La triste routine (?)
Arthur rêvait.
Au début il était dans la forêt, assis dans l'herbe. Ensuite il voyait son ancienne femme s'approcher de lui un ruban noir dans les mains. Il pencha la tête sur le côté, intrigué. Elle secoua la tête et lui attacha le ruban autour des yeux.
Il savait. C'était ce sentiment dans les rêves où on savait ce qu'on devait faire. Ici, c'était un jeu. Colin-Maillard. Il entendait des rires autour de lui. Ça lui rappelait quand il était enfant. Pour son anniversaire mais lorsqu'il avait 8 ans ? Ou 9 ? Le voilà en train de chercher les autres joueurs, aveugle.
Soudain il sentit des mains l'entourer et des lèvres qui, tendrement, se posèrent sur les siennes. On tira sur le nœud du bandeau devenu blanc. Arthur leva les yeux pour voir qui se tenait en face de lui. Il découvrit son magnifique plafond. Toute trace de rêve disparu.
L'anglais grinça des dents profondément irrité de n'avoir pu finir correctement son rêve.
« ça c'est une journée qui commence bien. » grogna t-il avant de se tourner vers son réveil. « 5h du mat… What ? But ? Freaking hell ! C'est la deuxième fois cette semaine ! » Marmonna-t-il avant de rabattre un coussin sur son visage. Maintenant il se sentait (encore) trop réveillé pour pouvoir avoir un bon repos réparateur. Il décida après un soupir de se lever, autant faire quelque chose d'utile.
Première chose qu'il fit ce fut d'aller dans la cuisine. Il fixa la vaisselle non-faite, ouvrit le frigo et jura en ne voyant plus de jelly. Pourquoi était-il aller faire cette blague à l'autre français. C'était immature ! En plus tout le monde l'avait regardé bizarrement lorsqu'il avait ri. Il rougit de honte à cette pensée. Vraiment, il n'en rate jamais une.
Décidant qu'il pourrait se servir dans une boulangerie pour le déjeuner, il alla se doucher et enfin chercha de quoi s'habiller. Il regarda dans son placard et sortit une simple chemise blanche. Avant, à Londres, il aurait mis un de ses bons vieux pull en laine, ou ses gilets bien doux qu'il adorait. Seulement à Paris il y avait plus de risque qu'il y ait du soleil et non de la pluie.
Il pris sa veste, son sac et descendit de son appartement. Après avoir acheté un pain au chocolat il décida de s'asseoir dans un parc non loin avant d'aller au travail. Juste en face du banc qu'il choisit il y avait une petite zone avec des jeux pour enfants.
Il regarda longuement l'endroit, résistant à l'envie d'aller se balancer sur une des balançoires. Il était un adulte, un gentleman qui plus est ! Il devait arrêter d'avoir des envies aussi enfantines. Il laissa une bonne heure s'écouler sans s'en rendre compte. Il soupira :
« J'en ai marre d'être adulte.
« Pourquoi ? »
Il glapit de surprise et se retourna pour voir un enfant derrière lui. Plus exactement, deux. Ils devaient être jumeaux car les deux étaient blonds et se ressemblaient assez. Un avait les cheveux courts et de grands yeux bleus, le second, qui se tenait plus en retrait, avait des iris mauves et de petites lunettes sur son nez. A ce moment-là, Arthur se rendit compte d'une chose.
« Lunettes…
« Quoi ?
« J'ai oublié mes fichues lunettes ! » il se frappa le front. Elles devaient sans doute être à son bureau ou sur sa table de nuit. Bien tranquille. Et lui il allait avoir un peu de mal à lire les rapports sur l'ordinateur. Il soupira et se retourna vers les enfants.
« Désolé c'est juste une mauvaise journée qui commence.
« Dans ce cas là il faut demander un câlin. » annonça l'enfant aux yeux bleus avec un très grand sérieux. « Papa il dit toujours qu'un gros câlin ça rend tout content ! »
Arthur rit devant la phrase de l'enfant. Il lui ébouriffa les cheveux.
« Parlant de ça, que faites-vous tous seul dans ce parc tous les deux ? Vous êtes perdus ?
« On... On cherchait papa. Il est partit pour son travail mais nous on veut l'aider. Il était bizarre hier. Mais content en même temps.
« Il semblait normal pour moi. Tu te fais des idées Mattie.
