Chapitre 02: Battle for da' Box !
Alors que je suis le Capitaine FURAYNIR vers le hangar, je tentais de rassembler dans mon esprit tout ce qui pourrait utile de se souvenir: Déjà, moi. Chef de projet Top-Secret ? C'est vrai que je commence à avoir de l'expérience et que j'ai largement prouvé que je ne suis pas un traitre, mais tout de même… à moins que cela soit pour me tester… Et puis cette arme. Je n'y connais pas grand-chose en armement Cornerus. En revanche, Dakëi venait de me confier que si nos tentatives ne s'était soldée que par des échecs, ce n'est pas parce que ces armes n'était plus en état de marche, mais parce qu'elles étaient inutilisables … Une mission «Dead end»alors ? Non, pour peu que je me souvienne, le Capitaine m'apprécie un peu. Il n'aurait surement pas accepté de laisser faire ça ! Et puis… Mais qu'est-ce que je remue dans ma tête moi? Et, qu'est-ce que… «Attention, Lieutenant!»Je n'avais même pas eu le temps de quitter mes pensées que déjà le technicien de pont qui transportait du matériel sur son ACGT en face de moi n'était plus qu'à quelques mètres. Il allait me percuter, c'était certain ! Quasi-instantanément, mon bras droit se mut pour me dégager en limitant l'accident à un simple choc sur ce dernier. Déséquilibré, je tombai sur l'autre flan.
Le technicien s'arrêta pour voir si j'allais bien. Apparemment, rien de cassé, j'étais juste un peu sonné.«- Vous êtes un sacré veinard, Lt. En général, on s'en tire à moins bon compte d'un choc pareil…- Oui enfin «veinard»… Façon de parler!- Vous devriez faire plus attention en vous déplaçant dans un hangar.- J'y veillerai, désolé.- Bah, l'heure sans doute… Y'a pas de mal, Lt.» Et il s'éloigna sur son transporteur. Après lui, ce fut au tour de FURAYNIR de venir prendre de mes nouvelles.«- Ca va Max ?- Oui, juste un peu secoué.- Et ton bras droit ?- Oh, ça…» Je le tâte pour être sûr. «Oui, c'est bon Mon Capitaine.» Encore une dizaine de mètres et nous arrivâmes enfin au vaisseau de transport. Il s'agissait en fait d'une vieille carcasse de chasseur léger auquel un module de cargo avait été fort peu élégamment greffé. J'espère que le pilote n'aura pas à faire de cabrioles parce que ce cageau à moteurs n'a pas la réputation d'être confortable…
«- Votre carrosse est avancé, Lieutenant. Un bel LHC-2, affrété rien que pour vous!- Dur dur les restrictions budgétaires ces dernières années. C'est trop d'honneur pour moi.» dis-je en commençant à imaginer à quel point le voyage allait être désagréable. «Suis-je vraiment obligé d'y aller… Là dedans?- Les ordres Max, les ordres.» Soudain, le pilote du transport sauta de son cockpit pour venir saluer le Capitaine, puis se tourna vers moi.«- Alors, on a oublié son joujou sous le sapin?- Ouais, et les vieux papa Neïels du HC de Corneria envoient leur petit lutin préféré pour aller le chercher!» lui répondis-je en rigolant.En se retournant pour regagner son cockpit, il me fouetta carrément les jambes avec sa queue de lévrier. Encore quelque chose que je ne comprendrai jamais: Pourquoi est-ce que je n'en ai jamais eu une, moi ? Ok, une queue d'ours, c'est à la base plus petit, mais bon. Il faut quand même une sacré distance génétique ou un truc du genre pour qu'un tel caractère puisse disparaître! Mes parents m'ont toujours dit que c'était dans la famille et que cela arrivait de temps en temps. Enfin bref, le Capitaine FURAYNIR me fait signe d'y aller, de la main car avec le bruit des moteurs en cycle d'allumage, on entendait plus grand-chose aux alentours. J'entrai donc dans le cargo où j'eus l'agréable surprise de trouver un canapé fixé à la paroi et de quoi me connecter au Lylanet. Le P-Com mural était loin d'être de récente facture, mais bon, on fait avec ce qu'on a pour passer le temps… Avant que le sas ne se referme, une silhouette massive monta et vint se placer sur une espèce de banc près de moi.
