~ Chapitre 1 ~
(POV ???)
Je marche dans la rue et comme d'habitude, tous les regards se tournent vers moi, certaines personnes se retournent même pour ne pas me perdre de vue. Je sens leurs yeux glissaient sur mon corps, l'étudiant - le dévorant plutôt - de haut en bas à la recherche d'un quelconque défaut. Peine perdue… Ils n'en trouveront jamais mais à quoi cela servirait de leur expliquer, ils ne comprendraient pas. Et de toute manière je n'ai absolument pas l'envie de leur faire l'honneur de leur parler.
C'est toujours pareil. Les yeux sont changeants. Une fois ils montreront de l'envie, une autre de la haine, et encore de temps en temps… de la luxure… Ce qui me dégoute le plus ce sont ces vieux pervers qui me reluquent avec ces yeux brillants, cette langue visqueuse qu'ils passent sur leur lèvres tout en se passant dans leur tête des images que je ne préfère même pas imaginer. S'ils croient que je ne sais pas que, dès que j'ai tourné au coin de la rue, ils se précipitent dans la ruelle sombre la plus proche pour laisser libre cours à leur extase immonde.
Les humains sont répugnants. Tous les mêmes. Ils me font pitié. Le seul intérêt que je leur porte - et encore ce mot est bien trop élevé - est celui qu'un enfant peut porter à ses jouets. Mais comme tout enfant, je me lasse vite d'un jouet. Et comme un enfant, lorsque j'ai fini de l'utiliser, le jouet est souvent cassé, brisé… détruit. Heureusement que la Terre est assez peuplée sinon je finirais vite par m'ennuyer…
Cela fait trois jours maintenant que j'ai laissé tomber mon dernier jouet. Il n'était plus assez intéressant à mon goût, plus assez de saveur. Ils s'abîment de plus en plus vite ! Ha ha décidément, la race humaine est bien faible. Et me dire que j'en fais malheureusement parti m'irrite au plus haut point.
Trois jours sans pouvoir me distraire… Ah si bien sur… il y a Lui. Mais Lui je ne le briserais jamais. Ce n'est pas un jouet. Impossible dîtes vous ? Et bien non… Il est vrai que je me suis souvent demandé pourquoi Lui je ne le voulais pas comme jouet… Peut-être a-t-il réussi à s'attirer une pointe de mon estime… Hmm… Je crois surtout que c'est parce qu'il n'essaye pas de paraître ce qu'il n'est pas. C'est rare. C'est peut-être ce qui m'a attiré chez Lui… Il est vrai que lorsque je n'ai pas de jouet, il me divertit assez bien. Mais on en reste là…
Oui, trois jours sans réel jouet. Mais j'ai déjà trouvé ma prochaine proie. Morceau de choix je dois dire. Je sens déjà l'excitation du combat s'emparer de mon être. Trois jours que je peaufine mon plan. Rien ne doit m'échapper. Il ne doit pas m'échapper, il est mon défi… et je le gagnerais. Rien de plus excitant qu'un combat dur et acharné, la victoire n'en est que plus délectable. Et je sens que je vais purement et simplement me régaler. Je suis impatient. Mais il faut aussi que je garde mon sang-froid. Un seul faux pas et tout pourrait tomber à l'eau.
Trois jours qu'Il récolte des renseignements à son sujet. Je connaissais certaines choses mais il me faut le maximum pour arriver à mes fins…
Cela fait plusieurs minutes que je marche, plongé dans mes pensées, mettant mentalement en place mon plan, quand je sens une présence derrière moi. Cela fait un petit moment qu'elle est là. L'homme qui me suit n'est pas discret. Oui, un homme, ce sont toujours des hommes qui ont l'audace - le courage - de me suivre. Ils ne savent pas à quoi ils s'attendent. Les pauvres…
Non, c'est de l'ironie, rassurez-vous !
Souvent ce sont de pauvres paumés, des junkies ou des chômeurs qui pensent pouvoir se soulager avec moi. La bonne blague… C'est toujours le même scénario. Ils me suivent, pensant être discrets - ils s'habilleraient clowns, ils le seraient plus - puis attendent qu'on arrive dans un endroit où il y a plus de monde pour pouvoir me pousser dans une ruelle. Je ne sais pas ce qu'ils ont tous avec ça… Ca doit les exciter.
Qu'est-ce que je disais ? Me voilà dos au mur crasseux d'une de ces ruelles dégoutantes qui pullulent dans cette ville polluée. Je ne peux m'empêcher de laisser sortir un soupir exaspéré. Il me parle. C'est un junkie cette fois. Mon dieu que son haleine est fétide ! Pitié ! Je le vois qui s'approche de moi et qui s'apprête à poser sa main sur mon torse. Ah non certainement pas ! Ce costume est tout neuf ! Je repousse sa main avec un air dégouté et plonge mes yeux dans les siens avec une lueur de mépris si profond qu'il recule d'un pas.
Le jeu commence…
- Mais qui es-tu pour oser t'approcher de moi ? Quel éclair de folie a pu te faire croire que tu pourrais me toucher ? Mais regarde-toi ! Regarde ce que tu es ! Tu n'es qu'une larve, qu'un déchet de l'humanité… Le monde n'a pas voulu de toi alors comment peux-tu croire que moi, moi, je t'aurais voulu… Tu n'es qu'un sale insecte attiré par ma lumière mais tu vas te brûler les ailes. Si tu en as ! Non, tu n'es qu'un sale insecte sans aile avec l'espoir de pouvoir t'approcher de la lumière. Mais plus tu t'en approche plus elle va s'éloigner… Jamais. Jamais tu m'entends tu ne la verras… Tu resteras éternellement au fond du puit, parmi tous les insectes de ton espèce…
- Ferme ta gueule ! Tu…
Un sourire se dessina sur mes lèvres. Décidément, le jeu était de moins en moins amusant… Les humains. Dès que l'on touche à leur petite fierté, il s'emballe. C'est tellement facile ! J'ai la mienne aussi. Mais personne ne peut m'atteindre puisque je suis au dessus d'eux…
- Je quoi ? Vas-y dis le ? … Est-ce que tu le vois ? Tout le mépris, toute la pitié que tu m'inspires ? Comment est-ce possible que tu ais pu encore avoir de l'espoir après t'être regardé dans le miroir… Tu n'es qu'un moins que rien. La seule chose qui te diffère des autres c'est ta puanteur. Puanteur physique, puanteur d'âme… Tu es fétide…
Je m'approchais lentement de lui, un sourire sadique accroché aux lèvres. A chaque pas que je faisais il reculait. Et c'est lui qui finit dos au mur. Je plongeais mes yeux noirs dans les siens, pâles, vides… morts et assénais le coup de grâce.
- Tu n'es rien. Rien qu'une immondice qui traîne sur le trottoir. Mais qu'est-ce que tu fais encore là ? Encore en vie ? A ta place cela ferait longtemps que j'aurais débarrassé le monde de mon existence inutile…
Il glissa le long du mur, replié sur lui-même. J'entendis des larmes… et la lame d'un couteau que l'on ouvrait. Echec et Mat. Trop facile…
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Mon dieu j'ai adoré écrire ce chapitre ! XD J'espère qu'il y en aura d'autres des comme ça parce que j'adore ^^ Bon et vous, j'espère que ça vous aura plus ^^ Nan nan ce n'est pas Aoi ! kissu ++
