Bonjours à tous, non je ne suis pas morte 8D. Je suis cependant en plein déménagement. Les boîtes + rechercher l'appartement me prennent beaucoup de temps libre, mine de rien. Je devais être de retour cet été, si tout va bien o/ - et qu'internet ne fait pas chier x'D -. Comme dit sur Welcome in the night, je passerais plus rarement et comme j'ai moins de temps d'écrire je posterai quand je le pourrai.

Pour répondre à une question récurrente; il s'agira de slash 8D - yaoi everywhere -.

Artmis; Oui il s'agira d'un slash, et j'espère que ce chapitre est assez long pour toi. FF. me dit qu'il fait 15.903 mots x'D

Maddy Midnight; il s'agira naturellement d'un slash ;).

Pour la publication, je tenterai quand même de poster le plus souvent, mais au vu de la longueur des chapitre et du temps libre que j'ai, j'ignore le temps d'espacement entre les chapitres. Quand aux erreurs, il y en aura naturellement. Ce n'est pas un petit chapitre et donc il y en a qui seront passer a la trappe. J'éditerai quand j'en verrai ;)

Alors pour info, les Points de vus changerons et seront annoncé avec les initiales du personnage entre OoO OoO.

Et pour vous avertir, cette fiction n'est pas Angst pour rien...


La Salle sur Demande était dans un bordel monstre.

Comme son esprit.

On aurait dit un vieux grenier laissé à l'abandon depuis des générations, oublié de tous et où on aurait entreposé toutes les choses qui tombaient sous la main. La poussière recouvrait les meubles, le sol et autres objets d'une couche généreuse. Les Elfes de maisons ne venaient sans doute jamais ici, ce qui était un peu logique vu la particularité de l'endroit.

Dans tout ce magnifique bordel, dont Merlin avait dû oublier d'inclure les lois de la gravité, il y avait des traces de passages récents. Des empreintes de pas allants et venants, zigzagants et puis de plus grosses traces comme si quelque chose s'était effondré là avant de ce traîner.

Ce qui était le cas.

Recroquevillé dans un coin de la pièce, entre une énorme étagère contenant un bric à braque impressionnant et un pilier, lui, Harry Potter – Celui-qui-a-Survécu – se berçait en serrant fortement ses genoux contre son torse. Des larmes perlaient sur ses joues, ses épaules se secouaient sous des sanglots silencieux. Non, il n'avait surtout pas l'air pitoyable.

Depuis qu'ils avaient emmené le corps de Cédric, qui reposait à l'infirmerie, sous ses yeux, Harry s'était enfermé dans la Salle. Celle-ci s'était verrouillée derrière lui, empêchant même Dumbledore de venir le voir. S'était parfait, le Survivant ne voulait voir personne et encore moins le vieux citronné. Surtout pour entendre qu'il devrait retourner chez sa famille.

S'ils pouvaient tous mourir dans l'incendie de leur maison ! Mais Harry ne devait pas prendre ses rêves pour la réalité. S'était comme le prince charmant qui arriverait sur son cheval blanc pour le sauver.

Même le père du défunt voulait le voir, mais Harry refusait. Que pouvait-il dire à l'homme qui avait perdu son unique fils ? L'adolescent n'avait pas envie d'entendre les accusations comme quoi ce serait lui son tueur. Il ne voulait pas répondre aux questions, ne voulait pas voir les journalistes.

Mais surtout, Harry Potter voulait éviter les autres élèves.

Leurs regards

Les suspicions, les non-dits qui flottaient dans l'air quand il entrait dans la grande salle, dans la salle commune, dans son propre dortoir ! Comment sa propre maison pouvait-elle croire que le quatrième champion aurait pu assassiner un participant, juste pour la victoire ? Comment pouvaient-ils croire que, lui, un ami, se serait lui-même charcuté le bras pour faire croire au retour de Voldemort ?

Comment pouvaient-ils ignorer tous les noms qu'il avait donnés sans réellement s'en rendre compte ? Après tout, ils étaient les Deatheaters qui s'en étaient sorti avec des pots de vin ou en manipulant le Wizengamot. Après tout, ils étaient pour la plupart de Slytherin, la manipulation et le mensonge, comme la comédie, faisaient partie d'eux comme on respire tous.

Les larmes doublèrent sur ses joues. Ses propres amis lui avaient posés LA question qui faisait mal; était-il sûr de ce qu'il avait vu ? N'était-il pas sous un sortilège de confusion, une hallucination ? Et Cédric n'était pas réellement mort en passant ?!

Était-ce seulement là la confiance que ses amis avaient en lui ? Ils ne le croyaient pas… Cela faisait si mal ! Lui qui croyait avoir leur soutien, après tout ce qu'ils avaient traversé.

Quel idiot il avait été ! Pourquoi avait-il écouté un gamin pas brillant dans le train en première année, au lieu d'écouter un blond – certes pas réellement amical au premier abord – qui lui au moins aurait su par son père qu'il disait vrai ?! Bon, il se serait surement fait tué ou kidnappé rapidement, mais ce n'était qu'un petit détail.

Cette pensée n'avait aucun sens, sauf pour lui, mais Harry savait maintenant qu'il aurait dû écouter le chapeau parlant et aller dans la même maison que Tom Riddle.

Quel pied de nez ça aurait été ! Le Survivant qui va dans la maison du meurtrier de ses parents. Rita en aurait eu pour sa plume, des histoires abracadabrantes à écrire. Et ses géniteurs auraient sans doute eu hontes dans leurs tombes, mais qu'est-ce que ça pouvait lui faire ? Ils étaient morts.

Ça aurait été amusant et aujourd'hui il en rirait bien de ça. Au moins aurait-il un souvenir amusant en tête et non pas les sombres pensées qui naissait en lui. Comme le fait qu'il avait perdu ses deux meilleurs amis.

Le Trio d'or n'était plus.

Un sanglot traversa ses lèvres alors qu'Harry se souvenait de la discussion avec Ron et Hermione, à St-Mungo car son ex-amie avait été dans un état critique quand on l'avait trouvée, où il leur avait raconté son réveille et l'état de Snape. Naturellement, il avait précisé que l'homme aux cheveux graisseux l'avait protégé du nuage et que ses blessures auraient sans conteste été les siennes.

Alors il avait tenté d'arrêter l'hémorragie, mais ne connaissant pas de sort de soin, il avait usé de ses mains.

Harry avait voulu dire à ses amis l'état mental dans lequel il se trouvait, soit complètement en état de choc et traumatisé, mais Ron l'en avait empêché. Son ami jaloux s'était empourpré, coléreux il avait fait une de ses putain de crises de colère comme il n'en avait jamais fait. Même leur dispute monumentale de cette année n'était rien !

- « T'aurais dû le laisser crever, le bâtard graisseux. Moi, c'est ce que j'aurais fait. Toute façon, personne ne l'aime. Qui l'aurait pleuré à part le Directeur ? Tout le monde s'en serait porté mieux s'il était mort. Comment t'as fait pour le toucher sans vomir ? Non mais tu l'as sentit, les vielles chaussettes de Percy sentent meilleures ! Et il était couché sur toi ? Mais c'est encore plus dégueulasse ! Mec, tu devrais te plaindre à Dumbledore. Ce n'est pas normal de faire ça à un autre gars. Au moins il se ferait viré pour abus sur mineur. »

Comment son meilleur ami pouvait-il tenir de tels propos ? Comment Ronald pouvait-il seulement croire un moment que lui, Harry Potter ou le-mec-avec-le-syndrome-du-héros, laisserait un homme mourir simplement parce qu'ils ne s'entendaient pas ? Bon, il s'agissait d'un euphémisme. Mais Snape ne méritait tout de même pas ça.

Certes, l'homme ne sentait pas la rose et était rarement vivable pour les Gryffindor, cependant il l'avait protégé. N'avait-il pas une dette de vie envers lui ?

Ce qui était réellement amusant, puisque Snape et Potter ne parvenaient pas à se regarder sans vouloir s'égorger mutuellement et si un regard pouvait tuer, ils seraient tous deux morts à force de s'assassiner des yeux.

S'allongeant sur le sol froid de pierre, Harry parvint à se calmer. Étrangement, il ne parlait plus du potioniste en des termes dénigrant. Comment, alors que cet homme l'avait protégé de son propre corps, manquant de mourir par le fait même. Comment pouvait-il dénigrer ce même homme ?

Même si Snape continuait de le comparer à son géniteur mort et lui lançait des regards noirs. Quoi que dans l'infirmerie, ils ne s'étaient pas regardés. Bonne ou mauvaise chose, Harry l'ignorait. Cependant, il anticipait le retour en classe. Peut-être pouvait-il rester ici jusqu'à la fin de sa vie ?

Or, si l'enseignant ne le portait pas plus dans son cœur, Harry, lui, avait arrêté de le détester. Il ne pouvait en être autrement, de toute façon.

Fermant les yeux, le dernier Potter chassa les sombres pensées qui vivaient dans sa tête depuis des heures, même si elles ne cessaient de revenir. Il savait qu'il devrait se présenter devant la Cours pour débattre de ses paroles, de la mort de l'élève.

Puisqu'il était le seul survivant parmi les champions.

N'était-ce pas pitoyable ? Lui, le plus jeune, la cinquième roue du carrosse, le gamin qui n'aurait jamais dû voir son nom être tiré de la coupe… voilà qu'il était le gagnant et qu'encore il survivait. La vie était mal faite. Ou alors elle le détestait vraiment.

Elle lui prenait ses parents, envoyait son parrain en prison, le déposait chez une famille qui le détestait et lui faisait rencontrer Voldemort chaque année depuis que l'adolescent était dans l'école de sorcellerie. Si s'était de l'amour, Harry s'en passerais bien volontiers !

Peut-être que s'était la Mort qui l'aimait ? Au final, il finissait toujours par se dire que la Mort état sa véritable amie. Qu'importe où il allait, elle l'accompagnait, s'amusait à le frôler ou se montrait à lui. En fait, la Mort était le seul être qui ne l'avait jamais abandonnée.

Un petit rire franchit ses lèvres.

Décidément Harry ne faisait rien comme personne. Il sourit en se disant que même en amitié il était un phénomène. Sa meilleure amie était l'être qui prenait aux gens leur vie, qui lui broyait le cœur en cet instant. Après le parrain en cavale, voici une amitié mortelle.

C'est avec un léger sourire que le champion du Tournois des Trois Sorciers s'endormit, mais avant que les rêves ne le happent, il eut l'impression qu'une plume caressa sa joue avec délicatesse.

OoO S.S OoO

Lui, Severus Snape, Terreur des cachots de Hogwarts, ne savait plus quoi faire. Le corps professoral en entier était dans une pure agitation. Sauf lui qui, dans son coin, avait d'abord bien rit. Encore les frasques d'Harry James Potter. Combien de fois devrait-il le dire, ce gamin adorait enfreindre les règles et était comme son père. Irréfléchi et spontané.

C'est pourquoi il n'avait pas été surpris quand le gamin Potter s'était enfuit à toute jambe lorsque le corps de Cédric Diggory avait été sorti de l'infirmerie. Le potioniste qu'il était se souvenait parfaitement de la scène et malgré son amusement momentané, il senti son cœur se serrer alors que les images lui revenaient.

Allongé sur son lit, lisant un livre de potion qu'Albus lui avait apporté, il tentait au mieux d'ignorer le fils de sa Némésis. Pourquoi le mioche avait-il dû être finalement installé dans un lit à côté du sien ? L'autre bout de l'infirmerie aurait été parfait, comme il l'avait dit à Pompom, récoltant quelques insultes agrémentées d'un regard noir. Mais le Dragon de l'infirmerie ne l'effrayait pas, malheureusement pour elle.

Un regard noir de Minerva l'avait fait taire cependant.

