Pov Clarke

Le départ approche, je suis un peu stressée. Je n'ai jamais été stressée pour ces vacances. On y va à trois voitures, Raven monte dans la mienne, avec Octavia et Lincoln. On arrive les premiers, on court donc pour choisir nos chambres, y'a pas de raison ! Octavia et Lincoln prennent une chambre avec un lit double, pour être tranquilles. Moi je vais avec Raven dans la sienne.

- Clarkie, tu dors avec moi ?

- Oui, c'est bon ?

- Oui bien sur, on a toujours fait comme ça... Heureusement qu'on est pas en couple hein, on serait obligées de changer ça !

Et puis elle réalise.

- Oups, désolée.

- Ne sois pas désolée, on s'en fout.

- Au fait Clarkie, je suis désolée pour les dates, c'est la seule semaine où mes grands-parents pouvaient nous laisser la maison et qui correspondait à nos possibilités...

- T'inquiète, ça ira, j'irai peut être dormir ailleurs, c'est tout.

Elle me fait un câlin. On redescend, direction les courses, pour 10 personnes pour une semaine, c'est pas gagné ! On y va avec Japser, Monty et Finn pendant que tout le monde s'installe. J'évite de croiser le regard de Lexa en sortant. Quand on revient, on prépare un grand repas. L'ambiance est plus détendue que ce que je ne pensais. J'ai mis les choses au clair avec Bellamy, qui a compris. J'essaie d'éviter Finn à qui j'en veux encore, cet abruti de Murphy qui a couché avec Lexa, enfin je crois. Et Lexa. On a le chic pour se retrouver toujours aux mêmes endroits aux mêmes moments. Pour utiliser la salle de bain, au moment où je veux aller à la piscine, quand je sors prendre l'air le soir... ça donne des situations un peu gênantes, où l'une finit par partir après avoir bafouillé des paroles incompréhensibles.

Comme tous les soirs, on fait une grande bouffe, on mange et on boit, on discute ensuite, ou on joue à des jeux débiles. Ce soir je ne suis pas d'humeur à faire des jeux d'alcool, ni à danser. Je sors prendre l'air. Je me pose au fond du jardin, contre une grande pierre. Au bout de dix minutes j'entends des pas. Quelqu'un s'assoit de l'autre coté de la pierre, sans m'avoir vue. J'entends des sanglots et je vois un téléphone voler et s'écraser par terre.

- Ça va ?

J'entends un cris de surprise, c'est Lexa. Merde.

- Putain tu m'as fait peur Clarke, je t'avais pas vue.

- Je suis désolée...

J'ai envie de partir, pour ne pas avoir à lui parler, mais je ne peux pas faire ça, elle pleure. Je me rassois, un peu plus proche d'elle mais tout de même à distance, pour qu'on n'ait pas à se regarder. Elle essuie ses larmes.

- Je pense que ton téléphone va t'en vouloir tu sais.

Elle lâche un petit rire.

- C'est pas grave, moi aussi je lui en veux.

- Est-ce que ça va ?

- Oui, mon père...

- Oh.

- Quel connard. Je voudrais tellement qu'il n'existe pas.

On n'a qu'un père, au moins le sien est toujours là, c'est quoi ces conneries.

- Peut être que tes parents ont toujours été au top Clarke, mais c'est pas le cas de tout le monde. Mon père ne s'occupe pas de moi, me méprise, je suis la dernière chose qui l'intéresse sur terre.

Mince, je crois que j'ai pensé à voix haute. Je ne sais pas quoi lui dire. Alors je ne dis rien. Je ne sais pas quoi penser non plus. Je voudrais tellement que mon père soit encore là. Elle ne dit plus rien.

- Je -

- J'ai pas envie de parler de ça, me coupe-t-elle

- Ok. Je suis désolée pour l'autre fois, d'avoir couché avec Bellamy...

- Tu n'as pas à être désolée... Enfin je veux dire...

- Tu veux dire que toi tu as couché avec Murphy !

Je n'ai pas pu m'empêcher de dire ça, c'est sorti tout seul. Je regrette. J'entends qu'elle rigole, je ne voit vraiment pas ce qui est drôle...

- Mais Clarke, j'ai pas couché avec lui... Elle rigole encore. Je suis rentrée avec lui, c'était un peu stupide peut être, mais je l'ai poussé dans son lit, ce qui n'a pas été très difficile tellement il était ivre, et je suis rentrée chez moi.

Ok, maintenant je me sens ridicule, de lui avoir dit ça, et d'être la seule à m'être comportée comme une gamine.

- Je suis pas vraiment intéressée par les mecs, Clarke.

Je la regarde.

