Voici le second chapitre tout chaud ! J'espère qu'il vous plaira.
Pour mes deux reviewers non enregistrés, auxquels je ne peux pas répondre via mp :
Eudore = Merci beaucoup pour ta review. J'espère que la suite te conviendra. :)
Loutre = Un pseudo qui me parle ! Merci beaucoup pour ton commentaire. Je suis très flattée par tout ce que tu me dis, et j'espère que la suite ne te décevra pas. J'avoue que je suis assez dubitative quant à l'avenir que Rowling dit avoir tracé pour Hermione : apparemment, elle n'aurait même pas passé ses Aspics après la guerre. Je trouve que ça ne lui ressemble pas beaucoup.
A bientôt, bonne semaine, et comme d'habitude, n'hésitez pas à me donner vos impressions!
Rappel : aucun personnage ne m'appartient, tout est à J.K. Rowling, bien entendu.
EDIT : et désolée pour le petit couac qui fait que j'ai dû poster ce chapitre à deux reprises.
C'est les vêtements couverts de suie, voire même brûlés en certains endroit, les cheveux défaits et la mine décomposée qu'Hermione se présenta devant la directrice qu'elle avait quitté trois quarts d'heure plus tôt. Minerva McGonagall, en voyant son élève, ne perdit pas de temps à poser des questions, et invita immédiatement la jeune femme à s'asseoir. Celle-ci s'exécuta docilement, les yeux perdus dans le vague, les mains jointes et serrées au point que les jointures en apparaissaient blanches.
En l'observant du coin de l'œil, la directrice entreprit de préparer de nouveau du thé, en attendant qu'Hermione lui raconte ce qu'elle savait déjà.
« Vous le savez, n'est-ce pas ? »
Quand la vieille femme se retourna vers son élève, elle se rendit compte que son regard était désormais fixé sur elle. Il semblait presque accusateur, mais avant tout curieux. Elle laissa échapper un soupir de lassitude avant de répondre :
« Bien entendu : c'est moi-même qui l'ai sorti de la cabane hurlante, le pauvre homme. » Elle s'installa à son tour dans un fauteuil face à la jeune sorcière, et lévita un plateau où elle avait placé le thé et quelques biscuits, dans la plus pure tradition anglaise. Elle s'empara d'une tasse en porcelaine fleurie de roses, et sirota son breuvage avant de poursuivre.
« Je dois dire... que je ne m'attendais pas à ce que sa présence soit découverte aussi vite. » Elle sourit affectueusement : « mais je suppose que l'on ne pouvait pas espérer vous berner : vous n'avez jamais supporté que le château puisse avoir des secrets qui vous échappent ».
« Je doute de connaître tous les secrets de Poudlard », concéda finalement Hermione, en songeant à la richesse de l'histoire de ce bâtiment.
« Je doute que quiconque puisse un jour découvrir tous ces secrets, Miss Granger », avoua McGonagall, « Albus lui-même reconnaissait que Poudlard restait en partie un mystère pour lui. »
« Une entité à moitié-consciente », acquiesça Hermione, en songeant à l'armée de pierre qui avait défendu le château, aux escaliers mouvants ou encore à la salle sur demande.
McGonagall lui adressa un regard appuyé que la jeune femme ne sut pas vraiment déchiffrer, avant d'avancer, sur le ton de la confidence :
« Toutes ces choses, ces transformations, ce n'est que la partie émergée de l'iceberg, si je puis dire. Poudlard est capable de plus, bien plus. Il n'a pas défendu ses élèves autant qu'il aurait pu... »
Hermione fronça les sourcils, intriguée, et laissa la directrice poursuivre.