Cette vieille pie avait plus d'un tour dans sa litière et il préférait ne pas s'y frotter.

Et puis Potter s'était réveillé. Un silence lourd et gênant s'était installé. Ni lui, ni Potter n'avaient plus ouvert la bouche. Intérieurement, Severus bouillait de colère et de rage. Parce que le potioniste s'était montré faible devant l'entièreté de l'école et que s'était Potter qui l'avait aidé, qui avait appelé l'infirmière sortant du choc les personnes les entourant.

Ce fut l'entrée d'hommes en blancs qui attirèrent leur attention. Ils partirent à l'arrière de l'infirmerie et ne revinrent que quelques minutes plus tard avec un brancard. Cependant, ce n'était pas un blessé sur celui-ci, mais un corps recouvert d'un drap blanc.

Potter en avait perdu ses couleurs, mais lorsqu'une main masculine avait glissée hors du drap, ses tremblements s'étaient faits inquiétant. Des larmes avaient coulées sur les joues imberbes avant que l'adolescent ne quitte le lit et ne fonce hors de l'infirmerie.

Lui ? Il avait bien rigolé. Le gamin avait peur d'un mort. Le grand Survivant fuyait quand il voyait un cadavre alors qu'une guerre se promettait dans l'avenir. Oui, bon, s'était un jeune adolescent, s'était naturel qu'il ne soit pas habitué à la mort, là il devait bien l'avouer, ou plutôt à croiser des cadavres à l'école. L'amusement avait fait cependant place à l'inquiétude quand Dumbledore était venu lui parler, le regard sombre.

Et voilà 36h que Potter était introuvable.

Un nouveau soupir traversa ses lèvres pincées finement au point où on ne les voyait plus. Harry Potter était réellement le portrait de son père ! Lui et les règles, cela faisait deux, voire mille ! Mais, surtout, les ennuis semblaient être attirés par l'adolescent. Harry avait le tour pour tomber dans des situations étranges et mortelles, même s'il en réchappait toujours. Or, un jour il finirait par y rester.

Avec le retour de Voldemort, cela n'était pas une option. Severus connaissais la prophétie. Après tout, s'était lui qui en avais fait part au maître. La pire erreur de toute sa vie et dont il avait amèrement payé le prix. Prix que l'homme aux habits noirs continuait aujourd'hui de payer. Pourquoi ce gamin devait-il avoir les yeux de sa mère ?

Une boule d'angoisse commença à grandir dans son ventre à la pensée qu'il devrait se jeter dans la gueule du loup, une nouvelle fois. Parce que, naturellement, l'Ordre allait renaître de ses cendres et lui, il devrait jouer les gentils petits espions. Il n'en avait absolument pas envie. Les séances de Crucio sans aucune raison, les meurtres commis sous ses yeux ou de sa main, uniquement pour ne pas être découvert, il s'en passerait bien, merci !

Une envie de vomir le prit et il dû fermer les yeux, tentant d'éviter de rendre son faible déjeuner qu'il avait eu tant de mal à prendre.

Parce que l'enseignant devrait, naturellement, aviser le Seigneur des Ténèbres de l'arrivée d'un autre Mage noir et que ce dernier voulait lui faire la peau. Ça serait même la première chose qu'il allait dire. Et juste pour ça, le traître savait qu'il allait connaître Crucio par-dessus Crucio. Voir pire.

Parce que personne ne défiait, ni ne menaçait Voldemort et que son rôle serait celui de pigeon.

Secouant sa tête grasse, ce qui n'était pas de sa faute, il se leva du lit où il était allongé. Ses muscles le firent souffrir un instant, ses plaies étant toujours à vif malgré les soins qui lui avaient été prodigués. Autant par Pomfrey que par cet inconnu. Maintenant qu'il était de nouveau sur pied, façon de parler bien sûr, Dumbledore avait demandé son aide pour retrouver le gamin.

Est-ce qu'il avait la tête d'une baby-sitter ? Ou d'un chien pisteur ? Sérieusement. Mais il avait une dette, d'une certaine façon, envers Harry. Severus avait encore de la difficulté à croire, ne serait-ce qu'une seconde, que le gamin avait tenté de lui sauver la vie, puis de le protéger. S'était illogique, Potter le détestait autant que lui-même il le tenait en haine ce fichu enfant.

Qui sauve une personne qu'il déteste, sérieusement ?

Mais Potter n'avait jamais rien fait comme les autres, il le savait bien. Arpentant les couloirs, Severus visitait chaque pièce et passage secrets de sa connaissance, même si il se doutait bien qu'Albus l'avait déjà fait. Il croisait plusieurs fois le directeur et toujours le vieux sorcier avait un regard fermé, inquiet.

Malheureusement pour lui, Severus n'était pas celui qui lui dirait des choses réconfortantes. Cela ne serait pas une surprise pour l'enseignant de retrouver le fils Potter pendu. Ce gamin devait être sévèrement traumatisé par ce qui s'était passé et le connaissant, sans doute qu'il ferait encore une connerie.

Pourtant, Severus sentait qu'il y avait quelque chose derrière ce regard, quelque chose que son mentor ne lui disait pas et ça, Severus serait prêt à boire la potion raté de Neville n'importe quand pour le prouver ! Le potioniste était sûr d'en mourir, mais il savait aussi qu'il voyait juste. Au plus profond de lui, en bon ancien espion – prochainement de nouveau en service – il se sentait trahi et blessé de ce manque de confiance.

Surtout qu'on osait lui demander de chercher le Survivant qui faisait une crise d'adolescence ! Ce n'était pas comme si le gosse s'était encore fait enlevé n'est-ce pas ?

Un profond doute le pris d'assaut. S'il y avait une chance que la disparition de Celui-qui-a-Survécu soit due, en effet, à un nouvel enlèvement, qui cela serait cette fois ? Encore cet homme au masque ? Un frisson glacé traversa son échine, le faisant se tendre un peu plus. On aurait pu croire que Snape avait un balai enfoncé dans son fondement. Mais non, ce n'était absolument pas un balai.

De la peur.

Pure et brute, elle lui tordait les tripes. Jamais Severus Snape n'avait eu aussi peur de quelqu'un que de cet homme au masque d'argent et aux habits blancs. S'était comme si l'inconnu savait qui il était, connaissait tout de lui, la moindre parcelle de son corps sous ses vêtements. Et même à l'intérieur. Severus avait eu l'impression de se noyer dans ce regard d'émeraude qui lui rappelait celui de Lily.

Ce qui était impossible puisqu'il avait caché Potter derrière lui et que le môme n'était pas un Seigneur des Ténèbres. Si Potter l'était, alors il y avait un problème. Un sérieux problème. Parce que, comment au nom de Merlin, un mioche à la cervelle de cornichon ayant à peine quatorze ans, pourrait-il l'être ?

Encore une fois, le fils de James savait comment attirer les ennuis et ne rien faire comme tout le monde… malgré que son idée soit impossible. Harry n'était pas un bon comédien, ne savait pas mentir et il avait bien sentit le malaise et une légère terreur chez le gamin quand ils avaient fait face au second mage noir d'Angleterre.

Peut-être devrait-il déménager ? Sérieusement, le pays devenait n'importe quoi. Surtout, n'importe qui y pénétrait.

C'est en pensant à Potter, et sans s'en rendre compte, que Severus Snape passa trois fois devant la tapisserie de Barnabas le Follet. À sa gauche, une porte commença à se dessiner, ressortant du mur. L'enseignant se figea sur le coup de la surprise, observant la magie de Hogwarts à l'œuvre.

Snape n'avait jamais envisagé un seul instant de chercher un jour la Salle sur Demande, d'ailleurs s'il la connaissait s'était uniquement à cause de l'anecdote du directeur et de ses pots de chambres. Sérieusement, parler d'une envie pressente au milieu de la nuit pendant le soupé… il n'y avait que son citronné de mentor pour tenir cette discussion !

Lentement, comme craignant un piège – ce qui était purement possible avec cette école –, il tendit la main pour se saisir de la poignée de porte. Prenant une profonde respiration, craignant surtout ce sur quoi il pourrait tomber, l'homme des cachots qu'il était ouvrit ladite porte. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il tomba nez à nez avec… un véritable bric à braque de tout et n'importe quoi.

Pénétrant dans la pièce, Severus se tendit subitement en entendant la porte se refermer derrière lui. Jetant un coup d'œil derrière dans son dos, tout en sortant sa baguette et murmurant un Lumos, il réalisa que la porte… avait disparue.

Qu'est-ce qu'il détestait cette école par moment !

Grognassant pour la forme, avec quelques insultes dans la barbe, le potioniste s'avança dans le labyrinthe de la pièce étrange. Il connaissait les particularités de l'endroit. Il fallait penser avec force à ce que l'on désirait et passer trois fois devant la porte, ce qui nécessitait la connaissance de son emplacement. Le seul problème résidait dans le fait que la terreur des cachots avait souhaité trouver Potter et non pas… le grenier oublié de Merlin !

Manquait plus qu'il tombe sur ses caleçons.

Cette pensée le figea de nouveau. Parce que oui, il voulait trouver Potter – et non les caleçons de Merlin –, mais si Potter était ici, à quoi lui avait-il pensé pour que la salle se montre à lui ? Surtout dans cet état. Quoi que la question était idiote. L'adolescent devait vouloir se cacher, à tout prix, là où on ne le trouverait pas. Quoi de mieux que ce foutoir ?

Pestant contre les gamins en crise d'adolescence, et contre les labyrinthes de l'école, le potioniste se retrouva rapidement dépassé et perdu. Cet endroit semblait être vivant, changeant la disposition des couloirs, comme bon lui semblerait. Plus il avançait, plus il se perdait.

Un frisson désagréable lui parcouru le corps alors que Severus sentait l'air devenir de plus en plus froide. S'était comme si… non. Comment cela ce pourrait-il ? Le labyrinthe de la dernière épreuve était aussi vivant que celui-ci, mais plein de piège et de créatures horribles. Comme des Dementor. Croissant les doigts et espérant qu'il n'en soit pas de même, l'homme aux sempiternelles robes noires tournait à droite alors que le passage derrière lui changeait encore.

Pour un cul de sac cette fois, alors qu'un grognement sinistre lui parvint par devant. Sans autres chemins que de marcher vers ce bruit sinistre qui rappelait le son que faisait un Dementor en train de se nourrir. Pâlissant, Snape avança prudemment, baguette parée et prêt à lancer un certain sort de son cru.

Or, plus il avançait, la lueur de son Lumos tournant autour de lui, plus cet horrible bruit se faisait fort et agressif, comme s'il cherchait à le repousser ou l'avertir. Cela lui rappelait un animal blessé qui montre les dents, mais plus Severus avançait, plus il ralentissait le pas. Pas qu'il eut peur de ce qui se cachait non loin de lui, juste que son travail d'espion lui avait appris à être prudent.

Et soudainement, une silhouette apparue devant lui. Les lambeaux de sa robe flottant autour de lui, son visage caché par une sorte de cagoule, mais laissant deviner son horrible bouche. Aussi rapidement que le Dementor était arrivé, Snape lançait le sort de patronus.

La biche galopa vers l'horrible créature, la percutant. L'apparition de fumée chassa le monstre au travers les rangées, faisant soupirer de soulagement l'enseignant qui frémissait encore des effets que la créature provoquait. Encore une chance que le Dementor n'était pas parvenu à s'approcher trop de lui, sinon Severus savait qu'il en aurait bavé.

Passant ses mains sur sa sombre robe pour la défroisser, l'enseignant reprit son chemin, toujours prêt à réattaquer au retour du monstre. Sa biche revint le rejoindre, serrant son cœur dans sa poitrine comme à chaque fois qu'il l'appelait. S'était comme avoir sa tendre Lily à ses côtés, malgré sa mort.

