bien le bonsoir tout le monde :3 ça faisait longtemps n'est-ce pas?

oui je sais mais bon je n'ai pas eu beaucoup de temps... enfin bref je suis plus au moins de retour jusqu'à ce que je redisparaîsse à nouveau !

alors je m'excuse vraiment pour une nouvelle publicité mensongère... mais vu à quelle cadence j'écris en ce moment au nouvelle an vous n'aurez rien, lors je profite du fait d'avoir une partie assez consistante pour vous la donner :) donc ce ne sera pas un two shot mais un plusieurs shot (j'adore inventer des termes ^^)

je dis merci aux review (chamallow ta bonne humeur me fait chaud au coeur ^^")

et je précise (même si j'ai répondue en MP à miss choco ^^) la différence de nom yué yuu est tout à fait normal et aura son explication complète plus tard dans le texte =)

sur ce bonne lecture les gens!


Cela faisait une semaine qu'Allen et Marian s'étaient séparés (nda : purée j'ai l'impression de parler d'une rupture…), et une semaine que le blandin parcourait les routes, son bagage à la main en quête d'un nouveau lieu où vivre. Mais…Plus il y pensait, et plus l'idée de vivre en ville ne lui paraissait pas nécessaire. En effet, il n'avait besoin de rien, excepté d'un toit. Pour la nourriture, il pouvait chasser en prenant forme animal, pour se laver, il pouvait se rendre à une rivière…Et puis, s'il s'installait quelque part, loin de la population, il n'aurait plus à déménager.

Alors que la nuit commençait à tomber, le blandin s'éloigna du petit chemin, déposant ses affaires avant de partir à la recherche de bois pour le feu et de nourriture. Une fois le feu allumé et son estomac remplit, il se prépara une couchette de fortune à l'aide de sa cape, observant les constellations. Marian n'était pas très cultivé, pourtant il connaissait les noms des constellations du bout des doigts. Cassiopée, Andromède, le roux aimait lui raconter les mythes grecs. C'était bien l'un des rares sujets où il ne parlait pas de sexe. Le blandin scruta les étoiles un long moment, avant de fermer lentement les yeux, écoutant les bruits l'entourant.

Alors que son esprit commençait à sombrer dans le sommeil, un bruissement anormal résonna à ses oreilles. Inquiet, le jeune homme rouvrit rapidement les yeux, se redressant légèrement sur sa couchette avant de scruter l'obscurité avec nervosité. Une main vint soudainement se poser sur sa bouche, une voix doucereuse murmurant doucement à son oreille.

- Te voilà~.

Allen se raidit, alors que son cœur s'affolait dans sa cage thoracique. Comment ?! Comment l-avait-il retrouvé aussi rapidement ?! Il sursauta lorsque les lèvres de Kanda vinrent taquiner sa nuque, sa main allant taquiner sa joue du bout des doigts.

- Sais-tu depuis combien de temps je te cherche ?

Il avala difficilement sa salive alors que la seconde main du japonais se glissa jusqu'à ses hanches, la flattant doucement.

- Plus de deux cents ans…

La bouche de Kanda remonta lentement vers l'oreille de sa proie, taquinant le lobe de ses dents.

- Deux cents ans de chasses ininterrompus pour te rattraper.

Le cœur d'Allen tambourinait dans sa poitrine, les taquineries de Kanda lui arrachant des frissons de désirs.

- Deux cents ans de dur labeur pour te récupérer.

La main, précédemment sur la joue rose du blandin, vint doucement attraper son menton, tournant le visage de sa proie vers le sien.

- Deux cents ans à penser au jour où je finirais par t'avoir.

Les lèvres de Kanda s'approchèrent lentement des siennes, accélérant le rythme cardiaque du blandin. Effrayé par ses propres réactions, Allen réussit à dégager l'un de ses bras de la prise du brun, essayant en vain de le repousser. Un sourire amusé sur les lèvres, le brun renversa le Blandin sur le dos, immobilisant les bras de ce dernier au-dessus de sa tête.