« Le château me semble parfois pleinement conscient, pas seulement enchanté, et comme toute personne, il a ses côtés agréables, et ses côtés plus sombres. Jusqu'à présent, vous n'en avez aperçu qu'un exemple. »
« La chambre des secrets... »
« En effet. Mais ne vous leurrez pas : cette... chambre n'est pas la seule dans son genre. Les différents directeurs qui sont passés ici ont tous implanté une marque, et elle n'a pas toujours été bien inspirée. Il y a d'autres monstres, d'autres créatures, d'autres sources de magies dont ne pouvons pas même imaginer la puissance, or l'école ne nous a rien envoyé de tout cela. »
« Peut-être était-ce parce que ces choses sont mauvaises ? », proposa Hermione, intriguée. Mais la directrice secoua la tête d'un air sérieux.
« Non, je ne pense pas. Poudlard ne nous a donné que ce que nous lui avons demandé, rien de plus. Je crois... » Elle laissa ses yeux se poser sur le sol quelques secondes, avant de reprendre : « Poudlard ne m'a pas immédiatement acceptée... Je n'ai pas pu m'installer facilement dans ce bureau. Et je n'ai pu commander aux gardiens de pierre que parce que je connaissais la formule... Je crois... que le château m'en voulait... de l'avoir fait partir ».
Hermione écarquilla les yeux, en comprenant de qui elle parlait.
« C'est Poudlard qui m'a envoyée chercher Severus, et ce sont les tableaux qui m'ont conseillé les potions et les formules qu'il fallait employer pour le garder en vie. Moi qui pensais qu'ils n'étaient là que parce qu'ils faisaient partie du folklore ! », ajouta-t-elle avec un petit rire embarrassé. « Mais non, ils étaient là, à observer les moindres de mes gestes, à me surveiller, à me donner des instructions... Ce n'est que quand Severus m'a officiellement laissé sa place que j'ai pu bénéficier de tous les pouvoirs de directeur... Mais Poudlard reste fondamentalement attaché à son précédent maître. »
« Comment le savez-vous ? »
« Vous pensez peut-être que c'est le professeur Slughorn qui a déplacé son laboratoire et la salle de classe ? Non, c'est l'école toute seule qui s'en est chargée. Je suis arrivée un soir dans les cachots, et tout était vide et sombre, entièrement offert à Severus... » Elle servit à nouveau du thé à Hermione, qui l'écoutait toujours attentivement. « Je n'ai rien contre le fait de le garder ici, Miss Granger, mais je suis inquiète. Ses blessures, et le rôle qu'il a dû endurer pendant tant d'années l'ont terriblement changé. Je ne suis même pas sûre qu'il ait toute sa tête. Cela fait des semaines que je ne l'ai pas vu, tout simplement parce qu'il ne me laisse même plus approcher de ses appartements. »
Elle conclut son explication par un autre soupir découragé, avant de s'intéresser pour la première fois à la tenue de celle qui allait devenir, dans seulement deux semaines, son apprentie pour huit ans.
« Ma pauvre Miss Granger, vos vêtements sont dans un état ! »
Elle se dépêcha de réparer et de nettoyer ce qu'Hermione portait, avant de lui demander enfin ce qui l'intriguait vraiment.
« Comment était-il ? »
Un frisson parcourut la jeune sorcière alors qu'elle se souvenait de sa rapide entrevue avec le maître des potions.
« Effrayant. Hostile... Pourquoi ne pas avoir dit qu'il avait survécu ? »
« Il ne voulait pas que ça se sache. »
« Mais est-ce que vous avez pensé à nous ? A Harry ? On l'a laissé mourir, vous n'avez pas songé que nous étions hantés par ça ? Toutes les nuits je le revois en train d'agoniser, toutes les nuits je me réveille en souhaitant que tout ça n'était qu'un cauchemar ! Était-ce si difficile de nous prévenir au moins tous les trois ? »
Sa propre colère l'avait prise par surprise. Elle ne s'était même pas rendu compte de sa fureur, de sa tristesse et de son malaise. Rien n'allait dans sa vie, et le fait de se croire le bourreau d'un homme juste et innocent ne faisait rien pour améliorer sa situation. L'échec de sa relation avec Ron était même en partie imputable à la mort de Rogue : au contraire des Weasleys, qui jouaient la comédie du bonheur pour résister à la disparition de Fred, elle ne parvenait pas à s'autoriser de la joie, quand elle se sentait criminelle.