Un soupir traversa ses lèvres, mais Severus ne fit pas disparaître son patronus, le Dementor pouvait revenir à tout instant.

Et puis Severus se figea.

Au travers l'étrange silence dérangeant, Severus entendit des sanglots. Ils étaient poignants, déchirants. Il transpirait une telle détresse au travers chacun d'eux que Snape ne fut pas dupe. Potter devait en être la source, comme de tout ce cirque autour de lui. Le gosse avait dû perdre le contrôle de sa magie, tout simplement.

Pressant le pas, l'homme des cachots se fia aux pleurs pour se guider, malgré les culs de sac et les chemins qui tentaient de l'emmener loin de son élève. Il aurait pu l'appeler, lui intimer d'arrêter ce fichu manège, mais Severus se fit la remarque que sans aucun doute, cela aurait empiré.

Potter ne voulait pas être trouvé, alors s'annoncer à l'avance était la pire des idées. Parce que Severus ne voulait pas que le labyrinthe se fasse plus cruel. Une question cependant le taraudait. D'où sortait ce foutu Dementor ? Parce qu'il savait, depuis l'an dernier il n'y en avait plus, ils étaient tous repartit chez eux à Azkaban. Il. N'en. Restait. Pas. Un. Donc, d'où sortait celui qu'il venait de combattre ?

Il n'était pas sans savoir qu'une telle créature naissait dans les endroits imprégnés de désespoir et autres sentiments si joyeux… Or, Hogwarts n'était pas ce genre d'endroit. L'école n'avait rien de comparable à Azkaban. Encore une chance d'ailleurs !

C'est en réfléchissant à l'origine du non-être que Severus parvint au centre du labyrinthe. Potter avait réellement copié l'endroit sur la dernière épreuve et quelque chose lui disait que cela n'avait rien d'agréable ni n'était de bon augure pour lui.

Et pourtant, rien n'avait préparé Snape à ce qu'il vit.

Un lac, miniature, trônait là. Un saule pleureur sur sa berge voyait ses branches ondulé sous un vent imaginaire. Le doux clapotis de l'eau avait quelque chose d'apaisant. Le tout était posé sur sol de pierres blanches couvert de sillons qui formaient d'étranges arabesques. Ce spectacle, cependant, avait aussi quelque chose qui appelait à la détente.

Mais il ne pouvait manquer l'élément central de la scène.

Harry Potter était assis en position fœtale sous le saule pleureur, les épaules secouées par ses propres sanglots. Les branches pendantes caressaient le dos et les épaules de l'adolescent en de douces caresses réconfortantes. Comme l'aurait fait un ami, ou un parent.

L'air était cependant lourde, l'atmosphère oppressante. Severus dû se faire violence pour ne pas tourner les talons et partir le plus loin possible de cette vision paradisiaque qui n'en avait que l'apparence. Dans sa tête remontaient des souvenirs plus que déplaisants. Ceux qu'il aurait voulu faire disparaître d'un oubliette, mais les choses n'étaient jamais aussi simple.

Parce que le passé ne pouvait pas être changé et qu'il laissait toujours des cicatrices pour qu'on ne l'oublie pas. Ces stigmates que certains pouvaient voir car imprimés sur le corps, mais d'autres qui étaient dans la tête. Sans doute les pires, selon l'enseignant.

Severus resta un instant silencieux, regardant simplement le gamin larmoyant dont il ne voyait pas le visage. Un regard sur son patronus, qui le lui rendit, et un soupir traversa ses lèvres. Sautillant, la biche alla gambader autour de l'adolescent qui sursauta, regardant la forme spectrale qui n'avait rien à faire là avant que son regard émeraude ne se pose sur son professeur de potion.

Ledit enseignant s'était lentement approché, contrairement à l'animal immatériel qui s'arrêta de sauter avant de poser son museau sur la joue humide du Sauveur, puis elle disparue. Silencieux, les deux hommes se fixèrent sans que l'un ou l'autre ne cherche à briser le silence.

Snape avait ses piques sur le bout de la langue et Potter semblait le défier des dires, sachant que l'homme qu'il était ne pouvait passer à côté d'une telle opportunité de le rabaisser, de lui montrer sa haine. Or, il se tue, se murant aussi dans le silence. C'est dans ce même silence que le potioniste prit place à côté du sale gosse.

Ils restèrent ainsi, dans une paix relative et fixant le lac.

- « J'ignorais que la Salle pouvait faire apparaître un lac à la demande d'un élève. »

- « Je l'ignorais aussi. Je me suis réveillé et l'endroit était comme ça. S'était pas dans cet état lorsque je me suis endormit. »

Le silence revint en force, brisé par le clapotis de l'eau et le bruissement des branches. Ces dernières se mêlèrent dans les cheveux gras de l'enseignant, le faisant grimacer quand il les déprit. Potter ne passa, étrangement, aucun commentaire. Au contraire, sans un mot dit, le jeune homme l'aida à se déprendre. Severus le remercia silencieusement, se retenant de se masser le cuir chevelu.

- « Sans vouloir manquer de respect professeur, puis-je savoir ce que vous faites ici ? »

- « Je suis venu à votre recherche. Cela fait plus de 36h que vous avez disparus. Le directeur et tout le corps enseignant sont à votre recherche. »

- « Je ne partirais pas d'ici professeur. »

L'enseignant regarda son élève. Son visage s'était durement fermé et fixait le lac. Ce dernier sembla légèrement plus agité, lui sembla Severus, mis l'homme l'ignora, préférant observer le jeune homme. De nouveau, il retint des piques cruelles, sachant qu'il ne fallait pas enfoncer le couteau dans la plaie. Presser le gamin lui serait plus néfaste qu'autre chose.

- « Vos amis… » commença Snape avant d'être coupé par l'adolescent

- « Anciens amis professeurs. Nous avons eu une dispute à St-Mungo et je ne veux plus avoir à faire à eux. Comment puis-je être ami avec quelqu'un qui aurait préféré que je laisse mourir un homme, uniquement parce qu'il n'est pas apprécié ? Je ne suis pas ce genre de personne et je ne supporte pas ceux qui trouve louable d'en laisser d'autres mourir pour des raisons aussi idiotes »

Nouveau silence.

Pour une fois, Severus Snape ne savait que répondre. Cependant, il était surprit par ce que le jeune homme venait de dire. Il avait été à St-Mungo ? Quand ? En même temps, l'enseignant ne savait quoi penser au sujet des dires d'Harry. Il l'avait encore défendu, d'une certaine façon, non ? Préférant briser son amitié avec ses meilleurs, et seuls, amis uniquement car ces derniers pensaient que lui, Snape, aurait été mieux mort ?

Eh bien, pour une surprise…

- « Ne croyez pas une seconde, Potter, que je vais vous remercier. » fit l'homme, fixant à son tour le lac.

- « Mais je ne vous demande rien. Ce n'est pas pour vous que je l'ai fait. Si j'ai cessé cette amitié, c'est uniquement car ce n'est pas dans mes principes d'accepter ce genre de paroles. Je vous signale que j'ai vu un autre élève se faire tuer, sans raison, alors non je ne supporterai pas ce genre de propos. » siffla le survivant qui ramena encore plus ses genoux contre son torse, ses yeux si vert s'embuant de larme.

Severus se gifla mentalement. Bon. Il n'était pas prêt à faire sortir le gamin d'ici, ça s'était sûr. Il se tue de nouveau, cherchant comment réconforter ce gamin sans perdre la face, il était Severus Snape pas Dumbledore !, ce qui n'était pas simple. De son côté, Potter semblait perdu dans sa tête, ou plutôt dans ses souvenirs. Deux grosses larmes perlèrent sur ses joues et l'adolescent ne les essuya même pas.

Parce qu'il ne les sentait pas ? Parce qu'il ne réalisait pas qu'il pleurait ?

Severus soupira légèrement, silencieusement, laissant ses épaules s'affaisser. Pourquoi cherchait-il à être délicat avec Potter ? Ce n'était pas comme si le môme allait vraiment craquer et se jeter dans le lac ? De toute façon, Snape savait qu'Harry nageait et au vu de la grosseur du lac, impossible de se noyer.

Quoi que Potter était bien capable de se noyer dans un verre d'eau.

Et de se briser le cou en s'enfargeant dans ses propres pieds…

- « Écoutez, Potter, je sais que ces derniers jours n'ont absolument pas été facile pour vous. Surtout lors de la dernière épreuve. Ce que vous avez vécu aura laissé des séquelles, il est normal que vous souffriez d'un syndrome post-traumatique. Voir un autre jeune se faire assassiné, puis toute votre école et plus blessée voir mourante… sans parler que vous vous êtes fait enlevé… Cependant que vous restiez seul sous un arbre à côté d'un lac ne vous aidera pas. Vous devriez en parler à quelqu'un… »

- « Je ne parlerais à personne, parce qu'à tous les coups ça se retrouvera dans la Gazette. Je ne fais plus confiance à personne. Dumbledore aurait dû regarder lui-même le trophée, surtout après que quelqu'un ait mit mon nom dans la coupe. Personne n'a pris ma défense après ça, tout le monde a cru que j'avais triché alors que jamais je n'ai voulu participer à cette mascarade. Alors non, je ne fais plus confiance à personne. Je préfère être comme vous, seul, terré quelque part que j'appellerai chez moi. Ici ça me plait, finalement, je m'y reconnais… Le Dementor ne me dérange même pas. Il est de meilleures compagnies que n'importe qui dans cette école. »

Encore, Snape se retrouva sans savoir quoi répondre. Le gamin était en colère. Le lac était enragé, les branches de l'arbre se balançaient avec violence, comme si un vent d'orage était dans la pièce. L'une d'elles lui gifla la joue et Snape senti une perle de sang couler sur sa joue, mais l'homme s'empressa de l'essuyer. Il se souvenait clairement de la réaction de l'adolescent face au sang quand ils étaient revenus.

- « Calmez-vous Potter. Ce n'est pas une solution, que de vous terrez ici… »

- « Dixit l'homme des cachots ? » rigola le fils de James, sans amusement, sans joie, juste avec constatation.

- « Il est vrai que je ne suis pas homme à pouvoir donner des conseils, mais Potter, ne faites pas les mêmes erreurs que moi… »

- « Pourtant, vous avez raison de ne vous attachez à personne, parce qu'au final… tout le monde fini par nous brisez le cœur. » soupira le gamin en se levant, s'approchant du lac qui commençait à se calmer.

Durant une seconde, l'enseignant eut peur de devoir empêcher le gamin de tenter de se noyer, mais ledit gamin ne fit que s'asseoir sur le sol de pierre blanche, qui était étrangement confortable.

- « C'est indéniable. » murmura Snape, pensant à la rousse qu'il avait aimé et qu'il aimait toujours. « Cependant, vous oubliez le conseil de Dumbledore lors de votre première année. Vous êtes dans les ténèbres, Potter, mais vous oubliez d'allumer la lumière. »

L'adolescent se tourna vers lui, la perplexité se lisait sur ses traits.

- « Et comment puis-je l'allumer, quand tous ne cessent de l'éteindre ? »

- « Allumez une bougie et protégez là envers et contre tout, accrochez-vous à elle comme vous vous accrochez à la vie… »

- « Et si je ne m'accroche pas plus que ça à la vie ? »

Merlin, ce gamin allait le rendre chèvre !

