Fic : From Tokyo to London : Another world

Chapitre : 2

Rating : M

Disclaimer : Bleach ne m'appartient toujours pas, tous les personnages sont la propriété de Tite Kubo !

Salut ! Je me doute bien que les quelques personnes qui m'ont lue il y a deux ans doivent être surprises de voir que je publie la suite de cette fic que j'avais abandonnée. Dans un premier temps, je n'avais pas de réelles idées pour rédiger la suite, s'en est suivi une panne d'ordinateur, et quelques problèmes d'ordre personnel (aucune inspiration au cours de cette année 2010/2011, elle fut un fiasco). L'idée de reprendre l'écriture de cette fic me trottait dans la tête depuis un certain temps, et les grandes vacances – et la fin du bac – approchant, je me suis lancée. Qui plus est, vos quelques review m'ont vraiment fait plaisir, et ont achevé de me donner l'envie de reprendre, merci !

J'ai changé le rating, le passant de T à M. Considérez donc que des hentaï seront à venir ! Sur ce, bonne lecture !

Où pouvait-elle donc se trouver ? La jeune femme, se tenant au milieu d'un espace inconnu, lança des regards autour d'elle. Le sol semblait fait de goudron, les murs sur sa gauche et sur sa droite étaient rapprochés, l'éclairage était faible. La brune leva les yeux, un ciel sombre sans nuage occupa alors son champ de vision. Une ruelle sombre. Mais comment avait-elle pu atterrir ici ? Elle avait beau chercher une réponse à cette interrogation, elle se retrouva dans l'incapacité la plus totale de se l'expliquer. Pas une personne aux alentours, pas un son ne résonnant à ses oreilles. Tatsuki commença alors à arpenter la rue, à la recherche d'une échappatoire quelconque à cet environnement si calme qu'il en était étouffant. Mais à chaque nouveau pas, elle ne semblait pas se rapprocher d'une issue. S'apprêtant à appeler à l'aide, elle se figea à l'entente de paroles, prononcée près de son oreille, sur un léger ton de menace : « Tu ne sais pas dans quoi tu t'embarques. » Le temps qu'elle fasse volte-face, l'auteur de ces propos avait disparu. Incrédule, Tatsuki se risqua à crier quelque chose, mais sa voix se bloqua dans sa gorge alors que le sol se dérobait sous ses pieds, l'entraînant dans une effrayante sensation de chute.

Renji, assis à ses côtés, lui attrapa les épaules et la secoua doucement afin de la sortir de ce qui semblait être un cauchemar. Les marmonnements incompréhensibles de la jeune femme l'avaient alerté. Alors qu'il commençait à sérieusement s'inquiéter pour elle, sa camarade de vol rouvrit les yeux, laissant deviner un regard paniqué.

« Calme toi, tout va bien … A quoi est-ce que tu pouvais donc rêver pour te retrouver dans un tel état ? » lui demanda-t-il, tout en relâchant doucement son emprise.

La brune ne réagit pas immédiatement, encore sous le choc de ces songes qui semblaient pourtant si réels lorsqu'elle s'y trouvait. Qu'est-ce que tout cela pouvait signifier ? Comment ça, elle ignorait dans quoi elle s'embarquait ? Mais qu'est-ce que ça voulait dire au juste ? Il fallut quelques minutes pour qu'elle retrouve un rythme cardiaque et une respiration normales. Ce n'était qu'un rêve … C'est du moins ce dont elle tentait de se persuader. Tout ce qu'elle faisait, c'était rejoindre son ami quelques temps, rien ne lui arriverait. Elle soupira, et daigna enfin répondre à son voisin.

« J'ai fait un rêve étrange … J'étais seule dans une longue rue sombre, quelqu'un m'a parlé, et le sol s'est écroulé sous moi … Ca n'a aucun sens … »

Tâchant de se sortir ces images de l'esprit, elle récupéra la bouteille d'eau qui se trouvait sur la tablette face à elle, et en bu la moitié d'une traite. Faire ce genre de rêve l'insupportait. Cela lui donnait un mauvais pressentiment. Déjà eu avant la mort de ses parents, elle avait constamment cette impression désagréable que quelque chose allait arriver. De fait, à chaque fois qu'elle faisait un rêve perturbant, il lui était impossible d'être sereine pendant un temps. Qu'importe …

« Dis-moi, Renji, tu sais dans combien de temps on atterrira à Londres ?

