Bien, bien, bien, que de bon commentaires! Ça mérite des RAR!
Lara Timquoqni : Drôle de nom, alors tu aimes? Cool! Oui, c'est une fic assez sérieuse et ouais, Royai, principalement, mais comme j'adore faire durer le suspense, se sera long avant de se concrétiser… Merci de continuer!
Ayma : Salut toi! Dis donc, je savais que quelqu'un me tomberait dessus avec le généralissime et le fuhrer. Après tout, ce pauvre Bradley est censé être les deux! Je le sais bien, mais je l'avais oublié en écrivant et puis, je voyais pas comment faire pour me débarrasser de lui sans le tuer, ç'aurait été trop radicale… Hum, ben en fait, on pourrait dire, en gâchant un peu un de mes punchs, que ce sont ses copains qui l'ont viré (envy, greed, gluttony, lust et compagnie…) Disons simplement que Elsa Sciez est une vilaine ratoureuse et qu'elle l'a fichu à la porte sans que personne ne comprenne vraiment pourquoi. J'expliquerai sous peu. Genre cinquième chapitre, si je m'y rends bientôt… Sinon, voilà la suite.
Lilize : Merci beaucoup! Voici un cadeau si tu aimes le Ed/Winry… et la suite bien sûr.
Serleena : j'ai failli faire une faute, je devrais devenir accro au copier/coller. Voici pour toi, première revieweuse et pour toutes mes lectrices et lecteurs anonymes, la suite! Qui a failli se faire attendre…
Vollständing Metall Alchimist
Vollständing Metall Liebhaberin
Full metal lover - Central et les mécaniciens
Zentral und die mechanikerinKapitel Zwei
Chapitre 2La cloche de la boutique tinta dans le silence du matin, tirant la jeune fille de son demi-sommeil. Elle commençait aux aurores pour assurer sa subsistance et finissait aux alentours de minuit pour réussir un miracle. Faire des économies malgré sa paye de misère. Winry battit des paupières pour se ramener entièrement à un état conscient. Le client arriva devant le comptoir, souriant et sympathique. Il était grand, brun et avait le teint foncé.
Des lunettes de soleil aux verres teintés en rouge complétaient ce visage étranger mais amical. Winry eut confiance presque aussitôt et ne se douta pas le moins du monde de la nationalité de l'homme qui lui demanda si elle avait des écrous d'une certaine taille et des clés anglaises d'un certain modèle. Elle lui apporta les articles demandés et il en profita pour lui glisser un mot sur le magnifique temps qu'il faisait dehors. En souriant, elle admit qu'il faisait un temps superbe et que tous devraient en profité.
-Alors, que faites-vous ici à travailler?
-Ah, j'ai besoin d'argent, pour faire soigner un proche, expliqua-t-elle en perdant un peu de sa bonne humeur.
Cette bonne vieille Pinacko Rockbell croyait avoir une santé invincible à tout microbe et bactérie. Mais cela faisait trop longtemps qu'elle fumait la pipe de son mari et cette fumée commençait à avoir raison d'elle, en plus de toute cette huile, ces morceaux de mécanique qu'elle avait montés, dépassant parfois ses forces, repoussant toujours ses limites pour se cacher à elle-même ce que n'importe qui aurait compris en la voyant. Elle était vieille. De plus en plus vieille. Et son âge commençait à se faire sentir. Elle n'était pas à l'article de la mort, mais avait besoin de médicaments très spéciaux et très coûteux.
Winry n'avait pas eu trop le choix. Il n'y avait plus beaucoup de client qui viennent faire réparer leur auto-mails à part Ed. Et dieu savait qu'il ne payait pas grand chose et qu'elle ne lui en tenait nullement rigueur. Elle était emménagée à Central temporairement pour travailler à son compte et avoir de quoi acheter des médicaments pour Pinacko.
-Je suis désoler de vous avoir ramener à de telles pensées, s'excusa l'homme en fouillant dans son porte-feuille pour lui donner l'argent nécessaire à payer ses achats.
-Non, ce n'est rien, ce n'est pas écrit dans mon visage, encore une chance. Vous prendrez autre chose, ou ce sera tout?
-Je voudrais que vous preniez une commande pour moi, je passerais la prendre plus tard, je n'ai pas de quoi la prendre tout de suite. Et je ne suis pas sûr que vous ayez tout ce qu'il faut dans cette quincaillerie.
-Bien, je vous écoute, je vais prendre ça en note, sourit Winry, contente de pouvoir se rendre utile. Cela faisait une heure qu'elle attendait qu'un client passe cette porte pour qu'elle puisse faire quelque chose.
La liste de la commande ne parut pas suspecte à la jeune fille sur le coup. Peut-être que le fait qu'elle soit en train de prendre des notes ne lui permit pas de penser avec attention aux articles mentionnés par l'homme à la peau foncée. Mais une fois que tout fut écrit et que l'inconnu fut parti avec un merci chaleureux, elle trouva que ce qu'il lui avait demandé était assez bizarre.
-1 briquet
-un moteur diesel pour tondeuse, ou petit tracteur
-1 scie mécanique
-système de roulement à bille
-plaques de métal de diverses tailles, de préférence, ayant toute un double de la même taille
-8 paires de pneus
-une paire de cisaille
-un brûleur à l'alcool
-trois mètres de corde doublement lacée
-une boîte de clous et une autre de vis
-un réveil matin
-une boite d'allumette
-une bouteille d'hydrogène
-2 galons d'essence
Elle réfléchit un instant en relisant la liste et fronça les sourcils. Il y avait là-dedans de quoi construire une bombe à retardement ou tout du moins une bombe d'amateur. Il y avait quelques trucs anodins, mais aussi plusieurs choses qui permettaient de monter une bombe, voire même plusieurs. Devait-elle refuser de faire passer cette commande pour cela? Non, il ne fallait pas voir le mal partout et son patron baisserait sa paye si elle n'acceptait pas les commandes peu importe ce qui était demandé. Il disait toujours, le client est roi. Elle soupira et replaça une mèche de cheveux derrière son oreille. Elle jeta un coup d'œil dehors et oublia la liste. La jeune fille décida d'empaqueter la commande, puis de profiter de sa pause déjeuner pour aller voir Edward et Alphonse. Les frères Elrick ne savaient pas qu'elle était à Central. Ça leur ferait une belle surprise.
Une fois la commande empaquetée, une cloche de service sonna, lui annonçant que sa pause du dîner était commencé. Elle attrapa son sac à main et prit la poudre d'escampette, une fois qu'elle eut assuré à son patron qu'elle reviendrait à l'heure pour reprendre son service. Il voulait la faire réparer un fusil de l'armée dans l'après-midi. Elle sourit en songeant qu'Edward n'en reviendrait tout simplement pas s'il la voyait avec un fusil dans les mains, en train de le réparer.
Elle-même avait de la difficulté à toucher ses armes qui l'avaient privés à jamais de ses parents. Mais elle n'y songeait pas trop quand elle travaillait et se laissant aller à la mécanique, Winry pouvait s'en tirer sans trop de dommage moral.
Au seuil des portes du QG de l'armée, on lui demanda de décliner son identité. Elle fut très surprise que l'officier de la porte soit vêtu de rouge. L'uniforme était pareil à celui du colonel qui maintenait Ed sous ses ordres, mais il n'était pas bleu.
Quand elle entra, elle fut encore plus surprise de découvrir que les quartiers de l'armée avaient subi de nombreux changements. Les couloirs étaient parcouru par des soldats habillé soi de rouge, soi de bleu. Ce qui signifiait que quelque chose d'important avait été modifié. Il lui sembla que beaucoup plus de femmes étaient présentes dans les rangs des soldats. Une femme brune, habillée de bleu, donnait des ordres à deux hommes qui s'empressaient à côté d'elle. Une telle chose n'était normalement pas possible. Enfin, c'était ce qu'il lui semblait…
-Elsa, vous savez que l'armée ne demande plus qu'une chose pour croire en vous? Que vous fassiez vos preuves sur le champ de bataille. On ne parle que de ça. Les soldats ont bien vu que la seconde division était aussi bonne que la première et il n'y a pas de compétition entre les deux sections. Les hommes ont très vite compris que cette séparation n'était faite que pour leurrer nos ennemis en leur faisant croire que les bleus avaient un rôle précis et les rouges un autre rôle, alors que chacun peut faire les même choses.
