-Hmm...

Nej émit un léger gémissement dans son sommeil suivi d'un cri de douleur.

Algérie se précipita vers lui et essaya de le calmer en lui murmurant des mots rassurants.

Le caucasien répétait frénétiquement le chiffre 91.

"Surement le nombre de morts..." pensa le maghrébin

Au bout de cinq minutes à s'abimer la gorge, Nej se calma et se rendormit.

Un peu plus tard dans la journée, Sibérie et Chine débarquèrent dans la maison, bien décidés à s'occuper du souffrant.

-Aiyah, il va vraiment mal, aru...

-Effectivement. Je vais essayer de l'analyser à l'aide de ma magie puis on s'occupera de le soigner, dit Sibérie en caressant le bras de son ami inconscient.

Ce simple geste énerva Abbess qui se retira dans la cuisine pour ne pas à en voir plus.

Il savait qu'Anki et Nej étaient très proches pour se permettre ce genre de choses.

Depuis la Deuxième Guerre mondiale enfaite.

Mais maintenant qu'il avait découvert quels étaient ses sentiments à l'égard du tchétchène, il ne supportera pas plus cette complicité.

-Quelque chose ne va pas, aru ? demande Yao en entrant dans la cuisine

Abbess ne répondit pas au chinois.

Il pesait le pour et le contre dans sa tête plutôt.

Est-ce qu'il peut avoir confiance en la nation asiatique pour lui révéler son attirance pour Nej ?

Surement, Chine se tapait lui-même Russie.

-Je...je suis amoureux de Nej...je crois...

Non, il en était sûr mais il avait l'impression qu'il ne pouvait pas ressentir ce genre de chose pour son ami surtout avec la situation actuelle.

Mais Yao était vieux et sage et il vit immédiatement quel était le problème.

Doucement, il posa sa main sur l'épaule d'Algérie et la descendit lentement jusqu'à son poignet.

-Tu es tendu, aru...tu n'as pas à refouler ce que tu ressens, ce n'est pas un crime d'aimer quelqu'un.

Sa voix était douce et rassurante.

Abbess se sentit immédiatement apaisée.

-Et quand il sera de nouveau rétabli, tu lui diras.

Ça, c'était un ordre.

L'aura maléfique qui émanait de Yao (et qui ressemblait étrangement à celle d'Ivan) avait l'air de le déconseiller de se dégonfler.

-Enfaite...toi et Ivan, vous vous êtes bien trouvés.

L'asiatique rougit et retourna dans le salon en grommelant des insultes dans sa langue.

Algérie le suivit et remarqua que Nej était désormais torse nu.

"Oh, au nom d'Allah, comment peut-on être aussi magnifique !"

Il en aurait saigné du nez si les deux médecins improvisés n'étaient pas là.

-Alors ? demanda-t-il en se tournant vers le Sibérien

-Ses blessures sont surtout internes, lui répondit-il, disons qu'il a été un peu heurté au niveau des organes surtout du coeur et son sang contient d'inquiétantes taches noires* mais à part ça, il n'a rien de bien grave.

Il ne savait pas qu'une république pouvait être aussi résistante qu'une nation.

Ou peut être est-ce seulement Nej ?

Dans tous les cas, il fût rassuré d'entendre les propos d'Anki.

Son ami allait bien.

-On va essayer de le faire résister face aux vies enlevées chez lui aru, ça sera moins dur à supporter.

-Je vois, merci Yao, Anki.

-Tu n'as pas à nous remercier, on le fait surtout pour lui. Au fait, ton frère est passé me voir.

Oh ce n'est pas vrai...

-Lequel ? soupira Abbess

-Maroc, il s'inquiétait pour toi vu que tu es partis sans prévenir.

Le Maghrébin grogna.

De tous ses frères chiants, Arabie saoudite et Maroc étaient ceux qu'il aimerait éviter le plus ! Le premier était trop chiant à toujours lui dire quoi faire, et le deuxième s'inquiétait pour tout et n'importe quoi et même un ennemi car oui, lui et Aqui sont plus ou moins en conflit.

Leur gouvernement en tout cas, en tant que frères, ils s'apprécient encore un peu.

-Il est à la maison, tu pourras passer le voir si tu veux.

-Sans façon, je préfère éviter de croiser un quelconque maghrébin sauf si c'est Syrie ou Libye.

-Comme tu veux. On va s'occuper de Nej, rend toi utile et va préparer une tisane au citron, tu le feras boire quand il se réveillera.

-Heu...d'accord...

