Titre : Memories

Auteur : Votre très dévouée Marquise Sissy

Crédit : Tous les personnages et l'univers appartiennent à Maitre Masashi Kishimoto, je ne fais que les emprunter et jure solennellement ne pas me faire d'argent avec.

Genre : Romance, drame, yaoi (relation entre deux hommes)

Résumé : Neji revient de mission totalement transformé. Kiba doit s'occuper de lui. Mais ce n'est pas si facile de voir son ancien amant dans cet état...

Bêta-lectrice : Yzanmyo qui fait un super boulot. Merci encore.

Note de l'auteure Merci à toutes celles qui ont pris le temps de commenter.


Réponse aux reviews anonymes :

Maruna : Merci pour ton commentaire. Tu as échapé de peu au jusqu"au bout dans le prologue mais Kiba n'était pas d'accord. Le Kiba Neji étant un de mes couples fétiche, je l'ai choisi délibérément et je suis contente que ça te plaise. J'ai justement choisi Neji pour régresser parce que dans le manga c'est l'un des plus matures de la génération. J'espère que ce nouveau chapitre te plaira autant.


Chapitre 1 : Souvenirs d'amitié

Des gémissements, un regard innocent, apeuré, son corps brûlant qui ne lui répond plus, laissant libre court à ses pulsions. Le dégoût dans les regards d'Hinata et de Sakura. Les accusations muettes qu'ils transportent...

Kiba se réveille en sursaut, ce n'était qu'un cauchemar. Tout ceci n'était qu'un cauchemar. Il regarde le corps endormi enroulé dans les draps de coton à coté de lui. Il se souvient, il se rappelle qu'une partie de son songe est réelle. Il se souvient, il a failli, il était sur le point de… de… Non, c'est trop dur d'y repenser. Cela fait maintenant une semaine qu'il s'est laissé aller, une semaine qu'il n'en dort presque plus la nuit, tant le remord le ronge.

D'un geste doux, il effleure la peau pale de Neji paisiblement endormi près de lui. Bizarrement, le jeune homme lui a pardonné plus facilement qu'il ne se pardonne lui-même. Kiba trouve sa faute impardonnable, ce qu'il a fait était au delà de l'immonde. Il a abusé de la confiance de l'être qui compte le plus à ses yeux. Il s'est transformé en monstre.

Là, étendu, sur le lit, tranquillement pelotonné dans les bras de Morphée, il ressemble au Neji qui lui manque tant, celui en pleine possession de ses moyens qui partageait sa vie et qui le faisait vibrer. Le regard de Kiba sur son ancien amant est doux, empli d'amour. Un amour qui a lentement muri au fond de lui. Un amour dont il a envie de se souvenir. Il n'était pas que son amant, il était aussi son compagnon, son confident, son ami, son meilleur ami…Il ferme les yeux pour mieux se souvenir de leur relation si particulière, de leurs premiers contacts, de leurs premières rencontres, de leurs premières missions ensemble, de leur toute première mission ensemble, de leur premier échec commun aussi. Il plonge dans le souvenir de ces moments passés comme un naufrager s'accroche à une bouée de sauvetage.

Konoha venait tout juste de se faire attaquer par Orochimaru et Tsunade n'avait pris son poste d'Hokage que depuis très peu de temps. Tous les chûnins et les jûnins étaient en mission ou occupés à la reconstruction du village et cet abrutit d'Uchiwa avait décidé de fuir avec les sbires du ninja renégat. C'était Shikamaru, récemment promu chûnin, qui était leur chef d'équipe. Pour cette mission, ils étaient cinq : Shikamaru, Chôji, Naruto, Neji et lui. Cinq pour combattre les quatre du son. Cinq pour combattre Oto. Cinq pour ramener Sasuke.

La réflexion qui avait guidée les réactions du jeune Neji marquait alors sa maturité et ses grandes capacités de ninja déjà dévoilées lors de l'examen de chûnin. Kiba n'avait pu s'empêcher de l'admirer bien que peu avant il avait failli tuer, Hinata, sa propre cousine, et faire subir le même sort au, plus que têtu, Naruto lors de leurs duels pour cet examen. Oui c'est d'un homme comme lui qu'il est tombé amoureux, alliant grâce, force, beauté et intelligence. Capable de frôler la mort pour le salut de ses compagnons. La bataille avait été rude et il avait été impressionné par l'abnégation dont avait fait preuve Neji en restant seul derrière pour combattre un ennemi des plus farouche, sachant tout à fait que ce combat lui serait surement fatal.