Et elle ne se sentait pas mieux maintenant.
Severus Rogue était vivant, elle ne l'avait pas tué. Mais quelle vie était-ce pour lui ? Reclus dans ses cachots, muet, infirme et pourrissant, sans personne pour l'aider ? Certes, s'il était seul, c'était probablement parce qu'il le voulait. Méritait-il pour autant de l'être ? Elle en doutait fort.
« La seule chose qu'il m'a demandé, ce fut de ne rien dire à personne. J'ai pensé qu'il avait le droit de voir au moins cette volonté respectée », murmura d'un air contrit la pauvre vieille femme.
Elle parvint à se calmer suffisamment à s'excuser auprès de McGonagall, qui avait écouté sans broncher ses récriminations, et lui serra encore la main pour lui dire au-revoir. Néanmoins, avant de quitter le bureau, elle demanda où se trouvait donc exactement les salles du professeur Slughorn, et fit mine de partir pour rentrer au Terrier.
Elle n'en fit cependant rien.
Avant, elle rejoignit la nouvelle classe de potions, et parvint à trouver assez facilement la réserve. Après tout, tout était disposé de la même manière qu'avant, mais un étage au-dessus. Comme elle s'en doutait, Alohomora ne fonctionna pas sur la porte. Elle était protégée par un mot de passe, que seul le professeur connaissait.
Slughorn a toujours été terriblement prévisible, cependant.
« Harry Potter », prononça-t-elle, après avoir déterminé quel était le plus grand sujet de fierté de professeur, amateur de célébrités.
La porte céda immédiatement, et elle put pénétrer dans le petit local ou des centaines de flacons étaient rangés avec soin. Elle n'hésita pas à choisir les ingrédients : du foie de chauve-souris, des yeux de poisson, une potion d'assèchement, de la poudre grossière de corne de licorne. Puis elle hésita à envoyer un patronus à Harry, avant de se raviser, et de pousser plus loin ses investigations. Elle se rendit devant ce qu'elle savait être les appartements privé d'Horace Slughorn durant l'année scolaire, elle proposa divers noms connus dans le monde sorcier, avant de prononcer, par hasard « Lily Potter ». Elle entendit un discret cliquetis au niveau de la serrure, mais celle-ci demeurait bloquée. « James Potter » : rien ne se produisit. Elle murmura alors « Lily ? ». Une fois encore, un léger cliquetis s'échappa de la serrure. « Lily Evans ? », dit-elle enfin, et la porte s'ouvrit doucement, permettant à la sorcière de pénétrer dans un salon richement décoré, encombré de meubles lourdement ouvragés en bois précieux, et d'objets qu'elle supposait en or. Quelle exubérance, quelle abondance de babioles rutilantes et inutiles, pour celui qui était pourtant un Serpentard !
Sur des étagères elle repéra les photographies des gloires que le professeur se vantait d'avoir formé. Harry lui en avait parlé, durant leur année passée à chasser les horcruxes, en lui décrivant fièrement sa mère ainsi que son père.
Il y avait maintenant leur photographie, également : celle où ils étaient tous les trois, quelques jours après la défaite de Voldemort. Le survivant affichait un grand sourire, tandis que Ron et Hermione se contentaient d'échanger quelques regards gênés. A cette époque, ils ne savaient pas trop quoi faire l'un avec l'autre, et ce n'était que le début d'une relation compliquée et périlleuse, vouée à l'échec.
Elle vit, derrière des images qui dataient d'au moins vingt ans, le portrait d'un jeune garçon à l'air sombre, et reconnu immédiatement ses traits. Tandis que la plupart des célébrités présentes sur les photographies posaient avec d'autres personnes, lui était encore seul, et triste. Le cœur lourd pour cet enfant oublié derrière les autres images, elle plaça la petite photo devant la leur, estimant que Rogue méritait bien de figurer en première place sur cette étagère ridicule.