«- Lieutenant LEISEREÏEV, je suis le Caporal EKYGA, chargé de votre sécurité durant ce voyage.- Est-ce vraiment nécessaire ?» Demandais-je surpris à l'espèce de pitbull.«- Les ordres, Mon Lieutenant. Et puis on ne sait jamais.- Hum… Bon.» Ils commençaient à me taper sur le système, tous avec leurs ordres aujourd'hui. Se seraient-ils passé le mot ? Un haut-parleur dans un angle se mit à grésiller.«- Messieurs, préparez vous au décollage.- Merci, euh…- LENS, Lt., Sergent LENS.
Le sol se mis à trembler avant de se stabiliser sous l'effet des compensateurs inertiels du cargo. A partir du moment où ce dernier dépasserait le sas de sortie de la station, il me serait difficile de percevoir sa trajectoire, si bien que je me sentais assez désorienté, comme coupé du temps. Pour mieux l'oublier et aussi pour me soustraire au silence pesant que mon «garde» ne se retenait pas d'imposer, je sortis d'une poche de ma blouse un micro-projecteur holographique, le branchai au port mural de liaison de l'ordinateur et pris mon stylet virtuel dans ma main. Voyons voir si le CPU de ce cargo contient de quoi s'occuper. Alors que je naviguais dans le gestionnaire de fichiers en agitant mon pointeur sur l'immatériel écran devant moi, je pus enfin trouver un jeu de Picross. Il était d'un niveau respectable et j'avais de plus en plus de mal à noircir les bonnes cases dans les grilles d'énigmes. Cela dura un certain temps jusqu'à ce que la voix du pilote nous indique que nous allions entrer dans l'atmosphère de Katina. Les compensateurs inertiels peinaient à suivre et nous étions de plus en plus ballotés de temps en temps au gré des perturbations aériennes. Enfin, nous pûmes sentir le cargo ralentir, stabiliser sa course et finalement toucher le sol.
«- Katina, Katina, deux minutes d'arrêt ! Nous vous remercions d'avoir choisi Positron Airlines.»
Le sas s'ouvrit pour laisser entrer une éclatante lumière, douloureusement accentuée par son reflet dans le lourd panneau pivotant de métal poli. Je débranchai mon projecteur et sorti en me cachant les yeux du revers de ma main. Petit à petit, ma vue s'habitua à l'ambiance ensoleillée du petit matin de printemps katinien. En regardant autours de moi, je pus apercevoir une gigantesque tour de communication argentée. Alors c'était donc ici, à l'Académie Militaire 3 d'Irkuden, au nord de la capitale qu'allait se passer l'échange. Je me souvenais bien de cet endroit, pour y avoir fait une partie de mes études au département de recherche scientifique. En baissant les yeux, je pus distinguer les silhouettes de quelques personnes, floutées par la chaleur du tarmac. Alors qu'elles s'approchaient, je reconnu peu à peu un écureuil en uniforme de la Flotte Katinienne, et deux civils apparemment, des canidés, dont un avec une blouse blanche. L'officier s'arrêta devant moi et me tendit la main.
«- Lieutenant LEISEREÏEV je suppose?- Lui-même.- Je suis le Commandant STEMP. J'ai été chargé de vous remettre le conteneur.» Il me sourit et ajouta«Il n'est arrivé qu'il y a quelques heures. Faites attention, c'est encore chaud!». Alors que je lui retournais son sourire, il se retourna en m'invitant à le suivre. Nous eûmes à traverser l'aire d'atterrissage, puis une bonne demi-douzaine de contrôles de sécurité, répartis sur la vingtaine de minute que dura notre marche. Enfin, STEMP fit glisser son pass dans un lecteur de carte pour nous faire entrer dans le module de stockage où m'attendait mon précieux colis. La caisse était plus petite que l'hologramme que FURAYNIR m'avait montré, mais aussi plus fine et longue. Il n'y avait aucune poignée apparente dessus. Ca allait être drôle à transporter ça… Mais au moment où je posai ma main dessus, l'une des rainures longitudinales scellant la boîte su mut et forma une poignée qui paraissait faite pour ma main tant elle était agréable à serrer.
