait longtemps qu'il n'avait pas eu besoin de le faire. Mais Hiei restait très méfiant, alors Kurama lui souriait.
"- Hiei ?" finit-il par murmurer, quand il se rendit compte que le démon restait silencieux.
"- J'ai pas besoin de ta sollicitude, et encore moins de ta gentillesse. Maintenant, casse-toi."
Sur ces mots, Hiei referma les yeux. Kurama soupira doucement. Il avait remarqué que Hiei était du genre borné. Insister ne servirait à rien, sinon qu'à l'énerver davantage.
Aussi, il se retourna, et rentra lentement chez lui. Maintenant qu'il était lui aussi trempé, il n'avait pas besoin de se dépêcher.
Sitôt rentré, il suspendit ses vêtements, et se prit une douche chaude. En se glissant dans son lit, Kurama remarqua que la pluie avait redoublée de violence.
Il aurait peut-être du insister. Il doutait fortement que Hiei appréciait la pluie.
Après tout, c'était de sa faute. Il lui avait proposé de venir, il avait refusé, l'affaire était close. S'il restait complètement trempé toute la nuit, c'était son problème. Malgré tout, il s'en voulait de ne pas avoir insisté. Et puis, Hiei lui aurait tenu compagnie.
Sur cette dernière pensée, il éteignit la lumière. S'il tenait à la compagnie de Hiei, c'est parce que dans un sens, il le trouvait semblable à lui. Il avait l'impression qu'ils pourraient se comprendre facilement, s'ils se voyaient un peu plus. Demain, il irait le retrouver.
Finalement, il laissa la fatigue le gagner, et il plongea dans un sommeil sans rêves.
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Le lendemain, la sonnerie du réveil le tira de son sommeil. En ouvrant les fenêtres, il s'assura que le temps s'était calmé. Il fut gratifié par un rayon de soleil qui promettait une journée meilleure.
Il se prépara rapidement, et mangea le riz qu'il restait dans l'autocuiseur. Chose promise, il apprendrait vraiment à cuisiner autre chose que le riz. Et la salade. Il n'avait mangé que ça, hier, au petit déjeuner et au dîner. Alors qu'il allait sortir, il attrapa rapidement les pains au melon qu'il se gardait en général en cas de fringale dans la journée. Il n'était pas certain que Hiei mange à sa faim, ces melon pans lui seraient peut-être plus utile à lui.
Kurama ne fut pas surprit de voir que Hiei se tenait exactement à l'endroit où il l'avait laissé la veille: dans le parc, perché sur un arbre. Il attendit que le parc se vide des enfants se rendant à l'école, et s'assurant que personne ne le regardait, il sauta dans l'arbre.
"- Trouvé !"
Hiei sursauta et se retourna, l'air furieux. Il était vrai que Kurama avait un peu exagéré, en surgissant brusquement dans son dos. Mais lui, il aurait eu l'air de quoi, aux yeux de tous, à discuter avec un arbre ? Et puis il savait très bien que s'il n'avait pas caché son énergie, le démon aurait fui directement en le sentant arriver.
"-Tu veux vraiment que je te tues ou quoi ? Si c'est le cas, demande-le, je me ferais un plaisir de te rendre ce service !"
Oui, Hiei était vraiment furieux... Kurama feignit l'innocence.
"- J'ai fait quelque chose de mal ?
- Bordel, mais t'es débile ou quoi ?! Surgir comme ça dans le dos de quelqu'un, son premier réflexe c'est de te descendre ! Si tu veux mourir, dis-le, mais je te préviens, la prochaine fois, je te tues !"
Kurama se mit à sourire. Hiei n'était pas Hiei sans une menace de mort. Il avait comprit que le démon était plutôt du genre à agir que parler, quand il voulait vraiment faire quelque chose. Peut-être qu'il prévenait une fois, mais peu de chance pour qu'il le fasse une seconde. Depuis qu'il le connaissait, il avait reçut environ cinq menaces de mort, et était toujours en vie. Non, Hiei n'avait jamais eu l'intention de le tuer. Kurama prit le parti de se moquer un peu du jaganshi.
"- Je suis toujours en vie... Faut croire que question réflexes, t'es pas vraiment bien doté.
- Ferme-la."
Et sur ces mots, il tourna le dos, comme pour l'ignorer. Mais finalement, ce fut lui qui reprit la parole.
"- Kurama ?" sa voix était très calme, sans les accents de colère qu'elle transportait jusqu'à là.
"- Lui-même." Kurama fut un peu surprit de voir que Hiei relançait la conversation.
"- Finalement, tu t'es souvenu de mon prénom.