Il n'avait pas été en reste lui-même dans cette bataille, il était passé très près de la mort. Il avait failli perdre Akamaru aussi, une erreur qu'il ne se pardonne toujours pas aujourd'hui. A croire qu'il ne se pardonne jamais ses propres fautes. Pourtant, malgré tous leurs efforts, malgré leur courage, ils avaient échoué. La déception avait était grande quand Naruto avait été retrouvé presque mort dans la Vallée de la Fin et qu'aucune trace de Sasuke ne fut trouvée hormis celles de la bataille terrifiante qui avait dû avoir lieu entre les deux coéquipiers, marquant la détermination des deux combattants, l'un à partir, l'autre à retenir son frère de cœur.

Leur mission était un échec. Sasuke avait gagné, il était parti. Ils avaient perdu l'un des leurs, un ninja de Konoha devenu déserteur, un de leur génération, un qu'ils avaient côtoyé toute leur enfance. Ils étaient passés tout près de la mort pour le ramener et avaient échoués. Un échec doux-amer.

Ils y avaient tout de même gagné une confiance presque inébranlable en leurs compagnons d'infortune. Ils étaient unis dans la douleur de la perte et de la déception. Chacun avait laissé une nouvelle part de son innocence dans leurs combats. Ils n'avaient pu se battre seuls. Ils n'avaient pu vaincre sans l'aide de Suna.

Ils avaient touché la mort ensemble. Ils étaient dorénavant liés. C'est ce jour là que Neji avait commencé à remonter dans son estime car comme tous les autres, il était lié à lui par une force que Kiba, lui-même, ne comprenait pas.

Les missions de recherche de Sasuke avaient continuées, parfois ensemble, parfois séparés. Il appréciait le changement de comportement de Neji depuis son combat avec Naruto dans l'arène pour devenir chûnin. Moins lointain, plus humain, même s'il gardait encore une certaine distance avec tout le monde par une curieuse habitude. On sentait dans son regard, dans sa façon de bouger, d'être, qu'il avait un fardeau en moins sur les épaules, qu'il se sentait plus libre. Neji veillait aussi plus souvent sur sa cousine. Comprenant qu'elle n'était pas responsable de la mort de son père, il lui avait redonné sa confiance et son soutien.

Ils se croisaient régulièrement, Kiba devenant plus proche d'Hinata, faisant d'elle petit à petit plus qu'une coéquipière, une amie, et allant la chercher régulièrement au domaine Hyûga pour leurs entrainements et leurs missions. Les deux jeunes hommes échangeaient alors un signe de tête, un regard, se reconnaissant l'un l'autre comme un ninja de valeur, se souvenant du terrible combat qu'ils avaient mené ensemble.

Kiba est ramené au moment présent lorsque Neji bouge dans son sommeil pour venir se coller à lui. Veillant sur l'homme qui hante ses pensées. Espérant qu'il redevienne rapidement le ninja qui l'a sauvé à plusieurs reprises. Il soupire en se prenant à espérer que Sakura ou Tsunade passe une fois de plus la porte avec le remède à l'état de Neji. Un espoir même factice lui ferait du bien, tant il est troublé. Ses yeux, happés par les traits délicats du visage endormi contre son flanc, redeviennent lointains lorsqu'il se plonge à nouveau dans ses souvenirs.

Il se rappelle de leur mission, quelques semaines après le départ de Naruto pour son entrainement spécial avec Jiraya. Une mission d'escorte toute simple. Leur équipe se composait d'eux seuls, leurs compagnons étant affectés à diverses tâches. Son flair et sa force brute et la vision et la frappe délicate et précise de son compagnon étaient suffisants pour escorter le commerçant ayant commandé la mission. Ils n'avaient pas eu grand chose à faire et ils avaient fini par discuter.

Neji s'était avéré passionnant. Il avait des connaissances dans beaucoup de domaines, était cultivé et pourtant malgré tout ce qu'il avait pu penser de lui auparavant, il n'était pas arrogant. Il lui laissait la parole et l'écoutait, contrait parfois ses arguments tout en respectant son opinion. Ils s'étaient entrainés ensemble aussi, ne pouvant se battre contre des assaillants inexistants et ayant besoin de conserver leur forme physique. A la fin de cette mission, quelque chose proche de l'amitié naissait entre eux, ils étaient devenus plus complices, plus proches que des coéquipiers d'une mission mais pas encore tout à fait des amis.