«- Comment avez-vous fait ça ? On l'a trimballé dans tous les sens sans que ça réagisse !- J'en sais rien moi, je l'ai juste effleuré !»
Mais il avait raison, c'était fort étrange que la mallette ait réagit, comme ça, sans rien faire de plus que la toucher…Avant de sortir, il fallut remplir tout un tas de paperasses administratives pour confirmer l'échange. Alors que je regagnais mon transport, je vis son pilote en pleine discussion avec un autre, plus petit et avec une tête de chien grise.
«- Ah, le chef des anges gardiens !- Capitaine GREY, à votre service.- Je veux ouais, Bill.»
Bill GREY était une vieille connaissance. Nous avions été à la même école élémentaire, avec quelques classes d'écart tout de même, ce qui ne nous avait pas empêché d'être de bons amis. Bill fut l'une des rares personnes à me croire sur parole quand j'avais nié ma connivence avec Andross lorsqu'il retourna sa nano-bombe contre Corneria City.
«- Alors… Capitaine, qu'est-ce que tu deviens ?- Le parcours de routine, d'abord affecté à une patrouille de sécurité, puis chef d'escouade et enfin commandant de tout le groupe.- Ta «meute» va bien ?- Depuis que le front principal de combat est revenu sur Aquas, c'est relativement calme ici alors ils se reposent. Mais ces deux derniers mois, ça a été un vrai calvaire. Surtout pour les groupes de sécurité comme le mien, on n'a pas arrêté d'aller au feu.- Pas trop de pertes dans tes rangs?- Pas autant que prévu. On avait l'impression de racler les fonds de tiroirs bizarrement. Des tas et des tas de drones d'assaut, mais sans plan précis, sans objectifs, comme jetés là pour le vide-grenier!- Etrange en effet…- Bah, chacun son job. Et toi, ça va comme tu veux?- La balistique, même hybride n'a pas grand avenir chez les corneriens. Ils n'ont que ces armes à rayonnement dans la tête. Comme si ce prototype complètement foireux de canon laser à transition de phases qui leur a pété à la gueule ne suffisait pas!- Tu pestes dessus parce que ce n'est pas ton rayon (Je ne rigolais que quelques secondes après lui, le temps de relever le jeu de mots), mais je peux t'assurer que nos canon à neutrons nous ont déjà sauvé la vie, et pas qu'une fois.- Mouais, les canons à particules, c'est différent.- Ca fait du bien de te revoir après tout ce temps, Max!- Faudrait qu'on se voie plus souvent, Bill.- Le temps nous manque malheureusement.- M'en parle pas, encore maintenant, j'ai été affecté à un projet casse-pipe!- C'est pour ça que tu es venu ici?- Je devrais te tuer si je te mettais au courant. Tu vois le gros Omega noir tamponné sur mon front, bah c'est parce qu'il n'existe pas d'autres lettres après.
