Merci beaucoup à tous pour vos reviews, follow et mise en alerte, j'espère que ce deuxième chapitre vous plaira !

Je ne sais plus si je l'ai précisé mais cette fic est quand même assez humoristique, je ne voulais pas quelque chose de trop sombre ou grave, voilà :)

Normalement le chapitre a été relu mais il est possible qu'il reste des coquilles.

Bonne lecture !


Chapitre 02 - Février

Le mois de février arriva rapidement et troqua le froid polaire contre un froid humide. La pluie s'était mise à tomber frénétiquement pendant des jours, trempant les deux chasseurs jusqu'aux os à chaque fois qu'ils avaient le malheur de mettre un pied dehors. A savoir tout le temps.

Sam Winchester était présentement dehors et se battait avec son parapluie qui refusait de s'ouvrir, lorsqu'une bourrasque de vent amena la pluie sur lui et le trempa de la tête aux pieds.

Formidable, vraiment formidable.

Il était parti faire quelques recherches à la bibliothèque mais le mauvais temps l'avait surpris sur le chemin du retour. Dean et lui cherchaient des informations depuis quelques jours sur l'ancienne prison de la ville apparemment hantée. Les archives de la ville étaient assez pauvres en documentation mais fort heureusement l'ancienne prison en occupait une bonne partie. Sam avait donc passé son après-midi le nez dans les vieux documents poussiéreux qui ne lui avaient strictement rien appris. Les prisonniers morts ou exécutés étaient enterrés dans le cimetière du bâtiment, une petite cérémonie était dite et l'affaire était pliée en quelques minutes. Théoriquement un simple esprit vengeur était tout à fait probable mais quand un groupe de petits malins étaient parti se faire peur dans la prison et avaient été retrouvé pendu, les deux seuls témoins encore vivants parlaient de cinq fantômes différents et, évidemment, aucuns ne figuraient dans les registres.

Sam avait donc tué son après-midi là-dedans pour finir par lire un livre idiot : « Dix méthodes pour se débarrasser efficacement d'un fantôme ». Sam avait honte mais il l'avait quand même emprunté.

Étrangement, Gabriel ne s'était pas remontré depuis qu'il était venu dans sa chambre déguisé en la Alice de Alice au Pays des Merveilles. Malgré tout, il n'avait pas oublié que pour les anges le temps était une notion tout à fait relative et qu'un mois pouvait bien signifier un jour ou même une heure pour lui. Depuis qu'il avait fait cet étrange pari avec l'archange, Sam ne pouvait s'empêcher d'observer son frère et Castiel à la dérobée à chaque fois qu'il le pouvait. Clairement, Gabriel n'était pas près de gagner et il était près à parier que l'archange ferait ce qu'il pouvait pour accélérer les choses.

« Gabriel, si tu m'entends, apporte-moi un parapluie » marmonna t-il en s'énervant sur le sien. Quitte à avoir un archange sur le dos, autant qu'il serve.

– Tu m'as pris pour ton majordome, rétorqua un Gabriel fort agacé derrière lui.

Sam sursauta et laissa tomber son parapluie et « Dix méthodes pour se débarrasser efficacement d'un fantôme » par terre, dans une flaque d'eau. Il ne pensait pas que Gabriel répondrait, ni même qu'il se déplacerait.

– Je disais ça comme ça, râla Sam, je ne pensais pas que tu m'entendais.

– J'entends à chaque fois qu'on m'appelle et crois-moi il y a un paquet d'humains qui me prient, répondit Gabriel en grignotant des bonbons d'une étrange couleur bleus. C'est quoi ça ? ajouta t-il en désignant le livre tâché par la pluie.

– Je ne te priais pas, rétorqua Sam en ramassant son livre. Je voulais juste un parapluie qui fonctionne.

– Et bien je suis là, clama l'archange en écartant les bras. « Dix méthodes pour se débarrasser efficacement d'un fantôme », sérieusement Sammy ?

– C'est juste pour lire, se défendit Sam, et c'est Sam !

– Depuis quand tu as besoin de ce genre de livre ? se moqua Gabriel en le feuilletant.

