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- CHAPITRE 2 -

FORET

Oh… non.

Cela avait dégénéré assez rapidement. Réalisant que l'inconnu n'avait pas beaucoup de temps, je l'attrapai par la jambe et commençai à le trainer sur le plancher. Cependant il n'était pas léger et à mi-chemin pour arriver à l'escalier je réalisais qu'il s'agissait d'un escalier. La salle de bain était à l'étage. Si j'avais du mal à le tirer sur une surface plane, le faire monter l'escalier serait impossible.

Enfer Oncle Phil. Les chalets ne sont-ils pas censé être de plain-pied?

Je devrais bien pouvoir faire quelque chose.

Je serrai les dents et le tirai dans le salon et le laissai sur le tapis aussi près du feu que je pus. J'ajoutai du bois et remis le pare-feu.

Ensuite en essayant de ne pas paniquer, je cherchai mon téléphone et appelai la seule personne qui pourrait m'aider.

"Bell?"

"Rose, hé. Il faut que tu te mettes en mode infirmière tout de suite."

"Oh Ah. Que se passe-t-il? Il y a de la fièvre dans le chalet?"

"C'est une urgence. Il faut vraiment que tu arrêtes de plaisanter."

"Merde. Quoi?"

"Il y a ce gars…"

"Au milieu de la forêt?!"

"Et il vient juste… je pense qu'il a des engelures ou de l'hypothermie ou quelque chose du genre. Il…"

"Pas le temps, Al," murmura Rose.

"Quoi?"

"Alice voulait savoir s'il était sexy."

"Non," criai-je à moitié. Il a froid! Très, très froid! Je ne peux pas le faire monter et il est bleu et il a probablement besoin d'un bain…"

"Non. Pas de bain. S'il est bleu il souffre probablement déjà d'une légère hypothermie ou modérée et cela pourrait lui faire un choc. Charlie ne t'a donc pas appris cela? Le bon sens, Bell."

"Peut-être pour une infirmière. C'est pourquoi je t'ai appelée," dis-je. "Alors qu'est-ce que je fais?"

"Attends, il est réveillé?"

"Juste évanoui."

"Pas bon. Il y a une cheminée?"

"Oui."

"Elle est allumée?"

"Oui je l'ai déjà mis devant."

"Bien. Radiateur?"

"Bien sûr."

"Garde-le au chaud, couvertures, mets le chauffage à fond et fais-lui du thé ou une boisson chaude."

"Et la chaleur corporelle?"

"Comme la tienne? Est-ce que tu as encore regardé Tristan et Iseult?"

"Au revoir, Rose. Merci."

"La chaleur corporelle peut aider!" cria-t-elle alors que je raccrochai.

Je jetai la vieille couverture sur l'étranger et regardai si ses chaussures étaient mouillées. Elles l'étaient. Des baskets. A quoi pensait-il? Je les enlevai ainsi que les chaussettes et arrangeai la couverture autour de lui.

Je courus à l'étage pour récupérer des édredons dans l'armoire à linge et les ajoutai sur lui. Maintenant il frissonnait. Il ne le faisait pas il y a quelques minutes et je ne savais plus quoi penser.

Au milieu de ma préparation du thé Rose rappela.

"Hé."

"Hé, s'est-il réveillé?"

"Pas encore. Je fais du thé. Et j'ai monté le chauffage. Beaucoup." Il faisait déjà relativement chaud avant mais maintenant… c'était surchauffé.

"D'accord. Tu pourrais aussi appeler le 911."

"Oui mais il neige et je ne sais pas combien de temps cela prendrait."

"Ai-je mentionné quelle mauvaise idée était ce séjour?"

"Plusieurs fois, Nancy pessimiste. " Je soupirai levant les yeux au ciel. "Jusqu'à présent ce n'était pas si mal. Quoi qu'il en soit, suppose qu'il soit arrivé là et qu'il n'y ait personne… Il serait mort dehors. Tout…" Quelque chose en moi s'agita m'interrompant. "Tout arrive pour une raison."

"Peut-être." Rose ne dit rien pendant un instant. "Je suppose… que l'idée d'être seule si loin de tout, tellement isolée et pendant trois semaines m'inquiète un peu, ça ressemble à de la torture."

"A chacun la sienne."

"C'est vrai. De toute façon, tu n'es plus seule, n'est-ce pas?"

"Je suppose que non." L'eau se mit à bouillir. J'y jetai plusieurs sachets de thé, pensant en faire une grande quantité. "J'espère vraiment qu'il s'en sortira, Rose. Je flippe un peu, là."

"Il va s'en sortir," dit Rose doucement. "Et toi aussi. Va le réchauffer."

"D'accord."

"Tiens-moi au courant. Et si les choses empirent, appelle le 911. Même si ça leur prend du temps."

"D'accord."

Nous raccrochâmes et j'apportai le thé dans le salon.

"Hey!" chuchotai-je, assis à côté de la pile de couvertures. Je voyais à peine vu son visage. "Tu m'entends?"

Ses paupières frémirent mais il ne se réveilla pas. En posant le thé, je tendis la main sous les couvertures et trouvai les siennes. Elles étaient encore si froides. Je me sentais un peu perverse, je me tortillai dans le tas de couvertures jusqu'à ce qu'on se touche presque. Je pris ses mains et je les mis sous mon sweatshirt à capuche, tressaillant quand sa peau froide toucha la mienne. Ses vêtements étaient encore humides cependant et je savais que ça ne pouvait pas lui faire du bien.

Son pantalon de survêtement était pire que son sweatshirt. Il semblait plus facile à enlever.

"Tu m'entends?" chuchotai-je, en le touchant.

Pas de réponse.

"Hé! Je dois enlever ton pantalon. Pour que tu te réchauffes."

Rien.

"Fais-le, Bella," me dis-je, en m'asseyant. Je le tournai et me levai pour pouvoir tirer sur son pantalon. Dieu merci, il ne portait pas de jean.

Ça aurait été un désastre, surtout quand le jean est mouillé.

Mais ce n'était pas facile. Son caleçon commença à glisser avec son pantalon, me forçant à m'arrêter et à le remonter. Je souhaitai plus que jamais que Rose et Alice soient là. On rigolerait probablement de tout ça.

Mais il n'y avait que moi… et la gravité de la situation conjuguée à ma solitude, évincèrent tout amusement.

Je finis par lui enlever le pantalon - et juste son pantalon. Je le posai sur l'accoudoir du canapé, attrapai un oreiller et me réinstallai par terre, m'enfouissant sous les couvertures. C'était presque trop chaud mais ça faisait du bien.

Je remis ses mains sur moi, alignant nos corps pour que ma chaleur se transmette. Il arrêta de frissonner. Et c'était difficile à dire dans le noir mais il me sembla qu'il n'était plus bleu. Du moins je l'espérais.


Rose fait son apparition...

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