- Ne fais pas l'innocent ma petite pousse de soja~.

- Que ?!

Le japonais plongea son regard dans celui de sa proie, demandant d'une voix doucereuse.

- Peux-tu affirmer sans l'ombre d'une hésitation que tu n'as pas pensée à moi durant toutes ses années ?

La voix d'Allen se bloqua dans sa gorge. Evidement qu'il avait pensé à lui depuis leur première fuite ! Même s'il ne voulait pas… Il n'avait pas réussis à le sortir de son esprit. Devant le silence du blandinet, le brun afficha un sourire satisfait.

- Bon garçon.

Le blandin n'eut pas le temps de réagir, une paire de lèvres voraces s'écrasant avec ardeur sur les siennes. Un gémissement de surprise lui échappa, alors que le baiser s'enhardissait, la langue du brun s'amusant sans relâche avec la sienne. La respiration haletante, le blandin brisa le baiser, laissant les lèvres de Kanda se glisser dans le creux de son cou. Il ne put retenir ses gémissements appréciateurs, la bouche du brun malmenant la peau sensible de son cou, alors que ses mains se glissaient malicieusement sous les vêtements de sa proie.

Il voulait rattraper tout ce temps perdu, marquer ce corps qui le hantait depuis leur première rencontre. Il voulait que le monde comprenne qu'il lui appartenait, à lui et à personne d'autre ! Il ignorait pourquoi depuis leur rencontre il était obsédé par ce gosse, il ne savait même pas pourquoi il avait passé plus de deux siècles à tenter de le retrouver. Mais une chose était sûre. Jamais il ne le laisserait à un autre, jamais il ne le laisserait partir. Qu'importe si lui n'était pas d'accord, qu'importe s'il tentait de s'enfuir à nouveau, il lui appartenait, il n'en n'était pas autrement. Alors que ses mains s'évertuaient à dévêtir le corps soumis du blandin, sa bouche récupéra habilement celle de son compagnon, amorçant un baiser long et sauvage.

Il fut surpris de sentir les bras du blandin enlacer son cou, sa bouche répondant avidement aux assauts de la sienne. Le plus jeune n'arrivait plus à réfléchir correctement. L'unique chose qu'il désirait actuellement était que son amant le prenne ! Il allait le regretter mais qu'importe. Il voulait plus, toujours plus. Plus de caresses, plus de baisers, plus de contacts ! Le corps en feu, il se pressa contre celui de Kanda, aidant ce dernier à retirer ses vêtements. Une fois entièrement nu, le brun se frotta contre le corps sensible de sa proie, glissant ses mains sous les fesses de cette dernière. Docile, Allen se laissa faire, soulevant légèrement le bassin pour aider le brun dans ses mouvements. Il poussa un gémissement plaintif lorsque les doigts du brun vinrent écarter la chair de son intimité, le préparant rapidement à l'accueillir. Un doigt, deux doigts, trois doigts, le japonais écartait les parois intérieures de son amant, tentant tant bien que mal de prendre son mal en patience. Une fois correctement préparé, le brun se pressa contre l'intimité d'Allen, s'enfonçant d'un coup de rein sec à l'intérieur.

Alors qu'il retenait un soupir appréciateur, Allen lui retenait tant bien que mal un gémissement de douleur, cachant son visage dans le cou de son amant. Après un long moment d'attente et de caresses, le brun amorça un lent mouvement de va et viens, partant à la recherche de la petite boule de nerf qui amènerait son amant au paradis. Un cri plus fort que les autres l'informa qu'il l'avait trouvé, alors que le blandin s'agrippait à ses épaules, la respiration difficile. Un sourire satisfait aux lèvres, le dominant accéléra brusquement ses coups de butoirs, frappant à chaque fois la prostate du blandinet. Ce dernier ne tint pas longtemps sous les assauts passionnés de son amant, se libérant dans un hurlement extatique. Après quelques mouvements supplémentaires, le brun vint à son tour dans un soupir d'aise, se déversant à l'intérieur du blandin. La respiration erratique, Allen se laissa faire lorsque Kanda enlaça sa taille, l'installant confortablement contre lui. Il poussa un soupir d'aise, laissant les battements réguliers de son cœur l'attirer vers les limbes du sommeil.

