Disclaimer : Les personnages et tout l'univers "Harry Potter" appartiennent à JK Rowling.

Genre : Romance/ Humor ; Post-Poudlard - Je ne prends pas en compte certains évènements des bouquins.

Rating : K

NdSs : Merci pour votre accueil très chaleureux ! Pour vous remercier, je vous livre déjà le chapitre 2. Enjoy !


Adopte un sorcier

Chapitre 2 :

Malédiction.

Il n'y a pas d'autre mot.

Je dois vraiment être maudit !

Je me demande bien ce que j'ai pu faire dans une vie antérieure pour subir tout ça. Quand ce n'est plus un mage noir qui me pourrit la vie, c'est le blond peroxydé qui prend le relais ou quoi ? C'est vrai que cela fait un moment que je ne l'avais pas revu. Un peu après la défaite de Vous-Saviez-Qui, il y a voilà bien trois ans. Trois ans, huit mois et quatre jours pour être exact. Sûrement est-ce le temps nécessaire pour peaufiner un plan diabolique envers ma personne.

Je suis sûr que c'est un piège. Il va m'emmener je ne sais où pour me torturer, peut-être même bien me tuer. Et Hermione (ni Ron d'ailleurs, ni les centaines d'invités à ce fichu gala !) qui n'a rien fait pour éviter ça. Rien, à part nous faire un signe de la main avec son grand sourire, quand nous avons quitté la salle des fêtes. Elle aura ma mort sur la conscience, bien fait ! Si je survis, je promets de me venger ! Foi de Survivant !

Je me demande où il m'emmène là. Nous avons transplané il y a cinq minutes. Oui, je sais ce que vous vous dites : "Hermione ne lui avait-elle pas dit qu'il était impossible de transplaner ?" Figurez-vous que sa réponse à cette même question, quand je la lui ai posée, fut un innocent :

« Oh, j'ai dit ça moi ? Amusez-vous bien ! »

Elle a beaucoup de chance d'être enceinte, vous pouvez me croire !

Bref, pour en revenir à nos elfes de Cornouailles, là nous marchons le long d'un chemin. Je ne sais pas où nous sommes. Je me souviens avoir lu dans la Gazette que ses parents avaient vendu le Manoir familiale, avant de s'exiler en France. J'ignore la raison exacte de cette décision, même si je m'en doute un peu. Je sais simplement qu'elle n'est pas financière. Certains ragots stipulaient que l'esprit de Voldemort hantait les lieux et que les Malfoy avaient préféré partir de cet endroit maudit.

Je crois que c'est une sorte d'allée de jardin. Je tiens ma baguette bien serrée dans ma poche, sait-on jamais…

« Nerveux, Potter ?

- Argh !

- Oulà, tout doux Potter, range cette baguette. C'était juste une question. J'ai ma réponse maintenant, en tout cas.

- Arrête ton petit jeu Malfoy et dis-moi pourquoi je suis ici ?

- Euh, parce que j'ai gagné l'enchère, fait Malfoy sur le ton de l'évidence.

- Je ne te crois pas. Les anciens mangemorts se sont réunis et vous voulez me faire la peau c'est ça ? »

Je dois avoir dit un truc drôle car seul un petit rire me répond.

« Haha ! Ah non, elle est bien bonne celle-là ! »

Voyant que ça ne me fait pas rire, Malfoy se ressaisit et me dit avec étonnement, en reprenant la marche :

« Oh ! C'est vraiment ce que tu penses ?

- Je ne vois pas d'autres explications, je réponds le rattrapant et rangeant ma baguette.

- Potter, Potter, Potter. Moi qui pensais qu'avec l'âge tu arrêterais d'être aussi parano. Il faut croire que je me trompais. Il ne t'est pas venu à l'esprit que j'avais tout simplement envie de te revoir, après toutes ces années, et que j'ai trouvé l'occasion parfaite pour cela ? En voyant l'affiche, j'ai cru que j'hallucinais : je sais bien que tu es orphelin mais de là à vouloir te faire entre guillemets adopter, honnêtement il faut être siphonné. Tu as de la chance d'être tombé sur moi.