- Tu as dormi longtemps, on devrait arriver là-bas dans une heure, à 10 heures, heure locale. Tu es sûre que ça va ?

- Oui … C'était qu'un rêve, rien qu'un stupide rêve. »

Une heure plus tard, enfin, l'avion atterrit à l'aéroport de Londres Gatwick, une secousse permettant aux passagers de remarquer que le train d'atterrissage était entré en contact avec la piste. Les deux japonais discutèrent tout en quittant l'appareil, passèrent les douanes après une bonne demi-heure d'attente et se retrouvèrent enfin sur le territoire britannique, rejoints rapidement par leurs bagages. Après que Renji lui eut fait un topo rapide sur les taux de change, la jeune femme s'arrêta quelques minutes dans un kiosque situé dans le vaste hall de l'aéroport, afin de récupérer une carte prépayée pour téléphone portable, ainsi qu'un paquet de cigarettes. Une fois son téléphone passé sur le réseau anglais – ce qui lui permettrait alors de passer ses appels à moindre coût –, son camarade étudiant lui donna son propre numéro de portable, afin qu'elle puisse le joindre en cas de nécessité. Ce geste toucha Tatsuki, qui ne connaissait quasiment personne dans ce pays si éloigné du sien.

A 11 heures, la japonaise se retrouva seule au milieu de tous les voyageurs du hall Sud, Renji ayant repris le train en direction de Londres. Elle, attendait toujours qu'on vienne la récupérer. Sa guitare dans le dos et sa lourde valise trainant derrière elle, elle se décida finalement à sortir de l'aéroport, s'alluma une cigarette, tira une longue taffe qui lui fit un bien réel après la panique qui l'avait saisie durant le vol. Cette dizaine d'heures dans tabac ne l'avait pas franchement aidée. Une fois sa cigarette terminée, elle sortit son téléphone portable, et tenta de joindre son ami. Aucune réponse. Deuxième cigarette. Second appel, toujours aucune réponse. Troisième cigarette, qu'enfin son ami décrocha son propre combiné.

« Allô, Ichigo ?

- Ouais ?

- C'est Tatsuki ! Tu sais, ton amie d'enfance qui t'attend depuis plus d'une heure à Gatwick !

- Oups, merde …

- Qu'est-ce qui se passe, bordel ?

- C'est-à-dire que j'ai pas mal de trucs à régler actuellement, merde, j'suis désolé, j'ai totalement oublié que je devais te récupérer ! Entre la fac et mon job étudiant je sais plus où donner de la tête !

- Toi t'es un cas … Attend que je te chope. Bon, et comment je fais, moi ?

- Je vais plus avoir le temps de venir, tu peux prendre le train jusqu'au centre-ville ?

- Ca doit pouvoir se faire … Je t'envoie un sms pour te dire à quelle heure j'arriverai. A plus ! »

Et sans lui laisser le temps de rétorquer quoi que ce soit, elle raccrocha. Quelle idée de la laisser se débrouiller pour rejoindre la ville… Elle qui n'avait jamais mis les pieds en Europe ! Quoi qu'il en soit, elle n'avait guère le temps de pester. Attrapant à nouveau la poignée de sa valise, elle traversa le hall en sens inverse, repérant l'endroit où s'était évaporé Renji vingt minutes plus tôt. Une fois l'escalier menant au quai du « Gatwick Express » remarqué, la jeune femme s'y rendit, dévala les marches, pris son billet et monta dans la rame qui se trouvait déjà à quai, dans laquelle elle retrouva, heureux hasard, Renji Abaraï. Celui-ci lui adressa un large sourire et vint à sa rencontre, tandis que le train démarrait et prenait de la vitesse.

« Ton ami ne devait pas venir te chercher ?

- M'en parle pas, il serait tellement débordé entre la fac et son boulot qu'il a réussi à oublier.

- En effet, ça craint ! Et là tu te rends où ?