Le lendemain matin arriva rapidement pour nos deux jeunes amants. Confortablement installé contre le torse du brun, Allen fut le premier à se réveiller, retenant un geignement de douleur alors qu'il se retournait. Nerveux, il observa un bon moment l'endormi. Son visage était tellement doux, tellement paisible, il avait du mal à croire que ce visage arborait un air aussi bestial quelques heures plus tôt. Il rougit, repensant avec gêne à leur étreinte. Il avait cédé, il s'était laissé faire…Résultat des courses, il se retrouvait complètement nu dans une prairie à la vue de tous, le bassin en bouillie, et incapable de détourner son regard du visage de son amant endormi. Il resta un long moment comme ça, observant le torse du brun se soulever lentement au fil de sa respiration. Il secoua finalement la tête, rampant sur le sol en quête de ses vêtements. Après les avoir tous récupérés, il se releva difficilement, récupérant sa valise avant de s'éloigner très lentement de son campement de fortune, gardant tout de même un œil sur son amant endormi. Sa fuite aurait pu être un succès, si un obstacle ne s'était pas dressé sur son chemin. En effet, trop occupé à surveiller ses arrières, le jeune fuyard ne vit pas le petit rocher qui provoqua sa chute aussi soudaine que bruyante. Un nouveau gémissement de douleur lui échappa alors qu'il tomba la tête la première sur le sol. Sonné, le blandin resta un instant à terre, priant intérieurement de ne pas avoir réveillé le brun. Malheureusement pour lui, dieu ne semblait pas de son côté.

- Je comprends mieux maintenant pourquoi je t'ai retrouvé aussi facilement depuis que Marian s'est tiré de son côté.

Les joues rouges, le blandinet fusilla le brun du regard avant de se relever avec toute la dignité qui lui restait (nda : c'est-à-dire pas grand-chose). Loin de le prendre au sérieux, Kanda se releva à son tour avec grâce, s'approchant tranquillement de son petit fuyard. Il ignorait pourquoi, mais il craquait littéralement devant la mine légèrement coupable de son cher et tendre. Il donnait l'impression d'être un enfant pris en faute. Les joues du dit enfant virèrent au rouge pivoine alors qu'il détourna le regard, bafouillant avec indignation.

-Mais bon sang enfile quelque chose !

Le japonais haussa un sourcil, un sourire sadique sur le visage.

-Pourquoi ? Tu as peur de réclamer ?

-C'est indécent ! N'importe qui pourrait te voir nous sommes en pleine nature !

-Et alors ? Je suis fier de tout ça.

-Mais-

Kanda plaqua ses lèvres contre celles de sa proie, étouffant dans l'œuf la réplique de ce dernier. Après un long baisé enflammé, le brun laissa enfin sa pauvre pousse de soja respirer, lui soufflant à l'oreille.

-Ou peut-être que tu désires me garder pour toi tout seul~.

-NE PRENDS PAS TES DESIRES POUR UNE REALITES ESPECE DE PERVERS !

D'un mouvement du bras, il lui envoya son haut en plein visage, provoquant l'hilarité du dit nudiste. Ce dernier se rhabilla tranquillement sous le regard rassuré d'Allen, décidant qu'il y avait plus important à faire que de taquiner le blandin.

- Bien, parlons de choses sérieuses maintenant.

Allen haussa un sourcil.

- Tu m'as traqué pour une autre raison que de profiter de moi ?

- Au début non. Mais en ces temps difficiles il ne faut pas rester dans les parages…

- Pardon ?

Le brun soupira, la mine grave.

- Tu ne vois pas ce qui se passe en ce moment ? La mode de la chasse à la sorcière s'est propagée sur la quasi-totalité du continent. Et même si la plupart des condamnés son humains, certains d'entre nous y sont passé.

- C'est comme ça depuis un moment…Et puis de toute façon que pourrions-nous faire à part nous cacher ?