Kiba, les yeux toujours tournés vers celui qu'il aime, soupire. Comment pourrait-il avoir une discussion avec celui qui partage son lit en ce moment ? Comment pourrait-il s'entrainer avec cette personne ? Comment pourrait-il être autre chose que sa mère et son père ? Comment pourrait-il être son ami ? Alors qu'il n'a plus ni le temps ni le courage de tenir une conversation avec lui. Et puis, à quoi cela lui servirait-il ? A se faire encore plus de mal, à élargir cette blessure immonde qui lui pourri déjà le cœur, à le renfermer encore plus au monde autour de lui. Il n'est pas sot, ni sourd, il sait ce que les autres disent et pensent de lui, mais abandonner Neji serait un remède pire que le mal. Ce serait une nouvelle chose qu'il se sait incapable de se pardonner.

Encore une fois, il se sent épuisé par cette situation. Il regrette tellement l'homme qui l'a sauvé avec un petit rictus de triomphe lors de leur deuxième examen de chûnin.

Celui-ci se déroulait à Suna et partait à peu près sur les mêmes bases que le précédent. Un test qui visait à connaître leurs capacités à récolter des informations. Puis un second, leur permettant de tester leurs aptitudes à survivre dans un milieu hostile et à garder des informations secrètes. Bien sûr, dans le village du vent, le milieu hostile fut le désert : sec, aride, dangereux. On leur avait confié un rouleau chacun avec pour ordre de le transmettre à la personne capable de leur restituer un code confidentiel dans un lieu précis. C'était une mission en solo, puis en duo, contrairement à l'épreuve de Konoha qui se faisait totalement en équipe.

Ils étaient partis de différents points de la zone d'entrainement. La tâche était plus difficile qu'il ne le paraissait. D'abord, ils étaient dans un milieu découvert et les premières batailles éclatèrent assez rapidement. Tous voulant les rouleaux des autres pour les empêcher d'arriver au bout de leur mission. Logique qu'il comprenait mais à laquelle il n'adhérait pas. Pour lui, sa mission devait se faire dans le respect de son adversaire, il devait leur laisser une chance à chacun de faire leurs preuves. Et puis, qui lui disait que celui qu'il cherchait ne se trouvait pas parmi ceux qu'il attaquerait.

Kiba avait opté pour une autre option. En fin tacticien, il avait attendu, caché avec Akamaru sous une bâche, que les premières batailles cessent, tout en les observant. Cherchant, parmi les combattants, celui qui deviendrait son partenaire pour atteindre le but de sa mission.

Il se tint donc l'ouïe à l'affut qu'un quelconque abruti laisse entendre la phrase dont il avait besoin. Il ne l'obtint pas et partit à la recherche du lieu où il devait se rendre, espérant que celui qui avait le deuxième rouleau serait assez intelligent pour avoir la même idée. Il râla longtemps sur le fait que dans un désert, il n'y avait aucun point de repère, que du sable, du sable et encore du sable… Le seul élément de décor était les roches qui captaient la chaleur et la rendait encore plus insupportable qu'elle ne l'était déjà.

Il comprit cependant assez vite qu'il n'y avait pas que du sable et des roches dans ce désert. Des insectes gros comme des chevaux sortirent de leurs cachettes et commencèrent à l'attaquer. Un scorpion d'une taille impressionnante lui donna beaucoup de fil à retordre mais il en vint tout de même à bout grâce à Akamaru qui avait senti le danger venir.

Au bout d'une journée d'errance, il comprit que voyager de nuit serait plus supportable et plus simple. Les étoiles le guideraient et il aurait l'avantage de l'obscurité pour se faire discret. Il continua donc sa progression la nuit suivante. Celle-ci fut bien plus rapide et il arriva au point de rendez-vous, une oasis verdoyante, paradis dans cet océan de sable. Il était assoiffé et Akamaru et lui se dirigèrent directement vers le point d'eau de celle-ci sans même vérifier la présence d'un éventuel ennemi.

Alors qu'il se baissait pour remplir sa gourde, il sentit le tranchant tiède d'une lame de kunai pressée sur sa gorge.

- Tu es bien imprudent Kiba, lui souffla à l'oreille une voix qu'il reconnu aussitôt.

