Bonjour bonjour ! C'est encore moi ! Avant de vous livrer ce deuxième chapitre, j'ai d'abord quelques mots à vous dire.

Pour commencer, un grand merci à Caramel-mou, Lutty-chan, Diane et mes deux revieweuses anonymes à qui je ne peux pas répondre directement. Sachez que votre soutient me va droit au coeur :D

Ensuite, plusieurs d'entre vous m'ont dit ne pas réussir à placer l'histoire dans le temps, je vous assure que c'est entièrement normal et que ce n'est pas de la faute à l'auteur qui fait des bêtises dès le premier chapitre, ce n'est pas vrai .. Bref, la temporalité devrait être plus claire dans ce chapitre mais je vais faire un petit topo tout de même. L'histoire se situe dans le nouveau monde, après l'île des hommes poissons. Mais comme je ne maîtrise pas les fonctions du nouveau log pose (en fait, j'ai rien compris du tout) ben j'utilise l'ancien.

Et pour finir, je vous préviens que les chapitres ne seront JAMAIS plus court que le premier et que pour l'instant, celui-ci fait partit des plus longs. Voilààààààà :D

J'arrête mon blabla et je vous laisse à votre lecture.

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Chapitre deux

Une fois n'est pas coutume, le plan de Luffy avait plutôt bien fonctionné. Le coup de Burst ne les avait par contre faits bouger que d'une demi-douzaine de kilomètres mais si les poissons étaient toujours absents des eaux sur lesquelles ils naviguaient, au moins le vent s'était-il levé.

Même si la dernière phrase de son capitaine avait touchée Nami plus qu'elle ne voulait l'admettre, toute l'agitation causée par les ordres de Luffy lui avait fait complètement oublier ses tracas. D'autant que le jeune homme était redevenus le garçon braillard et turbulent habituel, à tel point que la navigatrice en venait à se demander si le capitaine mûr et sérieux de l'après-midi avait réellement existé.

Très rapidement, ce fut l'heure du repas. Ce fut un peu plus frugal que d'habitude mais la qualité elle, ne changea pas : C'était excellent. Et pas une seule fois Luffy ne se plaignit même s'il louchait un peu plus que de coutume sur la marmite. Finalement, sans doute prit de pitié – et peut-être de remords qui sait ? –, Sanji céda.

« Il en reste un peu. Qui en veut ?

- On a qu'à le garder pour demain. » Trancha le capitaine avant que quiconque ai pu dire un mot.

Un long silence salua ces paroles alors que chacun tentait de digérer ce qu'il venait de dire. Puis Robin siffla d'admiration.

« Je ne pensais pas que tu serais si intransigeant, souffla-t-elle doucement. Tu m'impressionnes.

- Comme on ne sait pas combien de temps ça va durer, expliqua Luffy avec un sourire, vaut mieux parer à toutes les éventualités. De toute façon je n'ai plus faim. »

Aussitôt, comme pour démentir ses paroles, l'estomac du garçon rugit bruyamment. Tout le monde sourit mais personne ne dit rien. Le capitaine venait de gagner un peu plus de respect de la part de son équipage. Et comme il n'en avait presque pas, ça ne pouvait pas lui faire de mal.

« C'est à qui de prendre le tour de garde ? Demanda-t-il soudain.

- À toi, répondit Franky. Jusqu'à deux heures et après je te relève.

- Zorro et Brook, vous êtes de corvée vaisselle ! Fit remarquer Sanji. Et tête de gazon ! Si une seule de mes belles assiettes est cassée je t'envoie nourrir les poissons, c'est clair ?

- Comme si t'en était capable, marmonna le sabreur.

- Moi je vais prendre une douche, je vérifie le cap puis je vais me coucher. Je suis crevée, constata Nami en étouffant un gigantesque bâillement alors que le citron et la salade commençaient leur énième bagarre de la journée.

- Sanji, il te reste du Tabasco ? Questionna Usopp, interrompant la dispute des deux hommes et évitant par la même occasion que la cuisine ne soit complètement ravagée. Avec la chaleur qu'il faisait, je n'ai pas eu la foi de renouveler mes munitions. »

Sanji cessa de se battre et farfouilla un instant dans les tiroirs avant de lui tendre une petite bouteille rouge.

« Tiens, c'est la seule chose qu'il nous reste en quantité incalculable.

- Et du poivre ?

