Saison 1 : Monde Virtuel

Premier épisode : l'IBM Power de la Nasa

Bonjour à tous, mon nom est Frédéric Meuringue. NON ! Là je vous arrête tout de suite : ne me demandez pas pourquoi j'ai un nom de famille aussi ridicule. Je ne l'ai pas choisi et je ne sais même pas d'où il vient...Je n'ai même pas cherché à savoir. Vous savez, moi, la généalogie, ça me tape vite sur le système.
Bon...Qui je suis ? Bah...Un simple lycéen. Un lycéen en seconde on ne peut plus banal. Qui se balade dans son lycée. Avec...heu...ses copains...Et qui se fout des cours...et qui...heu...Joue au foot...qui envois des SMS...
OUI, c'est bon, ça va ! Je ne suis pas un lycéen classique. Ça se voit tant que ça ? Mais c'est que vous êtes casse-pieds !
Bon alors...Pour commencer : je n'ai pas tellement d'amis, je ne suis pas la mode, je ne me sers pas de mon portable, je ne passe pas tout mon temps a chatter sur le net...Je suis souvent seul, dans mon jean, mon pull et mes lunettes...Ah ! Un binoclard que vous dites ! Non. Pas exactement...

Si on part dans les stéréotypes, je suis ce qu'on appelle un Geek. Vous savez ? Ces gens qui adorent les sciences et la technologie, en particulier l'informatique...Oui, je ne suis pas un grand intello. Pour le Français et l'histoire, vous repasserez. Mais en ce qui concerne la physique, les mathématiques, la géométrie ou l'algorithmique, vous avez affaire à un pro passionné ! Et si vous avez un ordi abîmé, quelque sois le degré de la panne, vous pourrez être sûr que je le réparerai.
Enfin...pour ça, il faudrait que les gens pensent à moi quand leur ordi bug...Bah ! Il y a bien Jessie qui me demande...Et lui, Il se sert d'un ordi comme d'une essoreuse à salade. Autant dire que j'ai souvent à le réparer.
Jessie Roberts, c'est le type le plus pas aidé du lycée : un gars au cerveau peu développé qui reste pourtant jovial malgré la célébrité des proportions que peut parfois atteindre sa bêtise. Assez étrange comme gars au premier abord : coiffure noire avec une mèche blanche, jean bleu vif et noir, veste de survêtement, T-shirt blanc. Au look on le penserait sorti d'une boîte de nuit après avoir fait du sport. Bizarre. Mais la bizarrerie est encore plus accentuée par son visage puéril aux yeux bleus. Ajoutons à ça le sourire niais qui tient sur sa figure en permanence. Il a toujours l'air de débarquer d'une autre planète. Au fait, je vous avais dit que c'était mon meilleur ami ?
Et bien oui. Jessie a beau ne pas être doté du QI d'Einstein, il reste tout de même sympa et c'est bien le seul gars au monde sur qui je puisse compter quand ça va mal. Je me moque parfois de lui intérieurement, mais c'est un type bien. Un type bien qui à des défauts, comme tout le monde.

Bon ! Je suppose que vous êtes là pour l'histoire du replika ? Bon, et ben on va commencer alors...

Bon, ben déjà le début...Disons que ça a démarré un jour comme les autres, comme toute histoire bien clichée : le réveil a sonné à 6 heures 50 dans ma petite chambre blanche et sans histoires, c'est une petite pièce rectangulaire ou tiennent un lit dans le fond avec une petite table de nuit à sa gauche, contre le mur, un bureau et sa chaise sur la droite, et une armoire à deux battants, dont un avec un grand miroir placée non loin du lit, sur le mur de gauche. La porte se trouve à droite du bureau. Sur le dernière mur innoccupé trône une fenêtre à quatre carreaux inondant la pièce de lumière. Je suis sorti du lit pour m'habiller, sous-vêtements, jean, pull...Tiens, on va prendre le vert aujourd'hui. Ma veste et mes lunettes attendent sur la table de nuit, je les prends. En passant je croise le miroir de mon armoire. J'y vois un jeune homme de petite taille, avec un jean on ne peut plus classique, un pull un peu râpé par endroits, un visage clair aux yeux gris argent à demi-dissimulé par des lunettes rondes à monture argentée, sans cadre sur les verres. Avec au dessus des cheveux blonds en désordre. Notamment une mèche qui remonte vers le haut malgré tous mes efforts pour l'aplatir. Bon, je ne suis pas Johnny Depp, mais je m'aime bien comme ça. Allez, on y va. Je lâche le miroir des yeux et file descendre au salon. Je prends un bol de céréales, des tartines, tout ça quoi. Puis je remonte checker mon bon vieux PowerMac G5 avant de partir au lycée. Le PowerMac G5 ? C'est une grande unité centrale d'aluminium qui a bien fière allure sur le petit bureau de ma petite chambre. Processeur IBM PowerPC G5 Dual Core à 2 GHz, 8 Go de RAM DDR 2, 512 Mo de VRAM, dual Gigabit Ethernet. Un bon vieux Macintosh de gaming comme on en fait plus. Le monstre est relié à un clavier noir et à un écran plat de la même couleur.