Clamp s'était vite dévoilé comme étant un blagueur et un coureur. Il avait les mains plutôt baladeuses, que ce soit avec Sara, la femme générale ou avec Elsa, qu'il essayait de peloter assez régulièrement. Pour ne pas perdre la face, il prenait souvent la parole et donnait des avis sensés. Ainsi, il donnait toujours son opinion. Mais Miko ne donnait pas non plus sa place. Sara était obéissante, mais faisait son aguichante avec les trois généraux des bleus dès que l'occasion s'en présentait. Black stallion, lui était comme la généralissime l'avait toujours connu. Silencieux et attentif. Aucun soldat ne l'avait encore rencontré.
C'était dommage pour les dames, car il était beau le coquin. Les cheveux noirs, les yeux de braise, le teint pâle, le visage bien coupé, les traits durs et volontaires. Il avait le physique d'un homme violent, ce qu'il était quand il le fallait. Mais sinon, et s'il ne s'emportait pas, il était un exemple de discipline et de douceur. Elsa observait Sara de près, de peur de la voir s'approcher de cet Étalon noir (Black stallion). Elle avait des vues sur lui, mais préférait attendre que le temps soit plus propice à ce genre de choses.
-Je sais que les soldats attendent que je fasse mes preuves et je me doute que c'est le cas de chacun de vous ici présent, dit Elsa en s'appuyant nonchalamment d'un coude sur la table où les cinq officiers étaient assis. Elle avait la place d'honneur et la prenait tout entière bien volontiers. Sachez mes amis, que je ferais ce que j'ai à faire dès que l'occasion s'en présentera.
Black stallion avait un air mystérieux et sombre qui le rendait plus dur et froid que sa physionomie ne le faisait déjà. Mais il la regardait avec une douceur toute particulière. Miko et Clamp l'avaient bien vu. Ils se réunissaient souvent tous les cinq et les manèges de ces deux-là étaient bien clairs.
-Espérons seulement que vous n'êtes pas la seule qui fera ses preuves dans les jours à venir, souffla l'alchimiste à la chevelure d'ébène en regardant sans trop faire attention l'œillade séductrice que lui envoyait Sara.
-Mais j'y compte bien, général stallion, ne vous inquiétez pas pour ça.
Son ton laissait présagé des ennuis. Clamp hésita avant de se lever pour partir et quand il fut sortit, il songea que cet avancement n'était pas forcément un cadeau.
Le passage de la généralissime dans les quartiers du colonel Mustang déclencha nombre de sifflements. Il y en avait toujours dans son sillage et elle laissait les hommes faire. Sa démarche était fière, pleine de force et d'assurance. Ses cheveux longs glissaient sur ses épaules et elle portait l'uniforme bleu avec les galons sur ses épaules. Son cou mince sortait de ce col trop large comme pour lui donner un peu plus de féminité. Un côté fragile et moins sûr d'elle.
Hawkeye ne leva pas le nez de son bureau quand la femme s'arrêta devant elle. La jeune femme attendit que l'autre se racle la gorge pour lui porter son attention. Quelque chose se brisa en elle quand Riza vit cette adulte en face d'elle, belle comme une gemme. Rare comme une gemme…
-Lieutenant Hawkeye, je suis venu voir votre colonel. Pourriez-vous m'annoncé?
-Vous vous connaissez assez bien pour que vous alliez le voir sans frapper je crois.
Elsa sourit et lui tourna le dos. Mais comme elle allait partir de sa démarche assurée, elle marqua un temps d'arrêt.
-Vous savez lieutenant, quand vous dites que je connais le colonel Mustang, je suis sûre que vous n'avez pas idée du point jusqu'auquel je le connais.
Riza demeura silencieuse et dès que la femme eut franchi la porte du bureau de son supérieur, elle se remit au travail, rageusement. Tant et si bien que Jean se leva de son bureau pour aller la voir et lui demander si tout allait bien. Elle faisait beaucoup de bruits.
-Mais je vais parfaitement bien, est-ce que j'ai l'air d'avoir un problème! cria presque Riza en sortant son fusil et le pointant vers Havoc.
-Du calme, allons, Hawkeye…
-Je ne suis pas un chien, Havoc, alors dites-moi, est-ce que j'ai l'air d'avoir un problème? insista-t-elle en abaissant le cran de sûreté de son arme.
Jean battit en retraite, bien trop effrayé par le regard assassin de la jeune femme. Il glissa un mot à Fuery sur les femmes et leur SPM, qui décidément vous empêchent de vivre à l'aise quand vous n'êtes qu'un pauvre homme sans défense. Fuery acquiesça, mais lui glissa à son tour que Hawkeye ne pouvait pas être dans ses SPM quatre semaines par mois. Le colonel était certainement responsable de cette situation. Falman s'en mêla, vite suivit par Breda. Le résultat de leur entretien fut simple. Si Mustang ne se démerdait pas pour sortir son lieutenant et lui avouer ce qu'il ressentait, chose que les quatre hommes avaient compris depuis belle lurette, Hawkeye serait bien capable de le tirer à bout portant. Il la faisait enragé de plus en plus souvent et elle commençait à devenir très irritable. Plus que d'habitude, ce qui était un record. Elle qui était si calme et professionnelle d'habitude…
Ce n'était pas bon signe. Ça signifiait que toute cette histoire devenait de plus en plus sérieuse.
-Bonjour colonel Mustang, sourit Elsa en pénétrant dans son bureau. Roy releva la tête de ses dossiers, qu'il s'évertuait à remplir pour une fois, espérant que cet effort lui vaudrait un sourire d'Hawkeye. Ce serait toujours ça de gagner.
-Oh, c'est toi, se contenta-t-il de dire une fois qu'il eut reconnu la jeune femme.
-Tu sais que tu pourrais me montrer un peu plus de respect, Roy? Après tout, je ne suis pas que ta généralissime.
-Ouais, c'est vrai, après tout, tu aurais pu me prévenir avant de revenir dans l'armée… Mais tu n'es pas du genre à t'abaisser au point de prendre un téléphone pour passer un coup de fil.
-Si tu veux des coups, je n'ai pas de problème, quand tu veux mon grand…
Cette fois, Roy ne put rester indifférent au terme qu'elle utilisa. Elle ne l'appelait pas comme ça avant, mais ça se rapprochait de plus en plus de ce surnom ridicule qui faisait tellement rire Hugues…
-Non merci, j'en ai eu plus que ma part avec toi.
-Alors, tu nous fais le bon travailleur de bureau aujourd'hui, se moqua-t-elle en venant s'asseoir sur le bureau du colonel, avant de s'étendre sur ses dossiers pour l'empêcher de se concentrer sur autre chose qu'elle.
-Arrêtes ça tout de suite, ou je…
-Ou tu quoi? Mon bébé veut se fâcher, fit-elle en passant une main sur le visage du soldat. Roy la considéra un instant avec un brin de nostalgie dans le regard. Mais presque aussitôt, le froid où elle l'avait abandonné lui revint à la mémoire. Le froid, le noir et la peur. C'était si loin.
-Ne m'appelle pas comme ça…
Elle sourit, tout en caressant la joue de l'adulte, fière d'avoir réussi. Il pouvait bien parler, cela faisait longtemps qu'il était dans sa poche. Il le resterait à jamais. C'était plus fort que lui. Ça le dépassait. Peu importe ce qu'elle lui avait fait autrefois.
C'est à ce moment que Winry entra dans le bureau du colonel, sans s'être fait annoncé, de crainte d'avoir à faire face à Hawkeye, qui semblait dans un état de fureur proche de la folie. La jeune fille poussa timidement la porte, craignant de déranger, et elle ne pouvait pas vraiment être plus proche de la vérité.