Après avoir discuté pendant quelques minutes, le Caporal EKYGA nous interrompit en invoquant le fait qu'il ne fallait pas perdre de temps. J'imaginais surtout qu'il devait être pressé de sortir de son équipement de soldat, ce qui était parfaitement compréhensible par cette chaleur. Nous nous séparâmes donc, chacun allant vers son vaisseau. Il eut juste le temps de me murmurer un «Canal 13-1» avant que sa voix ne soit totalement couverte par le bruit des moteurs de mon transport. A peine eu-je embarqué que j'allumai le mural en branchant sa sortie vidéo sur l'écran amovible au lieu de mon mini holo-projecteur. L'interface de communication instantanée ne détecta aucun canal activé dans les environs, peut-être avais-je mal entendu ce que Bill m'avait dit. En laissant le programme en tâche de fond, je retournai à mes grilles de Picross pendant quelques minutes. L'une d'elle me résistait férocement, il me parut donc nécessaire de faire une pause. L'icône du logiciel de messagerie se mit alors à biper. En l'ouvrant, je pu découvrir qu'un canal privé avait été ouvert, «Canal». Il fallait un mot de passe pour se connecter. «Canal 13-1», hein? Je tapai donc «13-1» comme mot de passe mais je fus arrêté par un message d'erreur: Mot de passe incorrect! Après plusieurs essais en variant les orthographes, il me fallut réfléchir à un autre moyen de se connecter. «13-1». Par défaut je me mis à compter les lettres de l'alphabet pour arriver à la treizième: «M». Et pour 1, «A». Mais aucune combinaison de «M» ni de «A» ne fonctionna. Pourtant, «M, A», ça sonnait bien, comme les deux premières lettres de «Max». Quoique «M, L» aurait été un meilleur choix, pour «Max LEISEREÏEV». Puis cela me sauta aux yeux! 13 pour «M», «13 – 1 pour L». Je tapai donc «ML» et la fenêtre de communication s'afficha. Mon interlocuteur, «2-21» m'accueillit alors:«- Si tu savais ce que je me marre à observer les messages d'erreur de tes connexions depuis dix minutes!- Très drôle! Pourquoi tout ce bordel?- J'ai des trucs à te dire. La même lettre que celle tamponnée sur ton front.- Quoi donc?- Ton projet là, il suscite l'intérêt.- Tu sais de quoi il s'agit?- Mon escadre a participé à la récupération de ton colis. Et vu d'où ils l'ont tiré, j'ai ma petite idée. Enfin bref… Tu n'as pas que «l'œil bienveillant» de tes supérieurs derrière ton épaule. J'ai des contacts chez les Spec Ops et ils sont assez inquiets. Je sais que ça ne va pas te plaire, mais évite de faire confiance à qui que ce soit qui ne soit pas estampillé «Spec Ops», vu?- Tu n'en fais pas parti à ma connaissance, si?- Tu serais surpris mon grand…- A quoi dois-je m'attendre?- «V».- Carrément?- Je ne suis sur de rien, fais juste attention à toi!- Tant que t'y es, t'as pas des infos sur un certain HANNINGAN, des Spec Ops?- Pour qui tu me prends, je ne suis pas indic non plus!- Alors qu'est ce qu'il te prend de me foutre la trouille comme ça?- Attends!»
La voix du Sgt. LENS embraya sur les messages de Bill. «- Contacts Radars en approche. Vu leur vecteur d'approche, y'a pas besoin d'attendre le scan IFF pour savoir qu'il va biper rouge!- On est attaqué?- Bravo Einstein! Je contact le Positron pour obtenir des instructions. On est encore à un quart d'heure de l'atterrissage et eux à moins de trois minutes de l'interception!» Il coupa la transmission pour appeler l'officier de liaison de la station. Quant à moi, j'éteins l'écran pour rebrancher mon holo-projecteur puis je me mis à chercher dans le gestionnaire de fichiers de quoi suivre l'évolution de ce qui se présentait comme une bataille et en faire profiter le Caporal EKYGA. Ce dernier était d'ailleurs bien nerveux sur son siège. Il serrait dans ses mains son fusil d'assaut. Je me demandais si il était bien conscient que ce dernier lui serait bien inutile dans un combat spatial, mais bon, à chacun son truc pour se rassurer… Ah enfin, un radar en 3D et quelques autres instruments de bord se matérialisèrent devant moi. Une dizaine de points rouges s'approchaient à grande vitesse du centre de la sphère représentant les environs du cargo. Comme l'avais estimé LENS, ils arriveraient sur nous bien avant que puissions atteindre le carré