Je disais donc que je checke les nouvelles sur la machine. Oh...rien de bien excitant...Un mail de Jessie qui voulait se faire une bataille de Galactic Battle envoyé à 23 heures 42, un mail du prof de math pour nous transmettre la correction du dernier devoir maison et un autre parce qu'il avait oublié la pièce jointe. J'ai ensuite consulté le Forum d'informatique où j'écris de temps en temps : le nouveau supercalculateur de la NASA est opérationnel. Basé sur combo de processeurs Power d'IBM, il possède une puissance suffisante pour gérer un terrain lunaire modélisé en 3D et possède une mémoire tellement grande qu'elle pourrait contenir tous les caractères génétiques de plusieurs êtres humains...Intéressant. Mais la montre indique 7 heures 30. Il est temps d'y aller.

La voiture de ma mère s'arrête. Nous sommes à la périphérie du Mans, préfecture de ce morceau de campagne française qu'est le département de la Sarthe, ville assez bourgeoise et sans histoire. En tout cas, je vous souhaite la bienvenue au Lycée Jules Ferry. Petit lycée pour une grande ville, presque aussi petit qu'un collège. Plutôt agréable. Mais Jules Ferry, quel nom original...Enfin...l'honneur est sauf, c'est pas moi qui l'ai choisi, mais bon. Je descends et je me dirige vers la grande porte. J'entre dans la vaste cour. Il est 7 heures 57.

Le premier cours est sur le point de commencer. Histoire, c'est parti. Je monte l'escalier en évitant les bouchons et je passe le couloir en mode slalom. J'arrive devant la salle d'histoire : trois élèves attendent. Parmis eux, ce bon vieux teubé de Jessie...
-Salut vieux ! Comment ça va ? Pourquoi tu n'es pas venu jouer à Galactic Battle hier soir ?
-Ben mon pote...Tu sais, sur 24 heures par jour, il y a des heures où je dors. Et là pas de bol, tu m'as demandé durant ces heures là...C'est bête, non ?
-Oui, très, je ferai mieux la prochaine fois !
Un des principaux problèmes de Jessie, c'est qu'on peut se demander s'il fait de l'humour ou s'il est vraiment stupide. Mais bon, il est drôle dans tous les cas !
-Et sinon, que j'ai répondu, pas trop fatigué ?
-Moi ? Non. En pleine forme ! Par contre en me levant ce matin je me suis rendu compte que j'avais des traînées noires sous les yeux. Je me demande ce que j'ai chopé. J'espère que c'est pas grave.
Un peu exaspéré, je réponds :
-C'est des cernes, idiot.
-Ah. Et c'est grave ?
Il y a un gros blanc. Puis je fais "non" en soupirant. Le prof a ouvert la porte et on est entré dans la classe, les autres nous avaient rejoint au fur et à mesure.

J'entre dans la classe. je me place au premier rang sur la droite près de la fenêtre comme à mon habitude. Jessie s'installe à côté de moi comme à son habitude. Les autres élèves prennent place dans la salle comme à leur habitude. Le prof s'assoit à son bureau comme à son habitude, Histoire, c'est parti.

C'est Monsieur Datuux qui est au commandes. un jeune prof dynamique passionné mais plutôt ordinaire :
-Aux XIXème siècle, le monde connaît la révolution industrielle, elle commence d'abord en Angleterre et se développe par la suite en Europe et en Amérique du Nord...
Je reçois un coup de coude, je me tourne vers Jessie.
-Quoi ?
-Au fait, je suis passé sur le Forum, tu sais celui que tu m'as montré il y a deux semaines, t'a vu le nouvel ordi de la Nasa ? C'est puissant ?
-Assez, il modélise une carte lunaire en 3D et peut stocker tout le code génétique d'un être vivant, t'a pas lu l'article ?
-Seulement le début. Je me suis arrêté au truc de Power machin...C'est pas ce que t'a sur ton ordi d'ailleurs ? Tu pourrais nous faire un ordi comme ça ?
-Pas exactement, le Power d'IBM, c'est un processeur pour supercalculateur. Moi j'ai un PowerPC G5, la version grand public du Power 4. Et même s'il était aussi puissant qu'un Power, je n'en ai qu'un. Celui de la Nasa en a 6.
-Mais en théorie tu pourrais en faire un ou pas ?
-Qu'est-ce que tu veux que je fasse d'un Superordinateur qui fait des cartes lunaires ?
-Meuringue ! Vous suivez ?
-Excusez- moi monsieur, c'était la révolution industrielle en Europe, c'est ça ?
Le prof s'est contenté de soupirer...

To be Continued...
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