Une femme soldat, à ce qu'il semblait, s'était étendu à son aise sur le bureau de Roy et lui caressait le visage, tandis qu'il la dévorait des yeux, l'air d'un adorateur devant son dieu. (Au moins, il ne saigne pas du nez.)
-Euh, excusez-moi colonel, je ne voulais pas vous déranger, mais je voudrais savoir où se trouvent les frères Elrick, j'étais venu les voir…
Roy reconnaissant aussitôt la personne, paniqua et jeta la généralissime en bas de son bureau tout en se levant précipitamment. Elsa atterrit sur ses pieds, comme un chat, mais jeta un regard courroucé à l'homme, avant de foudroyer la jeune fille de ses yeux noirs. Winry en tremblait encore en sortant de chez le colonel, avec des indications on ne peut plus claire sur où elle pouvait trouver les frères Elrick.
Riza leva les yeux de son travail en voyant passer l'adolescente en tremblant. Qu'est-ce que Roy avait bien pu faire pour la traumatiser ainsi? Elle se mit debout, encore plus furieuse. Havoc recula sa chaise de son bureau, songeant qu'il faudrait peut-être que quelqu'un intervienne avant que les choses ne se gâtent. Mais Falman lui fit signe que ce quelqu'un, s'il tenait à la vie, ferait mieux de rester planqué dans un abri anti-bombes…
-Colonel, qu'est-ce que vous avez fait pour mettre cette pauvre enfant dans un tel état? demanda Hawkeye tout en rentrant dans le bureau de son supérieur.
Ce qu'elle découvrit la laissa un instant sans mot. Roy était assis à son bureau, le menton dans sa main droite, l'air ennuyé. Il retenait une remarque acerbe, ça se voyait. La généralissime scrutait le mur de Mustang, celui où il s'était permis d'accrocher quelques cadres et certificats de distinction et son regard était aussi critique que ses commentaires.
-Alchimiste d'état, hein? Le flame alchemist, ça te fait une belle jambe encore. Et colonel? Je dois m'agenouillé devant son excellence… Tu as toujours été fier de tes réussites, aussi médiocres soient-elles.
-Ouais, toi, tu es toujours aussi écrasante…soupira Roy avant de réaliser la présence de Riza et d'écarquiller ses yeux de surprise.
-Non, mais franchement, il n'y a même pas de photo de moi dans ces cadres! Il y Hugues, il y a toi, il y a cette fille, je ne sais plus qui dont tu m'as déjà parlé, ton groupe de soldats et moi dans tout ça!
Roy fit signe à Riza d'entrer, comme celle-ci songeait que le moment était mal choisi pour se fâcher et s'en allait partir (ce que c'est mal dit).
-C'est que je n'ai pas une seule photo de toi…
-Oui et alors? Tu aurais pu faire un effort. Depuis le temps qu'on se connaît, ne me fait pas croire que tu m'avais oublier.
Riza rejoint son colonel, pour se mettre à côté de son bureau, mais elle avait très envie de le frapper. Entendre cette femme le tutoyer comme ça, l'insulter copieusement tout en insinuant mille et une choses sur leur ancienne relation. C'était proprement écœurant. Roy lui adressa un sourire désoler, signifiant qu'il n'y pouvait rien, avant de se racler la gorge.
Elsa se retourna, pleine de majesté et d'autorité. Elle semblait sur le point de lâcher une autre critique, plus dure que les autres, mais elle s'arrêta dans son élan en voyant le lieutenant à côté de son colonel.
-Oh je vois, on ne peut même plus te remonter les bretelles en privée maintenant. Désoler d'avoir interrompu votre travail, mon bébé. Je voulais seulement voir si tu n'as pas trop changé. Mais je vois que tu n'es plus l'adolescent d'autrefois. Tu n'as pas mûri moralement, mais physiquement, oui. Ça me donne l'impression d'être vieille.
Roy croisa les bras sur son torse, sans oser passer un commentaire, Elsa commençait à sérieusement l'énerver et alors, ce qu'il pourrait lui dire pourrait bien lui valoir une feuille rose et un congédiement.
-Peu importe, mon chou, surveilles-toi, parce que tu es en période de test et si tu ne passes pas, je te ferais sortir d'ici par la grande porte et tu pourras dire adieu à ta montre d'alchimiste, ton rang dans l'armée et ta carrière de soldat. À la prochaine, Mustang, finit-elle en ouvrant grand la porte du bureau et quittant la place, toujours avec la même assurance qu'au début.
Les hommes de Mustang la considérèrent avec beaucoup de respect et Jean imagina mille et une façons de la rencontrer en dehors du travail pour approfondir leur relation. Riza se sentait proche d'exploser.
-On peut toujours parler, elle n'a rien perdu de son mordant, souffla Mustang, comme pour lui-même.
-Ah oui? Bien pourquoi vous m'avez faites rentrer alors? Vous vouliez une raison pour échapper à ses critiques, c'est ça? Et puis qu'est-ce qu'elle a fait à cette pauvre Winry pour qu'elle sorte de votre bureau dans cet état.
-Ah, Winry, elle devait être dans tous ses états parce que lorsqu'elle est entré, la généralissime était étendue sur mon bureau et me faisait de l'œil, répondit Roy, comme si c'était tout à fait normal.
Hawkeye essaya de ne rien laisser paraître de sa colère. Mais elle avait réellement envie d'étrangler cet homme qui lui riait en pleine figure. Son professionnalisme de soldat la retint de commettre un meurtre, mais elle sortit un de ses fusils, pour montrer qu'elle ne rigolait pas.
-Allons, ne faites pas toute une histoire pour si peu… Elle plaisantait vous savez?
-Mettez vous au travail colonel, il vous reste deux heures pour finir ça. Et si ce n'est pas fini, je ne vous laisserais pas tout remettre à demain, grommela-t-elle en sortant de son bureau, furieuse contre lui et contre elle-même.
Mustang s'attaqua donc à ses dossiers et se disant qu'il avait peut-être pousser un peu fort. Mais Elsa Sciez ne manquait pas d'air non plus de venir s'étaler comme ça sur son bureau…
-Ed, attention, voilà ta petite copine, plaisanta Al, sans sourire, puisqu'une telle chose lui était impossible, ou tout simplement, que son effort d'expression n'aurait pas paru…
Edwards jeta d'abord un coup d'œil vers la jeune fille dont parlait son frère, pour concrétiser ses doutes et rouspéter que Winry n'était pas sa petite copine. L'adolescente les rejoint, devant une pile de documents confidentiels. L'aîné se sentit aussitôt inquiet pour elle, à cause des risques que représentait le voyage, mais aussi soulagé, parce qu'il n'avait plus eu de nouvelle de sa campagne depuis longtemps.
-Qu'est-ce que tu es venu faire ici, Winry? demanda-t-il sans oser lever les yeux du livre qu'il lisait. Il ne voulait pas perdre la ligne de son paragraphe, il y avait un filon qui se cachait derrière cette ligne.
Al adressa un petit soupir désoler à leur amie pour excuser l'attitude de son frère. La jeune fille ne répondit pas à l'alchimiste et s'assit à côté de lui.
-Toi, qu'est-ce que tu fais? Ça va bien vous deux?
Edward releva la tête au ton de son amie. Elle semblait à la fois contente de les voir, mais aussi triste pour quelque chose qui devait être grave. Elle avait les yeux vitreux, comme si une longue fatigue la suivait depuis des jours. Son regard bleu et tendre le désarma et il perdit à la fois sa ligne et le cours de ses pensées.
-Je… je… Oui, ça va! Avec Al, on essaye encore de percer quelques mystères sur la pierre philosophale, s'expliqua-t-il maladroitement.
-Je vois…
-Mais dis-nous Winry, qu'est-ce qui te peines comme ça? demanda Alphonse.
-Tu n'as pas l'air bien, ajouta Edward avec sollicitude.
Elle sourit, gênée d'avoir autant laisser paraître ce qu'elle ressentait. Elle était aussi gênée du ton qu'avait eu Ed. Sa voix qui criait d'habitude, montait dans les aigus face à elle, s'était beaucoup adouci, comme s'il avait compris qu'elle était particulièrement fragile ce jour-là.