- Partir. Tout simplement.

- Mais partir ou ? Tu l'as dit toi-même, tout le continent s'est mis à la chasse à la sorcière.

- Vers les pays de l'Est, là où la folie catholique n'a pas sa place.

- Tu parles des pays d'Asie ? Mais cela me prendrais toute une vie pour rejoindre l'Est à pied !

- Je sais, c'est pour cela qu'il faut s'y rendre par la mer.

Le blandin fronça les sourcils.

· Par la mer ?

Le brun acquiesça.

· J'ai entendu quelques rumeurs sur un espagnol désirant se rendre en Inde par la mer. Christophe Colomb si je me souviens bien.

· Donc…Tu veux que j'aille en Espagne pour embarquer auprès de ce…Colomb ? Afin de me rendre en Inde qui, selon toi, est un lieu sure…

· Oui.

· …Et pourquoi devrais-je t'obéir ? Je me suis toujours débrouillé seul et je suis toujours en vie.

· Bien sûre… Et c'est pour cela que je t'ai retrouvé à peine une semaine après ta séparation avec Marian ?

Allen, vexé par la remarque (pourtant juste) du japonais, croisa rageusement les bras.

· Je m'en fiche, je n'irais pas. Et puis de toute manière je n'ai pas à t'obéir.

Il avala difficilement sa salive devant le regard glacial de Kanda.

· S'il faut que je t'attache et que je te cache dans la calle du bateau pour que tu obéisses crois moi je le ferais.

Les deux hommes s'affrontèrent du regard, avant que blandin ne baisse les yeux, grommelant dans sa barbe.

· Soit…J'irais.

Un sourire satisfait aux lèvres, le brun embrassa son front.

· Bon garçon.

· Quand est-ce que le convoi doit partir ?

· Dans un peu moins d'un an, il faut que tu te dépêche.

· Il faut que je ME dépêche ? Tu ne m'accompagne pas ?

· Disons que j'ai des choses importantes à régler…

Allen fronça les sourcils.

· Tu m'as cherché pendant tout ce temps… Pour repartir ensuite ? !

· Ouais.

Il retint un soupir blasé. La logique de cet homme l'épatait…Le traquer pour ensuite repartir. Il ne pouvait s'empêcher d'être déçu, lui qui avait, inconsciemment, espéré que le brun ressente cette même obsession qui l'envahissait lorsqu'il pensait à lui. Enfin… Etant donné la réputation du japonais, il devrait plutôt remercier le ciel d'être encore en vie. Le blandin sursauta lorsque les bras du brun vinrent enlacer sa taille, serrant son corps contre le sien.

· Patience… lorsque j'aurais terminé je te retrouverais dans les Indes.

Etrangement, cette promesse réchauffa le cœur d'Allen. Même si cette promesse ressemblait plus à une menace, le plus jeune avait l'impression d'être quelqu'un à ses yeux. Après un dernier baiser, les deux hommes se séparèrent, le plus jeune se dirigeant vers le sud sous le regard affectueux (nda : ceci n'est pas une coquille) du brun.

Après un long périple, Allen arriva finalement en Andalousie en mai 1492, le lieu de départ du navire de Christophe Colomb. A l'aide de ses facultés, il réussit à obtenir une place dans le convoi assez facilement. Et en Aout 1492, la caravelle de l'espagnol quitta le port d'Andalousie, le blandin à son bord. Le voyage dura plusieurs mois, avant d'arriver finalement à destination. Ils passèrent plusieurs semaines à terre, explorant cette contrée étrangère qui, pour Allen, ne ressemblait en rien aux Indes. Selon les récits de Marian, l'Inde était un pays oriental très chaud, connu pour ses épices et leurs infinités de divinités. Ce qui s'étendait devant lui était une terre sauvage, à peine apprivoisé par l'homme, un lieu où la végétation était reine. Plus tard, Allen découvrit en effet que cet endroit n'était pas les Indes, mais ce que les explorateurs nommeraient plus tard le nouveau monde.