– Tu réponds à chaque fois qu'on t'appelle ? questionna Sam pour changer de sujet.

– Certainement pas, je passerais mon temps à faire le larbin pour les humains sinon, répliqua l'archange avec un sourire en coin.

– Un peu d'altruisme ne te ferait pas de mal, marmonna Sam.

– Mais je suis très altruiste, regarde je suis là !

Sam doutait que Gabriel connaisse la définition exacte de ce mot mais il ne répondit rien. L'archange le fixa quelques secondes avant de claquer des doigts et de faire apparaître un immense parapluie avec lequel il abrita Sam.

– Tu es beaucoup trop grand tu sais, ça frôle l'indécence !

– Et tu t'y connais en indécence n'est-ce pas ? plaisanta Sam qui tenta d'essuyer les pages détrempées de son livre.

A tous les coups, il allait devoir en repayer un à la bibliothèque.

– Si tu fais référence à Casa Erotica, saches que des places sont toujours à prendre niveau tournage...

– STOP ! coupa Sam. Je ne me suis toujours pas remis de ton DVD tu sais.

– Tu ne me feras pas croire que tu es une oie blanche mon cher Sammy, rétorqua Gabriel.

La pluie continua de tomber avec force et conviction, Sam se mit à trembler violemment de froid. L'eau glacée s'était insinuée dans ses vêtements et il se sentait presque geler sur place. Cette journée était à la fois terriblement longue et terriblement fatigante et il n'était que dix-huit heures.

– Bon tu me fais un peu pitié, Sammy, je te ramène.

Avant d'avoir eu le temps de dire quoique ce soit, Sam se retrouva dans sa chambre d'hôtel, dégoulinant d'eau et frigorifié, mais au moins au sec. Gabriel leva alors sa main droite et claqua des doigts. Sam sentit son corps se réchauffer doucement et être enveloppé d'une aura très apaisante, c'était une sensation plus qu'agréable.

– Merci beaucoup, c'est quand même mieux comme ça !

– Mais avec joie, Sammy.

Gabriel lui fit un clin d'œil et observa la pièce. Elle était moins miteuse que d'habitude et très propre malgré les innombrables vêtements qui jonchaient le sol. Des armes étaient posées ça et là sur une table, accompagnées d'un ordinateur portable et de divers documents.

– Vous êtes sur une chasse ? questionna Gabriel en attrapant une coupure de journal.

– Oui, l'ancienne prison est hantée par certains prisonniers qui ont été exécuté et enterré dans une fosse commune. Des petits malins ont décidé d'aller se faire peur dans le bâtiment et on les a retrouvé pendu.

– Charmant, commenta Gabriel.

– Et donc on cherche leurs ossements pour les brûler, termina Sam.

– C'est tellement dommage que vous soyez obligé de faire tout ce pataquès pour tuer un ou deux fantômes, se lamenta Gabriel. Sans compter que tu as été obligé d'emprunter cet horrible bouquin !

– Alors que toi, par exemple...

– Oui à tout hasard hein !

– … tu pourrais t'en débarrasser tellement plus vite, termina Sam.

– Tu n'imagines même pas !

– Mais tu ne le feras pas.

– Absolument pas, confirma Gabriel. Vous êtes de grands garçons, vous savez vous débarrasser tout seul des fantômes et je te rappelle que tu n'as encore rien gagné.

– Tu sais que tu risques grandement de perdre ?

– Fais-moi confiance, mon cher Sammy, je gère, répondit calmement Gabriel avec un sourire qui en disait long.

– Tu triches tu veux dire ? Tu m'avais promis, râla Sam. Et c'est Sam, pas Sammy.

Gabriel prit son air le plus mélodramatique et plongea son regard larmoyant dans le sien. On aurait dit un enfant qu'on venait de prendre en faute.

– Pourquoi tu m'accuses tout de suite de tricher ? Non je ne fais que aider la nature et ça tu ne me la pas interdit.

– Comme si je pouvais t'interdire quoi que ce soit, répliqua Sam.

Gabriel lui fit un sourire en coin et disparut dans un bruissement d'aile.