-C'est ma grand-mère. Elle est malade, soupira l'adolescente. On n'a plus assez d'argent pour payer ses médicaments, alors je suis venu travailler dans une boutique de mécano ici, à Central. Mais ce n'est pas si grave que ça, c'est seulement que je suis toujours un peu inquiète. Désoler de vous avoir fait peur.
Les deux frères ne lui demandèrent pas plus de détails et se montrèrent compréhensifs. Ed finit par se décider et suggéra une promenade dans le parc le plus proche. Il faisait beau et il préférait encore sortir que de rester là à ne pas savoir quoi dire à son amie. Parler du beau temps quand il fait un temps magnifique dehors, c'est tout simplement pathétique. Au pire, il se recevrait un clé à molette sur le crane…
-Alors tu travaille dans un centre de mécanique?
-Oui, au début, ce n'était pas facile, parce que j'étais une fille, mais quand le patron a compris que j'étais la meilleure de ses employés, il a viré presque tout le monde et m'a prise à temps plein.
-Mais alors, si tu travailles à temps plein, tu es venu nous voir sur une de tes pauses? s'étonna Alphonse, de sa petite voix.
-Oui, celle du dîner. Ça me fait penser que je devrais me décider à me manger si je ne veux pas avoir trop de retard. Vous avez faim?
Ce n'est que là qu'Edwards réalisa qu'il n'avait rien mangé depuis le déjeuner et qu'il s'en venait bientôt une heure de l'après-midi. Il avait oublié son ventre comme bien des fois depuis que son frère n'était plus qu'une armure. Il voulait le ramener à la normale et ne voyait pas le temps passé. Son ventre criait pourtant famine quand il se souvint de son existence.
-Venez, je nous ai fait un pique-nique, sourit la jeune fille, regagnant un peu de ses couleurs.
Ils s'installèrent dans le parc pour manger à l'ombre d'un arbre. Tandis que les deux autres s'attaquaient à la nourriture, Alphonse s'essaya à aller jouer avec des enfants dans les manèges. Il les aidait à monter le toboggan et les surveillait pour éviter qu'il ne tombe. Ed gardait un œil sur lui, tout en songeant qu'Al était encore à l'âge de s'amuser dans un parc comme les enfants qu'il surveillait. Sa gorge se serra à l'idée que par sa faute, son frère ne pouvait plus s'amuser comme avant. Cette impression lui revenait chaque jour et chaque fois, la culpabilité était plus douloureuse.
Une douleur très brusque le tira de son auto destruction. Winry venait de lui flanquer un coup de clé à molette sur la tête.
-Toi, tu devrais arrêter de te faire des idées noires, tu vois pas qu'il s'amuse un peu avec tous ces gamins!
Edwards sourit en se frottant le crane. Il trouvait son amie très jolie, avec son teint pâle, ses cheveux longs, détachés, et surtout, ses yeux bleu royal qui le regardaient et se moquaient, comme toujours. D'un côté, il détestait ses taquineries, mais d'un autre, ne pas les entendre et les voir lui aurait manqué. Elles faisaient partie de leur amitié. Sa raison lui disait de se ressaisir, mais c'était plus fort que lui. Winry était jolie.
Puis un détail en elle le frappa. Elle était beaucoup plus pâle que d'habitude. Preuve qu'elle demeurait beaucoup trop longtemps à l'intérieur. Elle devait toujours être en train de travailler pour faire quelques économies et se maintenir en vie. Ça ne devait pas être facile. Toujours être coincé à l'intérieur, à manipuler des machines brisées, des bouts de métal et des vis. Elle pouvait toujours dire qu'elle les adorait, ses auto-mails, et bla et bla, mais ça ne changeait rien à la vérité. Elle avait autant besoin de la présence des humains que n'importe qui. Mais ça, jamais la jeune fille ne voudrait l'admettre.
Il goba son sandwich d'une seule bouchée et essaya de trouver quelque chose à dire. Ils ne se voyaient plus beaucoup et depuis le temps, il était bien meilleur pour discuter avec une feuille de papier et un crayon qu'avec des mots.
-Dis-moi où tu travailles et on fait la course jusque là, proposa-t-il quand ils eurent fini de manger.
Winry n'hésita pas longtemps. Elle sourit et acquiesça. Au moins, ça lui donnerait une chance d'arriver à l'heure…
Une fois devant le magasin, après avoir subi les plaintes du plus vieux (mais surtout du plus " petit ") des deux frères, Winry pensa à la commande de ce client au teint basané qui attendait d'être vendue. Comme de fait, en arrivant, elle vit au travers de la vitrine l'homme qui lui avait si poliment parlé le matin même.
Edwards sourcilla devant l'allure de cet inconnu. Le teint foncé, des lunettes de soleil aux verres rouge et des cheveux pâles. Il pensa tout de suite à Scar, mais il y avait quelque chose qui clochait dans le tableau.
-Winry, c'est qui ce type, demanda le jeune alchimiste en retenant son amie par le bras, inquiété par ses soupçons.
-Allons Ed, tu vois toujours le mal partout, c'est un de mes clients, il est venu chercher une commande et il est très gentil en plus.
-Comment ça très gentil? s'énerva Edwards.
Alphonse dut se forcer pour ne pas intervenir d'une remarque sarcastique. Winry se défit de la prise de son ami d'un sourire. Puis, après tout, elle devait aller travailler.
-Bonjour monsieur, claironna-t-elle en entrant dans la boutique.
L'homme sourit devant le dynamisme de la jeune fille et se redressa devant le comptoir sur lequel il s'était accoudé.
-Bonjour, alors, cette commande, elle est prête?
-Oui, ça ne sera pas long.
Il acquiesça, content de ce service rapide et enthousiaste. Mais il aperçut par la fenêtre les frères Elrick et son expression changea du tout au tout. Qu'est-ce que ces deux zigotos faisaient là! Ce n'était pas prévu. Il ne devait pas les rencontrer tout de suite. Le plan était prévu pour plus tard…
Winry revint de derrière le comptoir, une boîte bien pleine dans les bras. Elle chancelait presque sous ce poids. L'homme rapporta son attention sur elle et retrouva son sourire. Il ne devait pas la laisser se douter de quelque chose. Si elle connaissait les Elrick, tout serait beaucoup plus risqué qu'il ne l'aurait cru.
-Voilà monsieur, tout y est, déclara-t-elle en déposant la lourde boîte sur le comptoir.
Elle lui annonça la somme, il lui remit donc l'argent nécessaire et pris son paquet pour s'empresser de sortir. Ed était toujours devant la boutique, avec Alphonse, et il vit très nettement l'homme passé devant lui bien que ce soit à toute vitesse.
Winry ressortit pour prévenir ses deux amis d'enfance de l'imprudence qu'il faisait. S'il n'était pas au QG bientôt, ils se feraient certainement taper sur les doigts. Alphonse attrapa donc son frère par le collet pour mettre les voiles. Edwards n'eut d'autre choix que de suivre.
L'adolescente secoua la tête, ne se doutant de rien sur le drame qui se tramait contre le garçon de ses rêves. " Innocente jusqu'à la fin. C'était la prophétie… " Gluttony l'observa depuis une ruelle attenante à la boutique en inspirant à fond son odeur alléchante. Il regarda Lust avec des yeux de chiens battus. L'homonculus lui fit comprendre d'un regard qu'il n'avait pas le droit de toucher à cette fille. Pas tout de suite. L'homme du sud allait s'en occuper. Tout avait été prévu.
-Moi, je vais m'occuper de ce lieutenant-colonel, il ne fera plus très long feu, sourit la femme en noir.
Gluttony ne comprit pas l'allusion, mais il sentit la faim dévorant ses entrailles et supplia le ciel de faire en sorte qu'il puisse manger bientôt. Il n'en pouvait plus d'attendre.
-Quoi! Il a quoi? s'exclama la femme en se levant et faisant tomber sa chaise.