Contrairement au reste du convoi, Allen était resté dans le nouveau monde, explorant cette terre nouvelle qui s'offrait à lui. Une terre envahit par la nature, une terre que l'homme blanc n'avait pas encore totalement envahit. Il avait parcouru la terre de long en large pendant des années, il avait vu les premiers britannique débarquer avant 1500, il avait appris aux côtés des Maya avant l'invasion espagnol dans les années 1520. Avec le temps, le nouveau monde fut renommé « Amérique », alors que chaque pays d'Europe venait revendiquer une parcelle de cette terre nouvelle, les villes et les villages remplaçant peu à peu la verdure et la végétation. Allen ne retint pas ses soupirs face à cette soudaine urbanisation…

Enfin. Le mot invasion illustrait au mieux cette situation. Les précédents habitants du continents, les tribus Maya ou encore les « indigènes » avaient en grande majorité disparus, remplacés par les européens et leurs colonies. Avec cet accroissement de la population, le jeune homme aux cheveux blancs n'eut pas d'autre choix que de reprendre ses vieilles habitudes. S'installer dans un village, y rester une dizaine d'années, puis repartir pour tout recommencer. Aucunes relations, aucunes amitiés, seul la solitude et l'isolement. Il n'y avait qu'une seule personne que l'albinos désirait revoir. Cette personne qu'il devait pourtant haïr, qui lui avait volé son premier baiser ainsi que la pureté de son corps. Celui qui lui avait promis de le rejoindre, qu'il ne serait pas long, qu'il ne le laisserait pas seul. Pourtant, il ne l'avait jamais revu. Plusieurs siècles s'étaient écoulés sans que la blandin ne revoie cet homme. Et, même s'il refusait de l'avouer clairement, c'était l'évidence même. Le brun lui manquait. Kanda lui manquait. La chaleur de ses étreintes lui manquait, tout comme ses remarques acerbes et son comportement dominateur lui manquait. Allen soupira, bouclant de nouveau sa valise. Il espérait revoir Kanda, même s'il semblait espérer en vain. L'asiatique semblait l'avoir oublié, ne s'étant pas manifesté depuis leur dernière étreinte. Le blandin serra les poings, avant de partir la tête haute en quête d'un nouveau foyer.

« Hiver 1691, ville de Salem »

Il faisait un froid de canard ce matin-là, dans la petite ville de Salem dans le Massachusetts. Enveloppé dans une écharpe en laine, les mains dans les poches de son long manteau sombre, Allen descendait la rue d'un pas rapide, les premiers flocons de neiges de la saison se mêlant avec sa chevelure immaculée. Le jeune homme aurait préféré passer sa journée sous les couvertures près d'un bon feu de cheminée, une tasse fumante de tisane entre les mains, une journée d'hiver idéale. Mais une affaire soi-disant urgente l'avait sorti de son cocon de chaleur, l'obligeant à mettre son nez dehors. Il poussa un soupir à fendre l'âme, pressant le pas jusqu'à arriver à une petite boutique d'apothicaire. Après avoir essuyé ses pieds sur le pas de la porte, il pénétra dans la petite boutique, passant directement derrière le comptoir en quête du propriétaire des lieux. Il ne tarda pas à le trouver. Installé dans le petit salon annexe, un homme d'un âge avancé écrasait diverses herbes dans un mortier, son regard fatigué focalisé sur son travail. Après avoir retiré son manteau, Allen s'installa en face de celui qui était le gérant, inclinant poliment la tête.

· Bonjour Bookman.

· Allen…

Le dénommé Bookman releva lentement la tête, dévisageant le jeune homme d'un air grave. Ce dernier fronça légèrement les sourcils. Le vieil homme n'était pas habitué à sourire,

· Que se passe-t-il? Vous semblez nerveux.

· De gros ennuis se profilent à l'horizon, Allen.

· Pardon ?

Bookman poussa un soupir à fendre l'âme, avant de passer l'une de ses mains dans la queue de cheval qui se dressait sur son crâne.