– Bon, commença Dean, pourquoi Castiel ne répond pas ? Il nous a mis sur liste rouge angélique, ou quoi ?

– Il est sans doute occupé, répondit Sam d'un air distrait. Il a de nouvelles responsabilités au Paradis je suppose.

– Et alors ? répliqua Dean. Il est censé s'occuper de nous, non ?

Sam haussa les épaules, ce que faisait Castiel de son temps libre ou non ne regardait que lui. Dean maugréa quelque chose d'inintelligible – même si Sam cru distinguer le mot « poulet » dans le lot – tout en ramassant ses affaires qui traînaient un peu partout dans toute la chambre.

– Il faudrait aller visiter la prison, Dean. Je suis sûr que certains auront l'idée d'y aller de nouveau, lança Sam en coupant son frère dans ses marmonnements.

Il approuva et ils ramassèrent leurs armes et s'équipèrent de fer et de suffisamment de sel pour nourrir un régiment. L'ancienne prison se trouvait un peu en dehors du centre-ville, dans une zone contenant quelques commerces et des habitations globalement en mauvais état. Sam devina aisément que personne ne voulait habiter dans une zone supposément hanté, si bien que le quartier tombait un peu en ruine faute de rénovation nécessaire. Le bâtiment était composé d'une grande enceinte faite de pierres claires et lisses. Par endroit de gros trous avaient été percé, des tags délavés par le temps et inscriptions diverses étaient peintes et Dean repéra même un pentacle maladroitement exécuté. Près de la porte d'entrée, à moitié effondrée, se trouvait un petit mémorial en l'honneur des victimes retrouvées pendues à l'intérieur de la prison.

Au delà des murs se trouvait le bâtiment principal, percé au centre d'une cour pour les anciens prisonniers. L'endroit était sinistre, malsain, une impression de lourdeur se dégageaient des murs et Sam se sentit très vite oppressé. Le bâtiment semblait avoir été abandonné à la va-vite, des uniformes traînaient ça et là, certains plateaux-repas étaient toujours sur la desserte, près à être servis, et des centaines de documents jonchaient le sol.

Ils arrivèrent dans le quartier des prisonniers. Tout était très silencieux et vide, quelques rats se baladaient mais sans grande conviction, comme si eux aussi craignaient les fantômes. Les esprits lambda pouvaient déjà être très pénible mais ceux d'anciens criminels devaient l'être encore plus. Pourtant rien. A mesure qu'ils avançaient et scrutaient les anciennes cellules, rien de spécial ne se dégageaient. Pas de fantômes, pas de courant d'air glacial, rien.

– On perd notre temps, marmonna Dean, si ça se trouve c'est juste un jeu de gosse qui a mal tourné.

Sam entra au hasard dans l'une des cellules et l'inspecta soigneusement, après tout ils avaient peut-être laissé passer quelque chose d'important. L'endroit était assez sommaire, composé de deux lits superposés et de toilettes. Un uniforme avait été abandonné dans un coin et les toilettes étaient si répugnantes que Sam pensaient sincèrement réussir à attraper une nouvelle maladie s'il s'en approchait de trop près. Pourtant, quelque chose attira son attention, un petit livre avait été glissé entre les canalisations et le mur. Il tendit la main et attrapa le petit mais néanmoins épais ouvrage.

C'était un journal intime de prisonnier, certaines pages avaient été arraché, d'autres s'effritaient littéralement sous ses doigts, et par endroit l'encre était devenu totalement illisible. Cependant, Sam lu rapidement quelques passages qui décrivaient la vie de cet homme emprisonné pour un braquage en 1934.

– C'est quoi ? questionna Dean en s'approchant.

– Le journal intime d'un certain... euh... Jack qui a braqué une banque et a été condamné en 1934.

– Quelque chose d'intéressant là-dedans ?

– Rien pour le moment, répondit Sam.

Il tourna plusieurs pages jusqu'à arriver à la toute fin. Il constata alors que l'écriture de Jack changeait, elle devenait plus petite, moins assurée, presque tremblante, comme si l'homme avait voulu à tout prix coucher ses pensées sur papier. Il en fit part à son frère.