- Au centre-ville, Ichigo doit me récupérer là-bas. »

Tatsuki envoya d'ailleurs un sms à l'intéressé, lui indiquant qu'elle arriverait à midi pile. Une fois encore le rouge eut l'amabilité d'indiquer à la japonaise la station à laquelle elle devait descendre, et ils se dirent au revoir pour de bon, cette fois-ci. Allons à la rencontre de la capitale anglaise !. La curiosité et le goût de la nouveauté prenant le pas sur tout le reste, elle grimpa les marches qui la séparaient de la rue, se mêlant au flot de londoniens qui allaient dans le même sens qu'elle. Au haut des marches, enfin, elle reconnut cette tignasse rousse qu'elle avait côtoyée durant tant d'années, à l'autre bout du globe. Bien que l'envie de l'assomer pour l'avoir laissée dans la merde soit forte, elle l'interpella en japonais, pouvant crier toutes les bêtises qui lui passaient par l'esprit sans que personne ne la comprenne. Le rouquin vint à sa rencontre, lui aussi rayonnant, et serra son amie dans ses bras.

« C'est bon de te revoir après tout ce temps ! Encore navré pour les transports.

- Ouais, comme tu dis, c'est bon de te revoir ! Ca faisait une paie ! Puis bordel, les dix heures d'avion et le train je les aurai sentis passer, ça m'a tuée ! »

Ichigo, bien que compatissant, ne put s'empêcher de rire, ce qui incita Tatsuki à se détacher de lui et à lui donner un coup violent dans les côtes, ce qui eut pour effet de faire taire le plus grand. Cette-fois ci, c'est la brune qui sourit. Malgré le temps et la distance, leur complicité était restée indemne. Tout en marchant jusqu'à la cité universitaire, les deux jeunes adultes se racontèrent ce qu'ils avaient vécu, chacun de leur côté, ces deux derniers mois. Ichigo attaquait sa troisième année de fac, travaillait à mi-temps à côté pour se préparer à l'après-fac, comptait retourner voir sa famille au mois de décembre, à l'occasion des fêtes de fin d'année. Quant à Tatsuki, elle avait arrêté la fac depuis trois mois, dire qu'elle était chômeuse n'était pas tout à fait vrai. Travailleuse précaire était une meilleure appellation, en effet, l'ex-étudiante travaillait en intérim afin de subvenir à ses besoins, et s'était constitué quelques économies qui pourraient bien lui servir. Toujours personne dans sa vie, et une réelle nécessité de changer d'air qui s'étaient peu à peu imposée à elle. Depuis le décès de ses parents, elle n'avait pas entrepris grand-chose. Sa tante avait mis à sa disposition l'un des studios dont elle était propriétaire, ce qui permettait à la jeune femme de ne pas avoir de loyer trop conséquent à payer, mais les faits sont là. Elle ne faisait rien de sa vie. Son séjour à Londres lui donnerait probablement l'occasion de faire le point.

Après une bonne demi-heure d'anecdotes allant de l'histoire sérieuse à la vanne douteuse, la cité universitaire était enfin visible. Quelques mètres et deux étages plus haut, et l'étudiant put enfin montrer à son amie le studio dans lequel il était installé. Un intérieur plutôt fonctionnel : un canapé, un clic-clac deux places, espace de travail dont une table recouverte de livres de cours et de documents en tout genre, espace cuisine, salle de bains. Une fois le tour du propriétaire effectué, les bagages furent négligemment déposés dans un coin de la pièce. La brune retira ses chaussures, et se vautra de tout son long sur le clic-clac déplié. Entre son manque de sommeil et le décalage horaire, son périple et la traversée de Londres l'avaient achevée. Sans se faire prier, elle tomba dans les bras de Morphée, et ne se réveilla qu'à 19h.

Sortant de sa léthargie, elle remarqua qu'Ichigo était absent. Probablement occupé à la fac ou à son travail, elle n'avait même pas eu l'occasion de lui demander ses horaires d'absence avant de s'endormir. Soit, tant pis. Après s'être longuement étirée, elle se releva afin de ranger ses vêtements dans le coin de penderie que son ami lui avait libéré. Tout en défaisant ses bagages, elle mit quelques éléments vestimentaires de côté. Londres avait ravivé la flamme, pour une fois elle avait envie de vivre, de sortir, et c'est bien ce qu'elle comptait faire. Cette ville avait tant de choses à lui faire découvrir, qu'elle ne pouvait résister à la tentation. Une fois la plus grande partie de ses affaires rangée, elle troqua ses chaussures plates contre une paire d'escarpins noirs vernis, garda son slim noir et y ajouta quelques chaînettes métalliques prises dans les passants, passa un débardeur blanc ainsi qu'une veste en cuir noir. S'armant d'un stylo et d'une feuille blanche, elle laissa un mot à l'attention de son ami.