- Je suis désolée, elle me dit en fuyant mon regard, je ne sais pas pourquoi je te dis ça...

- Peut être parce que tu m'as embrassée ?

- Ok, je vais y aller.

- C'est ça, casse toi, c'est à peu près tout ce que tu sais faire, non ?

- Va te faire voir, Clarke.

- Toi aussi.

Elle ramasse son téléphone et s'en va. Bravo Clarke, bien joué...


Pov Lexa

Je me réveille vers 7h. J'ai besoin de prendre l'air. Je m'habille et sors sans bruit de la maison. En passant derrière, je réalise qu'il n'y a que deux voitures sur les trois. Il manque celle de Clarke, bizarre. Je fais mon tour et rentre une heure plus tard, personne debout. Je commence donc à prendre un petit déjeuner. Peu à peu les autres émergent, prennent leur petit déjeuner aussi. Il fait un grand soleil dehors, on va se baigner dans la piscine, certains entament un volley à coté. Clarke n'est pas là, mais je n'ose pas demander où elle est, car personne n'a l'air de s'inquiéter de son absence. Vers 11h30, Raven, Jasper et moi on va préparer à manger. Je me retourne, et vois qu'il manque une assiette à la table que vient de préparer Raven.

- Euh, Raven, il manque une assiette.

- Je pense pas qu'elle viendra.

Je ne comprends pas.

- Qu'est ce qu'il se passe ?

- Elle préfère être seule, aujourd'hui.

Je fronce les sourcils mais n'insiste pas. On mange, je me demande quand même où peut bien être Clarke. L'après midi, je vais me balader toute seule, j'ai besoin de tranquillité, ce qui est impossible dans cette maison. J'essaie de chasser Clarke de mes pensées, mais elle y revient quoi que je fasse. C'est fatiguant. Je marche sans faire attention. Je grimpe la colline, traverse un bois et longe la rivière. Je suis déjà venue ici lors des précédentes vacances. Au bout, un peu plus haut, il y a un lac. Au bout d'une heure, j'y arrive. Et forcément, je tombe sur Clarke. A croire que le hasard m'en veut, qu'il se moque ouvertement de moi. Elle se retourne en sursaut quand elle m'entend.

- Je suis désolée. Décidément... Je ne savais pas que tu étais là.

- Oui, je préfère être seule, aujourd'hui.

Je vais pour m'en aller, quand je réalise. Aujourd'hui. On est le 20 juillet. C'est le jour où est mort son père. Elle m'a dit ça l'année dernière, quand je lui avais proposé d'aller à la plage ce jour là, elle avait refusé sans explication, et m'avait dit quelques jours après que son père était mort d'un cancer le 20 juillet, 5 ans auparavant. Et depuis ce jour, elle ne veut voir personne à cette date. Comment j'ai pu oublier ?

- Clarke, je suis vraiment désolée, j'avais oublié pour cette date. Je... Je suis désolée.

Je réalise qu'hier soir je lui ai dit que je voulais que mon père n'existe pas. Mais quelle débile.

- Je suis désolée pour hier soir, j'avais pas réalisé... Je... Pardon.

- Arrête de t'excuser, c'est pas grave.

Elle redirige son regard vers l'eau, des larmes plein les yeux.

- Je vais te laisser, tu préfères être seule.

- Tu peux rester si tu veux, le lac est à tout le monde. Mais j'ai pas envie de parler.

Je m'assieds en silence. Je voudrai la prendre dans mes bras pour la consoler. Mais ce n'est pas une bonne idée. Je m'allonge dans l'herbe et fixe le ciel. La nuit est en train de tomber, les premières étoiles apparaissent. Après un moment elle s'allonge aussi, tout en gardant ses distances, et observe le ciel.

- Il est sûrement là haut, je me dis que ce doit être l'une des étoiles. Ça me rassure, en quelque sorte.

Je ne pensais pas qu'elle parlerait. Moi aussi, j'aime bien me dire que c'est l'étoile la plus brillante, et qu'elle veille sur moi. Cette pensée m'amène les larmes aux yeux. Je me concentre sur ma respiration pour essayer de les contenir. Le fait que je me mette à expirer par la bouche a dû intriguer Clarke. Elle tourne la tête vers moi. Quelques larmes ne m'ont pas obéi et descendent sur ma tempe.

- Tu veux en parler ?

Je ne suis pas sure de savoir de quoi elle parle. Mais dans tous les cas je ne veux pas. Je secoue la tête, sans lâcher le ciel des yeux. Au bout d'une heure ou deux silencieuses, il commence à faire froid. Je me redresse.

- Je vais rentrer.