– Il était peut-être condamné à mort, suggéra Dean.

– Non il dit plusieurs fois qu'il a prit 25 ans et il fait le décompte chaque année. Regarde !

La toute dernière page était vide, excepté une unique phrase de Jack :

« 5 novembre 1941 : Je suis le prochain. »

– Ça a l'air gai comme prison, lança Dean en balayant la cellule du faisceau sa torche, si tu veux mon avis certains prisonniers étaient exécutés sans que ça soit prévu.

– C'est ce que je pensais aussi, regarde, Jack répète souvent que la prison était surpeuplée et que le directeur ne savait plus quoi faire pour faire de la place.

– On dirait qu'il a trouvé une solution, marmonna Dean en ressortant de la cellule.

Décidément cet endroit les mettait très mal à l'aise.

– Hey Sammy, regarde il y a un corps là-bas ! s'exclama Dean en éclairant le squelette. Sammy ? répéta t-il en constatant que son frère ne lui répondait pas.

Il se retourna mais son frère ne le suivait pas. Soudain quelque chose le frappa violemment à l'arrière de la tête, une douleur aiguë s'empara de lui et il sombra rapidement dans l'inconscience.


Sam ressorti de la cellule et constata que son frère était déjà parti. Il soupira et se dépêcha de suivre le couloir dans lequel Dean était supposément passé. Mais aucune trace de son frère. Sam vérifia que son arme était bien chargée avec le sel et avança avec plus de prudence, certain que son frère ne l'aurait pas laissé seul ainsi. Il tenta même de lui téléphoner mais il constata rapidement qu'aucun réseau ne passait dans la prison. Il rangea son téléphone dans la poche arrière de son jean et son regard fut attiré par une tâche sombre et brillante sur le sol. En se baissant, il constata que c'était du sang frais. Son estomac se tordit à la pensée que quelqu'un avait sans doute blessé Dean et qu'il avait besoin d'aide.

« C'est juste un peu de sang, il va bien, c'est juste un peu de sang », se répétait-il en boucle dans sa tête.

Le couloir déboucha sur deux escaliers, l'un montant et l'autre descendant. Les victimes ayant été retrouvé pendu dans la cour de la prison, Sam décida de descendre, certain que Dean se trouvait là-bas. Plus il avançait et plus l'atmosphère devenait oppressante comme lorsque l'on pénétrait dans un cimetière. En arrivant dans la cour, il vit immédiatement son frère, une corde au cou, perchée sur un tabouret et prêt à être pendu haut et court. Autour de lui, une foule de fantôme se pressait. C'était un spectacle assez terrifiant et, de mémoire, Sam n'en avait jamais vu autant réunis dans un même endroit. Clairement, il n'aurait pas assez de balle pour ne serait-ce que se défendre.

Un courant d'air glacé lui parcouru l'échine lorsqu'un fantôme se glissa derrière lui.

– Avance ! ordonna t-il de sa voix d'outre-tombe. Poses tes armes ou bien ton frère passera de l'autre-côté.

Sam posa son armement à terre et pria silencieusement Castiel de venir le plus vite possible. Il pria dans tous les sens possibles et imaginables en expliquant bien que Dean courrait un danger mortel mais l'ange restait désespérément absent.

– Que vous est-il arrivé ? demanda Sam aux prisonniers pour gagner du temps.

Il constata que son frère était inconscient, un filet de sang coulant le long de son visage.

– La prison était surpeuplée, commença un des fantômes qui ressemblait à un bandit des années 30 dans son uniforme rayé. Nous étions parfois cinq ou six par cellule, dans des conditions inhumaines. Comme il y avait toujours plus de prisonniers, le directeur a décidé d'une mesure radicale et il a commencé à nous exécuter. D'abord les criminels, puis les petits escrocs qui n'étaient pourtant là que pour quelques années. Tout le monde savait ce qu'il se passait mais personne ne disait rien. Une nuit, un gardien glissait un somnifère dans notre repas, certains se réveillaient alors qu'on les pendait, d'autres pas. Finalement nos corps ont été enterré dans cette cour comme de vulgaires animaux.