Enfin, elle se mit à ouvrir les armoires et les commodes, en quête de l'ingrédient rare qu'elle recherchait, et elle finit par le trouver, dans un petit tiroir de son secrétaire : un flacon de verre très épais, qui contenait une substance noire et visqueuse, presque solide. Ravie de sa trouvaille, elle s'en alla en prenant soin de tout remettre – exceptée la photo – à sa place.
A peine était-elle dans le couloir qu'elle se trouva nez à nez avec le Baron Sanglant, qui l'observa d'un œil suspicieux, mais sans rien dire.
Il se regardèrent en silence pendant quelques temps, avant que le baron vaque de nouveau à ses occupations, sans avoir adressé une seule parole à la petite voleuse. Peut-être était-ce parce qu'il avait compris ce qu'elle comptait faire de tout cela ? Peut-être était-ce parce que Poudlard voulait qu'elle prenne ces ingrédients, et qu'elle les lui apporte ?
Elle regarda rapidement sa montre : il était déjà vingt heures. Il était largement temps de rentrer chez les Weasley, qui devaient certainement s'inquiéter maintenant. Elle songea donc à retourner chez eux, et à préparer la potion là-bas. Mais elle renonça à cette idée très vite : comment expliquer son activité ?
Elle choisit donc de ne rien faire, et de se contenter d'apporter, pour cette fois, les ingrédients.
A vrai dire, elle ne savait même pas s'il la laisserait rentrer, et elle était déjà rongée par la peur à l'idée de le voir et peut-être de l'affronter à nouveau.
Mais n'était-elle pas une noble et courageuse sorcière de Griffondor ? N'était-il pas temps qu'elle fasse honneur à sa maison ?
Elle sut qu'elle avait été repérée dès qu'elle aperçu l'entrée des appartements de Rogue. Une ombre obstruait en partie la lumière qui filtrait en bas de la porte. Cela ne l'empêcha pas d'être horrifiée lorsqu'elle frappa, et que cette porte s'ouvrit en fracas sur la figure cadavérique du maître des potions, qui la fixait de ses yeux de fous.
Elle recula d'un pas, et pris sa respiration avant de présenter ce qu'elle avait dans son sac.
« Ne me chassez pas, je vous en prie ! », expliqua-t-elle d'une voix aiguë. « J'ai des choses pour vous ».
Plutôt que de répliquer comme il l'avait fait la première fois, il se contenta de regarder attentivement le couloir, avant d'écrire avec sa baguette.
« Comment m'avez-vous trouvé ? »
Surprise, Hermione balbutia :
« Je me contentais de visiter le château, je... »
Elle s'interrompit lorsqu'elle vit d'autres lettres se former, tandis que Rogue la regardait d'un air agacé :
« Comment avez-vous trouvé un passage ? »
Elle commença à répondre, sans comprendre :
« Je n'ai trouvé aucun passage... »
Rogue s'approcha dangereusement d'elle, au point qu'elle se mit à regarder ailleurs. Elle tressaillit d'effroi quand elle sentit des doigts froid lui relever le menton, et que son visage se trouva soudain à quelques centimètres seulement de celui de l'ancien mangemort. Elle remarqua alors une présence dans son esprit : une présence horrible, brutale, qui l'amena à revivre sa découverte, jusqu'à ce qu'elle revienne dans les cachots. Une fois que ce fut fini, ce fut lui qui se recula, songeur, avant d'écrire :
« Poudlard devrait cacher ma présence. » Il désigna l'entrée du couloir : « Un mur barre l'entrée à toute autre personne que moi ». Il lui jeta un regard dégouté : « Vous êtes incapable de contourner une telle magie ».
Il repartait dans sa chambre en boitant, et soufflant toujours ce râle douloureux, lorsque Hermione l'appela de nouveau. Quand il s'arrêta, elle se montra suffisamment courageuse pour le devancer et lui faire face, avant déposer sur le haut de la commode située à l'entrée, juste à côté de la porte, ses ingrédients, ainsi que la recette qu'elle avait pris le soin de mettre par écrit. Il regarda ce qu'elle lui montrait d'un air impénétrable, mais la laissa faire.