L'ex-généralissime, Kind Bradley ne s'était pas laissé évincé sans rien dire. Il était tombé sur l'idiot qui l'avait forcé à quitter son poste. C'est à dire le conseil des généraux. Qui avait l'autorité nécessaire pour démettre un généralissime de ses pouvoirs, alors que cet homme était le plus puissant de son pays? Hakuro était blanc comme neige dans cette histoire, mais bien des hommes avaient dû subir les foudres de Bradley malgré tout. Elsa Sciez était à son propre compte et avait des relations assez variées dans suffisament de milieu pour prendre la place de Bradley comme on prend un biberon à un bébé.
Personne ne pouvait dire ce qui avait réellement causé le renvoi du King. Mais l'homme était plus ténébreux et plus mauvais que d'habitude. Les homonculus allait en entendre parler. On ne l'évincerait pas de leur plan comme ça. Qui était cette femme pour le renverser comme ça? Être remplacé par une femme, non mais quelle honte!
Il avait contacté Lust, Gluttony et même Envy, ne pouvant pas trop croire qu'il devait s'abaisser à les appeler pour savoir de quoi il retournait. Mais il avait dû subir cette humiliation pour savoir que tout était parfaitement normal. Son renvoi n'était pas temporaire et ne dérangeait en rien les plans de qui que ce soit dans leur organisation. Il ne pourrait rien tenter contre personne. Sauf peut-être une petite vengeance, pour tester sa remplaçante.
Bradley avait perdu son tempérament lunatique le temps de crier ciseau. Des millénaires de paix peuvent être détruits par la haine de deux secondes. La patience de ce péché d'orgueil vivant n'avait pas duré face à sa colère. On ne marchait pas sur ses plates-bandes comme ça, sans recevoir une punition exemplaire.
-Vous avez bien compris madame Sciez, soupira Clamp, King Bradley a pris nos anciens généraux en otage. Il menace de les tuer s'il ne peut pas avoir un entretien en privée avec vous. Il veut avoir des explications quant à son renvoi.
Elsa se retint de secouer la tête et échangea un regard entendu avec Black Stallion. Celui-ci se leva aussitôt, prêt à aller remonter les bretelles de ce plaisantin. (hé doucement, Kind Bradley, un plaisantin? C'est à cause de lui que Roy va jouer les pirates dans la série! pleurs, quoique, ça lui donne un style… bravo Bradley! hip hip hip hourra!)
-Ainsi, le lion n'a pas été long à se réveiller. Maintenant, il s'attaque aux barreaux de sa cage. J'aurais cru qu'il aurait pu se montrer un peu plus intelligent. Mais non, les créatures de son espèce ne changeront jamais.
Sara, Clamp et Miko échangèrent des regards pleins de questions. À l'évidence, le seul à comprendre ce qui se passait vraiment dans la tête d'Elsa, c'était Black Stallion. Et malheureusement, personne parmi eux n'était dans sa tête à lui.
-Si vous voulez, madame, je m'occuperais de Bradley. Ça ne posera pas beaucoup de problème, déclara l'homme aux cheveux d'ombres.
Miko ouvrit de grands yeux et Sara se sentit obligé d'intervenir.
-Vous savez, Bradley n'est quand même pas n'importe qui, il est très fort. Et très dangereux. Dans l'état où il se trouve, je doute que qui que ce soit parmi nous ait des chances contre lui.
-Non, Sara a raison Stallion, nous allons vous gardez pour plus tard. Vous êtes trop important pour vous faire remarquer tout de suite. Nous avons des ennemis qui ne doivent tout de suite connaître votre existence. Alors restez discret et laissez-moi faire. Je vais m'occuper de cette affaire. Clamp, faites parvenir à Bradley le message suivant, je vais le rencontrer en privée aujourd'hui même, là où il le voudra. Dans une heure. Faites en sorte que les deux sections de l'armée soit au courant de se qui se passe dans quelques heures. Le temps que la nouvelle se répande, j'aurais arrêté la crise, déclara Elsa en passant une main dans ses cheveux ondulants.
Clamp pâlit devant le sourire carnassier de la jeune femme. Elle ne plaisantait pas et il n'avait aucune envie de remettre en doute sa confiance en elle. Il était sûr qu'elle pouvait faire tout ce qu'elle décidait de faire. Il suffisait de la voir aller. Quand on y croit, on peut presque tout. Et elle croyait suffisamment pour décrocher la lune.
-Pourquoi prévenir les sections inférieures de l'armée que nous sommes en état de crise, ils pourraient essayer d'intervenir pour faire un coup d'éclat, s'interposa Miko, doutant du plan de sa généralissime.
-J'aurais fini avant que l'un de nos colonels ait le temps d'intervenir si c'est ce qui vous inquiète. N'ayez pas de doute là-dessus.
Ce n'est qu'en rentrant au QG qu'Edwards et son frère furent mis au courant de la nouvelle que tous connaissaient déjà. Il y avait un nouveau généralissime. Ou plutôt, une nouvelle généralissime. Et ça ce n'était pas régulier. Mais pire encore, Kind Bradley, le généralissime s'était rebellé à ce changement, et avait enlevé les anciens généraux pour obtenir un entretien avec Elsa Sciez. En ce moment même, l'entretien avait lieu et tout un chacun avait pour ordre de rester à carreaux s'il ne voulait pas être viré illico. Toute intervention extérieure à la généralissime pouvait causer la mort des anciens généraux et en aucun cas on ne souhaitait voir leur mort. Ils pouvaient toujours être utiles.
-Mais qu'est-ce que ça signifie? Qui a bien pu laisser faire une telle chose? On risque l'anéantissement interne, les soldats vont se rebeller contre l'armée, il y en a qui vont suivre Bradley, ça n'a aucun bon sang, s'énerva Edwards une fois qu'il eut été mis au courant.
Lui et son frère coururent jusqu'au bureau de Roy Mustang pour en savoir plus. Le colonel serait certainement plus au courant que de simples soldats.
Pendant ce temps, Hawkeye se retenait pour ne pas piquer sa première crise de nerfs de la journée. Mustang marchait d'un bout à l'autre du bureau, les bras croisés dans le dos. Il s'inquiétait tellement qu'il n'arrivait pas à se concentrer. Et son lieutenant avait beau le rappeler à l'ordre, il n'y avait rien à faire pour le ramener à la raison. Depuis qu'il savait que la généralissime risquait sa vie pour récupérer Hakuro et les autres, il se rongeait les sangs. Chose qui aberrait Hawkeye au plus au point.
-Qu'est-ce qu'ils racontent les portiers, ils sont devenu fous ou quoi? Depuis quand il y a une femme généralissime! Et qu'est-ce qui lui prend à Bradley? demanda Edwards en débarquant en catastrophe dans le bureau du colonel.
-Oui, il y a une femme généralissime, full metal nabot, et tu n'as pas d'inquiétude à te faire pour Bradley, elle va s'en occuper, lui répondit Havoc.
-Mais les anciens généraux qu'elle a fait remplacé sont vraiment retenu en otage par Bradley, s'informa Alphonse.
-Non, ils sont de son côté, ils l'ont suivis de bon gré, parce qu'ils sont tous aussi furieux que Bradley à propos des changements que cette Elsa a faits survenir dans l'armée.
-Mais qui pouvait avoir l'autorité suffisante pour renvoyer King Bradley, il est censé être l'homme le plus puissant de l'armée et du pays, non?
-Il y a de la magouille là-dessous, c'est clair, marmonna Hawkeye entre ses dents.
Mustang s'arrêta brusquement de marcher et releva la tête. Il venait de réaliser quelque chose. Ils avaient su assez tard qu'ils n'auraient pas le droit d'intervenir dans ce que ferait la généralissime, mais cela signifiait aussi que rien n'était encore fini. Et s'ils n'avaient pas le droit d'intervenir, ils auraient certainement le droit de regarder. Connaissant Elsa, elle s'arrangerait pour que ce qui arriverait se sache. Elle utiliserait cette opportunité à son plein potentiel. Sciez n'était pas du genre à laisser passer les bonnes occasions. Ni les mauvaises…
-Venez, je sais où tout se passe et on aura le droit à la place d'honneur pour voir. Rien n'est encore tranché et on ne doit surtout rien manqué du spectacle, s'exclama-t-il.