- Ça non par contre. »

Laissant là, la conversation qui de toute façon ne l'intéressait pas, Nami salua tout le monde et fila dans la salle de bain. Elle était effectivement fatiguée à l'extrême. Or, quoi de plus agréable qu'une bonne douche en fin de journée ? Elle laissa donc son corps se détendre sous le jet d'eau chaude et repensa à sa journée.

Elle se sentait toujours affreusement coupable vis-à-vis de Luffy même s'il avait prouvé qu'il n'y portait que peu d'importance. Quelques heures plutôt, ils avaient forcés leur capitaine à réfléchir à des problèmes auxquels il ne connaissait absolument rien où était impuissant. C'était injuste.

Mais plus que ses mots, c'était le regard qu'il leur avait lancé qui avait fait le plus de mal à la rouquine. Il ne les avait pas regardés comme il regardait d'habitude ses amis. Ce n'était pas le regard doux et attentif qu'il utilisait à chaque fois qu'il leur parlait. Ni même celui, craintif et désolé qu'il adoptait quand il avait fait une bêtise. Bon, ça n'était pas non plus celui qu'il réservait à ses ennemis, mais Nami n'aimait tout même pas ce nouveau regard. Plus dur, comme si elle avait fait quelque chose qui l'avait profondément déçu.

Et la jeune femme ne l'avait pas supporté. Bien décidée à aller s'excuser – et vraiment cette fois –, la navigatrice sortit rapidement de la douche et se revêtit. Si ça ne dérangeait pas Sanji et Usopp que Luffy les regarde comme ça, grand bien leur fasse. De son côté, il était hors de question que son capitaine reste avec son comportement de rouquine débile en travers de la gorge. Ce n'était pas possible.

Mais lorsqu'elle sortit, la nuit la submergea soudain de toute sa splendeur et chassa pour quelques secondes les inquiétudes de la navigatrice. L'absence de lune ne rendait que plus nette la lumière des étoiles et le tracé de la voie lactée et la rousse décida de profiter un petit peu de ce moment paisible. Elle s'adossa à la balustrade et inspira longuement. Un agréable vent chaud venait jouer avec ses cheveux mouillés et l'obscurité environnante plongea la jeune femme dans une léthargie apaisante.

Soudain, une note unique vibra dans l'air, sortant doucement la rousse de sa stupeur. Très vite, le son solitaire fut rejoint par une multitude d'autre et une petite mélodie s'éleva dans la nuit. Le premier réflexe de Nami, fut de songer à Brook. Mais le squelette était de corvée vaisselle ce soir et de plus, la musique était beaucoup trop hésitante pour que le pluri instrumentaliste en soit à l'origine. Quelques fausses notes détonnaient çà et là mais la rousse se dit que c'était cela qui faisait tout le charme de la chose. Mais si ce n'était pas Brook qui jouait, alors qui ?

La navigatrice écouta attentivement pour tenter de localiser la source de la musique. Mais le son emplissait tellement l'air autour d'elle qu'elle avait l'impression qu'il venait de tous les côtés à la fois. Pourtant, le musicien ne jouait vraiment pas fort. Si Nami n'avait pas été sur le pont, elle ne l'aurait pas entendu. Elle tenta une nouvelle fois de déterminer la source, mais sans succès. Quant à savoir quel instrument jouait, c'était tout à fait hors de sa portée.

Elle resta donc là, se laissant bercer par la douceur des notes et la caresse des vagues, savourant simplement l'instant présent comme dans un rêve. Tout était parfait à ce moment. Il faisait chaud, le vent séchait toujours ses cheveux longs, les faisant danser au rythme de son souffle et la mélodie, bien que simple, était vraiment jolie.

Un harmonica. Nami réussit soudain à mettre un nom sur l'instrument qui émettait une aussi belle mélodie. Elle ne savait pas comme elle le savait mais en était sûr. Ça ne pouvait être que ça. Aussitôt, la musique pris une autre réalité pour la rousse. Pour elle, les instruments à vent avaient toujours eut des rapports plus intimes avec leurs musiciens. Après tout, si on aimait réellement souffler dans son instrument, cela revenait un peu à l'embrasser non ? Comme on embrasserait un membre sa famille. Une sœur, un père, une fille.

Encore une fois, la jeune femme se demanda qui jouait ainsi. Elle avait à présent un besoin presque physique de savoir. Et ce ne fut que quand la musique cessa qu'elle put enfin déterminer la source du son. La vigie. C'était Luffy qui jouait.