« Et toi tu ne regarde pas Alfred. »
Arthur haussa un sourcil amusé. Il se leva. Il regarda l'heure et vit qu'à présent il était 9h. Je devais vraiment être tranquille pour rester dans ce parc pendant je ne sais combien d'heure… Il grimaça, comment expliquer un tel retard à son patron ? Tant pis, il retourna son attention vers les enfants.
« Si votre père apprend que vous vous êtes enfuis de chez vous il va s'inquiéter. Vous êtes vraiment venu ici seul ? »
« Oui ! » s'exclama Alfred avant que son frère puisse répondre. « Vous pouvez nous aider monsieur ? »
Arthur regard les enfants et sentit son cœur s'attendrir à leur vue. Il ne pouvait pas les laisser là tout seul ! En même temps, ça ferait bizarre qu'un inconnu les emmènes. Bon, mieux vaut lui qu'un pervers. Il se mit à leur hauteur et annonça :
« Vous allez me suivre à mon lieu de travail, là-bas je vais essayer de retrouver votre maison d'accord ? » les deux petits hochèrent la tête. « Aussi, vous devrez me promettre de ne plus vous enfuir de chez vous. C'est dangereux dehors.
« Et vous êtes dangereux alors. Dans ce cas on ne peut pas vous suivre. » annonça Mattie.
OoOoOo
Lorsque Arthur (après les avoir convaincus qu'il n'était pas dangereux) réussi à les emmener à l'accueil de son bureau il se pencha et appela la secrétaire, une jeune femme à la peau café et de longs cheveux noirs attachés avec un ruban rouge arriva. Elle était toujours très aimable et était une des seules personnes qui ne s'énervait pas avec le caractère de l'anglais.
« Michelle ? Je peux te demander un service s'il te plaît ? »
Elle leva la tête et lui sourit.
« C'est rare que tu demandes de l'aide. En même temps vu ton retard! 9h 30? Je croyais qu'un gentleman ne doit être jamais en retard.
« C'est pour… » Il se baissa et souleva le petit Mattie pour que Michelle le voit. « Ces deux petits bouts là. Ils se sont échappés pour retrouver leur père et ce n'était pas très sûr de les laisser dehors.
« Mais… Mais c'est Mathieu ! » s'exclama la jeune femme.
Arthur ouvrit de grands yeux et se tourna vers Alfred au sol qui s'accrochait à la jambe d'Arthur en suçant son pousse.
« Eh… Tu les connais ces deux petits ?
« Mais oui ! Francis ! » elle détala le laissant là devant l'accueuil. Il laissa un « hum… » S'échapper et alla s'asseoir sur une chaise. Alfred insista pour s'installer sur ses genoux et Arthur le laissa faire.
« On fait quoi Monsieur Arthur ? » demanda l'enfant aux yeux mauves.
« Eh bien mon petit Mattiew, mon petit doigt me dit que si on reste là on aura la solution au problème.
« Votre petit doigt ? » demanda-t-il en écarquillant les yeux. Arthur sourit et hocha la tête.
« Eh oui. Il me donne plein de conseil. Un jour toi aussi ton petit doigt va se mettre à parler. »
Les deux enfants le regardèrent avec une telle naïveté qu'il se mordit les lèvres pour ne pas rire.
Après un court moment Arthur vit Francis courir vers eux, complétement essoufflé. Lui, il avait descendu les escaliers et non pris l'ascenseur. Le français courut vers ses enfants et s'arrêta.
« Vous.. Deux… Vous savez à quel point je me suis inquiété quand votre nourrice m'a sorti que vous aviez disparus ?! En plein milieu d'une réunion en plus ! Je.. Argh ! J'ai failli avoir des cheveux blancs ! » gronda-t-il.
« Ça aurait été tellement marrant à voir.. » murmura Arthur. Mathieu rit timidement à sa blague mais sinon personne d'autre ne l'écouta.
« Alors vous… Pas de dessert pendant un mois et encore ! Je suis gentil. Trop.
« Mais papa… On voulait te voir ! » geignit le petit Alfred.
« Vous enfuir pour me retrouver n'était pas la meilleur idée. Qui sait sur qui vous aurez pu tomber ?! Peut-être sur Kirkland qui sait. »
Arthur ne remarqua pas les regards terrifiés des petits, cependant il répliqua à son voisin de travail :
« Eh ! Je te signale que je suis là ! »
Francis pencha la tête sur le coté et croisa le regard, qui n'était pas caché par les lunettes, de son collègue.