Edwards douta un moment de sa raison, puisqu'il ne comprenait rien à ce que le colonel venait de dire, mais ils le suivirent dans le couloir pour rejoindre un poste d'observation tout à fait enviable et voir ce qui allait arriver avec Bradley et leur nouvelle généralissime.
-Ainsi, j'ai enfin l'honneur de rencontrer ma charmante remplaçante. Elsa Sciez c'est cela? plaisanta Bradley.
-Exactement monsieur Bradley, répondit l'interpellée en embrassant du regard la pièce où ils se trouvaient.
L'ex-généralissime lui avait donné rendez-vous dans une salle d'entraînement au tir de l'armée. Il espérait ainsi la rendre mal à l'aise. Mais Elsa ne se laisserait certainement pas impressionnée aussi facilement. Elle était une excellente tireuse et avait nombre d'autres ressources. Elle leva un moment les yeux vers les baies vitrées entourant le gym d'entraînement. Des soldats se massaient déjà dans tous les postes d'observations auxquels avaient normalement droit les généraux et les colonels qui cherchaient de nouvelles recrues.
Mustang, Hawkeye, Havoc, Breda, Fuery, Falman, le full metal et son frère, ainsi que les trois quart des effectifs de l'armée s'étaient massé autour des fenêtres pour la voir à l'action. Les généraux des sections rouges et bleus observaient eux aussi.
-Eh bien, nous sommes dans une vraie pièce de théâtre, et nous avons le premier rôle Bradley, sourit la jeune femme.
Bien qu'il ne soit pas humain, l'homonculus devait avouer en son fort intérieur que cette femme n'était pas mal du tout. Il aurait bien aimé découvrir tous ses atouts féminins, mais malheureusement, la situation ne s'y prêtait pas vraiment. À moins qu'il ne fasse quelque chose de terrible qui le descendrait tant aux yeux de ses anciens camarades qu'ils ne pourraient plus jamais le regarder en face. Et plus jamais l'avoir en tant que chef suprême.
-Mais appelez-moi King, je vous en prie.
Elsa força un sourire et jeta un coup d'œil supplémentaire aux alentours, pour être sûre de se remémorer tous les objets se trouvant autour d'elle. À moins qu'elle ne veuille lui faire croire qu'elle était inquiète et mal à l'aise.
-Vous n'avez pas peur, toujours?
-Non, voyons, King, après tout, il n'y a rien d'inquiétant à se retrouver face à quelqu'un qui a réunit ses anciens collègues de l'armée pour faire pression sur son remplaçant. Vous avez penser à leur donner de la bière et de quoi se changer les idées à ses pauvres hommes? Vous savez qu'ils ne sont pas tous aussi philosophes et lunatiques que vous.
-Elsa, vous permettez, demanda-t-il en avançant vers elle, son air calme se crispant peu à peu. Il n'aimait pas du tout cette comédie. Cette femme était bien jolie, oui, mais il n'avait plus toute sa patience. Et elle avait usurpé son pouvoir, ce n'est pas le genre de chose qu'on pardonne pour des beaux yeux.
-Mais bien sûr, de quoi vouliez-vous que nous parlons?
-Arrêtez ces simagrées, je ne les trouve pas drôle et je n'ai plus tout mon temps. Vous m'avez fait tomber en disgrâce. J'aimerais savoir comment vous avez réussi à m'évincer de mon poste comme vous l'avez fait.
-Veuillez d'abord garder vos distances, j'apprécierai de garder mon espace. Puis, si vous voulez …
-La ferme! C'est pas bientôt fini ce baratin! On oublie les vous et les politesses, vous l'avez bien dit à VOS soldats!
Elsa perdit son sourire et son regard redevint dur et tranchant. Bradley eut un sourire pervers devant cette victoire. Il se sentait devenir froid et calculateur. Il se sentait vivant, alors qu'il ne l'était plus depuis très longtemps. Était-ce l'envie de vengeance en lui qui produisait tout cela? Oh, oui, vengeance, s'en était presque une jouissance rien que d'y penser.
-Je sais qui vous êtes, ou plutôt ce que vous êtes. J'ai de bonnes relations parmi les vôtres. Je leur ai fait comprendre qu'il serait mieux pour chacun d'eux de me laisser vous remplacer. Je vais révolutionner votre armée de baratineurs et d'empotés. Je vais régler bien des choses pour qu'il y est plus d'égalité ici.
-Elsa, je ne vous suis pas et je crois que vous ne m'avez pas suivi non plus, je vous ai dit de laisser tomber le vouvoiement, je n'ai aucune envie de vous respecter ou de recevoir la moindre marque de respect de votre part.
-Oh mais, le vouvoiement marque aussi la distance. Et je préfère vous garder loin de moi.
Tout en l'écoutant, Bradley se rapprochait d'elle, pas à pas. Il se fichait de ce qu'elle pouvait lui raconter. Elle ne disait pas ce qu'il voulait entendre. En fait, c'était à se demander s'il voulait réellement entendre quelque chose. Il était dans une colère noire et commençait à voir rouge.
-Je ne partage pas votre point de vue. On doit toujours être proche de ses amis, mais aussi de ses ennemis.
Elsa ne paniquait pas, mais elle n'aimait vraiment pas le voir se rapprocher ainsi. Comme un chacal arrivant sur sa proie. Il avait si sûr de lui que s'en était déstabilisant. Elle avait beau cherché en elle la volonté nécessaire pour le repousser, elle n'y arrivait qu'avec des efforts surhumains. Il lui rappelait trop un homme qui avait failli briser sa vie.
Edwards essaya autant comme autant de lire sur les lèvres des deux chefs d'armée, il n'y arrivait pas. Roy semblait sur le bord de la crise d'angoisse et Riza se demandait si elle ne ferait pas mieux d'intervenir. Havoc était en train de prendre la jeune femme aux cheveux noirs là en bas, en pitié tandis que Breda et Falman pariaient sur le vainqueur de cette joute verbale.
-Excellente politique, à condition d'être un peu suicidaire. Bradley, vous savez ce qui n'allait pas dans vos méthodes.
-Non et je ne veux pas le savoir, déclara-t-il tout de go en sortant son sabre, les yeux exorbité et la fumée lui sortant presque des narines.
-D'accord, vous avez le droit d'être en colère, je peux comprendre ça.
Il fronça les sourcils, ayant l'impression qu'elle se moquait de lui. Elsa se campait bien sur place, genoux fléchis, parée au déchaînement de la colère de Bradley.
-Non, tu ne peux pas comprendre pauvre humaine. Tu es bien loin d'avoir toute mon expérience. J'en sais cent fois plus que toi sur la vie et la mort. Mais si tu veux, je peux t'apprendre la partie dont tu sais le moins.
-Aucune politesse pour les femmes à ce que je vois? Dites-moi ce que vous voulez avoir Bradley pour nous rendre les généraux en pleine forme.
-Je veux récupérer ma place et vous faire disparaître de la surface de cette planète.
-C'est une très mauvaise idée, se moqua Elsa Sciez avec un regard d'une profondeur troublante.
Comme si elle pouvait lire en lui-même la réalité sur ses sentiments et ses désirs ! Comme si elle savait vraiment la vérité sur les homonculus, le plan final et le sacrifice. Comme si elle savait tout de lui et que tout se passait exactement comme elle l'avait prévu. Ses yeux le transperçaient comme deux dards et pour la première fois depuis très longtemps, il se sentit atteint et vulnérable.
-Tu ne peux savoir ce que je suis, il n'y a que moi qui le sache. Et tu ne peux pas être plus forte que moi, puisque personne ne l'a jamais été.
-Alors, vous voulez vous battre? demanda-t-elle.
Bradley la transperça à son tour du regard et elle frissonna de peur sous le choc. Il avait des yeux de tueur. Et de psychopathe.