- Hn. Parce que je me demandais si ça avait un rapport avec le célèbre...
- Yohko Kurama." Puis, sans hésiter, il ajouta :
"- C'est bien moi, en chair et en os."
Hiei se retourna, et sembla chercher dans ses yeux le mensonge. Cette révélation l'avait surprit. Qui n'aurait pas été surpris ? Le tristement célèbre Yohko Kurama,le bandit sans pitié et prêt à tout pour arriver à ses fins, dans le corps d'un ningen à l'aspect frêle et faible.
Finalement, le regard de Hiei quitta ses yeux, pour les fixer à terre.
"- Je te croyais plus fort que ça... Et je te voyais... Autrement...
- Tu n'es pas le seul à avoir perdu de la puissance. Toi avec le jagan, et moi en choisissant de me réincarner dans un fœtus de ningen."
Kurama reprit.
"- Tu as bien dormi Hiei san?" Pas vraiment le meilleur moyen de relancer la conversation, mais c'est tout ce qu'il avait trouvé.
"- A ton avis ?" Mal, évidement. La faute à qui ?
"- Difficile de juger. A ton humeur je serais tenté de dire non, mais à vrai dire j'ai bien l'impression que c'est dans ta nature d'être ronchon.
- Comment faire autrement avec un mec aussi chiant et collant que toi ?
- Tu marques un point."
Kurama en venait à se demander s'il arriverait un jour à socialiser avec Hiei. Il était clair que sa compagnie l'ennuyait fortement. Plus il se montrait aimable avec lui, et plus Hiei se montrait distant. Peut-être qu'il ne voulait pas être approché. Son comportement lui rappelait le sien dans un sens, sauf que lui restait toujours poli. Dès que quelqu'un voulait trop s'approcher de lui, il se montrait distant.
Oui. Ils se ressemblaient, tous les deux. Mais une autre chose le poussait à se lier à Hiei.
"- Ton odeur, dit-il en murmurant. C'était une odeur qui me manquait."
Kurama leva son regard sur Hiei, qui fronça immédiatement les sourcils.
"- L'odeur du makai. L'odeur du danger. Tu m'as rappelé des choses que j'avais oubliées."
Oui, il avait oublié toutes ces choses. Mais la venue de Hiei lui avait ressassé des souvenirs, et à présent, le makai lui manquait encore plus qu'avant. C'était normal dans un sens. C'était là qu'il était né, c'était à ce monde qu'il appartenait réellement. Pas au ningenkai.
Hiei grogna.
"- Dans ce cas, au lieu de me saouler comme tu le fait, pourquoi tu n'y retourne pas ? Y'a rien qui t'en empêche..."
Kurama ne put s'empêcher de sourire légèrement. Hiei avait entièrement raison. Si ça lui manquait tant, il n'avait qu'à y retourner. S'il ne le faisait pas, c'est bien que sa situation actuelle ne lui déplaisait pas...
"- Il y a des tas de choses qui m'en empêche, Hiei san... Je ne peux pas toujours agir comme j'en ai envie."
C'était vrai. Autrefois il agissait comme il en avait envie, il ne faisait que ce qu'il voulait faire, mais maintenant, il avait des obligations. Il devait rester aux côtés de sa mère... Il avait vraiment beaucoup changé. Pas étonnant alors qu'il était même incapable de subvenir à ses propres besoins seul. Il n'était même pas fichu de se préparer correctement à manger...
A manger... Ca lui était complètement sorti de la tête ! C'était pourtant pour ça qu'il était venu.
De son sac à dos, il en sorti les melon pans qu'il tendit à Hiei. Et qu'il refusa. Il ne sentait pas d'humeur à essayer de convaincre Hiei, aussi, après quelques vaines tentatives qui ne semblèrent pas aboutir, il le quitta.
Qu'il crève de faim, si ça lui chante. Qu'il voit un peu ce que ça fait.
Il s'attendait à ce genre de réaction de sa part. Il n'aimait pas qu'on s'occupe de lui. Et plus on cherchait à l'aider, plus il s'énervait.
C'était peut-être pour se protéger. Et dans un sens, sa méfiance était légitime.
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Il était arrivé juste à l'heure. En courant, il avait rattrapé son retard, et de plus, il avait pu éviter Maya, qui prenait le même chemin que lui pour aller au collège. Il se sentait mal à l'aise, en sa présence, et s'il restait trop à ses côtés, le risque que ses souvenirs effacés ressurgissent n'était pas nul. Le pollen de l'oubli n'était pas parfait, surtout à faibles doses.