- Hé ! Ce n'était pas mon idée ! Ce sont Hermione et Ron qui m'ont inscrit à ce truc ! Et je n'ai jamais été parano ! Je trouvais juste ça louche que tu veuilles passer toute une soirée tout seul avec moi. Tu peux comprendre, vu notre passé commun, franchement il y a de quoi se poser des questions, non ?

- Comme dit, c'est le passé. Si tu veux, je peux toujours me mettre à genoux pour me faire pardonner ces atroces années d'école, suggère-t-il avec un sourcil levé.

- Non, ça ira. (C'est moi ou sa phrase était méga tendancieuse ?) Je n'étais pas le dernier à te faire des vacheries.

- Sans doute. Tu sais, si tu veux partir, rien ne t'en empêche, avoue-t-il sérieux. »

Un ange passe. C'est vrai, je pourrais partir, mais quelque chose au fond me dit de rester. Et ne dit-on pas : « Sois proche de tes amis, et plus proche encore de tes ennemis ? » Même si la donne semble avoir changé, je sais qu'il ne m'a pas tout dit. Il me cache quelque chose et j'ai bien l'intention de découvrir quoi.

« Hum, où est-ce qu'on va ? » je demande pour combler le silence, devenu un peu pesant.

- Chez moi, on y est déjà d'ailleurs, en fait. C'est la cour du jardin. Je pensais qu'une petite balade serait un bon moyen pour commencer cette soirée. »

Je ne sais pas trop quoi répondre, alors je hausse les épaules, sans rien dire.

Pendant le reste de notre promenade, une pensée me vient : C'est bien la première fois que j'ai une conversation civilisée avec Draco Malfoy et le plus curieux dans tout cela : ce n'est pas si déplaisant.

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« Nom d'un Scrout-à-pétard ! C'est immense ici ! » est la première chose qui me vient à l'esprit, lorsqu'on franchit la porte d'entrée.

« Tu n'as encore rien vu, Potter…»

Je sursaute légèrement, Malfoy se tient juste derrière moi. Il m'a murmuré ces quelques mots à l'oreille.

« Ceci n'est que le hall, continue-t-il en s'éloignant. Suis-moi, on va dans le salon, et je te prierais de ne plus jurer chez moi, mon amour.

- Pardon, comment tu m'as… ?

- Maître Draco a appelé ? » couine un elfe de maison après être apparu dans un « pop » sonore.

Un second, en tout point identique, si ce n'est un petit ruban rose accroché à l'oreille gauche, trottine juste derrière.

« Oui… » commence Malfoy en levant un sourcil amusé dans ma direction.

« Prends nos manteaux s'il te plaît, Mona, reprend-il sérieux, en s'adressant à l'elfe avec le ruban, et allume un feu dans le salon du premier étage. »

Je donne ma robe de sorcier à l'elfe de maison qui disparaît aussitôt.

Malfoy désigne ensuite le second :

« Mour, nous dînerons à 20 heures. Monsieur Potter et moi allons attendre dans le salon du haut.

- Entendu Maître Draco, s'incline l'elfe prénommé Mour. »

Mona et Mour, arf, quel nul je suis ! Je me bafferais mentalement si je le pouvais, mais là je suis plutôt concentré à cacher ma gêne. Pas très bien, vu la réplique que lance Malfoy :

« Mour, attends, apporte à Monsieur Potter un verre de ce qu'il lui plaira. »

Je bafouille rapidement à moi-même que j'aimerais boire une pinte de whisky pur feu sans glace, pour le coup.

« Très bien Monsieur Potter, Mour vous apporte cela tout de suite. »

Je n'ai pas le temps de dire que je plaisantais qu'il disparaît lui aussi.

Je sens un regard moqueur posé sur moi et je fais alors semblant de m'intéresser au lustre accroché au-dessus de ma tête. Ma contemplation est interrompue par ce que dit Malfoy :

« Je vois qu'après toutes ces années, tes goûts vestimentaires ne se sont pas beaucoup améliorés. Cela en est navrant » prononce le blond de sa voix traînante, en me détaillant des pieds à la tête.

