Bonjour à tous !
Pour commencer, réponses aux reviews anonymes :
Zeugma : Merci ! Contente de te voir à nouveau au rendez-vous ! Et je suis contente que ça te plaise. A bientôt !
Guest : Salut ! C'est vrai ^^ Mais à sa décharge, il tombe de haut XD Merci et à bientôt !
A présent, bonne lecture !
Chapitre Deux : l'Épiphanie.
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La première chose qu'il fit quand il entra dans son appartement nouvellement loué fut de briser ses assiettes en une rafale d'une douzaine de mouvements rapides, qui s'avérèrent beaucoup moins satisfaisants qu'une unique session de 'fracassage' dans la Salle sur Demande. Avec Granger.
Elle le haïssait. Pendant tout ce temps, alors qu'il ne se doutait de rien mais avait un faible pour elle, elle avait pensé de lui qu'il était un connard et un goujat. Et comment pourrait-il réparer les dégâts quand qu'il avait admis qu'il aurait dit non de toute façon?
Impossible. Deux personnes ne peuvent être amies si l'un d'eux avait des sentiments non partagés pour l'autre. Il était bien placé pour le savoir.
Il n'avait pas réalisé à quel point il avait compté sur le fait que Granger dirait oui à son offre d'emploi jusqu'à ce qu'elle la refuse catégoriquement. Il avait attendu des années que Patricia Vane parte à la retraite pour qu'il puisse enfin quitter Poudlard et filer exécuter les potions complexes de l'hôpital, et maintenant qu'il avait le poste – mais pas la responsable de la R & D qu'il voulait - l'accomplissement avait perdu une bonne partie de son éclat.
Pas de discussion sur l'expérimentation des potions. Pas de curry partagé pour le déjeuner. Pas de Clash en fond sonore lors de la découpe des ingrédients.
Pas de Granger.
Quand il l'avait embauchée après avoir (heureusement) renoncé au poste de Directeur en faveur de Minerva et était devenu Directeur adjoint, Granger était persuadée qu'il lui avait fait une faveur. Mais c'était à lui qu'étaient revenus les avantages de la situation. Elle avait prouvé qu'elle était une excellente partenaire de laboratoire, méticuleuse et curieuse, et elle abordait l'expérimentation d'une manière complètement différente de la sienne. Ils avaient accompli beaucoup plus ensemble que chacun de leur côté.
Il n'avait pas voulu qu'elle reste à Poudlard, bien sûr. Elle n'aimait pas l'enseignement. Elle n'aimait pas être le plus jeune membre du corps professoral au milieu d'un personnel qui la traitait comme un enfant prodige, plutôt que comme une égale. C'est pourquoi il l'avait encouragé à accepter le travail à la R & D en Allemagne, et pourquoi il avait toujours prévu de la convaincre de revenir au Royaume-Uni lorsqu'il accèderait au poste qu'il voulait vraiment - dans un endroit où il n'avait enseigné à aucun membre du personnel.
Mais maintenant, elle le détestait. Cette pensée l'oppressait comme un étau.
Il s'interrompit et répara une treizième assiette, il la posa dans l'évier et s'éloigna pour aller chercher sa Pensine.
C'était une des dernières possessions de Dumbledore qu'il avait, un véritable héritage d'espion. La vue de cet objet lui rappelait toujours de mauvais souvenirs, raison pour laquelle il ne l'avait jamais plus utilisé après la guerre, mais malgré tout il ne pouvait se résoudre à se débarrasser de lui. Il extirpa l'objet de sous son lit, le posa sur son bureau et s'assit, l'estomac noué. Baguette sur le front, il se concentra sur cette nuit datant d'il y a deux ans.
Un souvenir argenté glissa dans la Pensine. Il le regarda fixement, se préparant, et plongea dedans.
Il atterri dans son ancien salon, bénéficiant d'une vue vertigineuse sur lui-même en train de corriger des devoirs. Était-ce à cela qu'il ressemblait lorsqu'il corrigeait? Un air renfrogné envahissait tout son visage.
Puis il - le souvenir - leva les yeux et sourit. Granger se tenait dans l'encadrement de sa porte.
Elle avait les habits verts qu'elle portait à la cérémonie de remise des diplômes de septième année l'après-midi-même. Avait-elle choisi la couleur pour lui? Comment avait-il manqué aussi longtemps les signes qu'elle développait des sentiments pour lui différents de la simple amitié?
«Entrez», dit son lui d'il-y-a-deux-ans. «Ne deviez-vous pas partir pour Berlin ce soir?»