- « Et comment ça, Potter ? Expliquez-moi comment un gamin pourris, comme vous, pourrait-il avoir envie de mourir ? »

- « Parce que vous pensez que ma famille m'aime ? Durant onze ans, j'ai dormis dans le placard sous l'escalier. Je n'étais nourrit que le nécessaire pour ne pas crever, parce que les monstres ne le méritent pas. J'étais traité plus bas qu'un elfe de maison, Snape, et je me fous si vous me croyez ou non. Que j'en finisse avec ma vie devrait vous réjouir, l'élève que vous détestez le plus ne sera plus dans vos pattes. »

Snape était, une nouvelle fois, sans voix. Aujourd'hui serait marqué d'une pierre rouge à jamais puisque le gamin semblait décidé à réaliser le miracle de l'empêcher de trouver des répliques. Le gamin n'avait pas hurlé, pleuré, crié, non. Il avait parlé avec une voix posée, calme, sans qu'il n'y ait le moindre sentiment dans la voix. Comme s'il en était dépourvu, vidé. L'enseignant avait de la difficulté à croire le gamin, cependant cela expliquerait beaucoup de chose. Pourquoi il avait l'air si triste à chaque départ, pourquoi il ne faisait plus du tout confiance à Dumbledore.

Ce n'était pas seulement une question de trophée truqué, mais celui-ci avait été la goutte de trop.

D'un côté, ça avait du sens.

De l'autre, Snape se disait que ce gamin en avait trop vécu en peu de temps. L'enseignant voyait une maturité nouvelle chez le gamin qui ne l'était plus. Avait-il seulement eut une enfance ? Severus comprenait qu'il était partit sur des préjugé qu'il n'aurait pas dû avoir. Malgré tout, malgré qu'il accorde un semblant de vérité à ces paroles, l'enseignant savait qu'il ne pouvait complètement changer sa vision.

Ce gosse enfreignait les règles et ce mettait dans de ces galères !

- « Alors le sacrifice de vos parents vous importe peu, Potter ? Vos parents ont perdu la vie pour protéger la vôtre. Si vous ne voulez plus vivre pour vous, vivez au moins en leur mémoire. »

Le sale gosse ne lui répondit pas, ne faisant qu'hocher la tête.

- « Vous savez professeur, je ne vous déteste plus… Pourtant, vous êtes la première personne à m'écouter sans réellement de jugement… même si vous me détestez. » il eut un rire sans joie. « Mon meilleur ami était jaloux, ma meilleure amie était une emmerdeuse intelligente, mon directeur un fou glucosé qui se foutait de comment j'étais traité chez mes moldus… et vous vous me traiter normalement. Je trouve ça ironique. »

- « Potter, vous savez que je vais devoir vous sortir d'ici n'est pas ? »

- « Et je ne vous suivrais pas professeur. Vous savez, je suis seulement humain… parfois, j'aurais aimé un coup de main et non entendre des paroles du genre « ta douleur n'est qu'une illusion » »

- « Potter, vous ne pouvez pas rester ici. Ni moi. De toute façon, vous ne voulez pas rater le dernier repas, ni le grand discourt de fin d'année du Directeur ? »

- « Eh bien oui, je m'en fou… »

Snape soupira lourdement. Oui ce gamin allait le rendre fou.

- « Potter, de toute façon, si vous ne sortez pas d'ici, le Ministère viendra vous cherchez par la peau des fesses en vous tenant responsable de la mort de monsieur Diggory… »

- « Je ne l'ai pas tué ! »

Le survivant avait hurlé et Severus se sentit propulser contre le tronc de l'arbre. Son crâne frappa le bois et des points noirs dansèrent devant ses yeux alors qu'un liquide poisseux coulait sur sa nuque. Génial, le gamin perdait encore le contrôle de sa magie. À quel point Harry était-il instable ?

Severus ouvrit brusquement les yeux. Quelque chose s'était saisit de ses chevilles. Quelque chose de froid, irrévocablement glacial. Son regard d'ébène tomba sur le Dementor qui lui enserrait les chevilles, mais avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, le non-être partit en direction du labyrinthe en le traînant sur les roches.

La pointe de ces dernières déchirèrent ses robes, lui éraflèrent la peau au sang.

- « POTTER ! » cria Severus Snape qui en avait perdu sa baguette.

Dans un ultime effort, l'homme parvint à se tourner sur le ventre, uniquement pour voir le gamin le regarder avec colère.

- « JE NE SORTIRAIS PAS ! »

Et devant les yeux de l'enseignant, le labyrinthe se referma, l'empêchant d'aller rejoindre ce sale gosse. Redevenu seul, perdu, l'enseignant se redressa avant de s'effondrer dans la poussière avec un glapissement de douleur.

Génial ! Cette saloperie lui avait fracturée les deux chevilles et se promenait quelque part dans le labyrinthe sans qu'il ne sache où. Grimaçant, le potioniste parvint à se traîner contre une étagèrent et il s'y appuya après être parvenu à s'asseoir plus ou moins confortablement.

Il était vraiment fichu ! Sans baguette, il allait se faire tuer par le Dementor. Les chevilles dans un sale état, il ne pouvait pas les soigner. Impossible de transplaner, naturellement puisque cela faisait partit des défenses du château ! Une véritable connerie, selon Snape.

Fermant les yeux, l'ancien espion inspira profondément. Bon. Il avait connu pire que des fractures aux deux chevilles, cependant il savait que marcher sur elles les endommageraient et pourrait laisser des séquelles irréversibles. Même avec la magie. Il ne lui restait plus qu'à ce traîner sur le sol poussiéreux sans savoir par où aller.

Parce que Snape se doutait que même s'il le demandait poliment, Potter l'enverrait promener. Ce gamin était plus buté que son vieux quand il était en colère. Mais une question l'énervait.

Pourquoi le Dementor était-il venu au secourt de Potter ? Pourquoi ne lui avait-il pas volé son âme ?

Depuis quand Potter contrôlait-il les Dementor ?

Expirant avec frustration, l'enseignant ne trouvait pas les réponses. Cet endroit dépassait la logique magique, la créature n'agissait pas normalement et Potter était le seul à avoir un semblant de normalité. Mise à part son instabilité momentanée.

Bon au moins, Dumbledore allait bien se mettre à sa recherche, n'est-ce pas ? Il n'allait quand même pas le laisser disparu dans son état ? Quoi qu'avec Dumbledore, il ne savait pas quoi penser.

Alors lentement, à son tour, Severus sombra dans le sommeil.

Le froid. Poignant, coulant dans ses os.

Des souvenirs, des cauchemars remontèrent dans son esprit. Les Crucios du Seigneurs des ténèbres, gratuits, sans raisons, les meurtres qu'il avait dû commettre… et puis, le plus affreux. Lorsqu'il avait découvert le corps de Lily. Tout lui revenait. Les cris, les sensations, l'odeur du sang, la douleur, les larmes.

Son souffle se fit douloureux, se coinça dans sa gorge alors que sa poitrine lui faisait mal. S'était tellement douloureux ! Comme si on tentait de sortir quelque chose de son corps, sans qu'il ne puisse luter.

Puis, aussi soudainement que tout avait commencé, cela cessa. Haletant, à moitié conscient, Severus sentit une douce chaleur se répandre en lui. Sur le bord de ses lèvres, pénétrant sa bouche avant de descendre dans sa gorge et continuer sa course dans son ventre. Puis dans chacun de ses membres endoloris.

Ce fut en cet instant que Snape réalisa qu'il tremblait, violemment, comme après une pluie de Crucios. Quelque chose de doux passa sur sa tempe, se perdit dans ses cheveux alors qu'une chose chaude et duveteuse chatouilla son cou et réchauffa ses mains.

Une présence se fit ressentir, familière et inconnue à la fois. Rassurante, apaisante. Puis elle disparue, comme un fantôme. Severus s'agita, tenta d'ouvrir les yeux, mais ses paupières étaient aussi lourde qu'un chaudron de plomb. Un gémissement traversa ses lèvres sous un mouvement un peu plus brusque qui réveilla une douleur dans son dos.

Le potioniste se sentit sombrer de nouveau, mais pas dans le froid.

Ce ne furent que plusieurs heures plus tard que la Terreur des cachots reprit pleinement conscience. Sauf que quelque chose n'allait pas. Non.

Parce qu'il était actuellement dans l'infirmerie de Hogwarts alors que peu de temps auparavant, il était dans la Salle sur Demande complètement folle. Un grognement traversa ses lèvres alors qu'il refermait ses yeux durement, fronçant les sourcils sous l'assaut de la lumière déclinante de l'après-midi.

Du mouvement à sa droite attira son attention. Dumbledore était assis et mangeait les bonbons surprise de machin-crochue. Une grimace lui apprit que son directeur devait être tombé sur une saveur désagréable.

- « Quelle saveur ? » demanda sarcastiquement le potioniste

- « Charogne de dragon… » geignit le directeur toujours grimaçant, mais reposant la boîte à moitié pleine. « Mon cher Severus, pouvez-vous m'expliquez pourquoi nous vous avons retrouvé dans un microscopique placard à balais ? »

- « De quoi vous parlez, Albus ? J'étais dans la Salle sur Demande avec Potter. Ce gamin est complètement instable ! Si vous saviez ce qu'il a fait de la Salle… »

Mais Snape du se taire, pris d'un vertige quand il tenta de se redresser.

- « Doucement mon ami, restez allongé. Pour votre bien, Severus, ne faites pas d'effort. Vous n'étiez pas en grande forme, on aurait dit que vous aviez fait face à un Dementor ! » rigola le vieux sorcier, qui perdit vite son sourire face à l'air sérieux de son maitre des potions.

- « Peut-être, Albus, parce que J'AI fait face à un Dementor qui m'a broyé les chevilles et m'a traîné au sol ! » grogna l'ancien espion en fermant les yeux.

- « Et si vous me racontiez tout depuis le début Severus ? »

Après un profond soupir, Severus entreprit d'expliquer en détail comment il était parvenu à découvrir la cachette du survivant jusqu'au moment où il l'avait trouvé. Naturellement, il occulta certains détails, comme celui où Albus n'avait plus du tout la confiance du Survivant, ainsi que le côté un peu trop dépressif du jeune homme. Ce dernier s'était confié à lui, il ne pouvait le trahir ainsi.

Il parla, naturellement, du non-être, du labyrinthe et du lac. Lorsqu'il eut fini de parler, Albus partit, l'air profondément inquiet ou était-ce parce qu'il était frustré ? Severus grogna dans sa barbe inexistante. Avec tout ça, il n'avait pas demandé au directeur pourquoi il lui avait caché la visite du Survivant à St-Mungo…

OoO HP OoO

Harry se sentait mal. Son estomac se tordait dans tous les sens, son cœur se comprimait dans sa poitrine et sa respiration était incontrôlable, douloureuse. Mais qu'avait-il fait ? Les larmes ruisselèrent sur ses joues pales, n'arrivant pas à croire une seule seconde que son enseignant soit mort par sa faute.

Après tout, il avait vu cette saloperie de Dementor l'emmener, comment pouvait-il en être autrement ? Harry savait, pour l'avoir vu, que ces créatures se nourrissait des bonnes émotions, des bons souvenirs et, surtout, de l'âme de leurs victimes. Et Snape… Snape qui avait été entraîné dans le labyrinthe par ce non-être. L'homme n'avait pas sa baguette, car celle-ci reposait dans ses mains.

Ses larmes tombaient sur le bois de l'objet magique sans qu'il ne cherche à les sécher. Il était un monstre qui n'entraînait que la mort autour de lui, il était la lumière qui attirait la Grande Faucheuse comme si cette dernière était un insecte. Mais pourquoi était-ce toujours lui qui entraînait la mort des autres ?

Un cri de rage traversa ses lèvres, ses yeux se fermant sous celle-ci. Pourquoi n'était-il pas celui qui mourrait ? Il n'avait personne pour le pleurer, juste Sirius. L'animagus le pleurerait, cela était sûr. Ses anciens amis, aussi. Ainsi que la communauté sorcière, mais uniquement à cause du symbole qu'il était. Chose qu'il n'avait jamais demandé.