Les heures de la matinée passèrent rapidement. Kurama ne détestait pas étudier, au moins ça lui fournissait une distraction. Il aurait voulu cependant que le niveau soit plus élevé, car travailler ne le préservait pas toujours de l'ennui, surtout quand ce qu'il avait à faire était trop facile.
La cloche du déjeuner retentit, et la plupart des élèves se rendirent au réfectoire. Dans leur classe, c'était aujourd'hui Risa qui était de corvée. Quand elle servit le bol de Kurama, elle rougit un peu et le lui tendit avec des mains tremblantes. La plupart des filles agissaient un peu comme elle avec lui, mais aucune n'avait osé lui avait fait des avances directes. Cependant, depuis qu'elles avaient apprit que Maya ne s'intéressait plus à lui, certaines s'étaient montrées un peu plus audacieuses.
Aucunes de ces filles ne le connaissait, elles n'étaient attirés que par son physique. Il les trouvait ridicules. Si elles savaient combien il était laid, à l'intérieur. Il avait menti, volé, tué, trahi presque toute sa vie. La liste de ses anciens méfaits et de ses défauts était tellement longue et tellement horrible qu'elle avait de quoi faire dresser les cheveux. Alors qu'elles s'intéressent à lui uniquement pour son physique l'énervait.
Il posa son plateau dans un coin, et commença à manger, seul à sa table.
Une fille s'approcha de lui et gloussa légèrement.
"- Minamino kun, tu ne voudrais pas manger plutôt avec nous ?"
Non, se lier avec des ningen ne l'intéressait pas. La solitude lui avait toujours convenue jusqu'ici, Maya n'était qu'une erreur de parcours. Socialiser demandait des efforts qu'il n'avait pas envie de fournir.
"- Non merci, c'est gentil Fujii chan, mais je préfère rester seul."
La fille n'insista pas et retourna à sa table.
Avec Hiei pourtant il faisait des efforts. Il ne comprenait pas pourquoi. En règle générale, ces derniers temps, il avait du mal à se comprendre. Il se mettait à souhaiter des choses, comme devenir ami avec Hiei, avant de souhaiter le contraire, comme rester seul.
Parce qu'il ne voulait pas s'admettre qu'il en avait simplement assez de tout ça, de devoir mentir à tous, de jouer un rôle devant tout le monde, de devoir toujours empêcher les autres de l'approcher alors que son âme humaine en avait besoin.
Et il avait choisi Hiei car il était un démon lui aussi. Hiei était dans le ningenkai depuis peu, alors que Kurama il avait pratiquement passé quatorze ans. A côté de lui, Hiei devait se sentir encore plus perdu, complètement étranger à ce monde.
Hiei pouvait le comprendre, il était comme lui. Et avec lui, il n'avait pas à jouer à ce rôle de l'élève modèle, du fils parfait, du garçon poli et aimable qu'il devait tenir depuis déjà toutes ces années. Hiei savait exactement ce qu'il était déjà.
Alors il ferait son possible pour en faire son ami. Parce qu'il en avait besoin.
Apparemment, sa réincarnation n'avait pas réussi à museler complètement son plus grand défaut. Son égoïsme.
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Fin du permier chapitre
(1) koinobori: le jour de la fête des enfants (kodomo no hi) -plus particulièrement des garçons- on hisse des drapeaux en forme de carpe; les koinobori. Fin avril-début mai, les jours feriés se succèdent les uns à la suite des autres. On a donc créé une semaine de vacances, la golden week, qui se termine par le jour de la fête des enfants.
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Sachez que j'ai été très contente de recevoir des reviews. En plus, c'est ma première fic en plusieurs chapitres, je pourrais donc repondre à la suite à toutes les reviews que je reçoit! Yeeeeees!!
shunelodie, merci d'être ma première revieweuse! Ton petit mot m'a fait très plaisir. Je suis contente de voir que tu as aimé "Reste avec moi". C'est le one-shot qui m'a prit le plus de temps à réaliser. Il dormait dans mon petit cahier de brouillon depuis longtemps, mais je ne l'ai utilisé qu'à la fin. (J'avais déjà prévu le scénario de la présente fanfic, et j'avais écrit 4 ou 5 chapitres). J'espère que la suite te plaira tout autant. L'un des nouveaux personnages apparaît dans le deuxième (ou troisième? je me perd avec mes parties). Et merci pour ton encouragement
Polarisn7: S'il y aura des bisous? Huhuhuhuhuhuhu... Non. (je sens que je vais perdre tous mes lecteurs potentiels). Chacun voit l'autre d'une manière totalement différente (d'où le titre) et, associé à leur caractère et leur personnalité, cela les empêche d'essayer "d'avancer". Ca aurait pu très mal finir pour eux, d'ailleurs.