- Ma voiture est garée de l'autre coté, je suis venue par la vieille route et j'ai pris le chemin qui passe par la ferme.

- Merci, mais je vais rentrer à pieds.

- Lexa, il est super tard, il fait nuit et tu en as pour au moins deux heures.

- Je sais, mais c'est bon.

Je commence à partir, puis me retourne.

- Conduis prudemment.

Elle hoche de la tête. Je reprends mon chemin. Pourquoi j'ai pas accepté ? C'est ridicule. Je secoue la tête. J'ai pas accepté parce que je ne devrais pas passer trop de temps avec Clarke, la seule chose dont j'ai envie c'est de l'embrasser, de la prendre dans mes bras et de lui dire que je l'aim- Stooop Lexa ! Non, la dernière fois que j'ai aimé une fille... Je ne veux pas y repenser, ça fait trop mal. J'essaie de sortir ce souvenir douloureux de mes pensées, mais la tristesse reste, et je pleure sans m'en apercevoir. Je me perds un peu, mais finis par arriver. Quand j'aperçois la maison, je sèche mes larmes. Quand je rentre, Lincoln se lève et s'approche de moi tandis que je traverse le grand salon.

- Hey, ça va ?

Je hoche la tête, fuyant tous les regard, et monte les escaliers sans un mot.


Pov Clarke

Je vois Lexa rentrer. Elle a les yeux tous rouges et tout gonflés. Ça fait au moins deux heures et demi qu'on s'est quittées au lac, et je commençais à m'inquiéter. Ok, pour être honnête, ça fait déjà une heure que je suis super stressée en pensant à tout ce qui pourrait lui arriver en chemin, et à combien j'ai été stupide de la laisser partir toute seule dans la nuit. Les autres ont reprit leur discussion. J'entends un bruit de douche à l'étage. Quand ça s'arrête, je vais à la cuisine et prépare une assiette. Je monte, et toque à la porte de Lexa. Pas de réponse. Je pousse la porte et entre. Elle est assise sur le lit et fixe devant elle. Je m'approche et pose l'assiette à coté d'elle. Elle finit par porter ses yeux sur moi, murmure un « pas faim », et se couche en fixant le mur, dos à moi. Je pose l'assiette sur la table de nuit, éteins la lumière, et me glisse sous les draps derrière elle. C'est un lit une place, donc je me colle à elle. Je sais bien que j'avais pas besoin de cette excuse pour faire ça. Je l'entoure de mon bras. Elle ne bouge pas.


Pov Lexa

Je sens Clarke se glisser dans les draps derrière moi. Je n'ai pas la force, ni l'envie, de lui dire de partir. Je la remercie mentalement d'être là. Je me sens un peu mieux. Je sens qu'elle s'est endormie derrière moi. Elle a eu une dure journée. Je me retourne en essayant de ne pas la réveiller. Elle est tellement proche que je sens sa respiration sur mon visage. Je regarde longuement son beau visage, repousse des mèches rebelles derrière son oreille et pose un baiser sur son front. Je m'endors avec cette vision magique.

Le lendemain, je me réveille en sentant un regard sur moi. Je lève les yeux vers Clarke, qui continue de me fixer. J'ai mal à la tête. Je me lève sans un mot et vais prendre un cachet dans mon sac. Elle s'est assise sur le lit.

- On peut parler ?

- Oui, il faut...

Je ne suis pas trop sûre de quoi elle veut parler exactement. Mais je me lance.

- Je suis désolée pour la fois où je t'ai embrassée en boite... J'avais beaucoup trop bu, et je n'aurais jamais dû te dire que j'avais des sentiments pour toi. Parce que... c'est pas le cas.

Je vois ses yeux se voiler de tristesse. Elle se lève.

- Très bien.

- Clarke, on peut reprendre comme avant, et être amies ?

- Voilà, faisons comme avant.

Et elle sort. Je vois bien que je l'ai blessée. Mais je ne peux pas faire autrement.

La semaine touche à sa fin. Clarke m'évite, et je dois dire que je m'arrange aussi pour qu'on ne se retrouve jamais seules toutes les deux.

Je rentre chez moi, dans cet appartement un peu trop grand pour moi, qui y vis pratiquement seule. Je décline les quelques propositions de sorties du groupe, je n'ai pas le courage d'affronter Clarke. Et je pense qu'on a, l'une comme l'autre, besoin d'un peu d'espace pour passer à autre chose. Quelques jours plus tard, je reçois un coup de fil.

- Allô, c'est moi.

- Bonjour.

- Je serai de passage la semaine prochaine.

- Je serai chez des amis.

- On peut se voir ?

- Si tu veux.

Je soupire, pas le choix.