Parce que personne ne le voyait comme étant juste Harry. Non, les gens le voyaient comme l'Élu, le Sauveur du monde sorcier, chouchouté et adulé par ses moldus. Si seulement ils savaient !

La colère, bouillante et violente, réchauffa son sang et Harry serra fortement les poings jusqu'à sentir ses ongles s'enfoncer dans sa peau. Ils étaient tous idiots, aveugles et égoïstes. Ils ne voyaient que ce qu'ils voulaient voir, croyaient ce qui leurs plaisaient. Les sorciers étaient si… manipulables !

Harry se secoua. Non, ils ne l'étaient pas tous. Son professeur de potion en était la preuve, sans doute la seule. Et il l'avait tué.

Prenant sa tête entre ses mains, le jeune homme se força à respirer lentement. Sa respiration s'entrecoupait, sifflait sous ses sanglots qui se tarissaient légèrement. L'inquiétude, la peur, le prenaient aussi d'assaut. Contrairement à ce que beaucoup croyaient, il n'était pas un stupide Gryffindor. En effet, parce qu'Harry savait que la guerre approchait et qu'elle serait meurtrière.

Voldemort, ce sale serpent psychopathe et sans cœur qui avait assassiné tant d'innocent, était revenu. Son sang, sa protection, coulait dans ses veines. Le sacrifice de sa mère n'avait plus lieu d'être ! Il était devenu inutile. Et qui disait le retour du Seigneur des Ténèbres, disait retour de ses partisans. Donc, d'enfants de Deatheaters qui seraient ici, à Hogwarts.

En sachant comment la chose humanoïde l'aimait, Harry n'avait pas de difficulté à croire que ces sales enfants d'assassins obéiraient à leurs parents et lui pourriraient la vie. Voir y attenteraient.

Si seulement ils pouvaient y parvenir !

Harry refusait de participer à une guerre. Il ne voulait pas voir ses connaissances morts sur le sol, voir le sang imbiber la terre jusqu'à ce qu'elle soit gorgée de tout son saoul. Et lui ? Il ne voulait pas mourir, paradoxalement. Il ne voulait pas être l'un de ces cadavres que l'on compterait comme un de plus parmi les centaines d'autres sur un champ de bataille sanglant. Il ne voulait pas mourir, tout simplement.

Pourquoi devrait-il, finalement, mourir ? La mort était tentante, douce, plus personne ne le trahirait et il irait rejoindre ses parents. Cependant, s'était trop facile. Lâcher les armes, laisser tomber la vie avant même de l'avoir un tant soit peu connue, vécue pleinement. Il n'avait encore jamais aimé, réellement. Pouvait-on réellement mourir sans savoir ce que cela faisait que d'aimer et d'être aimé en retour, de façon inconditionnelle ?

Harry voulait être égoïste et vivre ainsi. Ne plus rien devoir à personne, ne plus devoir se reposer sur personne. Parce qu'au final, il se ferait toujours trahir. Harry le savait. Comment faire confiance après ce que ses amis –surtout Ron en fait – lui avaient dit ? Et si une guerre venait réellement à éclater, au moins n'aurait-il personne à pleurer.

Sauf Sirius. La seule personne à qui il tiendrait toujours, pour qui il donnerait sa vie. La seule personne qui l'aimait, elle, de façon inconditionnelle. Harry en était sûr ! Un petit pincement au cœur lui fit mal. Severus n'avait-il pas dit que cela faisait 36h qu'il était disparu ? Est-ce que Sirius s'inquiétait ?

Bien sûr ! Comment pouvait-il faire cela à cet homme ? De gros sanglots le secouèrent cependant alors qu'il se roulait de nouveau en boule au sol. Il ne voulait pas inquiéter son parrain, mais il ne pouvait pas non plus sortir d'ici.

La Salle sur demande était glaciale, froide comme était en train de le devenir son âme. Son cœur se gelait d'avoir vu la mort de si près, de l'avoir goûté et sentit. Tous ses sens avaient été en contact avec la Grande Faucheuse. Mais était-ce réellement de sa faute ? À Sirius ? Non… mais la peur, la colère l'empêchaient de partir.

Parce qu'ici, il était bien. Malgré le désordre, malgré le froid, il se sentait à sa place. Comme si la Salle va et vient s'était faite à son image, s'était modelée pour qu'il s'y sente bien et ne veuille plus en partir. Cet endroit avait-il une conscience, un cœur ?

Une âme ?

Pourquoi pas. Les baguettes avaient bien leur propre caractère non ? Une volonté même, pour choisir leur sorcier et non l'inverse. S'était d'ailleurs surprenant que certains les fassent faire sur mesure et que la baguette les acceptait, comme ça. Mais Harry n'était pas né dans ce monde, le ressentait tous les jours, tous les ans, car toujours il y avait quelque chose qu'il ignorait.

Qu'est-ce que s'était rageant ! Arrêtant, enfin, ses larmes, le Survivant se redressa. Le sol tangua sous ses jambes et il s'effondra, soulevant de la poussière et s'égratignant la peau au travers ses habits. Il était bon pour un bain, jeter son uniforme et puis faire les boutiques.

Plus lentement, celui-qui-a-survécu se releva, s'appuyant à l'arbre qui lui avait servi de lit quand il tombait endormit. Fermant un instant les yeux, puisqu'il voyait flou à cause de la fatigue, Harry commença à marcher. Tant pis s'il n'y voyait rien. Tant pis s'il tombait dans le micro lac et se noyait.

Il devait bouger.

Kit à rester un habitant de la Salle sur Demande, autant se promener dans son nouveau domaine, non ?

Pourtant Harry aurait mieux fait de rester au sol, parce que de nouveau il s'étala sur les pierres blanches dans une légère grimace, le souffle légèrement coupé. Ce n'était pas sa soirée ! Un grincement attira cependant son attention, le forçant à relever la tête. Harry écouta attentivement les bruits de son environnement. Un son, tel le murmure de deux courants d'air, lui parvenait de loin. Il lui fallut quelques instants avant d'enfin comprendre; deux personnes étaient en train de parler. Mais qui ?

En effet, il n'y avait que Snape qui était parvenu jusqu'à lui, alors comment savoir ? De toute façon, personne d'autre que lui ne devait savoir pour sa présence en ces lieux. Et maintenant, l'enseignant devait avoir depuis longtemps poussé son dernier soupire ou avoir perdu son âme à cause de son Dementor.

Or, à sa surprise, le ton sembla monter entre les voix et la porte se referma violemment. La voix restante pesta, luttant sans doute contre la porte pour l'ouvrir sans y parvenir. Est-ce que le potioniste avait aussi connu un sort aussi tragique ? Parvenant à fuir le dévoreur d'âme, de bons souvenirs, mais se retrouvant prisonnier de la salle sur demande ? Quel coup du sort !

Se redressant tant bien que mal, l'adolescent marcha en titubant. Ses paumes de mains le brûlaient et contre sa peau pâle, Harry sentait le sang perler. Tant pis, ce n'était pas la première fois qu'il souffrait ainsi de toute façon, de plus, ce ne serait certainement pas la pire des douleurs qu'il connaîtrait dans l'avenir. Surtout avec le retour de Voldemort.

Prenant sa baguette, à côté de laquelle se trouvait celle de Snape, le héros du monde sorcier – qui était loin d'en avoir l'apparence – lança un Lumos pour mieux se diriger et se guida en suivant les lamentations et insultes du nouveau prisonnier. Ses yeux parvinrent à s'habituer de nouveau et il y revit clair. Peut-être qu'avec de la chance, il trouverait Snape vivant ou au moins son cadavre. Il n'allait tout de même pas laisser son enseignant se décomposé ici !

Bien que ce fut des plus prévisible, Harry n'arrêta pas de percuter une armoire ici, de se prendre les pieds dans des objets traînants là, renversant des meubles dans sa chute. Il n'était pas habituer de voir si clairement. En clair, il provoqua un magnifique boucan qui attira le nouveau prisonnier. Celui-ci appelait, demandait qui était-là. Or, Harry n'avait pas le cœur à répondre. Après tout, s'il s'agissait de Malfoy il aurait droit aux insultes et moqueries. Ce qu'il n'était pas en état de subir tout simplement.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsque deux bras fermes entourèrent ses épaules, l'empêchant de subir une chute douloureuse dans un tas d'objets indescriptibles. Une odeur d'herbe, de ferme mélangés à une autre indescriptible lui monta au nez. Si familière jusqu'à ce que la voix de Fred Weasley lui parvienne, confirmant ses doutes.

- « Harry, mais que fais-tu là ? Bon sang, mais dans quel état tu es ! »

Son corps frêle fut serré contre ce torse de batteur avant qu'un bras ne passa sous ses genoux, le soulevant. Faible, n'ayant pas mangé depuis un bon moment, Harry ne put lutter, passant simplement ses bras autour du cou du roux. Harry avait toujours gardé cela secret, mais il savait parfaitement différencier les deux jumeaux pourtant identique.

- « Fred ? C'est bien toi ? J'y crois pas... comment tu es arrivé ici ?» murmura l'adolescent alors que les larmes perlèrent. « Tu n'aurais pas dû venir ici, Snape est venu lui aussi et il est mort… Il y a un Dementor ici, Fred. Je crois qu'il a tué Snape. »

- « Harry, tu débloques ? Snape a été retrouvé, vivant, et dans un placard à balais. Autant que je le sache, ils te cherchent tous encore. Je n'ai pas croisé de ces bouffeurs d'âmes, tu es sûr d'en avoir vu un ? »

Incapable de parler sous le soulagement, l'adolescent hocha la tête. Comment ne pas reconnaître l'une de ces immondices bâtardes ? Le genre de monstre que l'on ne souhaiterait pas voir sous son lit ou dans son placard. Ce n'était pas pour rien que ces choses étaient son épouvantard. Et avec sa nouvelle vision, il y avait des détails qu'il aurait préféré ne pas voir.

Bercé par la marche du roux, le jeune Potter commença à sommeiller. Depuis combien de temps n'avait-il pas fermé les yeux ? Mais le Weasley ne semblait pas prêt de le laisser s'endormir.

- « Harry, est-ce que tu sais seulement à quel point tout le monde se fait du soucis ? Surtout nous ? Maman est folle d'inquiétude et papa est parvenu à faire dépêcher des aurores il y a quelques heures, après qu'on est retrouvé Snape dans un placard j'entends. Y'a que Ronald qui fait l'idiot, mais tu le connais. Bon sang, Harry, veux-tu me dire ce qu'il t'es passé par la tête ? »

- « J'avais envie d'être seul c'est tout, Fred. Ronald m'a piqué une crise parce que j'ai tenté de sauvé Snape, tout le monde me regarde comme si j'étais l'assassin de Cédric, on le murmure même dans mon dos. Je voulais juste disparaître ! »

Les larmes continuèrent de couler. Soulagement, désespoir, haine, colère, tristesse, joie et sécurité. Tout se mélangeait dans tête, dans son cœur. Soulagement que son enseignant ne soit pas mort, désespoir parce qu'il ne causait que du mal, haine envers tous ces égoïstes qui ne pensaient qu'à eux, colère d'être incompris même par ses amis, tristesse de se retrouver encore seule au monde, joie qu'au moins Fred et les parents Weasley s'inquiètent pour lui et sécurité, parce que rien au monde ne semblait plus l'être que les bras du batteur dans lesquels il était.

Les jumeaux, autant qu'il s'en souvenait, avaient toujours été un symbole de sécurité pour lui. Leur venu lors de sa seconde année, le libérant de ses barreaux. En troisième quand ils lui avaient offert la carte du maraudeur, bien que cette année cela avait été ambiguë.

Le nez niché dans le cou de son aîné, le jeune Potter ne put cacher ses larmes au jeune roux. Le rouquin la serra un peu plus fortement contre lui et Harry entendit un soupir traverser ses lèvres.