Elle se mordit la lèvre, tes taches roses fleurirent sur ses joues. Comment n'avait-il pas remarqué cela?
«C'est ce que j'avais prévu», dit-elle, en regardant ses mains.
«Vous allez me manquer, Granger. Je doute réussir à faire chanter à la directrice «London Calling» en chœur avec moi, même si je suis disposé à prendre les paris.»
Son rire s'élargit. «Vous ne pensiez pas réussir à me faire chanter non plus.»
«Exact». Sourit le Severus-du-passé. «Je ne vous aurait jamais prise pour une fan du mouvement punk.»
«Vous ne me connaissiez pas vraiment avant,» dit-elle. «Mais - mais vous me connaissez maintenant, n'est-ce pas?»
«Je sais que vous fredonnez lorsque vous réfléchissez profondément. Et que vous volez mes sucreries.»
Son rire fut plus naturel cette fois. «Oh, vraiment? Vous volez mes sucreries.»
Le Severus-du-passé poussa un soupir. «Que vais-je faire sans vous ?»
Elle resta silencieuse cette fois. Bien sûr, elle pensait que c'était un aveu. Cela y ressemblait pour lui, et il savait ce qu'il avait voulu dire.
«Je ne veux plus y aller,» dit-elle.
Il ne cessa pas de la regarder afin d'observer son lui du passé, il savait bien que la contrariété était de retour sur son visage. Il craignait qu'elle perde son audace - qu'elle reste coincée à Poudlard, tout comme lui.
«Quoi?» dit son lui-du-passé, le mot claquant comme un fouet.
«Je veux rester ici.» Elle semblait le regarder droit dans les yeux, le vrai lui, même si en fait elle ne faisait que regarder l'imbécile assis sur le canapé derrière lui. Et puis, doucement: «Ce soir. Avec vous.»
Il n'avait pas entendu cela. Il ne l'avait pas entendu. Il se retourna à temps pour voir son plus jeune lui se redresser, les bras croisés.
«Granger.» C'était sorti plus fort que ce qu'il s'en rappelait. Le souvenir-Severus avait l'air furieux. «Non! A quoi diable pensez-vous? Si vous n'avez pas fichu le camp d'ici la fin de la journée, vous allez le regretter pour le reste de votre vie, vous m'entendez? Foutez le camp.»
Il pivota pour voir la réaction de Granger. Certes, si son visage s'était crispé, si ses yeux avaient été remplis de larmes, il l'aurait remarqué, n'est-ce pas? Il avait été un espion, que diable!
Mais non - aucune larme. Elle hocha la tête, lèvres pincées en une ligne serrée. Puis elle se dépêcha de ficher le camp.
ooOOoo
A son retour, Severus poussa la pensine sous le lit, souhaitant qu'il y ait eu suffisamment de place pour qu'il puisse ramper là-dessous avec elle.
Il n'aurait jamais, jamais pensé qu'il briserait le cœur de quelqu'un. Ce n'était pas la façon dont cela devait se passer. Jusqu'à aujourd'hui, si quelqu'un lui avait suggéré qu'il pourrait briser – avait brisé - le cœur d'Hermione Granger, il aurait ri. Granger qui était sortie avec Weasley, Finch-Fletchley et Jordan durant les quatre ans où elle avait travaillé à Poudlard, avait plus d'expérience en matière de relation dès sa sortie de l'école qu'il n'en avait vingt ans plus tard.
Il était aussi désespéré en matière d'amitié. Parce qu'elle avait été son amie, sa meilleure amie, et est-ce qu'il lui avait écrit ou lui avait-il rendu visite une seule fois durant ces deux dernières années? Non, il avait simplement gardé son souvenir, comme un bijou précieux dans un coffre-fort qu'il admirait de manière régulière, mais n'avait rien fait.
Il avait peut-être pensé qu'il serait moins susceptible de faire quelque chose de stupide avec elle, comme la perdre, s'il attendait tout simplement jusqu'à ce qu'ils puissent à nouveau travailler ensemble dans un laboratoire, là où il avait toujours su quoi faire.
Il se retourna et ferma les yeux. Il lui faudrait se rendre au laboratoire sans elle pour le reste de sa vie professionnelle. Pire encore, le souvenir d'elle était passé d'un bijou dans un coffre-fort à un rocher dans son estomac, parce qu'elle avait été hantée pendant deux longues années par les mots qu'il avait prononcés.
ooOOoo
Il fit disparaître la potion ratée, la deuxième ce jour-là. Il était temps de rentrer à la maison. Tout le monde dans le département des potions de Ste Mangouste avait quitté les lieux depuis des heures.
