Bonjour, bonsoir à tous!
Je sais, je sais, j'avais posté le chapitre 1 en tant que One-Shot, parce que j'étais pas sûre d'arriver à écrire la suite et que je préfère ne pas faire de promesses en l'air.
Mais finalement je suis inspirée (vos reviews adorables ont beaucoup aidé aussi! je n'ai pas eu le temps d'y répondre la dernière fois mais je vous promet de le faire ce coup-ci!) alors voici mon chapitre 2. C'est un peu un chapitre de transition, j'en suis moins satisfaite que tu premier mais j'espère qu'il vous plaira.
N'hésitez pas à me laisser une review, ça me fait plaisir, ça m'aide à m'améliorer et ça m'aide à me motiver pour écrire!
Bonne lecture à tous!
La porte claqua derrière le blond. Shoto souffla enfin et se pencha en avant, se prenant la tête entre les mains.
Qu'est-ce qui m'a pris, bon sang ?
Il entendit Bakugo mettre un coup de pied dans le mur, dans le couloir. Pas de doute, l'explosif était aussi chamboulé que lui par les événements de la nuit passée, même s'il avait tenté tant bien que mal de le cacher.
Comment on en est arrivés là ?
Tout ça à cause de cette maudite soirée. Et de Kaminari qui avait tenu à ce que tout le monde prenne au moins un verre.
Shoto n'avait jamais fait de soirées avant. Avec quels amis il aurait pu faire ça ? Et puis de toute façon, son père ne l'aurais jamais laissé sortir pour ce genre de chose c'était une perte de temps et c'était mauvais pour la santé, rien de bon pour lui donc, qui devait juste gagner en puissance.
Il avait déjà goûté à l'alcool, par contre. Comme il venait d'une famille traditionnelle, boire une coupe de saké pour les grandes occasions était un passage obligé. Une coupe, oui. Jamais plus.
Qu'est-ce qui lui avait pris de boire autant ? Il s'était senti mal à l'aise, comme souvent lorsqu'il était obligé de, disons, sociabiliser un minimum. Se retrouver au milieu de ses camarades qui festoyaient à cœur joie l'avait fait paniquer. Il s'était dit que boire un peu l'aiderais à être plus naturel, à se comporter comme un lycéen normal se comporte en soirée.
Mais au final ça n'avait servi à rien, puisqu'il était quand même resté dans son coin tout du long, comme d'habitude. Quand les garçons qui l'entouraient avaient tous décidé de partir en trombe vers les douches des filles, il n'avait même pas pensé à suivre le mouvement.
Et puis il s'était retrouvé seul avec Bakugo.
Il n'avait pas pu s'empêcher de le fixer un peu.
Bon, soyons honnêtes...
Il avait un peu...maté Bakugo.
Pas que c'était dans ses habitude de regarder les garçons, hein ! … Ni personne d'autre, d'ailleurs.
Mais quand il avait levé les yeux sur le blond affalé sur un canapé en face de lui, la tête renversée en arrière, les joues rosies par l'alcool, les bras croisés derrière la tête... Un instant, son regard s'était attardé sur ses muscles trop mal dissimulés par son simple débardeur noir, sur le torse qui se soulevait au rythme de sa respiration ...
Forcément, il avait fallu que l'explosif relève la tête à ce moment-là, et forcément, il avait commencé à l'apostropher en voyant Shoto détourner précipitamment le regard.
A partir du moment ou Katsuki l'avait embrassé, il avait un peu perdu pied. A vrai dire, il ne savait pas vraiment comment ils en étaient arrivés à coucher ensemble. Tout s'était enchaîné sans que ni l'un ni l'autre ne prononce un seul mot, et ils avaient fini sur son futon, à...