- « Harry, ceux qui disent que tu as tué Cédric ne te connaissent pas comme nous. Je sais que tu en serais incapable. Quant à Ron, c'est un idiot impulsif et jaloux. Snape a une dette de vie envers toi, ça le rend jaloux c'est tout. En tout cas, tu as été un véritable imbécile. Tu crois que j'avais envie que tu disparaisses, moi ? »

La dernière phrase laissa Harry en pleine interrogation. Décollant son visage du cou de l'adolescent qui le portait, le survivant regarda sle jumeau Weasley qui le portait. Celui-ci dû se rendre compte de la perplexité de l'adolescent, car il se racla la gorge.

- « Tu es mon ami Harry, je refuse que tu disparaisses. Tu es comme un petit frère, je ne voudrais pas te perdre tu sais ? »

Le nommé ne put retenir un sourire d'étirer ses lèvres. Soulagement qu'il ressentait que, finalement, il ne fut plus si seul. Au moins savait-il qu'il pouvait compter sur l'un des jumeaux Weasley.

- « Avec qui te disputais-tu ? »

- « Avec George. C'est rare, mais il nous arrive d'être en désaccord. Cette fois s'était à propos de Percy. George voudrait tester sur lui notre dernière invention, mais je ne suis pas d'accord. Je trouve que ça serait trop cruel et surtout, Percy n'a rien fait cette fois. Il a beau être coincé, il reste notre frère. Ce n'est pas parce qu'il ne pense pas comme nous que nous devons nous acharner sur lui. »

Harry fut surprit. Autant qu'il connaissait Fred, il savait qu'aucun des jumeaux n'hésitaient à faire de blagues – même de très mauvais goûts – à leur aîné. Voir Fred Weasley aussi mature était étrange. Mais après tout, ils ne se fréquentaient pas tant que cela à l'école. Lui traînait plus avec Ronald qui était d'une maturité des plus douteuses, alors peut-être n'y avait-il en réalité aucune surprise à avoir ? L'adolescent oubliait souvent que Fred avait deux ans de plus que lui. Ce qui signifiait que le jeune homme avait 16 ans maintenant. Ou dix-sept ?

L'esprit embrumé de l'adolescent ne l'aidait pas à réellement réfléchir. La fatigue pesait lourd avec la faim à cette absence de réflexion. Il entendit Fred lui parler, mais tel un enfant dans les bras réconfortant de son père, l'adolescent s'endormit paisiblement.

OoO S.S OoO

Severus Snape n'était pas le genre d'homme que l'on laissait sans voix. Seul Potter y parvenait. Il n'était plus non plus un jeune homme que l'on pouvait facilement impressionner. Il en avait vu et revu au court des années, paraissant plus vieux qu'il ne l'était réellement. Pour être franc, plus rien ni personne ne l'impressionnait.

Encore une fois, exception faite de Potter fils.

Le gamin était allongé sur un lit au fond de l'infirmerie, à l'abri des visites surprises d'élèves trop curieux ou d'autres personnes indésirables. Notamment de journalistes. Il n'y avait que les enseignants et l'infirmière qui pouvaient venir le voir, si l'on omettait Fred Weasley qui se trouvait aux côtés du survivant depuis qu'il l'avait emmené.

Le jeune griffon ne lui lâchait plus la main, comme s'il était devenu sa bouée de sauvetage, la seule personne qui l'empêchait de sombrer dans les ténèbres qui emplissait désormais son esprit fragilisé. Le rouquin dormait, la tête posé sur le matelas dans une position des plus inconfortable, refusant de quitté le jeune Potter. Avait-il comprit, contrairement à beaucoup, qu'Harry avait besoin plus que tout autre chose de soutient ? Le gamin lui avait assuré qu'il ne parlerait à personne de ses problèmes, car il ne faisait plus confiance au moindre être vivant du château.

Peut-être avait-il exagéré ? Dans le meilleur des cas, Weasley serait cette oreille qui entendrait ce qu'aucune autre ne pourrait jamais le faire. Au-delà de l'immaturité des jumeaux, il devait avouer qu'ils étaient courageux et loyaux, intelligents. Ils voyaient, devinaient des choses que la plupart des gens n'auraient jamais liées entre eux. Cela ne l'étonnerait donc pas que le jeune Weasley ait comprit l'importance qu'il commençait déjà à revêtir pour Potter.

Son regard d'onyx se posa cependant sur le corps du plus jeune. Maigre, il ne valait pas mieux que lui physiquement. Le bras pansé, les mains soignées, ses habits étaient cependant sales et couverts de poussières. Ils auraient au moins pu le changer, se dit-il en grimaçant, ses chevilles commençant à lui être douloureuses.

Se détournant de la scène et quittant l'arrière de l'infirmerie, le potioniste en sortie pour regagner ses cachots. S'était son chez lui, sa vraie demeure. Poudlard était sa maison, ses cachots l'endroit où il se sentait bien. Est-ce qu'il se terrait comme l'avait-dit Potter ? Peut-être. Fuir les autres, garder ses distances tout simplement tout en sachant que s'il s'attachait à quelqu'un, cette personne lui briserait le cœur un jour. On finissait toujours par le trahir de toute façon. Il n'était bon qu'à ça, être utilisé.

Pénétrant dans ses appartements, Severus Snape regarda le feu dans l'âtre qui brûlait, répandant une douce odeur qu'il aimait tant. Il fut tenté par la bouteille de Whisky pur-feu derrière la porte d'une armoire contenant d'autres alcool qui, eux, servaient plutôt à nettoyer ses blessures. Poussiéreuses, il allait pourtant bientôt en avoir de besoin et plutôt qu'il ne le croyait.

Pourtant, il secoua la tête. Le moment ne se trouvait pas à être pour la boisson, au contraire. Celui que l'on appelait le graisseux préféra se diriger vers la douche, laissant le jet brûlant rougir sa peau et imbiber ses cheveux. Assit sur un tabouret qu'il avait emporté, il massait discrètement ses chevilles. Retraçant les traces de doigts que le Dementor avait laissés dans sa chair, il ne put que frissonner. Il était passé à cela près de devenir une coquille vide.

Un hurlement quitta ses lèvres, cependant, lorsque la marque commença à le chauffer. Quelque chose se passait, cela il en était sûr. La dernière fois que la marque lui avait fait tant de mal, s'était le jour où Voldemort avait disparue. Non, s'était un euphémisme, la douleur avait été plus grande. Or, cela ne pouvait signifier qu'une chose; le Lord était en colère. Dans une telle colère qu'il appelait à lui sans doute tous ses partisans. Qu'importe l'heure, ce qu'ils faisaient, même s'ils étaient en situation intime, il fallait qu'ils se présentent.

Combattant la douleur qui refusait de partir, empirant au contraire, l'enseignant revêtit rapidement des habits. Soigné comme il le pouvait avec ses vieilles robes, se séchant pour ne pas montrer ce qu'il faisait avant l'appel, Snape se lança à lui-même un regard d'encouragement dans le miroir. Il était temps de faire le grand saut. L'heure était finalement venue.

OoO L.V OoO

Son corps, loin d'être semblable à ce qu'il fut autrefois, était aussi froid que la mort. D'un ongle sale et pointu, ressemblant plus à une griffe, Voldemort retraçait les veines de l'un de ses poignet sans pour autant quitter des yeux la marmite devant lui. Son regard carmin fixait le liquide argenté qui tournait comme un maelstrom dans le sens contraire des aiguilles d'une montre.

Tout avait bien commencé, son retour avait été prometteur. Un élève de Hogwarts mort, Potter à sa merci… sauf que le petit rat lui avait échappé ! S'était sans parler de Snape qui ne répondait à aucun de ses appels. Ce fut par Lucius qu'il apprit l'attaque qu'avait subie l'école après le retour du grand Survivant.

D'abord surprit, Voldemort n'en était pas revenu. Autant du nombre de victimes que de savoir que le responsable n'avait rien revendiqué. Tous avaient été blessés et Snape – sans parler de son Némésis – avait été porté disparu. Le Lord avait exigé qu'on lui dise qui avait fait cela.

Le doute l'avait pris. Était-ce Barty Crouch Jr qui lui faisait cette offrande ? Non, il avait été retrouvé mort dans les habits de Mad eye qui lui-même avait été retrouvé dans un coffre, à moitié mort.

Merci Lucius pour donner les infos qui aurait dû être transmises par Severus.

La colère qu'il avait ressentie avait été folle et sourde, se transmettant par la marque à tous ses fidèles, même ceux qui n'étaient pas présents. La seule piste que possédait le Seigneur des Ténèbres se trouvait à être l'origine de l'attaque; un nuage qui aurait enveloppé les témoins de la dernière épreuve. Hors, il n'avait pu obtenir sa couleur exacte.

Bien que se fut mieux que rien, le Lord se souvenait des heures passées dans la bibliothèque inutile de Lucius, des livres qui ne valaient pas mieux de Bella jusqu'à ce qu'il ne tombe par hasard sur un rare volume traînant dans sa propre chambre. Comme si quelqu'un l'y avait laissé en sachant qu'il y trouverait des réponses. Sauf que du livre il n'y avait qu'une page avec des inscriptions anciennes qu'il avait mis encore plus d'heures à retranscrire.

Assez pour qu'au milieu de sa traduction, Lucius vienne à l'interrompre pour lui apprendre que Severus et Harry avaient refait leur apparition au milieu de la grande salle. Or, Severus ne pouvait se présenter à lui puisqu'il était dans un état inquiétant. D'après les infos que Malfoy senior lui transmit, le potioniste ne serait en état que d'ici trois jours.

Ajoutant une pincée de poudre d'os de dragon – race Magyar à pointe femelle d'au moins quarante printemps et en gestation – le Lord se dit que les trois jours seraient inutiles à attendre. Plus de trente-six heures s'étaient écoulées et sa patiences avaient des limites. Dès qu'il aurait fini avec cette potion, il l'appellerait et si par malheur son espion était dans un état trop pitoyable il l'exécuterait tout simplement.

Voldemort n'avait pas besoin d'un chien agonisant dans son armée en pleine renaissance. Des faibles, il n'en voulait pas. Sans parler que Severus était le seul sang-mêlé après lui, bien que tous l'ignorait. Il n'avait donc aucune raison de le garder à ses côtés, sauf pour son utilité qui commençait à le faire douter.

Parce qu'il n'était pas un idiot. Lord Voldemort s'était renseigné sur les agissements de ses très chers partisans après sa chute, sur les excuses et les procès. Quelle n'avait pas été sa surprise à propos du procès de Severus Snape ? Défendu par son ennemi, Albus Dumbledore, son espion s'était fait passé pour celui du directeur. Oh, de cela le Maître des potions aurait à y répondre.

Regardant la potion prendre une couleur sang, celui qui détestait son prénom trop Moldu sourit tel un prédateur. Le petit idiot qui avait osé commettre cette attaque verrait bientôt son identité révélée et il irait personnellement lui apprendre sa place.

Était-il naïf de croire que seul l'un des siens pouvait commettre un acte d'une telle magie noire ? D'une certaine façon oui. Voldemort savait qu'il était obsédé par le pouvoir, il savait qu'il était le mage noir le plus puissant du siècle, surclassant l'amant de son ennemi et ancien professeur. Oh oui, il était plus puissant que cet idiot de blond qui avait eu la faiblesse d'aimer ! Chose que lui était incapable d'éprouver.

Laissant sa main se tenir au-dessus du liquide écarlate, l'homme à l'apparence de serpent n'hésita pas une seule seconde à planter la dague dont il venait de se saisir dans sa main. Transperçant le membre de part en part, une seule grimace et la crispation de sa mâchoire laissèrent deviner sa douleur. Chauffée à blanc, la lame émis un son crépitant, brûlant sa chair.