Il fallut un petit moment à la navigatrice pour assimiler ce qu'elle venait de découvrir. C'était Luffy qui jouait ainsi. Luffy, d'ordinaire si empoté avec tout ce qu'il touchait, d'ordinaire si maladroit avec tout ce qu'il avait dans les mains. C'était Luffy qui jouait avec tant de délicatesse, d'amour. Comment était-ce possible ? Le gros rustre mais néanmoins attachant capitaine du Sunny était-il capable une fois seul de se transformer en garçon mélancolique ? Parce que c'était bien ce que l'on ressentait à travers la musique, de la mélancolie. Peut-être même de la tristesse.

La musique reprit doucement, répétant en boucle la même mélodie. Nami admettait facilement que Luffy ai changé. Ce n'était plus le gamin un peu crétin sur les bords qui l'avait sauvé des griffes d'Arlong trois ans auparavant. D'abord parce qu'en trois ans, idiot ou pas, on mûrit. Plus ou moins vite pour certains il est vrai, mais tout de même. Et ensuite… Ensuite il y avait eu la mort de son frère bien sûr. Comment ne pas changer quand notre seule famille meurt dans nos bras alors qu'on essayait de la sauver ?

Quand ils l'avaient retrouvé, ses amis avaient d'abord crut que Luffy cachait sa tristesse sous sa joie de vivre habituelle. Mais ils s'étaient vite aperçut qu'il n'en était rien. Leur capitaine était vraiment allé de l'avant. Il avait tourné la page. Mais si en général son caractère était resté le même, en détail c'était tout autre. Il riait de manière bien moins franche qu'avant – même si c'était toujours aussi régulièrement –, faisait beaucoup plus attention à ses amis durant les combats et surtout, il lui arrivait de s'enfermer dans un mutisme total pendant de longues heures durant lesquelles il était impossible de lui arracher un mot. Mais l'équipage comprenait. On avait parfois besoin de ses moments de solitude pour en ressortir plus fort. Et heureusement, cela n'arrivait que très rarement.

S'arrachant complètement à son état de transe, Nami décida qu'il était l'heure d'aller voir son capitaine pour s'excuser – pour la quatrième fois de la journée – et se dirigea le mat. Mais dans l'obscurité ambiante, son pied manqua le cordage qui montait vers la vigie et son genou cogna violemment le bois avec un bruit sourd.

Elle s'immobilisa, aux aguets. La musique s'était tue. Brusquement, Nami fut pris d'une terrible envie de pleurer. Elle se rabroua avec aberration et commença son ascension. Qu'est-ce qui lui prenait tout à coup ?! Ce n'était vraiment pas son genre pourtant de pleurer pour un truc aussi bête ! Une petite mélodie toute simple !

Parce qu'on parlait quand même de Luffy là. Luffy qui ne pouvait s'empêcher de brailler pour un rien, de casser tout ce qui lui tombait sous les mains. Luffy qui était totalement insensible à tout ce qui était beau. Non… Cette dernière phrase était méchante et fausse. La preuve.

La navigatrice se rendit alors compte que contrairement à ce qu'elle croyait, elle ne connaissait pas son ami aussi bien qu'elle le pensait. Après tout, pas un instant elle n'avait pu imaginer son capitaine en train de jouer un instrument avec tant de délicatesse avant ce soir. Mais de là à pleurer ! Il s'agissait juste d'une petite mélodie simple, jouée par un garçon qui malgré quelques rares moments de génies était, la plus part du temps, bête à mourir.

Et voilà… Encore de la méchanceté purement gratuite de sa part envers son capitaine. Nami ne comprenait pas pourquoi elle était comme ça. Même dans sa tête, elle ne pouvait s'empêcher de toujours rabaisser son ami. La musique avait beau être simple, il se trouve que Luffy avait joué avec plus de tendresse et de délicatesse que tous les musiciens que la rousse avait pu entendre jusque-là. Au pire, si vraiment ça lui manquait, elle pourrait toujours demander à son ami de jouer pour elle.

Mais à peine eut-elle soulevée la trappe donnant sur la salle de gym – et accessoirement vigie – que la navigatrice comprit tout de suite que ça n'allait pas être possible. Son capitaine la regardait d'un air étonné, allongé de tout son long dans un hamac qu'il avait tendu entre deux poutres. Il n'avait allumé qu'une toute petite bougé qui éclairait juste assez pour que Nami ne se fasse pas de fausses illusions. Il n'avait pas l'ombre d'un instrument sur les genoux où dans les mains.