Qu'est-ce qui ne va pas avec ma tenue ? J'ai mis un pantalon noir et une chemise couleur prune, sous les conseils d'Hermione. J'ai même ajouté ma cravate préférée : la noire avec les vifs d'or.

C'est sûr qu'à côté de Monsieur-je-me-la joue-dans-mon costume-de-dandy-impeccable-Malfoy, je dois faire pâle figure. Après tout, il n'y a qu'à lui que ma tenue pose problème. Moi, elle me convient très bien.

Je lui réplique alors :

« Moi, je constate simplement que tu es toujours un sale con snobinard et prétentieux, tout aussi navrant si tu veux mon avis. »

Ses yeux se plissent, mais il ne dit rien. On dirait qu'il se contient de me répondre.

« Suis-moi. »

Le ton est un peu sec, mais je m'attendais à plus.

« Quoi, c'est tout ? Juste "suis-moi" ?

J'avoue que ça m'avait un peu manqué de se balancer des injures, après tout ce temps.

« Écoute Potter, je n'ai pas envie de jouer à ce petit jeu avec toi.

- C'est toi qui as commencé, je te ferais remarquer. Moi je suis sûr que tu as envie de me répliquer quelque chose.

- Pas ce soir, prononce-t-il d'un ton sans appel pour mettre fin à la conversation.

- Même très envie… je lui dis provocateur, me fichant royalement de ce qu'il a dit.

Il ferme les yeux, prend une petite inspiration avant de répondre, calme :

« Potter, si tu ne veux pas regretter tes paroles, tu ferais mieux de la boucler, dit-il menaçant.

- Allez vas-y ! Promis, je ne le prendrais pas mal.

- Potter, quand je dis « non », ça ne te parle pas beaucoup on dirait.

- Une toute petite minuscule réplique ?

- Laisse tomber ! »

Il commence à s'énerver légèrement, mais il se reprend aussitôt.

« Tu peux faire mieux ! Un tout petit mo…

- Tu… m'agaces ! Je faisais simplement une constatation ! » Il me coupe vraiment énervé. « Je m'excuse si tu l'as mal pris, content ? »

Je fais une petite moue dubitative avant d'ajouter :

« Mouais, on va dans l'amélioration. Le ton est là. Sauf que, jamais tu ne t'es excusé à Poudlard, alors pourquoi ce soir ?

« Tu es vraiment cinglé Potter ! Et lourd et chiant ! Tu m'emmerdes à la fin ! »

Il hurle presque cette dernière réplique. Enfin disons qu'il est si proche que c'est comme s'il avait crié ses paroles.

« Ah bah enfin ! Je m'exclame soulagé, sans bouger d'un iota. Tu vois, ce n'était pas si difficile, Malfoy. »

Je lui fais un grand sourire. Il est à deux doigts de me frapper, je le sens car il dégage toujours la même aura magique qu'à l'époque, quand il perd tout self contrôle. Mais il se retient, serrant les poings. Heureusement d'un côté, même si je l'ai un peu cherché. A la place, il me dit, calmé, en s'éloignant et réajustant sa tenue pourtant sans défaut :

« Pour ta question, Potter, tu as la réponse toi-même. Nous ne sommes plus à Poudlard. Nous sommes des adultes maintenant, alors les insultes puériles, ça ne m'intéresse plus. Si ça ne te plaît pas, je t'en prie, la porte est là-bas. »

Il me désigne la porte du bras et attend ma réponse.

« Non, c'est bon je reste, je lui rétorque tout sourire. Je sens qu'on va passer une bonne soirée. J'accepte aussi tes excuses, soit dit en passant. »

Il lève les yeux au ciel, râle un peu à propos des Gryffondors têtus, puis il part alors en direction d'un grand escalier de marbre, en colimaçon. Je le suis…

En cet instant, si Draco ne lui tournait pas le dos, Harry aurait pu voir un petit sourire fleurir sur le visage de son ancien camarade vert et argent.

A suivre...