-J'avais peur de devoir te faire un dessin.
De l'endroit où il se trouvait, Edwards réussissait presque à lire sur les lèvres des deux adversaires. Mais il ne comprenait pas tout à fait tout ce qu'ils se disaient. Il se demandait pourquoi cette femme n'avait pas déjà fondu en larmes devant l'ancien généralissime. Il faisait vraiment peur.
-Ne vous inquiétez pas, j'ai toujours su lire entre les lignes, le rassura Elsa en se mettant en position de combat.
Roy haussa un sourcil, surpris à l'idée qu'Elsa soit prête à se battre dans ce genre de tenue. Elle portait une robe longue qui entraverait tous ses mouvements. Hawkeye devait se faire une toute autre réflexion, dans le genre, qu'elle, elle ne porterait pas de robe mais de bon vieux pantalon pour se battre, étant toujours prête à toute éventualité. Havoc trouvait que la nouvelle généralissime était décidément très belle et Falman pariait avec Fuery sur l'identité du gagnant de ce combat qui se préparait.
-Ils ne vont quand même pas se battre, s'exclama Alphonse de sa voix trop petite pour son corps.
Edwards soupira, avant de dire que ça ne changerait certainement pas grand chose. Si cette madame Sciez n'affrontait pas Bradley elle-même, se serait les murs du gymnase qui le feraient. Car à le voir, King ne semblait pas prêt de partir sans avoir laissé comprendre toute sa rage à sa remplaçante.
-Alors, tu n'en démordras pas, soupira la jeune femme.
-Ce n'était pas si dur que ça de me tutoyer, tu vois? Allez, donzelle, montres-moi ce que tu as dans le ventre et on verra bien si je veux laisser mes généraux partir après.
-Saches deux choses, un, ce ne sont plus les généraux de personne, puisque je les ai fait viré, comme toi, deux, c'est toi qui vas devoir me montrer ce que tu as dans le ventre, répliqua Elsa en se moquant ouvertement de lui d'un haussement de sourcil.
-Wow! Elle est gonflée pour le défier comme ça! s'exclamèrent les soldats depuis leur point de vue sur le spectacle.
Bradley perdit patience une bonne fois pour toute. Il ne s'en laisserait pas montrer par cette ridicule humaine. Il était le King! Son prénom n'était qu'en même pas dépourvu de sens à ce point! Après tout, il l'avait choisi lui-même et il avait de bonnes raisons pour ça.
Il ne prit même pas le peine de sortir une arme, ne croyant pas que ce serait nécessaire. Il n'en avait pas amené. Il était sûr de pouvoir tout régler avec ses poings. Il chargea sans la moindre élégance. Cette tactique manquait cruellement de subtilité et de stratégie, mais on ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Être évincé d'un plan qu'il avait lui-même conçu n'avait jamais été dans la liste des évènements qui risquaient de lui arriver.
Elsa sourit, mais n'esquissa aucun geste pour se défendre. Si ce n'est qu'elle plissa ses yeux noirs, se donnant par le fait même un air terriblement sournois. Les soldats suivirent les pas de leur ex généralissime et l'attitude de sa remplaçante avec des yeux gros comme des canons de bazooka. La tension (et l'attention) était démente. Un éclair leur brouilla la vue à tous pendant une fraction de seconde. Quand ils purent voir de nouveau, Elsa était debout et fraîche comme une rose, devant un Bradley K.O.
Mustang croisa les bras, réconforté au plus profond de lui-même, quoiqu'il n'osa pas se l'admettre et se permit enfin de respirer à nouveau. Il ne semblait pas du tout surpris par ce qui venait de se produire. Edwards de son côté n'en était toujours pas revenu cinq heures après l'événement. Clamp et Miko avait fait disparaître le corps inconscient de Bradley dans une prison et le firent garder sous haute détention dès qu'Elsa les laissa entrer dans le gymnase.
Hawkeye et Havoc restèrent un moment à regarder leur généralissime depuis leur point d'observation, cherchant tout deux à percer ce nouveau secret. Comment avait-elle réussi un tel coup! Personne n'avait rien vu! Jean remarqua les tremblements très rares qui agitaient la jeune femme, seule, dans le gymnase, devant le corps évanoui de Bradley. Il ne put demeurer insensible à sa peur et se sentit poussé des ailes. S'il l'avait osé, il serait descendu la réconforter. Sa peur était très compréhensible.
Riza ne remarqua pas que les tremblements de Sciez, mais aussi la sueur sur son front et ses deux poings crispés à s'en blanchir les jointures. Elle comprit aussitôt que ce coup là avait demandé beaucoup de puissance à cette femme qui avait osé se glisser entre elle et son colonel. Le lieutenant en tira une froide vengeance qu'elle savoura un instant. Cette Elsa Sciez n'était pas aussi forte qu'elle voulait le faire croire. Elle n'était toujours qu'une femme. Et qu'un être humain.
-Hawkeye, cessez de lui chercher des défauts et venez, nous avons du travail, déclara Mustang en constatant que ses lieutenants ne l'avaient toujours pas suivi dans le couloir.
Havoc obéit à contre cœur, son cœur se trouvant justement dans la balance. Il se sentait le besoin de protéger la généralissime. Quelque chose l'y appelait. Ce n'était pas seulement son devoir de soldat. C'était crucial. Il devait la revoir seul à seule… Mais cela devrait attendre. " Qu'est-ce qui me prend? " se demanda-t-il, étonné à l'idée de tenir un tel raisonnement. Ce n'était pas parce que cette Elsa lui était tombée dans l'œil qu'il devait tombé à genoux devant elle.
-Hawkeye, je vous ai dit de cesser ce manège ridicule. Vous êtes très drôle jalouse, mais il y a quand même des limites. Il n'y a rien entre moi et Elsa, je vous l'ai déjà dit, insista Roy en voyant que Riza ne se décidait pas à venir.
Falman se pencha vers Fuery pour lui murmurer un commentaire de son cru : Non, il n'y a rien entre eux, sauf le fusil d'Hawkeye.
Les trois hommes de Mustang échangèrent des regards amusés avant de suivre leur colonel et ses deux lieutenants.
Alphonse et son frère demeurèrent un moment en retrait, étant tout les deux encore sous le choc. L'armure considéra l'amplitude de la situation avant de faire son commentaire.
-Qu'est-ce que tu crois qu'elle a fait?
-Cette femme est une alchimiste, Al. Sûrement la plus forte que j'ai jamais vu à l'action. Et certainement la plus dangereuse si elle peut neutraliser King Bradley d'une seule attaque, expliqua Ed, encore sonné.
-Mais pourquoi est-ce que personne n'a rien vu de ce qu'elle a fait?
-La connaissance, c'est le pouvoir, sourit tristement l'adolescent. Elle doit vouloir garder ses méthodes secrètes. Elle nous en a mis pleins les yeux, exprès. Pour que personne ne sache comment elle se bat. Ainsi, elle a toujours un tour d'avance sur chacun de ses soldats.
-Mais quand même, il ne lui a pas fallu longtemps pour mettre Bradley K.O. remarqua le cadet en jetant un dernier coup d'œil vers l'ancien généralissime, que deux des généraux bleus avaient pris en charge.
-C'est pour ça que nous devons lui parler frérot. Elle doit en savoir plus que tout le monde sur bien des trucs d'alchimie. Dont la pierre philosophale.
Devant l'air machiavélique de son aîné, Alphonse se demanda s'il ne ferait pas mieux de l'attacher quelques heures, le temps qu'il revienne à son état normal.
Dans le gymnase, Elsa revenait de la frayeur qu'elle avait eue. Pendant un instant, elle avait douté de pouvoir l'arrêter à temps. Puis les yeux de Bradley lui avait rappelé un mal si lointain. Devant son manque de réaction, Clamp se demanda si elle n'allait pas avoir un malaise. Il s'approcha d'elle, laissant Miko s'occuper seul du généralissime.
-Est-ce que ça va? Madame Sciez? interrogea-t-il la jeune femme qui semblait vouloir se transformer en statue.
