Winry regardait par la fenêtre. Elle était assise sur son lit, une feuille de papier sur ses genoux. Elle soupira en regardant la lune, et posa de nouveau les yeux sur le papier. Chère Winry. C'était une lettre d'Edward, dont l'écriture embrouillée était devenue si familière à Winry. D'après le ton de la lettre, il avait l'air d'aller bien.
« Ed… »
Son murmure résonna dans la chambre vide alors qu'une larme courrait le long de sa joue.
« Je n'arrive pas à croire que tu manques autant. » Dit-elle d'un ton samer, sachant que personne ne pouvait l'entendre. C'était dur sans les frères Elric… surtout sans Ed. Ca ne faisait même pas deux semaines qu'ils étaient partis mais c'était déjà insupportable. Elle avait envie qu'ils fassent irruption dans la boutique pendant qu'elle travaillait sérieusement. Elle avait envie qu'ils cassent des trucs en jouant avec Den. Elle avait envie qu'Ed dévore son dîner et que Al lui dise d'être moins grossier.
Oui, ils étaient partis presque un an avant ça, mais c'était différent. Quand ils sont partis la dernière fois, elle savait qu'ils reviendraient. Elle savait qu'ils n'auraient pas trop d'ennuis. Ils ne faisaient qu'apprendre l'alchimie après tout.
Mais cette fois, ils ne reviendraient pas. Ils avaient pris tout ce qu'ils pouvaient prendre et ils avaient brûlé leur maison. Ils lui avaient même dit à la gare qu'ils ne reviendraient pas. Ils allaient devenir alchimistes d'état, des chiens de l'armée. Ils avaient leur raison, une inévitable raison, mais tout de même, quitter Resembool et intégrer l'armée ? Ils pouvaient se blesser ou pire, mourir… Et s'ils mourraient dans une guerre, elle ne le saurait même pas.
Elle était toujours furieuse que les frères soient toujours aussi égoïstes. Est-ce qu'ils se souciaient seulement de ce qu'elle ressentait ? Est-ce qu'ils avaient seulement remarqué qu'ils n'étaient pas les seuls à s'inquiéter de l'autre ? Elle avait envie de déchirer la lettre et de la jeter pour ne plus la voir, mais elle ne pouvait pas. Oui, elle était furieuse. Elle était triste. Elle ne voulait même pas savoir s'ils allaient bien.
Ils peuvent devenir alchimistes d'état, des chiens de l'armée, et se faire tuer dans une guerre, je m'en fous ! pensa-t'elle amèrement alors que les larmes brouillaient sa vue. Elle tentait de se convaincre. Mais elle savait au fond d'elle qu'elle ne s'en foutait pas. Elle voulait qu'ils aillent bien, elles ne voulaient pas qu'il leur arrive quelque chose.
Après plusieurs heures, quand elle fut enfin capable de s'arrêter de pleurer, elle prit un stylo et une feuille de papier puis s'assit à son bureau.
Cher Ed,
Tout va plus ou moins bien ici. L'auto-mail de Den s'est abîmé hier alors qu'il se battait avec un autre chien, mais ça va maintenant. Mamie est toujours furieuse contre vous les gars pour… enfin, pour ce que vous avez fait, mais je pense qu'elle comprend. Nous savons tous à quel point vous étiez bouleversés quand votre mère est morte, on était là. Ne vous en faites pas, elle s'occupe de la pierre tombale.
Comme je ne connais rien à l'alchimie (oui je sais, je ne comprend rien de tout ce qui touche à l'alchimie, ce n'est pas comme vous, pas besoin d'en rajouter !), je ne sais pas à quel point tu as besoin d'étudier pour devenir alchimiste d'état. Tu te souviens du jour où j'ai essayé de lire un de vos livres d'alchimie ?Je n'ai pas compris un seul mot… Je peux seulement imaginer à quel point ça doit être dur de lire une centaines de livres comme ça (oh oui, je sais que pour toi ce n'est rien du tout, puisque toi tu es si INTELLIGENT).
Bonne chance pour tes examens ! Je sais que tu peux le faire… Même si tu ne peux pas, tu dois le faire. Pas seulement pour Al, mais aussi pour toi…
Cordialement,
Winry