· Betty Parris et Abigail Williams se comportent étrangement ces derniers temps, et bien entendu les médecins affirment qu'elles sont victime de possession car ils ne savent pas ce qu'il se passe…

Le blandin haussa un sourcil.

· Possession ?

L'apothicaire fit un geste las de la main, une moue méprisante sur les lèvres.

· Une plaisanterie de jeune sotte voilà ce que c'est ! Une farce qui risque d'aller trop loin à cause de ces catholiques paranoïaques.

Allen, ayant peur de comprendre, murmura.

· Qu'entendez-vous par trop loin… ?

· …

Bookman laissa un bref instant de flottement, déclarant ensuite d'une voix blanche.

· De nouvelles purifications par le feu.

Allen garda le silence, fixant son compagnon, la mort dans l'âme. Les deux hommes s'étaient rencontrés quelques jours après l'arrivée d'Allen à Salem. Etrangement, le vieil homme avait tout de suite identifié l'albinos comme étant un non mortel tout comme lui. En effet, le vieux Bookman, malgré son apparence, était un non humain, spécialisé dans les décoctions de plante, utilisant ses dons télépathiques qu'à de rares moments. En revanche, à l'inverse du jeune homme aux cheveux blancs, le temps ne s'était pas arrêté pour lui. Alors, comme celui des êtres humains, son corps se flétrissait lentement au fil du temps, sans aucunes possibilités de retour en arrière. Allen a tout d'abord été surpris par ce phénomène, car il pensait que les non humains ne vieillissaient plus à partir d'un certain âge. Puis, il s'était lié d'amitié avec le vieil homme, heureux de rencontrer quelqu'un avec qui il pouvait parler en toute liberté. Le vieux Bookman quant à lui était fasciné par les connaissances de l'albinos qui, contrairement à son apparence, était bien plus vieux que lui. Ces discutions avec le jeune homme avait fait naître en lui une envie qu'il n'avait alors jamais ressentie : celle de l'immortalité, la jeunesse éternelle comme celle de ses comparses. Avant cette rencontre, le vieux Bookman avait, pourtant, accepté ce corps qui se consumait lentement au fils des âges. Il l'avait accepté, jusqu'à rencontrer pour la première fois cet homme, si jeune, si plein de vie…Et pourtant si sage, si cultivé. Pour la première fois en 73 ans d'existence, il avait envié la condition physique de ses semblables, cette immuable jeunesse qui lui aurait permis de parcourir le monde à la recherche de tous les secrets de cette terre.

Le vieil homme retint un soupir las. Ce n'était pas le moment de penser à tout cela. Les mains croisées sous son menton, Allen le fixait, silencieux, avant de demander.

· Y-a-t-il des suspects ?

· Oui. Selon les dires des médecins, les deux jeunes filles ont murmurés des noms durant leur folie. Pour l'instant ils n'ont que trois noms : Sarah Good, Sarah Osburne et Tituba.

L'albinos poussa un léger soupir. Une mendiante, une femme âgée et une bonne. Quel cliché ! Il ignorait pourquoi, mais depuis les débuts de la chasse aux sorcières, l'image qu'on leur associait était celle d'une femme vieille, un nez cr ochu, accompagné d'un chat noir… Incertain, il demanda.

· Il faut les prendre au sérieux selon vous ?

Le vieux Bookman acquiesça.

· Ils sont fous, mais dangereux, si à un moment ou un autre nous sommes dans leur ligne de mire, nous sommes fichus…

Le regard d'Allen s'assombrit. Que faire… Que faire… Plongé dans ses réflexions, il n'entendit qu'à peine les petits pas d'un enfant se diriger rapidement vers eux.

· Bonjour !

Les deux hommes sursautèrent, focalisant ensuite leur attention sur la petite fille qui venait de pénétrer dans l'arrière-boutique. Bookman soupira.

· Scylla…S'il te plait ne me fait pas pareil frayeur ! C'est très mauvais pour mon cœur tu sais ?