Dean se réveilla lentement et commença à s'agiter en constatant qu'il était sur le point d'être pendu.

– Maintenant, c'est votre tour, poursuivit le fantôme tout naturellement.

« Gabriel on a besoin d'aide », songea Sam avec toute la conviction du monde. Il espérait que si Castiel n'interviendrait pas, lui le ferait. Après tout, il était bien venu ce matin même pour lui apporter un parapluie. Il continua à scander son nom dans sa tête pendant une bonne minute tout en tentant de négocier avec la troupe de prisonniers fantômes.

– Puisque tu veux tant sauver ton frère, on va te mettre à sa place ! s'exclama l'un des fantômes.

Soudain Sam fut poussé violemment vers la potence. Leur nombre et leur désir accru de vengeance donnaient à ces esprits une force assez colossale. Il monta sur le tabouret tandis que la corde rêche et tâchée de sang lui enserra le cou. Il s'était très souvent retrouvé dans des situations à risque, était mort un certain nombre de fois et avait toujours eu assez de chance – si on peut appeler ça de la chance – pour s'en sortir à peu près entier.

Cette fois-ci, cependant, il sentait bien qu'il était de nouveau dans une merde profonde, du genre très profonde, du genre à se retrouver de nouveau en face d'une Faucheuse. Il appela silencieusement Castiel, puis Gabriel et se mit à prier comme il le faisait souvent.

Tout à coup le tabouret céda et la corde retint violemment son cou avant de céder. Sam tomba à terre, le souffle coupé. Une douleur lancinante à lui donner la nausée lui enserrait la tête et les cervicales qu'il devinait brisé sous le choc. Il entendit son frère crier son nom mais ses poumons le brûlaient et il ne put que bégayer quelque chose d'inintelligible.

Soudain, alors qu'il songeait que tout était perdu, il sentit une main se poser sur sa tête et une douce chaleur l'enveloppa immédiatement. La douleur s'évanouit aussitôt et il put reprendre son souffle. Sam prit une grande inspiration et releva la tête. Sa première impression fut que les fantômes avaient tous disparu, la deuxième était qu'il était nez-à-nez avec... Blanche-Neige. La véritable Blanche-Neige avec ses cheveux noirs de jais, sa robe de princesse et une pomme qu'elle grignotait tranquillement.

Bien, bien.

– C'est une blague ? râla Sam.

– Ne dit pas merci surtout, rétorqua Blanche-Neige en finissant sa pomme.

Dean lui lança un regard radieux. Beaucoup trop radieux.

– Mec, tu viens de te faire sauver la vie par Blanche-Neige... BLANCHE-NEIGE, ajouta t-il avec un immense sourire.

– Ce n'est pas Blanche-Neige, c'est Gabriel.

– Et alors ? rétorqua Gabriel. Je suis très belle comme ça... tu veux une pomme, ajouta -il en lui tendant une belle pomme rouge.

– Non, maugréa Sam en se redressant, tu comptes nous refaire l'intégrale de Disney ?

– Et pourquoi pas ? Tu es sûr que tu ne veux pas de pomme ?

Sam secoua la tête, après tout rien ne disait que Gabriel n'avait pas doté la pomme de charmes particuliers.

– Pour une fois que je trouve une de tes blagues cool ! s'exclama Dean. Tu n'étais pas censé être mort d'ailleurs ?

Gabriel lui fit un sourire en coin visiblement très fier de lui.

– Tu veux dire en plus de vous sauver la vie ? Pour le reste Sam t'expliquera, j'ai la flemme de me répéter.

– Tout à fait. Déjà ça te place loin devant Castiel qui est muet comme une tombe, tu ne saurais pas où il est ? demanda Dean en ramassant ses armes par terre.

Gabriel lui fit un clin d'œil, claqua des doigts et Castiel apparut devant eux. Un peu sale et débraillé mais vivant. Il avisa Sam, son frère et Dean qui saignait toujours. Dean qui ne semblait pas très très content non plus.

– Dean, tu es blessé ? questionna l'ange avec une pointe d'inquiétude dans la voix.

– Oui et d'ailleurs je t'ai appelé je-ne-sais-combien-de-fois !