Il ne voyait pas en quoi une tisane au citron pourrait aider mais il obéit.

Pendant qu'il faisait bouillir l'eau, un nouveau cri fit écho dans la maison.

Une autre personne a été tuée visiblement.

Et d'une manière très violente.

Les cris de Tchétchénie étaient horribles, ça lui donnait envie de pleurer, de s'arracher les oreilles pour ne plus avoir à l'entendre, de s'arracher les yeux pour ne plus voir sa douleur et son corps meurtri.

Et pourtant, chez lui aussi c'était comme ça !

Certes, la police ou l'armée n'allait pas directement rechercher les homosexuels mais s'ils en voient un, il risque ma prison et une amende ou même pire, la mort.

Pourquoi avait-il cette impression de régresser dans le temps et de revenir à cette époque où la plus innocente marque d'affection (même entre un homme et une femme) était un déshonneur ?

Un long soupire de désespoir franchit la barrière de ses lèvres.

Allah n'est pas aussi bon que les gens le prétendent...ou alors, ils l'ont mal compris.

Comment un être divin peut-il interdire deux personnes de s'aimer ?Il ne peut pas, tout simplement.

Les gens n'ont juste pas bien compris.

-Ils ont loupé la partie "aime ton prochain" en lisant les livres sacrés je pense...

Seul le silence de la pièce a été témoin de ses paroles.

Un petit bruit aigu le sortit de ses sombres pensées.

L'eau avait fini de bouillir.

-Abbess, dépêches-toi, il va bientôt se réveiller.

-J'arrive !

Il déposa un sachet de thé et deux sucres dans la tasse avant de la remplir avec l'eau de la théière.

La tasse en main, il retourna dans le salon.

Nej avait fini par se réveiller.

-Nej, est ce que ça va ? s'écria-t-il en s'avançant près de lui, manquant de renverser la contenue de la tasse.

-J'ai l'air d'aller bien ?

Ce n'est pas faux.

Mais il ne savait pas quoi lui dire d'autre.

-Boit, ça te détendra. dit Anki en désignant la tasse entre les mains d'Algérie.

Tchétchénie ne répondit rien, se contentant d'obéir à l'ordre donné.

Cette docilité agaça Abbess.

Pourquoi il lui obéissait comme ça ?Certes, c'était pour son bien mais ça l'énervait quand même.

-On va y aller, Algérie, tu restes ici ? demanda le russe en rangeant tous son matériel.

Des livres seulement.

-Ouais, je pourrais le surveiller.

-Il n'y a qu'un seul lit dans cette maison, tu vas devoir dormir avec lui.

C'est lui ou Anki a le même regard lubrique que France ?

Les deux médecins improvisés retournèrent chez eux.

-Pourquoi tu restes ?

"Parce que je t'aime" n'est surement pas une réponse adaptée actuellement donc il se contenta de hausser les épaules et s'affala près du tchétchène.

-...Tu'as mal ?

-Des personnes meurent sur mon territoire à peu près chaque jour mais sinon, tout va impec, putain.

-Du sarcasme ? Alors que je m'occupe si bien de toi ?

-Pose pas de questions idiotes toi non plus, putain.

Un silence s'installa dans la pièce pendant quelques minutes qui fût finalement brisé par Abbess.

-Tu ne peux donc pas tomber amoureux d'un mec ?

-Ouais...je suppose, ce n'est pas comme si un mec était amoureux de moi de toute façon.

-Tu n'en sais rien...

-Comment ça putain ?

Au point où il en est, y a pas grand chose à perdre.

Il se pencha au-dessus de Nej et l'embrassa à pleine bouche.

Il retira ses lèvred de celles du caucasien et observa sa réaction.

-Ça veut dire quoi ça putain ?

-Ça veut dire ce que ça veut dire.

Ce que ça veut dire ?

Nej rougit et ferma les yeux.

Il ne voulait plus penser à ces relations "interdites" et lui, il vient lui dire ça ?

C'était bien Algérie en tout cas...

-Sale con putain...

-Je sais.

Là, tout de suite, il était bien.

Allongé sur le tchétchène, dans un silence agréable.

Et bientôt, toutes leurs souffrances cesseront.

Définitivement.

-666-

*Je vous assure, ça peut arriver et j'en ai déjà fais l'expérience. C'était des taches de poison mais rien de bien grave, juste des douleurs dans le bras.

Bref, je termine cette histoire là.

La fin est frustrante hein ?

Tant pis, c'est pas vraiment une histoire d'amour de base.