La susnommée baissa légèrement la tête en signe de pardon, prenant ensuite une chaise pour s'installer auprès des deux hommes. Le blandin l'observa un instant. Du haut de ses douze ans, la jeune scylla possédait de longs cheveux roux tirant sur le blond, ainsi qu'un regard émeraude remplit de malice. Allen n'avait pas réussi à retenir sa curiosité concernant la petite fille. Elle était si jeune… Etait-elle la fille de Bookman ? Lorsqu'il avait interrogé ce dernier, il lui avait avoué qu'il avait recueillie la jeune demoiselle lorsqu'elle était encore qu'un nourrisson, l'ayant trouvé dans une ruelle de la ville. Depuis, il l'avait élevé comme sa fille, lui apprenant du mieux qu'il pouvait ses maigres connaissances. Malheureusement, il ne savait pas s'il elle était immortel, étant bien trop jeune pour le savoir. Alors il patientait, guettant non sans nervosité une quelconque crise. Un sourire paisible aux lèvres, il passa ses doigts ridés dans la longue chevelure de sa fille adoptive, s'attirant un sourire éblouissant de la part de cette dernière.

· De quoi parlez-vous ? Vous semblez bien sérieux.

· C'est sans importance, nous parlions juste de la pluie et du beau temps.

La petite l'observa un instant, avant d'hausser les épaules. Son grand-père n'aimait pas qu'elle se mêle des affaires « des adultes » comme il le disait. A cause de la petite scylla, Allen dériva le sujet sur une bagatelle, reformant ainsi un dialogue entre lui et le vieux Bookman. Il resta une heure ou deux encore en compagnie des Bookman, avant de finalement prendre congé, récupérant son manteau avant de franchir la porte pour retourner chez lui.

Malheureusement, l'affaire des deux jeunes filles possédées n'était pas à prendre à la légère, mais les deux hommes ne s'étaient pas méfiés outre mesure... Quelques jours après son entretien avec le vieux Bookman, des coups brutaux furent donnée à la porte de l'albinos en pleine nuit, le sortant de son sommeil réparateur. Encore endormi il ne prit pas la peine de regarder par le judas de sa porte, ouvrant directement la porte. Il n'eut pas le temps d'amorcer le moindre geste, deux des soldats se jetant violemment sur lui, le plaquant au sol sans autre forme de procès, tandis que le troisième garde, resté en retrait déclara d'un ton formel.

· Allen Walker, vous êtes inculpé pour sorcellerie. Vous allez être jugé comme les autres de votre espèce et subir la purification du feu si l'on vous déclare coupable.

Attaché, le jeune homme n'eut d'autre choix que de suivre les soldats. Enfin, suivre…Façon de parler. Installé comme un vulgaire sac de pomme de terre sur l'épaule du plus robuste des trois, l'albinos subissait en silence, sachant pertinemment que s'il bougeait, il risquait de se faire corriger par les soldats qui n'attendaient que cela pour se défouler. Alors, docile, il ne dit mot, laissant les soldats l'enfermer dans une cage en attente de son procès. Un sourire sans joie fleurit sur ses lèvres. Un jugement…Même lui n'était pas assez naïf pour y croire. Il avait déjà assisté à un procès, et la « sorcière » n'avait pas la moindre chance de survivre. Il soupira, avant de s'adosser au mur de la prison, sentant son âge peser soudainement sur ses frêles épaules. Epuisé, le jeune homme glissait lentement dans les limbes du sommeil, réveillé quelques instants plus tard par l'horrible grincement de la porte. Quelqu'un venait déjà pour l'amener vers les bourreaux ? S'était-il assoupi à ce point ? Alors qu'il allait se lever, une silhouette fut brutalement jetée au sol, alors que la porte se refermait à nouveau. Lorsque le regard d'Allen se posa sur son nouveau compagnon de cellule, le choc fit son apparition sur son visage, alors que d'une voix tremblante, il murmura.

· Bookman… ?

voila voila ^^ c'est plus court qu'avant mais assez long pour composer un chapitre (selon moi)

donc si vous avez une remarque, une plainte un compliment une menace de mort et j'en passe laisser une review!

a pluche les gens!