Merci pour toutes vos reviews pour cette fiction un peu différente!

J'espère que la suite vous plaira tout autant! Bonne lecture

Biz

Julia


Les jours avaient été longs et mouvementés, une fois encore. Malgré tous ses efforts d'avoir un peu de temps auprès de son époux pour lui parler de sa nouvelle décision, Julia n'en trouva pas. Elle savait qu'elle devait lui annoncer sa démission avant de la transmettre au directeur de l'hôpital, pour qu'il ne croit pas qu'elle l'éloignait de sa vie. Pourtant, au fond d'elle-même c'est ce qu'elle souhaitait faire. Elle n'avait qu'une idée en tête ; tout plaquer, quitter le pays et construire une nouvelle vie, ailleurs. Elle savait parfaitement qu'elle ne le pouvait pas, si elle avait vécu à une autre époque, peut être…

Elle attendait ainsi le bon moment, et ce moment n'arriva jamais. Ce fut lors d'un de ses rares jours de congés, jour où elle se réveilla à onze heures du matin, qu'elle décida de prendre son courage à deux mains. Darcy était parti depuis longtemps, sans un mot, sans un baiser, peut être n'était-il même pas rentré la veille. Julia ne s'en souciait plus depuis quelques temps déjà. Elle savait que son époux travaillait jours et nuits, tout comme elle, et que leurs rares instants d'intimité se résumaient à parler de travail ou faire l'amour. Si elle pouvait appeler cela de l'amour. Leurs ébats n'étaient devenus que physique, entre deux gardes, sans tendresse ni passion. Elle ne comptait plus les nombreuses de fois où elle s'était posée la question : pourquoi ai-je épousé Darcy?

Elle ne trouvait pas la réponse, se convainquant ainsi que son absence prouvait qu'elle devait l'aimer, tout simplement, mais Julia n'était plus sûre de rien. Ils étaient mariés depuis trois ans et pourtant il n'avait jamais été question de famille. Trop de travail, pas le bon moment, pas le bon endroit, plus tard peut être, ils en reparleraient entre deux interventions. Les semaines, les mois et les années passèrent et elle ne se posa plus la moindre question, Darcy ne lui en posa pas non plus. Elle estima qu'il en était mieux ainsi et finalement, elle avait oublié son désir de devenir mère un jour.


La jeune femme se trouvait dans son lit, le regard perdu sur le plafond blanc, ses pensées fusant à toute allure. Elle se devait de prendre une décision, maintenant, si elle ne voulait pas avoir l'impression de passer à côté de sa vie. Elle soupira profondément et se leva d'un bond. Elle rejoignit la salle de bains et prit une douche brulante, savourant la sensation de l'eau ruisselante sur sa peau, les yeux fermés, pendant plusieurs minutes. Puis, elle se sécha, s'habilla, attacha rapidement ses cheveux dont quelques mèches rebelles dansaient sur sa joue, avant de prendre les clés de sa voiture, son sac et de quitter l'appartement sans se retourner.


Elle mit quelques courtes minutes pour arriver à l'hôpital et se gara à sa place de parking. Tous s'écartèrent sur son passage, alertés par la musique qu'elle écoutait à un volume sonore plus que raisonnable. Une fois garée, elle rejoignit le bâtiment, adressant de tendres sourires et quelques bonjours sur son passage. Elle prit l'ascenseur et arriva au dernier étage, s'avançant d'un pas assuré vers le bureau qui s'y trouvait.

-Bonjour Molly.

-Bonjour Docteur Ogden, répondit la jeune femme en souriant.

-Le Directeur est là?

-Pas encore, je suis navrée, il déjeune avec un des bienfaiteurs de l'hôpital.

-Mmh, grommela la jeune femme, je vais l'attendre.

-Vous savez que ça peut être long.

-J'ai tout mon temps, ajouta la jeune femme avant de se diriger vers un fauteuil et de s'y assoir sans ajouter un mot de plus.

Il se passa de longues et interminables minutes passées dans le silence le plus absolu.


Julia terminait son troisième café, le regard perdu au loin, ses pensées embrumées comme elles l'étaient souvent ces derniers temps. Elle entendit une voix l'appeler, la ramenant à la réalité.

-Docteur Ogden, encore une doléance de la part des urgences?

Elle se tourna vers le vieil homme à la stature fine et élancée, aux cheveux gris et au regard d'un bleu perçant.

-C'est pour une affaire personnelle, répondit-elle simplement.

Il acquiesça et lui désigna alors le chemin de son bureau, la laissant entrer avant de la suivre et de fermer la porte derrière lui.

-Comment vas-tu Julia ? Tu sembles épuisée, dit-il doucement.

-Je vais bien, mentit la jeune femme.

-Je ne te vois jamais alors que tu travailles dans le même bâtiment, ai-je au moins, droit à un baiser?

-Bien sûr papa, dit-elle en approchant de lui pour déposer un baiser sur sa joue.

Puis, ils se séparèrent et Mr. Ogden se dirigea vers son bureau et y prit place en soupirant alors qu'elle avançait vers lui.

-Pour quelle raison voulais-tu me voir?

-Pour ceci, dit-elle simplement en lui tendant le dossier qu'elle avait apporté avec elle.

Il le prit et l'ouvrit, laissant glisser son regard sur le papier, puis, il leva les yeux vers elle à nouveau.

-Ta démission.

-Ca fait quelques temps que j'y pense.

-Pourquoi aujourd'hui ?

-Le moment me parait être le bon.

-Es-tu en froid avec Darcy?

-Ca n'a rien à voir avec Darcy, soupira Julia en s'asseyant, je le fait pour moi et moi seule. Je ne lui en ai même pas encore parlé.