« Ah flûte t'es là… » annonça-t-il en rougissant. En rougissant ? Arthur le regarda inquiet. Qu'es ce qu'il a sorti sur moi ?
« Dîtes moi mes petits… Qui est ce Kirkland ?
« C'est un vieux sorcier ! Très dangereux !
« Et si on est pas sage il nous enfermera dans un truc tout moux et gluant ! C'est un vieux méchant le sorcier Kirkland. »
Francis toussa et se trouva un nouvel intérêt pour ses ongles. L'anglais lui, trouvait la situation assez amusante. De plus, son 'ennemi' s'était inspiré de son jelly pour faire peur aux enfants et il trouvait la situation assez comique mine de rien.
« Ah… Mais il y a quelque chose que vous devez savoir. Je vais vous confiez un secret. » murmura Arthur. Les deux petits se rapprochèrent de l'adulte qui leur fit un grand sourire. « Le sorcier Kirkland… C'est MOI ! »
Alfred sursauta et se rua dans les bras de son père, tout apeuré. Mathieu lui annonça de sa petite voix :
« C'est pas bien de mentir. »
Francis regarda son enfant avec d'aussi grands yeux qu'Arthur.
« Mathieu ?
« Sorry lad... J'ai mal entendu. T'as dit quoi ?
« Mentir. Pas bien. Vous êtes gentil vous ne pouvez pas être Kirkland. Donc vous mentez. Et papa il vous savonnera la bouche si on ment. » Arthur se tourna vers Francis qui haussa se défendit :
« J'ai jamais appliqué cette menace. Mais au moins ils restent sages.
« Tu me peins comme un monstre maléfique à tes enfants ?
« Sois pas vexé mon petit lapin. J'avais plus d'idées d'histoire à raconter. »
OoOoOo
Francis devait reconnaître qu'il était reconnaissant à Arthur d'avoir pris soin de ses enfants. Quand on l'avait prévenu que ses enfants manquaient il avait paniqué. Il s'était rué hors de la réunion sous le regard étonné de tous ses collègues et Antonio avait du le rattraper en courant dans le couloir. Quelques minutes après Michelle était venu le prévenir que son collègue était arrivé avec ses deux fils. Comment il avait été rassuré à cette nouvelle.
Arthur avait été très gentil avec eux et cela avait surpris tout le monde. Arthur, le travailleur trop sérieux, renfermés, qui sourit presque jamais qui agit tout crème avec des enfants. Francis l'avait trouvé tellement attendrissant…
Il était d'autant plus ravi que son anglais n'avait pas ses viles lunettes sur son nez ce qui lui permettait d'admirer ses jolis iris verts. Il ne remarqua que celui-ci d'ailleurs fixait ses documents avec les yeux plissé au maximum. L'anglais releva les yeux, abandonnant la lecture du papier.
« Qu'es ce que tu regardes frog ?
« Tes yeux. Je te l'ai déjà dit : tu es bien mieux sans. Mets des lentilles !
« Vu que c'est toi qui a proposé cela je refuse cette solution.
« Oh… Où est passé le petit sourire de ce matin ? Et celui d'hier aussi ?
« Oh Franny ! Calme toi, s'il sourit encore la fin du monde va vraiment se produire ! » ricana Gilbert, un albinos, ami de Francis.
Les épaules de l'anglais se raidirent à cette réplique et il décida d'aller se chercher un café au lieu de supporter ce genre de remarque sur son caractère. Ça faisait très caprice d'enfant mais il s'en moquait.
Devant la machine il se retint de râler à voix haute : que du café. Il mourrait d'envie pour un thé en ce moment ! Il appuya sur les boutons et mis la monnaie quand même.
Il entendit des pas derrière lui mais n'y fit pas attention. Soudain il sentit une main lui caresser le dos, un glapissement lui échappa.
« What the f… Francis ?!
« Mon lapin ! Juste pour…
« J'ai failli avoir une attaque ! Qu'es ce que tu veux ?
« Te remercier pour mes enfants.
« Oh… C'est rien." Il se calma et parla plus calmement. "Ils sont très gentils » il se retourna pour prendre son gobelet et se retourna vers le français qui lui souriait de toutes ses dents.