bleu souligné de la mention «ES3-Positron»! Mais nous n'étions pas seuls, la douzaine de signaux verts de l'Escadron Husky se mouvaient eux aussi pour former une protection. Une partie d'entre eux brisa la formation pour aller engager l'ennemi. Parmi eux, un point un peu plus épais, celui de Bill surement. Ce n'est pas le moment de faire l'idiot pour mes beaux yeux, toi! A mesure que les points rouges disparaissaient au contact des verts, la tension sembla descendre. L'équipe d'interception fit disparaitre le dernier signal hostile alors que ce dernier se trouvait encore à une distance respectable de 4.2 de notre position. Dans l'intercom, le Lieutenant LENS nous rassura en nous annonçant que notre garde rapproché avait réduit la menace au silence. Mais tout d'un coup, j'entendis un choc sur la carlingue. Pas l'impact d'un tir, plutôt une collision. EKYGA se leva en épaulant son fusil. «- LENS, vous avez heurté quelque chose?- Rien qui soit au radar, ni épave, ni astéroïde…- Qu'est-ce que cela pourrait être alors?- Aucune idée!»Soudain, un bruit strident nous cassa les oreilles. D'intenses vibrations se faisaient aussi ressentir. «- Je connais ce bruit, c'est un rayon de découpage à ultrasons!- Quoi? Quelque chose essaye de découper la coque?- Si je ne l'ai pas au radar, attendez vous plutôt à quelqu'un…» Un point rougeoyant commençait à apparaitre sur le plafond du cargo. Cette fois-ci, EKYGA ne bougeait plus. Il fixait le point de métal en fusion avec son arme, prêt à en découdre avec notre assaillant. Je me demandais s'il savait qu'en cas de brèche dans la coque, on serait aspiré si vite à l'extérieur qu'il n'aurait surement pas le temps de tirer une seule munition! Je me précipitais vers l'Intercom mural en hurlant: «- LENS, dites à un chasseur de tirer sur ce truc.- Vous êtes fou LEISEREÏEV? Si le tir perce la coque, vous serrez aspirés!- Ce qui n'est pas certain, alors que si l'on ne fait rien, on sera effectivement aspiré dehors, et ça, c'est sur! Passez-moi le Capitaine GREY.- Qu'y'a-t-il Max?- Bill, un drone ou quelqu'un est en train de découper la coque de notre cargo pour venir récupérer le colis. Explose moi ça!- Je… Je vais essayer.- J'ai confiance en toi, tu peux le faire.» EKYGA ne semblait pas de cet avis et il essaya de m'arrêter en se précipitant sur moi. J'eu juste le temps de redire à Bill que je voulais qu'il essaye tant qu'il était encore temps.«- Qu'est-ce qu'il vous prend? Il va nous tuer s'il tire sur ce vaisseau!- Lâchez-moi et retournez surveiller la brèche. Colmatez au fur et à mesure en collant ce que vous pouvez.- Je ne peux pas vous laisser faire ça?- Quoi encore, «les ordres» hein? Votre mission si je ne m'abuse est de me protéger alors faites votre boulot!- Mais… Je… J'ai des…- Z'êtes sourd en plus? Bougez-vous!» Cet accès d'autorité m'impressionna moi-même, mais force était de constater que cela fut suffisant pour retourner EKYGA dans mon sens. Il regarda autours de lui, décrocha un panneau de métal d'une armoire et le plaqua contre la zone brillante du plafond. Il suffit de quelques instants pour qu'elle tienne toute seule, littéralement soudée. Entre temps, Bill avait repris contact avec nous et s'évertuait à nous rassurer, nous disant qu'il essayait d'aligner l'intrus. Mais les perturbations spatiales dues à une récente éruption solaire ne lui facilitaient pas la tâche. «- J'y suis presque, tenez bon!- Bill, tu vois ce que c'est?- Pas bien, on dirait que sa forme se tord. Peut-être un camouflage optique. » Soudain, un tir de canon à neutron heurta la coque. Cette dernière se déforma sous l'impact, mais elle tint bon. En revanche, le tonitruant bruit de la découpeuse cessa instantanément. Après un instant de silence, EKYGA et moi-même nous regardâmes avant de se permettre un soupir de soulagement.«- Bill?- Ouais Max?