Il rougit à cette pensée. Il n'avait jamais vraiment réfléchis à comment il imaginait sa première fois. Il avait grandit dans l'idée que ce genre de chose -comme tout ce qui touchait aux relations humaines- n'était pas pour lui. Il avait pris l'habitude de réprimer violemment tout désir d'affection ou de douceur qui avait pu naître en lui , depuis le départ de sa mère pour l'hôpital. Et ça avait été la même chose avec sa sexualité, dès son entrée dans l'adolescence. Alors non, il ne faisait pas partie du clan de Denki et Mineta, pour qui la première fois semblait être la consécration de l'existence d'un mec de leur âge. Il ne se posait pas vraiment de questions par rapport à ça, en fait.
Mais avec Bakugo ?
Sérieux ?
Il rougit de plus belle. Le pire, c'est que...
Non. Non, tu peux pas penser ça. C'est Bakugo, ton rival, il te déteste et t'insulte à chaque fois qu'il te croise. Tu peux pas penser que …
...Le pire, c'est que plus les détails de la soirée lui revenaient, plus il réalisait qu'il s'était senti bien. Se serrer contre Bakugo, sentir sa peau contre la sienne et s'endormir dans ses bras, l'avait rendu heureux. En fait, il y avait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi paisible.
Il se redressa en se couvrant le visage d'une main. Et comment il était sensé gérer ça, maintenant ? Il passait la majeure partie de ses journées dans la même pièce que Katsuki. Pire, maintenant qu'ils étaient en internat, ils mangeaient, se lavaient et dormaient dans le même bâtiment. Comment était-il sensé réagir ? Il avait encore du mal à réaliser ce qui s'était passé cette nuit.
J'ai... j'ai couché avec Katsuki Bakugo.
Merde.
…
Ils étaient tout deux plutôt doués pour ignorer les gens.
Alors c'est ce qu'ils firent.
Tacitement, à partir du moment ou Bakugo quitta la chambre de Todoroki en claquant la porte, les deux garçons commencèrent à faire comme si l'autre n'existait pas. Ça allait très bien à Shoto -un peu moins à Bakugo qui aurait préféré le tuer définitivement pour ne plus jamais avoir à éviter sa sale gueule.
C'est vrai, ça. L'explosif n'avait pas pour habitude de fuir ses problèmes. Il confrontait toujours directement les gens qui l'emmerdaient. Seulement là, c'était impossible. D'abord parce qu'il crevait de peur - oui, lui, Katsuki Bakugo, l'explosion sur pattes, flippait complètement à l'idée que quelqu'un découvre ce qui s'était passé. Il n'osait imaginer la réaction de ses camarades. Il devrait probablement les crever jusqu'au dernier si la rumeur se répandait, ou il en entendrait parler jusqu'à sa mort. Or s'il allait casser la gueule de Todoroki sans raison apparente, les autres se poseraient forcément des questions. Ce qu'il voulait éviter par-dessus tout, quoi.
Surtout que même si ça le tuait de l'admettre, c'était lui qui avait initié ça. Il ignorait ce qui avait pu se passer dans son cerveau de mec bourré au moment ou il avait embrassé ce crétin de double-face, mais c'était de sa faute si... si...
N'y pense pas,se dit-il en grinçant des dents.
…
Et pourtant il y pensait.
Bien malgré lui il y pensait.
La journée, ça allait. Il se concentrait sur les cours, sur ses entraînements et sur le fait d'ignorer cet enfoiré de double-face. Mais dès qu'il se mettait au lit, quelques souvenirs épars de cette maudite soirée se faufilaient jusqu'à sa mémoire. Alors qu'il sombrait lentement dans le sommeil, il sentait les mains de Todoroki se glisser à nouveau sous son t-shirt, et son visage fin se nicher dans son cou pour en embrasser la peau sensible. Ses rêves lentement l'emportaient jusqu'à l'extase et il se réveillait en sueur, rouge de honte, filant aussitôt prendre une douche glacée pour calmer cette chaleur dans son bas-ventre. Assis par terre sous le jet d'eau froide, il se prenait la tête dans les mains, angoissé par ces visions qui ne semblaient pas décidées à quitter son esprit. Ça le rendait dingue. Lui qui se voulait si fort était dans tout ses états à cause d'une soirée trop arrosée et d'un crétin qu'il avait de plus en plus de mal à éviter de regarder...