– J'étais dans le désert du Sahara, le téléphone ne voulait pas fonctionner, désolé.

– Qu'est-ce que tu foutais dans le désert du Sahara ? Non en fait je ne veux pas le savoir, râla Dean tout en déchirant un morceau de son t-shirt pour l'appliquer sur sa plaie.

– Tu veux que je te soigne ? proposa Castiel visiblement très mal à l'aise.

– Ne te donne pas cette peine, répliqua Dean.

Gabriel, qui observait la scène avec un air extatique, se pencha vers Sam.

– Leur première dispute de couple, c'est trop mignon, tu ne trouves pas Sammy ?

Sam leva les yeux au ciel. Dean grommelait dans son coin et Castiel le poursuivait en tentant de le convaincre de se laisser soigner.

– C'est fascinant, commenta Gabriel en croquant dans une autre pomme.

– Bon ça suffit, marmonna Sam. Il faut brûler les ossements des fantômes maintenant.

Dean accepta finalement de se faire soigner et Castiel sembla satisfait. Sam comprit bien vite le gros avantage à avoir un archange à ses côtés, par exemple Gabriel n'eut qu'à claquer des doigts pour que l'intégralité de la prison se mit à flamber avec animation.

– On aurait pu seulement déterrer les ossements, fit remarquer Dean. Histoire d'être discret.

– Discret ? Depuis quand vous êtes discret ? s'exclama Gabriel.


Sam resta un très long moment sous la douche. Il laissa l'eau chaude couler sur sa peau tout en fermant les yeux afin de savourer ce moment de détente. Machinalement, il passa la main dans son cou, là où, quelques heures plus tôt, ses cervicales avaient été brisé. Gabriel s'était éclipsé rapidement après ça et Dean n'avait pas arrêté de le charrier sur le fait qu'il venait de se faire sauver les miches par Blanche-Neige. Sam stoppa l'eau et s'enveloppa dans une serviette propre puis attrapa un peigne et se démêla activement ses cheveux.

– Jolie arrière-train Sammy !

Sam sursauta et manqua de laisser tomber sa serviette. Gabriel – ou plutôt Blanche-Neige – se tenait devant lui dans une robe tellement courte qu'elle ne laissait plus tellement de place à l'imagination.

– Si tu veux mon avis, commença Sam. Blanche-Neige ne porte pas de robe aussi courte.

– Et tu en sais quoi ? Je déniaise le conte, répliqua Blanche-Neige en regardant ses ongles rouges.

– Merci beaucoup de m'avoir sauvé, dit finalement Sam avec un sourire.

– Mais je t'en prie. Si tu as besoin, tu appelles. Je serais venu plus vite mais j'étais... en mauvaise posture, ajouta t-il avec un clin d'œil.

– C'est à dire ? demanda Sam tout en redoutant la réponse.

– Je ne voudrais pas heurter tes chastes oreilles, mon cher Sammy, saches juste que ça m'implique moi, Kali et un paquet de bonbons, énuméra Gabriel.

Non en fait Sam n'avait vraiment pas envie de savoir. Il opta pour une autre approche.

– Kali ? Tu la revois ? s'étonna t-il.

– Bien sûr, pourquoi ?

– Elle t'a plus ou moins tué. Ça suffirait à refroidir la plupart des gens, ironisa Sam.

– Mais je ne suis pas la plupart des gens Sammy, et en plus si tu savais le nombre de fois où nous avons tenté de nous tuer mutuellement, enfin surtout elle d'ailleurs.

Le regard de Gabriel se perdit dans le vide comme s'il se rappelait de bons souvenirs.

– Charmant, commenta t-il.

– C'est ce qui arrive quand on est en couple !

– A parce que vous êtes ensemble ?

– Plus maintenant, admit-il en paraissant un peu gêné, mais elle est la seule de mes anciens amis à continuer de l'être donc...

Gabriel soupira. Il semblait agacé et triste en même temps. Après avoir perdu sa véritable famille, il avait perdu sa famille d'adoption et tout ça à cause des Winchesters. Sam sentit la honte l'envahir, une émotion qu'il ressentait beaucoup trop souvent mais dont il n'arrivait toujours pas à s'habituer. Il avait la sensation de provoquer le malheur et la désolation partout où il posait les pieds.