- Rappelle-moi de ne plus jamais te défier à Star Shooter DX!»S'en suivit un éclat de rire général entre lui et moi, rejoint par LENS dans l'Intercom. EKYGA, encore haletant ne pouvait rien sortir de plus qu'un hoquet nerveux. Quelques minutes plus tard, le convoi atteint enfin l'enceinte du Positron. Je sentis les compensateurs inertiels s'emballer à nouveau avant d'atterrir. La porte bascula et je me précipitai dehors. EKYGA en me suivant retira son casque, ses yeux de dogue exorbités. Il haletait, il me faisait presque pitié. Mais en essayant de résumer la situation, l'idée que j'aurais pu finir gelé dans l'espace me glaça finalement le sang. Après un deuxième regard, je m'écartais pour m'assoir sur une caisse trainant là. LENS passa près de moi et me tapota l'épaule «Bon self-control, Lt.!» Je lui répondis par un sourire. Enfin, ce fut FURAYNIR qui s'approcha de moi.«- Et moi qui pensais que douze chasseurs seraient suffisants pour protéger un cargo léger…- Ils auraient pu être douze cents que cela n'aurait rien changé. La «chose» qui nous a agressés a du être largué là sur un vecteur d'approche probable avec un micro-propulseur dans le dos. L'attaque avec les drones lui a permis de ne pas se faire repérer par notre garde rapprochée et il a pu s'amarrer à notre coque. Je ne vois que ça de plausible.»Il parut fatigué quand il passa sa main sur son visage de panda. Son museau mit un certain temps à reprendre sa forme initial trahissant ainsi son état de tension et d'inquiétude. Je me complu à penser qu'il s'était inquiété pour moi lorsqu'on lui avait annoncé l'attaque, mais en baissant mes yeux sur mon précieux conteneur à mes pieds, je revins à la raison en estimant que l'échec aussi rapide d'un projet de cette importance serait bien pire que la perte d'un simple ingénieur.«- Vous êtes rentrés sains et saufs, c'est l'essentiel.- Merci, Mon Capitaine.- Et alors, que pensez-vous de ce colis, Lieutenant?- Plus agréable à soulever qu'à chercher.- Et concrètement?- Je n'en sais trop rien, je n'ai pas vraiment eu le temps de l'examiner depuis que je l'ai.- Je ne me souvenais pas qu'elle ait une poignée.- Ah oui, elle est apparue quand je l'ai touché, je ne sais pas trop comment.» Son regard sembla s'intensifier sur la mallette. «- As-tu essayé de l'ouvrir, Max?- Euh… Non. J'imagine que j'essayerai dans mon labo à Corneria.- Je dois avouer que je suis assez curieux.» J'étais heureux d'entendre ça. Pour la première fois de la journée, quelque chose n'étant pas ordonné par un plan de mission avait été demandé. Et pour être franc, son envie de découvrir son contenu se transposa en moi. Je posai ma main sur la tranche et la parcouru pour tenter d'atteindre un hypothétique dispositif d'ouverture. A ma grande surprise, je n'en trouvai aucun. En examinant ses flancs, j'eus la désagréable surprise de ne rien trouver non plus.«- Hum hum… Ca risque d'être plus ardu que prévu de l'ouvrir. Je la passerai au scanner dans la journée, on trouvera peut-être un moyen de l'ouvrir comme ça.- J'ai déjà eu du matériel Cornerus dans les mains, alors laisse-moi juste te dire quelque chose: Si cette mallette ne veut pas s'ouvrir, ne la force pas trop ou tu perdras ce que tu voulais y trouver!- Un système d'autodestruction?- Quelque chose du genre, oui.- Au fait, quand est-ce que mon départ pour Corneria est prévu?- Le Positron est en train de quitter l'orbite de Katina en ce moment même.- Alors nous nous sommes vraiment déplacés ici rien que pour ça?- Effectivement, et nous retrouveront le halo bleuté de notre bonne vieille planète dans la soirée. Soyez prêt à partir demain dans la journée.- A vos ordres, mon Capitaine!»Mon accès de curiosité était un peu retombé. Je retournai donc dans mes quartiers sans me presser, ma mallette au poing pour prendre un peu de repos. Par la «vitre», je contemplais ma planète natale s'éloigner de la station. Je sentis un petit pincement au cœur de n'y être retourné que si peu de temps. J'aurai bien passé quelques heures à retrouver la maison de mon enfance, pour peut-être y retrouver mes parents. Mais après tout, étant officiellement mort, cela n'aurait surement pas été très judicieux. Enfin bref, je m'allongeai sur mon lit sans même me déshabiller et quelques minutes plus tard, j'étais de nouveau sous un ciel rougeoyant encerclé par le balai de ces fibres bleues violacées qui hantent mes rêves depuis maintenant près d'une semaine…
Chapitre 02: Battle for da' Box FINEn cours, Pathes to Legacy, Chapitre 03: «First Steps to a Legacy»