Pourquoi c'est arrivé, bordel ?
Qu'est-ce qui m'arrive ?
…
Katsuki se laissa aller en arrière et atterrit doucement sur son futon. Il se pencha à son tour et se plaça à quatre pattes au-dessus de lui. Un frisson le traversa de la tête aux pieds lorsque le blond darda son regard rouge sur lui. Son visage restait neutre. Shoto n'avait jamais vraiment remarqué à quel point il était beau, lorsqu'il n'était pas occupé à se battre ou à hurler sur les gens autour de lui.
Il se pencha un peu, encore timide malgré l'alcool. Bakugo l'empoigna par le col de sa chemise et le tira vers lui pour cueillir ses lèvres dans un long baiser maladroit – à cause de l'état d'ébriété dans lequel ils se trouvaient tout deux ou de leur manque évident d'expérience en la matière, il ne savait pas. Les mains du blond se glissèrent sans son dos, sous le tissu fin du vêtement – nouveau frisson. Une chaleur étrange, qu'il ne connaissait pas, s'empara de son corps. Il fixa Katsuki, choqué par son propre désir, qui monta en lui avec la puissance d'une vague. Subitement, il eut envie de lui – de tout de ses cheveux, de sa bouche, de sa peau, de son corps tout entier, de sa chaleur dans laquelle il voulait entrer pour ne plus jamais en ressortir.
Il fondit à nouveau sur le garçon sous lui.
…
Shoto se réveilla en sursaut.
Pendant un instant, il regarda dans le vague sans savoir ou il était, puis il reconnu le plafond de sa chambre.
Il était seul.
Doucement, il se redressa et porta le bout des doigts à ses lèvres. Ça avait paru si réel.
Une semaine avait passé depuis sa nuit avec Bakugo. Et ces images revenaient à lui avec de plus en plus de puissance, comme si son cerveau avait décidé de le narguer, en lui montrant encore et encore ce qu'il ne pourrait plus jamais avoir.
Il avait tenté de s'y fermer, jouant le jeu de Katsuki, ignorant le blond lorsqu'il le croisait, évitant son regard, s'éloignant de lui dès qu'il le pouvait.
Mais une pensée, celle du bonheur qu'il avait ressenti dans les bras de l'explosif, le taraudait.
Et puis le désir.
Le désir viscéral qui le prenait au corps dès qu'il repensait à cette fameuse nuit. Et ces rêves moites dont il ne s'extirpait qu'à grand peine, dans lesquels il se sentait si heureux, si entier.
Pourquoi ça ne passe pas?
Il était trempé de sueur et peinait à calmer son érection. Il soupira et se leva, attrapant sa serviette de toilette au passage. Une bonne douche froide lui ferais du bien, et lui permettrait de réfléchir plus calmement.
Il sortit discrètement de sa chambre. Les couloirs étaient parfaitement silencieux, éclairés par la lumière blanchâtre de la lune qui passait au travers des larges fenêtres. Le jeune homme descendit silencieusement les étages qui le séparaient du rez-de-chaussée, et prit la direction des douches.
Il resta perdu dans ses pensées pendant tout le trajet, mais en entrant dans la pièce carrelée de blanc le bruit d'un jet d'eau allumé lui fit lever la tête. Il devait être trois heures du matin, qui diable pouvait bien être en train de se laver à une heure pareille ?
Le bruit d'eau cessa et l'une des cabines de douche s'ouvrit. Shoto sentit son cœur manquer un battement, puis accélérer brusquement. Katsuki venait d'apparaître devant lui, simplement vêtu d'une serviette blanche nouée autour de la taille.
Les yeux rouges se posèrent sur lui.
-... Double-face ?
Review? :3