Elle comprit alors pourquoi elle n'avait jamais entendu son ami jouer jusque là. Parce qu'il se cachait. Pour une raison obscure, il ne voulait pas que l'équipage ait connaissance de son harmonica et n'en jouait que lorsqu'il était seul. Et cela voulait dire que ne jouerait jamais pour elle.

« Nami ? Qu'est-ce qui se passe ? » Demanda-t-il avec un regard innocent.

La navigatrice ne répondit pas tout de suite, trop bouleversée pour parler. Pour la seconde fois en l'espace de cinq minutes, elle fut prise d'une stupide envie de pleurer pour une raison tout à fait puérile.

« Nami ? Ça va pas ? » S'inquiéta son capitaine en se redressant.

Elle se rabroua rapidement en serrant les dents et se rapprocha.

« Euh… En fait je voulais juste m'excuser pour cette après-midi. C'était pas sympa de notre part de t'accuser de tous les mots. Désolée. »

Luffy la regarda avec de grands yeux, puis son magnifique sourire d'enfant fleurit sur ses lèvres. Voilà le Luffy qu'elle aimait. Certainement pas le Luffy sérieux et mûr qu'elle avait vu plus tôt. Ça l'avait impressionné, mais ce n'était pas Luffy.

« Bah, t'inquiète pas, répondit-il. Moi aussi je me suis énervé… J'avais chaud et vraiment très faim en plus… Enfin c'était pas la joie quoi. Mais c'est du passé maintenant ! »

Souriant un peu plus, elle se rapprocha.

« Dis donc t'as l'air bien dans ton hamac. » lui fit-elle remarquer.

Aussitôt son regard se fit dur. Il n'avait pas intérêt à lui annoncer qu'il roupillait pendant ses tours de garde ! Elle voulait bien être gentille mais y'avait des limites !

« Luffy… Commença-t-elle, menaçante.

- T'en fais pas ! La devança son ami. Je ne dors pas quand je suis ici. Je sais m'occuper. »

Aussitôt, un espoir naquit dans le cœur de la navigatrice. Peut-être allait-il lui parler de son harmonica et accepterait de jouer pour elle ?

« À oui ? Et explique-moi comment ? » Demanda-t-elle sur un ton ironique.

Son espoir mourut dans l'œuf quand Luffy eut un bref mouvement de recul. Puis il se reprit et lui adressa un sourire taquin. Un des sourires qu'il avait acquis après la mort de son frère.

« Désolé je ne peux pas te le dire. Secret défense.

- Mais…

- Nami ! Je t'assure que je ne m'endors pas ! Tu n'as pas de soucis à te faire. »

Vaincu, elle rendit les armes. Il ne voulait vraiment rien dire ? Peu importe. De toute façon, elle le connaissait déjà, son secret.

« T'as intérêt, répondit-elle alors avec un sourire. Parce que si un jour je te chope en train de roupiller, tu pourras dire adieu à tes oreilles ! Caoutchouc ou pas, j'en ferais de la salade. »

Avec un regard angoissé, Luffy plaqua ses mains sur les oreilles susnommées et s'écria :

« T'oserais quand même pas !

- On paris ?

- Ah ça non ! Je tiens à garder mes oreilles là où elles sont, je les y trouve très bien ! D'autant qu'avec toi je perds tout le temps mes paris !

- Alors ne t'endors pas.

- Promis ! »

Avec un sourire, la rousse se dirigea vers la trappe.

« Bon je te laisse. J'ai encore le cap à vérifier moi ! Bonne nuit !

- Bonne nuit Nami ! »

Et elle quitta son capitaine et sourit de plus belle. Il n'avait pas voulus avouer son secret, grand bien lui fasse ! Elle, de son côté, avait pris une décision. Elle réentendrait Luffy jouer de l'harmonica. Quitte à sacrifier quelques heures de sommeil chaque fois qu'il serait de garde. Après tout, elle était une voleuse, elle ne faisait pas dans la dentelle. Cette mélodie était le secret de son ami. Celle qu'il ne voulait pas que quelqu'un entende. Et elle était décidée à comprendre pourquoi.

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C'est encore moiii ! Juste pour prévenir que je serais peut-être en retard la semaine prochaine. Comme je serais en plein voyage, je ne suis pas sûre d'avoir un accès internet lundi. Dans ce cas ce sera Mardi, Mercredi au plus tard. Promis ! :D

Et j'espère que ça vous plait toujours.