– Je suis vraiment désolé, Gabriel, lâcha t-il dans un murmure.

– A force de t'excuser pour tout et n'importe quoi tu vas finir par t'excuser d'exister, répliqua l'archange en sortant une pomme de son panier.

Sam ne répondit rien mais songea que, effectivement, s'il n'était pas né beaucoup de gens s'en serait mieux porté. Perdu dans ses pensées il ne vit pas Gabriel-Blanche-Neige lui lancer sa pomme dessus, elle rebondit sur son front avant de terminer sa course dans la baignoire.

– Aie ! s'exclama Sam en se massant la tête.

– C'est finit de penser des conneries plus grosses que toi !

– C'est la vérité, répliqua Sam. Arrêtes de lire dans mes pensées !

– Je lis dans tes pensées si je veux, rétorqua Gabriel.

– Tu l'as dis toi-même un jour, soupira Sam. Tu avais tout pour être heureux, ensuite on est arrivé et on a tout foutu par terre.

– J'avais tort, aussi étrange que ça puisse paraître ça m'arrive.

Sam resta silencieux, il sentait le regard de Gabriel sur lui mais ne pouvait se résoudre à croire qu'il n'y était pour rien.

– Je n'ai pas dis que tu y étais pour rien, répondit Gabriel en échos à ses pensées. Je dis simplement que ton frère et toi étiez pris dans quelque chose de beaucoup trop gros pour deux humains. Tout le monde a fait en sorte, des anges jusqu'aux démons, que l'Apocalypse se déclenche. Tout ça parce que tout le monde pensait, moi le premier hein, que c'était quelque chose d'inéluctable alors que vous aviez le choix. Mes frères aussi l'avaient mais ils n'ont pas su le comprendre.

– Je ne vais pas les plaindre, répliqua Sam.

– Tu sais Sam c'est difficile de vivre pendant des millénaires dans l'idée qu'il n'y a qu'un seul Destin tracé et de voir deux humains te certifier le contraire. C'est aussi pour ça que mes frères vous déteste autant, ils voient que vous avez le choix, que vous vivez et ils ne comprennent pas pourquoi vous avez toutes ces libertés alors qu'eux sont cloîtrés au Paradis, expliqua Gabriel.

– Mais ils peuvent descendre non ? Je veux dire toi tu es descendu, Anna, Balthazar et Castiel aussi. Même Lucifer a su aller à l'encontre de ça quelque part.

– Cinq anges sur des centaines de milliers ça fait peu, fit remarquer Gabriel. Tu sais, Sammy, il n'y a rien de plus terrifiant que d'obéir sagement à des ordres toute sa vie et de se retrouver du jour au lendemain à suivre ses propres ordres. On peut reprocher à Michael beaucoup de chose mais il faut bien avouer que diriger tout seul le Paradis et élever Lucifer, puis Raphaël et moi, ce n'était pas exactement le boulot le plus simple du monde.

Sam ne répondit rien mais il devait bien admettre que Gabriel avait raison. Il ne portait pas Michael dans son cœur mais quelque part il avait fait ce que Dean avait fait pour lui. Cela dit, les anges restaient des emplumés notoire à ses yeux. Point.

– Hey et moi alors ? Je t'ai sauvé la vie ! Deux fois en plus... râla Gabriel.

Sam ne put s'empêcher de sourire, il ne l'admettrait jamais mais la présence de Gabriel était réconfortante.

– Bon Sammy, ce n'est pas que je me lasse de te regarder hein mais les discussions sérieuses ça me donne terriblement faim, lança Gabriel.

Sur ce il fit un clin d'œil à Sam, leva la main droite, claqua des doigts et disparu. En tournant la tête, Sam constata que, sur le lavabo de la salle de bain, Gabriel avait laissé une belle pomme rouge et brillante ainsi qu'un mot à côté d'elle :

« Promis elle n'est pas empoisonnée. »


N'hésitez pas à me laisser une review et à bientôt :)