Alors, se sentant ragaillardie par ce qui semblait presque être de l'intérêt pour ce qu'elle lui présentait, elle osa porter les mains à son visage, doucement, en cherchant à ne pas l'effrayer et à ne pas provoquer sa colère. Comme elle l'avait prévu, il tenta d'échapper à son examen, et elle lutta également avec son propre dégoût pour toucher la matière noire et luisante qui recouvrait la partie gauche de son visage. C'était bien de la peau, moite, moisie, répugnante. Trop occupée à sentir cette texture sous ses doigts, elle ne se rendit pas compte que Rogue la regardait maintenant avec attention et qu'il avait subrepticement incliné sa tête contre sa main, comme si le contacta avec de la peau humaine lui avait manqué.
Il ne dit rien quand elle arrêta son examen, et attendit avec une patience inquiétante qu'elle parle.
« Neville a eu le même problème à la main, celle qui a tué ce monstre. » Elle n'osait pas prononcer le nom du serpent en sa présence, elle avait peur de le traumatiser. « Je suppose que c'est quelque chose que son maître lui avait ajouté après l'attaque de Mr Weasley... Votre peau ne retrouvera pas sa couleur naturelle, mais elle redeviendra saine, et elle ne vous fera plus mal. J'ai mis les instructions pour réaliser la potion ici. Le seul flacon qui n'est pas étiqueté contient le venin. Etes-vous capable de réaliser cela tout seul ? »
Il la mesura longuement du regard, avant acquiescer lentement.
« Je peux vous aider, sin... »
Cette fois-ci la réponse fut immédiate :
« Non »
Elle opina du chef, peu surprise. Elle leva à nouveau les yeux vers son ancien professeur. Son apparence était effrayante, mais elle retrouvait maintenant les traits de celui qu'elle avait connu. Avant de se retirer, elle osa enfin lui avouer timidement :
« Je suis heureuse que vous soyez en vie. Pardonnez-moi de ne pas vous avoir aidé à temps. »
Elle s'en alla avant d'avoir pu voir la réaction du sorcier ; réaction qu'elle devinait négative et dédaigneuse. Il en avait le droit, après tout. Il l'avait sauvée, elle ne l'avait pas fait. Il pouvait bien la haïr pour le restant de ses jours si cela lui apportait un peu de satisfaction.
Épuisée, et sachant qu'elle ne pouvait raisonnablement pas parler de sa découverte à qui que ce soit, elle assista poliment au repas de la famille Weasley, répondit patiemment aux questions que l'on posait sur ses études futures, et alla promptement rejoindre son lit, qui était maintenant installé de façon permanente dans la chambre de Ginny. Elle dormi d'un sommeil de plomb, étonnamment vide de rêves, et ne se réveilla que lorsque la matinée fut bien avancée.
Elle trouva sur sa table de chevet une petite enveloppe signée du nom de Minerva McGonagall, et lut attentivement le court message qui lui était adressé. Elle haussa les sourcils, emporta la lettre avec elle dans la salle de bain, et la garda dans sa main alors qu'elle descendit l'escalier qui menait aux pièces communes du terrier, sans songer cependant à la relire.
La maisonnée était alors très agitée, et même les plus jeunes étaient déjà levés, lorsqu'elle arriva dans la cuisine pour prendre son petit-déjeuner. Les sorts de détection de magie fusaient dans tous les sens, illuminant les pièces les plus sombres d'étincelles colorées. Hermione repéra, au milieu de ce tumulte, une Molly Weasley particulièrement agitée, qui se précipita vers elle lorsqu'elle se rendit compte de sa présence.
« Les défenses de la maison ont changé », expliqua Mrs Weasley d'un ton qui se voulait rassurant, en lui passant un bras autour des épaules, « mais ce n'est rien de grave, ne t'en fais pas. Arthur et Kingsley ont effectué toutes les vérifications possibles : on ne sait pas qui a pu édifier de telles barrières magiques, mais personne n'en avait jamais vu d'aussi résistantes ».Avant même qu'Hermione ait pu ouvrir la bouche pour lui demander des précisions, Molly était repartie dans le jardin afin d'examiner cette curiosité avec son mari et leur ami.