Il fallut à l'être au physique inhumain de longues minutes avant d'être capable d'ouvrir la bouche sans hurler. Pendant ce temps, son sang avait fait teindre de noir sa potion. Une odeur perfide s'en dégageait. Douceâtre comme celle d'un cadavre en décomposition, du sang ayant sécher sur le sable du désert. S'était la fragrance de la Mort, promesse de souffrance. Il y avait même celle du souffre, comme si un volcan se trouvait à proximité.

Retirant la lame de sa main, sifflant légèrement, Voldemort ne prêta pas plus attention à son membre blessé. Cette potion il l'avait tiré du livre de sa chambre, la seule chose présente dans celui-ci. Bien que difficile, mais rapide, il fallait être extrêmement précis. Son sang allait être grandement demandé, s'était la seule chose qu'il savait pour sûr, d'où le fait qu'il ne refermait pas sa main douloureuse.

Son regard de sang se posa sur le bout de tissus blanc. Seul artefact provenant du traître, du crétin qui avait agis sans ses ordres. Blanc. Mais quel idiot se revêtait de cet habit ? Le noir était l'absence de couloir. Distingué, se mariant à tout, il avait l'avantage de mettre en avant ce qu'ils étaient; des partisans des ténèbres et de la magie noire. Revêtir du blanc et se faire passer pour les gentils partisans de la lumière ? Quel illuminé avait agi dans son dos ?

Après le treizième tour complet dans le sens des aiguilles d'une montre, Voldemort ajouta enfin le morceau de tissu blanc. Celui-ci se désagrégea comme s'il avait été plongé dans l'acide et la cuillère dont il se servait pour brasser la potion s'enflamma. Manquant de se brûler gravement, le seigneur des ténèbres préféra prendre ses distances avec le chaudron de métal.

Des volutes de fumée noire s'élevèrent, serpentant dans les airs comme une centaine de petits serpents. Lentement, ils s'entremêlèrent, jusqu'à ne former qu'une seule volute noire. Cette dernière ondula jusqu'à lui. De ses yeux carmin le Lord ne la quitta pas des yeux. Baguette en main, il était prêt à tout faire pour se défendre contre la fumée noire. Cependant, il se produisit quelque chose qu'il n'avait pas prévu.

Un sortilège le frappa dans le dos et lentement, il sentit ses muscles se redirent, devenir immobiles. Il était devenu incapable de les bouger. Seuls ses yeux le pouvaient encore et malgré tout, il gardait le sens du toucher. Une main froide et masculine se posa sur son front. Le pouce caressa ce qui aurait dû être la courbe de son nez pendant qu'une seconde main ne caresse la sienne qui tenait sa baguette.

Cette personne semblait sortir de nulle part, son corps proche du sien semblait être une source de terreur. Il se dégageait de lui une telle aura meurtrière qu'un frisson glacial lui parcouru l'échine. Dans sa poitrine, son cœur battait à tout rompre. Il était impossible qu'une personne ait pu pénétrer ici, il avait mis des protections pour s'en assurer ! Des sortilèges que lui seul connaissait pour en être le créateur.

Un rire moqueur lui parvenait alors qu'une langue humide glissa sur sa gorge. Un craquement sinistre lui fit craindre le pire. Est-ce que son agresseur venait de briser sa baguette ? La question resterait sans réponse, incapable était-il de se sortir du sortilège qu'on lui avait lancé.

Pendant ce temps, l'inconnu le sentait. Le bout de son nez froid caressait sa peau encore plus froide alors que la volute de fumée se rapprochait encore et encore, menaçante. Une main ferme s'empara douloureusement de sa mâchoire, la forçant à s'ouvrir alors que les ongles s'enfoncèrent dans sa peau jusqu'à lui faire mal. Les yeux de Voldemort s'écarquillèrent lorsque la fumée pénétra sa bouche, glissant dans sa gorge, brûlant sa trachée.

Une main entreprenante s'était posée sur sa cuisse, remontant lentement sa robe jusqu'à dévoiler sa peau. Les doigts la caressèrent discrètement, retraçant les muscles comme lui avait auparavant retracé ses veines. Puis un doigt, un seul, glissa sur sa hanche, retenant à lui seul le tissu de la robe et s'amusant à lui faire croire qu'il passerait les barrières de son sous-vêtement.

Une envie de vomir le prenait, mais plus que tout et pour la première fois, il avait peur. Qu'est-ce que son agresseur avait en tête ?

Deux larmes glissèrent contre son consentement sur ses joues sous la douleur que la fumée provoquait en pénétrant son système respiratoire. Tout son corps était en feu et il ne devait l'absence de cri qu'au fait que l'inquisitrice était justement dans sa gorge.

Et puis son corps percuta le sol durement. Un craquement et un élan de douleur dans sa cheville droite lui promirent de mauvaises surprises. Haletant, le seigneur des ténèbres chercha sa baguette. Comment en était-il arrivé à cette position de faiblesse ?

Un glapissement de douleur traversa pourtant ses lèvres lorsqu'une semelle de botte se posa sur son membre blessé, appuyant sur celui-ci sans pitié. Pourtant, Voldemort se retint de montrer sa douleur plus que ce son avait osé le trahir. Un rire lui parvint et, relevant enfin le visage, un frisson le parcouru. Un masque blanc, sans expression, le fixait. Deux yeux argent tirant sur le carmin plongèrent dans les siens avant de glisser vers sa main saignante avec appétit.

Un vampire.

Voilà pourquoi il ne l'avait pas entendu. La sangsue bipède qui lui écrasait la cheville ne devait pas être centenaire, dépassant largement le premier siècle pour sûr, parce qu'il savait cacher autant son aura naturelle que son aura magique. À moins qu'il ne s'agisse d'un vampire moldu ? Ce qui ne semblait pas être le cas puisqu'il jouait habillement avec sa baguette.

Une quinte de toux secoua Voldemort. Sa gorge était douloureuses et quelques points blancs dansèrent devant ses yeux sous l'amusement de l'être vampirique qui semblait s'en délecté comme lui lorsqu'il voyait un ennemi souffrir.

- « Votre mère ne vous a-t-elle donc jamais apprit à ne pas suivre une recette trouvée par hasard ? Ooooooooooh, j'oubliais, vous n'êtes qu'un bâtard d'orphelin, Tom… Votre mère vous aimait si peu qu'elle a préférée crever plutôt que de vous élever.»

Une vague de rage monta en lui. Comment ce buveur de sang pouvait-il en savoir tant ? De quel droit osait-il le traiter lui, le plus grand mage noir de tous les temps, de bâtard ? Il était le descendant direct de Salazar Slytherin ! Il était d'ascendance sang-pur par sa mère. La seule tâche dans ses géniteurs était son foutu père qui était mort. Non, il n'était pas un bâtard. Il refusait que ces mots lui soit dit.

La douleur remonta dans sa jambe cependant quand l'inconnu l'écrasa de tout son poids, la faisant encore plus craquer. Le souffle court, la vision du mage noir s'assombrit au point où il ne distinguait plus rien hormis le rire froid de son agresseur.

- « Oh, Tommy, Tommy. Mon petit Tommy, nous allons tellement nous amuser ! »

Voldemort hurla quand son agresseur brisa pour de bon sa cheville avant de s'évanouir.

Reprenant ses esprits, la première chose que remarqua Voldemort fut qu'il était allongé sur un sol froid et poisseux. Son corps entier était douloureux, légèrement tremblant comme s'il se remettait d'une séance de Crucio. Ce qui n'avait aucune logique, qui pouvait lui en lancer ?

La seconde chose fut sa nudité complète. En effet, l'absence de ses vêtements ne faisait aucun doute. Cette constatation lui fit rouvrir les yeux. Ses iris furent agressés par la lueur vive des dizaines de chandelles. Le souffle court, le Lord tenta se redresser mais ses mains glissèrent sur quelque chose de poisseux, provocant sa rechute. Une douleur lancinante se réveilla dans sa main qu'il avait percée d'une lame, mais aussi dans sa cheville droite. Or, le Lord ne s'en préoccupa pas.

Son cœur, pauvre organe qui même pas âgé d'une semaine se voyait demander de grands efforts, battait à tout rompre dans sa cage thoracique. La chose poisseuse sur laquelle ses mains avaient glissées était du sang. Le carmin foncé du liquide vital commençait déjà à bien coaguler, signe qu'il avait été répandu depuis un moment. Or, une telle quantité signifiait la mort. Il y avait plus de quatre litres sous son corps nu qui lui-même en était partiellement couvert.

Parvenant difficilement à se relever, Voldemort chercha ses habits autour de lui. C'est en les cherchant que le Seigneur des ténèbres réalisa qu'il se trouvait dans une salle de bain. Plus précisément, la sienne. Un coup d'œil dans son miroir et il serra les mâchoires. Il n'était pas heureux de son physique horrible et lui faire face nu était pire. Or, il était couvert de bleus comme si on l'avait tabassé, tel un enfant moldu par un parent ne connaissant pas son rôle.

Sa baguette reposait sur l'évier, passant au-travers un petit tube de métal dans un signe des plus subjectifs, lui rappelant au passage les mains de son agresseur sur son corps. L'envie de vomir le prit et Tom Riddle détourna les yeux de sa baguette magique après l'avoir retirer de cet idiot de bout de métal inutile. D'un mouvement de main, il se fit couler un bain chaud.

Clopinant jusqu'à celui-ci, Celui-dont-il-ne-fallait-pas-dire-le-nom y prit place. Sa cheville et sa main lui faisait mal et bien qu'il aurait préféré l'ignorer, il décida de les soigner maintenant. Attirant sa baguette à lui par magie, il soigna facilement sa main, mais s'attarda sur sa cheville plus que cassée. Une grimace déforma son visage serpentin quand il répara les os, les sentant se ressouder et reprendre leur place.

Ses soins finis, il posa sa baguette non loin de lui avant de fermer les yeux, profitant de la sensation de l'eau chaude remplissant lentement le bain, chassant le sang de son corps. Un frisson de dégoût le parcouru. Il se sentait sale, horriblement sale, comme s'il avait été violé. Mais, ce n'était pas le cas. Il ne portait pas la moindre trace de violence sexuelle, n'en ressentait aucune. Pourtant, Voldemort ne pouvait se départir de cette sensation, se rappelant parfaitement la main froide sur sa cuisse, l'autre sur son visage. La langue humide et ce nez qui osait le renifler comme s'il était une proie apeurée.

Sous sa colère, le miroir vola en éclat dans un bruit caractéristique alors que les flammes des bougies s'intensifiaient. Même le débit d'eau augmenta, le liquide autrefois transparent se réchauffa drastiquement au point d'en être fumant. Il se dégageait de ces effluves une odeur répugnante de sang. D'un sang qui ne lui appartenait pas.

Sortant précipitamment du bain, le mage noir fit disparaître l'eau, le sang au sol aussi et puis sur lui. Il n'eut que le temps de s'agenouiller devant les toilettes avant de rendre ce que contenait son estomac. Tremblant, il se tourna vers la baignoire qu'il remplit d'eau chaude. Or, cette fois il n'y pénétra que lorsque le bain fut si plein que l'eau déborda malgré son poids plume.

Il fit apparaître une éponge, commençant à se laver. Pourtant, il dû se rendre à l'évidence; même s'il se frottait au point de se faire saigner, cette sensation restait là, toujours.

Un inconnu l'avait mis facilement en position de faiblesse, l'avait soumis, forcé à avaler quelque chose. Pire que tout, il l'avait touché et déshabillé. Il s'était retrouvé dans son plus simple appareil face à un vampire dont les intentions étaient sans louanges. Les questions se bousculaient dans sa tête; qui, comment, pourquoi, quoi ? Autant envers l'inconnu et le traitement qu'il avait subi que la mise en scène de sa salle de bain.