« Je voudrais te remercier…
« C'est rien je te dis. Et puis, quand ils comprendront que je suis 'Kirkland'…
« J'ai bien précisé que t'étais un méchant mignon ! » annonça Francis en lui faisant un clin d'œil.
Arthur rougit et répondit avec un grognement :
« Shut up you frog. » il tourna les talons et s'éloigna.
« Attends ! Je veux vraiment te remercier comme il se doit. » mais Arthur ne l'écoutait plus.
Plus tard dans la journée… Un petit paquet était posé sur la table de travail d'Arthur.
Arthur n'en revenait pas. Des macarons. Pendant la pause de midi il n'avait pas vu son fichu collègue, pas qu'il s'intéressait à lui, et juste après qu'il se soit assis devant son ordi il y avait une boîte de macaron. Avec « Merci » dessus avec une fine écriture. Arthur avait relevé la tête et avait vu le sourire charmeur de son collègue.
Il maudit une fois de plus ses rougeurs incontrôlées.
OoOoOo
Il rentra chez lui avec la boîte, ne sachant que faire. Il ramassa les lettres qu'il reçut pendant la journée et les posa sur sa table. Il prit et regarda le mot 'Merci' qui était avec les sucreries.
Pourquoi moi ? Juste pour la forme il s'occupa d'abord de ses lettres: des factures et une lettre de sa sœur. Il fronça les sourcils et l'a jeta dans la poubelle sans l'ouvrir. Il ne savait pas si c'était des excuses mais il était du genre à ne pas pardonner. Il s'assit et sentit un mal être l'envahir. Il resta un moment assis avant d'aller récupérer la lettre en râlant.
« Vous allez pas me laisser tranquille hein ? Je veux pas vous parler ! Je vous ai jamais répondu !(Sauf pour Mum...) Mais vraiment Eilidh ! Pourquoi tu t'obstine ?! »
Pendant un court moment il eut l'impression qu'elle était là. Ses longs cheveux rouges flamboyant tombant dans son dos en train de le regarder de toute sa hauteur. Elle hausserait un sourcil et soupira en marmonnant un "Sale gosse pourri gaté...". Elle et lui ne pouvait jamais se voir. Il s'entendait toujours plus avec ses deux autres frères qu'elle. Alors pourquoi c'était elle qui continuait à lui écrire ? Elle savait pas abandonner ?
Avec une colère rentrée il rangea la lettre dans un tiroir de son bureau. Avec toutes les autres. Il les regarda avec remords. Aucune d'entre elle n'était ouverte.
« T'es pas capable d'avoir d'enfant et ben tant pis. Fais toi avec ! » devant le grognement qu'y lui fut donné en réponse Carwin marmonna. « On se demande pourquoi Julia est partie… »
Le regard de sa mère le refroidit mais le mal était fait. Eilidh n'avait aucune expression sur son visage. Carwin plaqua sa main sur sa bouche et n'osa regarder son frère après avoir dit ça. Edward au loin recula devant l'aura qui entourait la table. Arthur se leva doucement, le visage tordu dans une expression de haine.
« Carwin… Eilidh… Ed… Mother… » Annonça-t-il avec un calme effrayant. Lorsqu'il s'adressa à sa mère sa voix fut plus douce. La mère hocha la tête. Il les salua d'une mouvement de tête et sortit en claquant la porte.
Le lendemain il avait pris un avion et était parti pour la France.
Il avait envoyé une seule lettre depuis et c'était pour sa mère, pour pas qu'elle s'inquiète. La réponse qu'il a eut fut.
« Carwin s'occupe de ton magasin. N'oublie qu'on est là. Prends soin de toi. J'espère que tu reviendras »
Il secoua la tête et ferma le placard. Il ne l'avouera jamais mais le fait que sa sœur continuait à lui écrire lui réchauffait le cœur.
Il se rassit à sa table de cuisine et regarda la boîte offerte par Francis. Il l'ouvrit et prit celui au chocolat. Il se retint de pousser un soupir d'aise. C'était tellement bon ces trucs ! Pour une fois que les français servaient à quelque chose…
Il n'eut pas la foi de faire à manger et commanda un repas chinois. En attendant il se posa à son bureau et sortit une boîte. Il l'ouvrit et sortit des tissus, du coton, des boutons, du fil et une aiguille. Il regarda ses outils l'air songeur et un sourire apparut sur ses lèvres. Il se mit au travail.
En espérant que ce chapitre vous a plu.^^