Ron et Harry en profitèrent pour lui demander de les rejoindre dans leur chambre, et lancèrent un sort afin qu'aucun son ne sorte de la pièce.
« Tu ne diras rien à Ginny, hein ? », demanda le garçon aux yeux verts, nerveux.
« Dire quoi ? », demanda son amie.
Les deux amis échangèrent un regard ennuyé, avant de répondre :
« Toute la maison est protégée, mais ce n'est rien par rapport à votre chambre, à Ginny et à toi. »
Hermione écarquilla les yeux, sans comprendre ce qu'ils voulaient dire. Harry reprit donc :
« Quand papa a lancé les sorts pour voir sous quelle protection avait été placée la maison, on a vu qu'il y avait beaucoup d'éléments : des runes, des charmes, et même quelque chose comme un serment inviolable. Mais quand ils ont vérifié votre chambre, c'était dément : il y a au moins trois fois plus de runes, de charmes, des choses dont on ne connaissait même pas l'existence. Et puis... »
Ron se tourna vers Harry, qui continua, d'une voix hésitante :
« Et puis Ginny dit qu'elle a vu quelqu'un dans le noir, cette nuit. Dans votre chambre. Au départ, comme elle était dans une espèce de demi-sommeil, elle pensait que c'était juste un cauchemar, mais maintenant... Elle va dormir dans notre chambre, et peut-être que tu devrais en faire autant ? »
Hermione acquiesça sans conviction, perdue dans ses pensées, et s'excusa rapidement. Revenue dans la chambre qu'elle partageait avec la sœur de Ron, elle se rendit compte qu'elle avait oublié le mot de McGonagall, et s'apprêtait à rentrer chez les garçons quand elle les entendit qui se parlaient sans faire attention : ils avaient dû oublier que le sort d'insonorisation devait être relancé quand une personne sortait de l'espace protégé. Elle se figea, quand son nom fut prononcé.
« Il faut pas laisser le choix à Hermione. » Elle reconnut la voix de Harry.
« Elle ne veut pas. Tu l'as bien vu : ça la gêne de dormir dans la même pièce que moi. »
« Il faut lui dire alors. »
« Elle va paniquer ! »
« Tant pis ».
« Ah oui ? », fit la voix de Ron qui paraissait agacé, « et comment tu comptes lui dire ? « Oh ! A propos, Hermione : le type qu'on ne connaît pas et qui était dans votre chambre, Ginny croit l'avoir vu passer une partie de la nuit penché au dessus de ton lit ! Viens dormir avec nous, et reprends donc un peu de pudding ! »
Paniquée et soudain pressée de reprendre le mot de la directrice, elle fit volontairement beaucoup de bruit, avant de rentrer dans la chambre des garçons, l'air de rien, et d'emporter l'enveloppe oubliée. De nouveau sur son lit, à l'abri des regards indiscrets, elle relut le petit papier :
« Chère Miss Granger,
Je ne suis pas sûre que cela vous concerne, mais j'ai le sentiment qu'il faut malgré tout vous prévenir : Severus n'a pas passé la nuit dernière à Poudlard. C'est la première fois qu'une telle chose arrive depuis que je l'ai ramené à l'école. La trace que j'ai marquée sur lui indique qu'il est allé, entre autres, à la demeure des Weasley, dans laquelle vous résidez actuellement. Je vous prie de rester vigilante, et de ne pas le voir sans être accompagnée par Mr ou Mrs Weasley, s'il venait à se montrer. Je ne suis pas certaine qu'il soit en pleine possession de ses esprits, et je m'inquiète de ce changement de comportement qui semble consécutif à votre rencontre.
Faites attention à vous.
Minerva McGonagall, directrice de l'école de sorcellerie Poudlard. »