Il se retourna et trouva Granger dans l'encadrement de la porte.
«Entrez», dit-il. Sa voix tremblait. «S'il vous plaît, entrez.»
«Vous me connaissez.» Elle regardait droit à travers lui avec ces grands yeux bruns. «Vous me connaissez, Severus Rogue.»
Son cœur ne pouvait sûrement pas maintenir un rythme aussi rapide très longtemps. «Oui, vous - vous fredonnez quand vous pensez et vous volez mes sucreries.»
Son sourire était las. «Vous volez mes sucreries.»
«Que vais-je faire sans vous?» murmura-t-il en pressant nerveusement ses mains l'une contre l'autre, une douleur pulsant dans sa poitrine.
Elle traversa l'espace qui les séparait, prit son visage et l'embrassa.
Il s'était senti misérable à plusieurs reprises au cours de sa vie, mais jamais ardemment heureux, et passer d'un extrême à l'autre en l'espace d'un instant était proche de l'assommer. Mon Dieu, il l'aimait. Et il ne l'avait même pas soupçonné.
Il était un idiot de premier ordre.
Il passa ses bras autour d'elle, passant ses doigts dans sa sauvage, magnifique chevelure, et l'embrassa plus fort encore.
De là, tout se passa en un éclair. Elle déboutonna sa chemise. Il ôta ses robes vertes et les laissa choir à ses pieds, la laissant à moitié dévêtue. Ils prirent place sur le canapé de son bureau, personne ne pourrait les voir, il n'y avait plus personne, et il ne prit donc pas la peine de fermer la porte car rien n'avait plus d'importance, seule Hermione et ses caresses et oh mon Dieu oh mon Dieu –
Et puis il se redressa dans son lit, celui de son appartement. Éveillé. Et absolument, complètement seul.
Après plusieurs dizaines de battements de cœur trop rapides, il se sentit épuisé. Un rêve. Pas réel. Juste un putain de rêve.
Mais lorsque l'adrénaline disparu, sa raison refit surface. Il l'aimait. Pendant tout ce temps, il avait été amoureux d'Hermione Granger et ne savait pas, ou ne voulait pas savoir, car si il avait un jour pris la peine d'examiner clairement ses sentiments, il aurait dû s'avouer que c'était peine perdue. Excepté qu'elle l'aimait, ou au moins qu'elle voulait de lui, ce qui était déjà quelque chose, n'est-ce pas?
Il pourrait voir revenir sa meilleure amie. Pour le reste de sa vie, s'il avait de la chance. Il pourrait lui faire l'amour et faire des potions avec elle, discuter avec elle et chanter avec elle et jeter des assiettes avec elle et la connaître mieux que quiconque …
À ce stade, sa raison avait finalement terminé de le réveiller et l'avait informé qu'elle avait voulu de lui.
Avait.
Beaucoup de chose pouvaient changer en deux ans. Deux années passées à le mépriser.
Il regarda le plafond, tentant de trouver - pour au moins la troisième fois de sa vie – un moyen de réparer les dégâts de paroles qu'il voulait amèrement ne jamais avoir prononcées.
ooOOoo
Note de Sevy4eveR : Alors, alors, alors ? Ça vous a plu ? ^^
Et sinon, quelle quiche ce Severus… il est tellement persuadé que personne ne peut l'aimer qu'il ne s'est même pas rendu compte de la plus évidente… des évidences. La suite vous apprendra s'il sera capable d'arranger les bidons (ou pas XD)
Merci pour votre lecture et à très bientôt ! ^^
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Note de Socks : Ah oui, niveau quiproquo là il a fait fort le Severus… Ces hommes ! Tous les mêmes ! Des naïfs en puissance…
Bon, ce suspense est insoutenable, je m'attaque directement à la suite ^^ Mais attention, je veux mon Happy End ! :p
Sev4 : Ohooo, un happy end, hein ? Je crois que la réponse tombe sous le sens quand on me connait un minimum ^^
Les petites notes rigolotes de Socks :
Et comment pourrait-il réparer les dégâts quand qu'il avait admis qu'il aurait dit non de toute façon? (Pas malin pour le coup Sev')
Pas de discussion sur l'expérimentation des potions. Pas de curry partagé pour le déjeuner. Pas de Clash en fond sonore lors de la découpe des ingrédients. (L'ennui mortel en somme)
Comment avait-il manqué aussi longtemps les signes qu'elle développait des sentiments pour lui différents de la simple amitié? (Aaaah ces hommes !) Sev4 : Bah ouais, y en n'a pas un pour rattraper l'autre ^^