-Tu ne lui en a pas encore parlé ? Répéta son père doucement. C'est ton mari, je crois qu'il se doit d'être au courant.

-Ecoute, je ne suis pas venue pour me battre avec toi, je suis juste passée te poser ma démission. Tu es mon patron, et aussi mon père. Mais je ne suis pas là pour te demander la permission de faire ce que je veux de ma vie.

-Tu ne m'as jamais demandé la permission pour faire quoique se soit.

Elle ne répondit pas et le silence tomba doucement. Elle sentait son regard la sonder et ne pu s'empêcher de baisser les yeux vers ses mains qui avaient pris place sur ses genoux. Jamais elle ne baissait les yeux devant qui que se soit, surtout pas un homme. Mais son père, lui, était le seul qui avait ce pouvoir sur elle. Elle n'était dès lors plus une femme forte et indépendante, elle était une petite fille impressionnée par cet homme influant. Pourtant, elle était aussi têtue que lui et elle savait que même si le combat était dur, elle n'abandonnerait pas.

Elle leva les yeux vers lui à nouveau et croisa son regard aussitôt.

-Je refuse, dit-il simplement avec calme.

-Papa, soupira Julia en levant les yeux au plafond.

-Tu es un Docteur douée et je refuse que tu gâches ta vie.

-Je ne deviendrai jamais Directeur de cet hôpital après toi, je croyais que tu l'avais compris depuis longtemps. Je n'ai pas les ambitions de ton gendre, offre lui le poste, moi je ne souhaite que soigner des malades et ne pas passer mes journées derrière un bureau.

-Que feras-tu si tu quittes l'hôpital?

-Je n'y ai pas encore vraiment réfléchi mais...

-Eh bien, en attendant, ta démission est refusée, coupa son père d'un ton brusque.

-Papa, lança la jeune femme en se levant.

-La discussion est close Julia et je ne reviendrai pas là-dessus.

-Tu n'as pas le droit de me retenir ici contre ma volonté.

Il ne répondit pas et lui lança un regard noir. Elle savait qu'elle n'avait plus rien à dire, il dirigeait sa vie, une fois encore. Cette situation la mettait hors d'elle. Alors que son cœur lui criait de se défendre, de quitter le bureau au pas de course sans se retourner, de prendre un billet d'avion pour n'importe quelle destination lointaine, sa raison lui murmurait de ne rien dire, de se plier une fois encore à sa volonté et d'élaborer un plan.

-Bien, soupira-t-elle à contre cœur, comme tu voudras. Mais je n'ai pas dis mon dernier mot. Au revoir Mr. le Directeur.

Elle n'attendit aucune réponse de sa part et quitta la pièce sans se retourner, sentant son cœur battre à tout rompre dans ses tempes, gardant en elle toute la colère qu'elle éprouvait à cet instant.


Elle descendit au dernier étage du bâtiment, rejoignant la ruche des urgences, n'ayant pas l'envie de rentrer chez elle dans cet état. Elle salua ses collègues au passage et rejoignit les vestiaires, au pas de course. Une fois arrivée dans la petite pièce sombre et vide, elle ne pu s'empêcher de donner un violent coup dans la porte métallique de son casier, lançant un juron.

-Julia, ça va? Fit une timide voix qu'elle connaissait bien.

Elle se tourna vers la porte et sourit timidement à la jeune femme qui avançait vers elle.

-Ca va Emily, dit-elle simplement en frottant son front quelques instants.

-Tu es sûre?

-J'ai juste eu un entretien avec mon père, soupira la jeune femme, et ça se termine souvent de cette façon.

-Oh, soupira doucement son amie.

Julia ouvrit son casier et se saisit de ses vêtements sous le regard étonné de sa collègue.

-Tu ne devais pas avoir congé aujourd'hui? Demanda-t-elle alors que Julia retira déjà son T-shirt pour passer la blouse.

-J'ai changé d'avis.

Emily n'eut pas le temps de répondre que la porte s'ouvrit une fois encore sur une autre de leur collègue.

-Emily, on a deux blessures par balles qui arrivent…qu'est-ce que tu fais là Julia?

-Une longue histoire, dit-elle simplement.

-Eh bien, comme tu es là tu peux en prendre une en charge? On est débordés.

-Oui, j'arrive, ça me fera le plus grand bien de voir un peu de sang.

La jeune femme ressortit et elle échangea un regard avec Emily une fois encore avant d'ouvrir les boutons de son jeans et de le laisser glisser au sol pour mettre un pantalon en toile. Elle s'empara de son stéthoscope qu'elle glissa autour de son cou et ferma son casier, quittant la pièce au pas de course pour se diriger vers les portes des urgences par lesquelles venaient d'entrer deux brancards.

-Qu'est-ce qu'on a?

-Deux blessures par balles, lança l'ambulancier, celui-ci est mal en point, il a fait deux arrêts cardiaques dans l'ambulance. L'autre a eu la balle dans le bras, il est conscient.

-Bien, Emily emmène la blessure au bras en salle trois, je me charge de lui en salle deux, dit-elle en regardant le jeune homme inconscient qui se trouvait devant elle, vous avez son nom? Demanda-t-elle aux jeune homme qui se trouvait de l'autre côté du brancard et qui marchait au même rythme qu'elle.

-Détective William Murdoch.

-Un policier? Et il n'avait pas de gilet par balles? Murmura Julia en le regardant une fois encore.

-Je ne suis qu'ambulancier Jules, j'ignore pourquoi ce typa a voulu jouer les héros.

-Je vais m'occuper de vous Détective, murmura-t-elle en posant sa main sur la sienne quelques instants avant d'entrer dans la salle d'examen.


à suivre...