- Toi aussi, répondit l'intéressé une pointe de kunai dirigé vers le flanc de Neji. Encore une fois sa capacité à comprendre son ami canin, lui avait permit de ne pas être à la merci de son adversaire et aurait pu lui sauver la vie.

- Egalité, décréta ce dernier en s'éloignant.

Les deux amis rirent, heureux de se trouver un allié dans ce désert. Ils remplirent leurs gourdes et s'installèrent sur le bord du point d'eau. Le silence s'installa. Tout d'abord reposant, il se transforma en tension. Ils attendaient tous les deux quelqu'un. Et chacun pouvait le sentir. Soudain, le visage tourné vers le ciel, Neji pris la parole : "La lune est belle ce soir". C'était le signal, il sut comment continuer la conversation.

- Mais elle ternit l'éclat des étoiles.

- Je suis heureux que ce soit toi, continua Neji le visage toujours tourné vers l'astre donnant un aspect irréel à son visage pale encadré de ses longs cheveux bruns.

- Moi aussi, souffla Kiba.

- Reposons-nous. Nous aurons une longue journée demain.

Ils se couchèrent, Akamaru faisant le premier tour de garde pour eux. L'intelligent chien réveilla son maitre plusieurs heures plus tard afin qu'il prenne la relève et Neji prit le dernier tour.

Au point de l'aube, il réveilla son ami. Ils avaient pour ordre, une fois réunis, de se rendre à la tour du Kazekage, ce qui voulait dire sortir de ce damné désert. Le scorpion auquel Kiba avait eu affaire la veille repointa le bout de son dard mortel avec plusieurs amis et ils les attaquèrent.

Le maitre d'Akamaru fut gravement blessé dans la bataille. Neji lui sauva cependant la vie en achevant l'animal restant. Il semblait danser alors qu'il posait ça et là ses doigts sur l'épaisse cuirasse de l'animal. Chaque geste était calculé pour atteindre un point de chakra de celui-ci, même s'il n'avait pas la constitution d'un humain. Neji semblait capable d'adapter sa technique en fonction de la morphologie de celui qui se trouvait face à lui. Malgré sa faiblesse, Kiba prit bien soin de garder ce détail à l'esprit. Il pourrait lui être utile plus tard.

Kika allongé et fiévreux, sombra dans l'inconscience alors qu'il suivait les mouvements de son coéquipier. Il se réveilla quelques heures plus tard dans la tour du Kazekage, Neji à son coté avec un air anxieux. Quand il l'avait charrié sur son expressivité exceptionnelle, l'Hyûga s'était vite repris et avait affiché de nouveau son air neutre. Il lui annonça qu'ils étaient tous les deux sélectionnés pour l'épreuve suivante : les duels.

A l'issue de l'examen, ils avaient tous les deux obtenus leur grade. Ceux de leurs équipes également, Ino et Chôji furent félicités par un Shikamaru baillant d'ennui. Ils avaient fêté leurs promotions tous ensembles. Ce fut la première fois où il se dit que Neji était vraiment beau. Cette réflexion, bien que fugace et due à l'alcool, fut sûrement le point de départ de ses sentiments pour l'homme entre ses bras.

Il sourit en se souvenant du temps où il se pensait amoureux d'Hinata. Sa coéquipière et son cousin étaient si gracieux, si beaux quand ils s'entrainaient au junken ensemble dans le jardin de la demeure familiale. Oui, ils étaient beaux, si beaux, tous les deux qu'il les jalousait presque de leur grâce féline. Des Dieux seraient descendus sur Terre qu'ils ne les auraient qu'à peine éclipsés dans leurs majestés.

Le regard à nouveau vif posé sur son ancien amant, le cœur de Kiba rate un battement au souvenir de la beauté, de la grâce, de la magnificence de celui-ci quand il exécute l'art familial. Et s'il ne le revoyait jamais l'utiliser ? Et si toute cette grâce était perdue à jamais ? Il ne s'en remettrait pas. Car, à ses yeux, Hinata, bien que belle et gracieuse, ne l'égalait pas.

Le chant d'un oiseau à l'extérieur le tire de ses sombres pensées. Il est temps pour lui de se lever et d'affronter une nouvelle journée sans celui qu'il aime. Si seulement, il pouvait être guéri rapidement. Si seulement, il pouvait vite retrouver l'homme qu'il aime. Une larme solitaire, brûlante de désespoir, de son désespoir, roule sur sa joue, alors que doucement, presque à regret, il s'écarte du merveilleux corps de l'homme qu'il aime.


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