Elsa revint à la réalité à la voix de Clamp et battit des paupières, surprise d'avoir décrocher un instant suite à son attaque. Elle ne s'attendait pas à cela. D'habitude, ces coups ne se suivaient pas par des absences. À moins que…
-Oh seigneur…
Sarah entra dans la salle d'entraînement et considéra les dégâts avec un coup d'œil d'expert.
-Si vous voulez, je peux m'occuper de ce pauvre garçon, proposa la jeune générale à Elsa en regardant avec des yeux de prédateurs Bradley.
-Non, ça ira, il en a assez d'une à combattre pour aujourd'hui. D'ailleurs, Sarah, je suggère que tu restes loin des hommes de l'armée. Des généraux en particulier. Je comprends que tes hormones te travaillent, mais il y a d'autres endroits pour ce genre de choses.
Sarah ne rougit même pas sous l'insinuation. Clamp sourit, amusé de voir que la généralissime parvenait déjà à taquiner la jeune femme ainsi. Quant ils n'étaient encore que des recrues. Lui et Sarah s'était retrouvé dans le même camp, et il avait vite compris qu'il ne fallait jamais rien insinuer de mal sur cette jeune fille si on voulait rester entier.
-Madame Sciez, êtes-vous sûre que vous allez bien? insista-t-il.
-J'ai mal à la tête et une légère nausée, mais rien de bien méchant. Je crois qu'il faut que je mange un morceau et j'irais beaucoup mieux, merci, Clamp, répondit-elle en posant une main sur le bras droit du jeune homme.
Il rougit devant cette marque de reconnaissance. Venant de la généralissime, c'était quelque chose de grand. De très grand même. Quelqu'un arriva sur ses entrefaites en se raclant la gorge. C'était Black Stallion. Il avait l'air contrarié. Elsa retira sa main du bras de Clamp et se retourna vers le général aux cheveux noirs.
-Quoi? demanda-t-elle, l'air plutôt exaspérée.
-Madame, commença-t-il, d'une voix manquant beaucoup de respect. Je crains que nous n'ayons un contretemps dans notre traque. Vous savez, celle de Bernard? Il nous a filé entre les doigts pendant que tous les anciens généraux faisaient le fête entre eux.
-Pouvez vous me parlez d'une chose à la fois?
-Hakuro s'est proclamé porte-parole des ex-généraux et nous a expliqué qu'ils ne participaient pas au plan de Bradley, mais à une fête d'au revoir entre chômeurs. Selon nos lois, nous ne pouvons pas les arrêter pour complicité dans une insubordination.
-Et Bernard, lui, d'où il sort? interrogea Sarah avec un sourire.
-Oh, une vielle connaissance de notre généralissime. Il a déjà causé quelques problèmes dans nos rangs, nous l'avions arrêté et il attendait derrière les barreaux le jour de son procès. Mais comme toute l'attention est demeurée ici, à cause de Bradley et de Sciez, il a réussit à s'échapper. Nous avons essayé de l'arrêter sans y parvenir. Miko est toujours après lui.
Clamp et Sarah se sentirent aussitôt très mal à l'aise. C'était de leur devoir d'assister aux opérations secrètes de l'armée, et à la place de se charger de ce prisonnier, dont ils ne connaissaient pas l'existence une dizaine de minutes auparavant, ils étaient resté avec les autres soldats, à regarder le combat des deux généralissimes.
Black Stallion n'avait jamais douté d'Elsa et avait prévu d'écouter la prise vidéo du combat. Il préférait de loin remplir son devoir. Clamp devina dès lors que ce type était du genre à toujours être à sa place, à cause d'une ambition maladive ou bien d'un sens du devoir infaillible.
-Bien, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise Stallion, j'ai fait mes preuves, c'est votre tour. Vous n'avez qu'à arrêté Bernard vous-même. Vous étiez en charge de le surveiller à ce que je sache.
-Pas vraiment, voulut se défendre le généralissime.
-Pas d'excuse Black. Tu ne m'y prendras pas. Vas attraper Bernard et que ça saute. Et vous, allez donc l'aider, vous ne serez pas trop de trois.
Les trois généraux se précipitèrent vers la sortie pour mener à bien leur nouvelle mission quand elle les rappela.
-Non. Attendez, j'ai une meilleure idée. Je vais tester ces deux jeunes garçons. Les frères Elric. Appelez les et demandez leur de venir dans mon bureau. Ce seront eux qui retrouveront Bernard.
-Mais… commença Clamp, croyant pouvoir récupérer l'honneur de mener à bien cette mission. Sinon, ce serait une véritable insulte pour lui, Sarah et Stallion.
-Non, non, faites ce que j'ai dit, je veux que ce soit les frères Elrick qui réalisent cette mission. Je suis sûre qu'ils en sont capables. Sinon, je m'en occuperais. Vous aurez la chance de faire vos preuves plus tard. Pour quelque chose de plus important.
Stallion la dévisageait d'un regard noir. Elle lui sourit, mesquine, faisant tourner le couteau dans la plaie. Oui, voilà sa force, ce qui la rendrait plus puissante que Bradley. Elle contrôlerait bientôt tous ses soldats. Chacun voudrait lui faire ses preuves. Ils seraient prêts à mourir dans une mission qu'elle leur donnerait. Ils la vénéreraient comme une déesse invulnérable. Elle avait prouvé qu'elle pouvait battre un ennemi telle que King Bradley en un éclair. Elle pouvait donc résister à tous les assauts qu'on n'éviterait pas de porter contre elle. Et l'armée serait à ses pieds. Edward Elrick serait à ses pieds lui aussi. Et elle en ferait sa meilleure arme.
Black Stallion lut son plan de conquête dans ses yeux trop noirs et se détourna, frustré de ne pas pouvoir lui mettre de bâton dans les roues. Il lui devait tout. Absolument tout. Il n'avait d'autre choix que de lui obéir…
Pendant ce temps, Edward commençait à creuser la question. Celle à savoir, et si la généralissime acceptait de lui enseigner quelques uns de ses trucs d'alchimiste? Elle avait l'air d'être la meilleure de ceux qu'il ait jamais. Elle surpassait Bradley et ce n'était pas peu dire. S'il savait qu'à ce moment précis où il pensait à elle, elle pensait à lui, il aurait sûrement pris peur. Encore plus s'il avait su ce qu'elle comptait lui faire faire.
-Roy, vous avez remarqué comme Havoc semble s'intéresser à la nouvelle généralissime, demanda Breda en se rapprochant de son colonel.
-Oui, pourquoi?
-Vous n'avez pas peur qu'il n'essaie quelque chose de désespéré, vous savez, il est célibataire depuis plusieurs mois maintenant et il a beaucoup de misère à le supporter, ajouta Fuery.
-Et alors? souffla Roy, se fichant complètement du désespoir de Jean et de se qu'il pouvait bien vouloir faire en dehors du travail. Mais quand il réalisa ce que Breda et Fuery voulaient lui dire, il écarquilla les yeux de stupeur. Non, une telle chose ne pouvait pas arriver et ne devait pas arriver.
Bon, euh, voilà, c'est la fin du deuxième chapitre, ouf… Pour les titres du dessus, qui sont vachement long et compliqué, j'explique :
Vollständing Metall Alchimist : Version allemande de fullmetal alchemist
Vollständing Metall Liebhaberin version all. De fullmetal lover
Full metal lover - Central et les mécaniciens : le titre de la fic et du chap
Zentral und die mechanikerin : le titre du chap en allemandKapitel Zwei : chapitre 2 en allemande et vive le dictionnaire de mon ordi!
Chapitre 2: ben, c'est simple là, chapitre 2!Pas mal, hein? Je crois que je ferais un bon prof, si j'avais la patience avec les jeunes… Non, je déconne, je suis jeune! Mais bon, je préfère encore écrire et lire des mangas que d'enseigner les autres, je ne suis qu'une petite égoïste… Non, ne me frappez pas, j'ai plus d'ambition que ça! Bref, salut!