Vaseux, toujours le cœur au bord des lèvres, Voldemort posa lamentablement sa tête sur le bord du bain et ferma les yeux. Il ne connaissait pas l'impudent vampire, ne reconnaissait pas sa signature magique. Mais trait caractéristique, il avait des yeux gris comme les Malfoy. Était-ce un cousin éloigné ? Un ancêtre transformé ? Il devrait faire des recherches dans la branche familiale de son lieutenant et si cela était le cas, ce serait Lucius qui paierait ce qu'on lui avait fait.

Autre chose qui le taraudait. Comment est-ce qu'une telle immondice avait-elle put en savoir tant sur lui ? Ces informations, il les avait si bien cachés ! Seul Dumbledore les connaissait, il en était sûr. Le vieux directeur était même trop droit pour les dires à qui voulaient l'entendre, son histoire et ses origines. Alors comment avait-il pu savoir ?

La créature semblait le connaître, mais cela ne se trouvait pas à être réciproque. Le Lord en était convaincu. Il y avait eu tant de haine dans ce regard vampirique, une telle envie de le faire souffrir, mais pourquoi ?

Rouvrant les yeux, le cœur du plus grand mage noir de Grande-Bretagne manqua un battement. Au plafond, et répété des centaines de fois, des mots et des phrases avaient été écrites avec du sang.

Bâtard, être répugnant, faible, ridicule, souillé, personne ne t'aime, tu es méprisable, orphelin. Tu t'agenouilleras devant ton véritable maître, en bonne chienne.

Et j'en passe. Bien que basse, ces insultes touchaient à tous les coups là où ça faisait mal; l'orgueil. De rage, et avec un rugissement, le Lord tendit la main vers le plafond. L'eau quitta le bain et percuta le plafond, chassant les inscriptions qui partir, effacé par le liquide qui retomba au sol lourdement et un peu sur le sorcier. Tremblant de rage, le Lord quitta le bain et, d'un mouvement de baguette, fit disparaître l'eau.

Séché et habillé, il quitta sa salle de bain avant d'appeler Lucius. Résidant maintenant dans son manoir, il était le Deatheater le plus proche. Il ne laissa pas le temps au blond platine de parler qu'il s'empara de son bras marqué, posant le bout de sa baguette sur la chaire qui à jamais portait sa marque et appela Severus.

Lucius Malfoy hurla de douleur, quelque part d'autre dans le manoir le Lord entendit Malfoy épouse hurler aussi. Sa rage et sa colère étaient telles que tous ses partisans, qu'importe où ils étaient, souffrir comme jamais de cet appel pourtant dirigé vers un seul d'entre eux.

Laissant choir au sol un Lucius Malfoy tremblant de douleur, Voldemort lui passa par-dessus sans aucune pitié. Il avait de la chance qu'il ne lui lance pas un avada pour son stupide cri qui lui avait brisé les tympans. Toujours en colère, le Lord descendit l'escalier et se rendit à la salle à manger où les elfes de maison mirent sur la table des plats appétissants qui ne lui apportèrent que de la nausée. Leur odeur lui rappelait ce que son visiteur lui avait fait, la viande à nue comment il s'était réveillé.

Or, son estomac vide ne demandait que cela, manger. Se saisissant d'une pomme, le Lord n'en mangea que quelques bouchées. Ces dernières lui tombèrent sur le cœur, façon de parler. Rejetant le pauvre fruit sur la table, Voldemort quitta la table pour aller à la salle qui servait pour les réunions. Severus avait intérêt d'être présent, le Lord ne se sentant pas d'humeur d'attendre après un potentiel traitre.

Et s'était le cas. Agenouillé, attendant sa venue, Severus Snape n'avait pas tardé à se présenter à lui. Lucius avait dû lui ouvrir les protections de son manoir depuis longtemps. S'il se souvenait bien, Snape était le parrain de Draco, un élément des plus intéressants. Un regard méprisant sur l'espion, qui sans le savoir était du même rang sanguin que lui, le Lord prit place dans son fauteuil. Mais avant que le potioniste ne pus dire quoi que ce soit, une pluie de Crucios tomba sur lui.

Voldemort avait besoin de se défouler, de sentir qu'il était en position de force. Les cris du sang-mêlé lui firent un bien fou, bien qu'ils ne dissipent pas son mal être. Ça, seul le temps le pourrait.

- « Alors Severus, tu ne sembles pas si mal en point. Tu devrais donc être capable de m'expliquer quelques points, n'est-ce pas ? Comme, je ne sais pas, le fait que Dumbledore en vienne à te faire passer pour son propre espion ? Ce vieux citronné n'aurait jamais défendu un innocent. Il croit peut-être en la seconde chance en tous, mais il n'est pas bête au point de risquer de perdre la face en défendant quelqu'un de coupable… »

À chacun de ses mots, le Lord avait la joie de voir son espion perdre des couleurs pour être aussi blanc que lui, ou presque. Naturellement, l'être au nom maudit mentait. Il avait bien vu l'état pitoyable de l'espion et professeur de potion. Le pauvre homme était tremblant, en sueur et sa robe noire se faisait plus sombre à certains endroits. Des blessures qui se rouvraient ? Tant mieux. Qu'il souffre autant que lui-même plutôt.

- « Je voudrai aussi que tu me racontes ton kidnapping. Comment un sorcier comme toi a-t-il pu se laisser enlever d'une façon aussi pitoyable ? »

Il se fichait d'être cruel, de faire comme si lui-même aurait été plus fort dans la situation de Severus. Ce qui n'aurait sans doute pas été le cas. Personne, d'après ce qu'il avait appris, n'avait échappé à une blessure. Sans doute que l'attaque avait été subite, rapide, impossible à éviter. Surtout lorsque l'on savait que dans l'enceinte de l'école il était impossible de transplaner et donc de fuir le danger rapidement.

- « Alors Severus ? J'attends et je ne suis pas d'humeur patiente ce soir… »

L'espion se remit à genoux devant lui, haletant, mais prit quand même la parole d'une voix brisée.

- « Dumbledore à eut confiance à moi… parce que j'ai basé mon repentie sur la mort de Lily et que j'ai promis de protéger le garçon qu'elle avait eu avec ce traître à son sang. Il m'a cru sur ces faits, mais a demandé en retour que j'enseigne les potions et uniquement celles-ci en retour. »

Au vu des capacités de son espion en la matière, Voldemort n'en était pas surprit. L'explication tenait la route. Dumbledore était un vieux citronné qui n'avait foi qu'en la seconde chance, en la bonté en tous. Aveugle, croyant la plupart des gens. Or, s'était un homme dangereusement intelligent. Si Severus disait vrai – ce dont il doutait fortement – Voldemort se disait que son ancien professeur devait cacher des choses.

- « Quant à mon enlèvement avec Potter, il s'agissait d'un nouveau mage noir mon seigneur. Un imposteur qui désir ravir votre place et vous faire tomber. Potter a reconnu un vampire comme étant le bras droit de ce… »

Mais l'espion n'acheva jamais sa phrase qu'en un hurlement. La rage remplit le cœur de Voldemort. Un autre mage noir désirant sa tête ? La vision du vampire l'ayant à sa merci, ce qu'il lui avait fait, comment il s'était éveillé. Cela expliquait tout d'une certaine façon.

Le Seigneur des ténèbres leva finalement son Crucio lorsque l'espion perdit connaissance. Bon, maintenant il ne pouvait plus poser de question à Severus et devait attendre que cet imbécile se réveil. Il était vrai qu'il avait un peu abusé de sa puissance.

Il lui fallut attendre de longues minutes durant lesquels il n'entendit que la respiration sifflante de Severus Snape, inconscient à ses pieds. Il aurait été si facile de le détruire, de le mettre à nu comme on l'avait fait avec lui. Humiliation suprême que d'offrir son corps dans son état le plus naturel aux yeux d'un inconnu. Un frisson de dégoût traversa l'échine de Voldemort alors qu'il se demandait ce que ce monstre avait fait durant son inconscience à lui et avec son corps. Des photos pour l'humilier ?Cela serait pire que tout.

Lorsque Severus reprit conscience, Voldemort était pensif. Ce nouvel ennemi avait-il envoyé ce vampire ? Si oui, pourquoi ne pas l'avoir enlevé, tué ? Peut-être que son nouvel adversaire voulait le briser psychologiquement comme lui l'avait tant fait auparavant. Se retrouver du côté de la victime n'était pas plaisant, maintenant il savait ce que cela faisait. Or, cela ne le changerait pas, ne faisant que lui donner encore plus de colère.

- « Bien, maintenant que tu as cessé de dormir Severus, continu tes explications sur ce nouveau Lord Noir. Dis-moi tout sur lui ! Si tu omets une seule chose, tu le paieras chèrement... » menaça-t-il, faisant frissonner son espion.

- « Maître, je n'ai que peu d'information. Il n'a pas révéler son nom, ni comment on l'appelait. Il portait un masque blanc comme ses habits. Je peux seulement vous dire qu'il s'agit d'un homme aux yeux verts émeraudes. Il nous connaissait, Harry et moi, parfaitement. Il nous a soigné et renvoyé à Hogwarts grâce à une boule de fumée. C'est tout ce que je sais, maître. »

Dire que Voldemort était satisfait serait mentir. Ce crétin avait été en première place pour avoir des infos et RIEN ! Il ne ramenait RIEN! Un sort de découpe sortit de sa baguette, frappant de plein fouet le pauvre enseignant.

- « Hors de ma vue Severus avant que je ne te tue ou ne fasse pire ! »

Aussi vite que l'ordre avait été donné, aussi vite fut-il exécuté. Resté seul, le Lord frissonna de rage. Qu'importe que Severus eut été incapable sur ce coup-ci de lui fournir ce qu'il voulait, qu'importe qu'il ne lui ait pas fourni l'identité de son ennemi, LUI il la trouverait et ça serait un bain de sang.

OoOoOoO

Le ciel d'encre s'étendait par-delà l'horizon. Les étoiles et la lune illuminaient la forêt s'étendant sous leurs yeux. Silencieusement, le vampire restait derrière son maître, sa divinité. S'il l'avait put, si cela lui aurait été permit, il se serait agenouillé pour lui embrasser les pieds, aurait osé poser sa tête sur l'une de ses jambes pour le supplier de lui accorder de l'attention. Or, l'homme à l'aura meurtrière était contre. Jamais il ne s'était imposer à eux comme un maître, comme un dieu. Plutôt comme un leader, un guide et seulement cela. Il était leur égale.

Oui, son maître, le meilleur des hommes, devait être le seul et unique Mage Noir sur le sol anglais. Lui ne se prenait pas pour ce qu'il ne se trouvait pas à être.

- « Mon cher ami, je suis ravi de ta présence en cette magnifique nuit. Mars brille, presque autant que l'étoile du nord. Le Dieu de la guerre semble être prêt à se battre, soyons le nous aussi. »

Un frisson parcouru l'échine de l'être à la voix doucereuse de son maître. Il tomba à genoux, collant son front au sol lorsque l'homme tout de blanc vêtu se retourna vers lui. La lumière de la lune se reflétait sur son masque et semblait faire briller ses yeux de pierre précieuse.

- « Je sais ce que tu as sous ta cape, mon ami. »

Le vampire se redressa, gardant la tête basse. Les larmes au bord des yeux pour ces paroles qui n'avaient pourtant pas été froides ou mauvaises. Il sortit cependant de sous sa cape une robe noire soigneusement pliée. L'homme aux yeux d'émeraude la pris, caressant le tissu d'une main douce sous le regard heureux du vampire.


Et voilà o/ En espérant que ça vous aura plus 8D