Ichigo,

Ne sachant pas à quelle heure tu rentreras, j'ai décidé de sortir découvrir les alentours. Préviens-moi quand tu seras de retour. J'ai pris ton double de clés.

Tatsuki.

Sur le meuble près de l'entrée se trouvait un double des clés de l'appartement, dont elle se saisit. Un dernier coup d'œil dans le miroir lui permis de s'assurer que ses quelques heures de sommeil lui avaient redonné une mine de vivante. Une paire de mèches de cheveux lui retombaient négligemment dans la figure, comme à l'accoutumée, et ses cheveux ne demandaient pas d'être brossés. Sans attendre davantage, elle passa la porte d'entrée, prit soin de la verrouiller à double tour, et descendit les rangées de marches qui la séparaient de la rue. A une heure pareille, les axes autour de la cité universitaire étaient presque déserts. Des étudiants rentraient de cours, peu nombreux étaient ceux qui semblaient ressortir pour la nuit. L'ancienne étudiante se souvenait de la charge de travail qu'elle-même avait lorsqu'elle était à l'université. Son travail personnel nécessitait qu'elle veille tard le soir, sa vie sociale se faisant de plus en plus inexistante, et c'est l'une des raisons pour lesquelles elle avait préféré arrêter d'aller à la fac. Les études longues, voire les études tout court, n'étaient pas faites pour elle. Les emplois auxquels elle pouvait prétendre avec un diplôme supérieur ne lui convenaient pas. En clair, le monde dans lequel elle avait tenté de rentrer n'était pas du tout fait pour elle.

En une quinzaine de minutes, elle arriva enfin au centre-ville, où elle était passée en début d'après-midi même. Les grandes avenues londoniennes étaient encore bien fréquentées alors que la nuit était tombée, mais l'atmosphère était réellement différente qu'en plein jour. Les gens ne se pressaient plus afin d'attraper leur bus ou de se rendre à la station de métro, le bruit des klaxons ne résonnait plus avec autant d'insistance, les magasins étaient fermés laissant la place aux pubs en tout genre et aux boîtes de nuit. Cette ambiance plaisait réellement à la jeune japonaise. Cette ville dégageait quelque chose de magique, d'irréel, à tel point que Tatsuki ne savait plus où donner de la tête. Tout l'interpellait, elle aurait voulu pouvoir se dédoubler pour pouvoir tout voir. Au bout du énième bar passé, une affiche sur la vitrine de l'un d'entre eux retint son attention. La jeune femme s'en approcha, et lut avec attention.

« Recherchons serveuse à temps plein, âgée d'une vingtaine d'années, souriante, dynamique, ayant le contact facile avec la clientèle. Travail de nuit, bonne rémunération. Si intéressée, adressez-vous à Mr Aizen. »

Tout en relisant l'annonce, l'intéressée potentielle plongea la main dans la poche de sa veste, en sortit son paquet de cigarettes, en porta une à sa bouche et l'alluma. Initialement, seules les vacances motivaient son séjour en Angleterre. Mais cette annonce la poussa à réfléchir. Au Japon, rien ne la retenait, depuis bien longtemps elle avait perdu contact avec ses amis du lycée de Karakura. Elle n'avait presque plus de famille, et le travail précaire commençait à lui peser. Le profil demandé dans cette annonce lui collait bien. La brune fit rapidement le point. A presque vingt-et-un ans, elle n'avait personne dans sa vie, pas de diplôme, pas de travail, pas de projet d'avenir. Et en cet instant précis, elle n'avait ni l'envie ni la motivation nécessaire à retourner au Japon. Ce pays l'étouffait, les gens entassés les uns sur les autres sur le littoral, les catastrophes naturelles, la pollution, l'absence d'un avenir qui serait susceptible de convenir à notre héroïne. Elle n'avait rien à perdre à tenter sa chance ici.

Décidée, elle leva les yeux vers l'enseigne lumineuse indiquant le nom du bar, encore désert en ce début de nuit d'automne. Son mégot heurta le sol goudronné, son pied l'écrasa, et Tatsuki Arisawa pénétra dans ce fameux bar répondant au nom de Las Noches.