je ne veux que toi !
chapitre 2 : Conversation et aveux
Au moment où le cadet des Weasley sortit de la pièce, un « Pop » se fit de nouveau entendre et Severus apparut dans l'infirmerie…
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Le cœur d'Harry se serra à la vue du Maître des Potions. Il semblait avoir quitté le champ de bataille quelques minutes à peine avant de venir. Sa robe était en lambeaux, et le tissus restant était imbibé de sang et couvert de boue. Il se déplaçait avec prudence.
« Severus ? Tu vas bien ? Tu as l'air si fatigué ? » Questionna le jeune homme
Le plus âgé eut un sourire ironique qui réchauffa le cœur du cadet. Qu'il était beau quand il souriait.
« Tu ne penses pas que c'est à moi de te poser ces questions ? Parce que de nous deux, c'est toi qui est dans un lit d'hôpital… Mais c'est vrai que c'est une habitude chez toi… Mais pour répondre à ta première interrogation, oui je vais bien, maintenant que je sais que tu es réveillé. » Répondit-il
Les derniers mots de Severus provoquèrent une vive coloration au niveau des joues d'Harry, ainsi qu'une intense satisfaction. Ce n'est pas tous les jours que son professeur montrait ses émotions, bien qu'avec lui il soit plus expansif…
« Parfait, il s'inquiète. Je vais peut-être enfin pouvoir obtenir de lui qu'il accepte mes sentiments à défaut de les partager. Sauf si je suis vraiment son Calice… Merlin, faites que ce soit vrai ! » Pensa le convalescent
Risquant le tout pour le tout car il s'avait que Dobby ne pourrait pas tenir Dumbledore à distance indéfiniment, Harry inspira un grand coup et démarra la joute verbale la plus importante de son existence.
« J'aimerais te poser plusieurs questions et je voudrais que tu y répondes sincèrement. Je veux des vraies réponses, j'en ai assez que l'on me mente ou que l'on me cache des choses. Je ne suis plus un enfant quoiqu'en disent Dumbledore et Mrs Weasley ! Et pour ça je ne peux compter que sur toi ! Tu es le seul à m'avoir toujours considéré comme quelqu'un de responsable et tu es surtout le seul à ne m'avoir jamais menti… » Exposa le Sauveur
Severus voyait bien le petit côté Serpentard du jeune homme mais il savait que l'heure était à la vérité. Il était devant un mur car un Vampire ne peut faire de mal à son Calice. En outre, il ne voulait plus cacher ses sentiments envers le Gryffondor…
« Poses tes questions et je te répondrais si je connais la réponse. »
Harry exultait. Enfin, il allait avoir ses réponses, enfin il saurait les sentiments de son professeur envers lui ! Cependant, une peur insidieuse vint titiller son cœur. Et si Severus ne l'aimait pas ? Et s'il s'était occupé de lui à la mort de Sirius sur ordre de Dumbledore ? Par Merlin, il ne s'en remettrait jamais !
Le jeune sorcier ne savait pas par où commencer, il se sentait un peu perdu face à l'attitude de son professeur. Il n'avait pas l'habitude de le voir si conciliant et cela lui rendit un peu d'espoir. Il se résigna donc à ce que ses demandes soient quelque peu décousues.
« Pourquoi es-tu toujours dans le même état qu'après la bataille ? Que s'est-il passé après que je me sois évanoui ? » S'enquit-il
Severus prit le temps de s'asseoir avant de satisfaire la curiosité du petit brun. Les yeux ancrés dans les émeraudes de son vis-à-vis, il se mit à raconter les faits.
« Bien, je pense pouvoir te passer les détails du combat qui m'a opposés à un Seigneur Vampirique. Quand j'ai repris mes esprits j'étais devenu un Être de la Nuit. Les bruits et les odeurs me sont apparus exacerbés. Tout était différent, même les couleurs. Et au milieu de cette cacophonie d'impressions, je t'ai vu t'écrouler. J'étais le plus proche de toi, et je me suis précipité à tes côtés. Mais j'avais oublié mon nouvel état, et quand ton odeur m'est parvenue… J'ai cru devenir fou de peur, de douleur et de colère… Je n'avais pas pu te protéger… Et ça m'était d'autant plus inacceptable avec ma nouvelle nature. C'était la première fois qui je perdais mon self-control…
Tu me demandais pourquoi je semblais avoir quitté le champ de bataille, il y a quelques minutes à peine et bien c'est parce que je n'ai pas pu me maitriser. Le Professeur Dumbledore à juger que j'étais un danger pour toi et m'a jeter un sortilège d'entrave puis il m'a enfermé dans un cachot. Je ne saurais donc pas te donner des nouvelles de tes amis… » Rapporta l'homme
Harry aurait voulu pouvoir dire deux choses en même temps : il aurait voulu s'insurger contre le traitement infligé à SON Severus et en même temps il aurait voulu lui demander d'aller au fond de sa pensée quand il avouait sa perte de contrôle face à son odeur. Il opta pour un compromis en espérant que l'homme s'ouvrirait…
« Mais… Comment Dumbledore a-t-il pu penser que tu me ferais du mal ? Et quel rapport y a-t-il entre mon odeur et ton emprisonnement ? En plus, le directeur m'a dit que tu agissais comme si j'étais ton Calice… J'ai besoin de toi Sev'… » Il avait murmuré les derniers mots mais il était sûr que l'autre homme l'avait entendu
Harry l'avait questionné sur les Calices bien qu'il sache déjà l'essentiel, du moins à ses yeux. Un Calice était l'âme sœur d'un Vampire, son seul amour ! Son plus grand espoir…
Severus ne savait comment expliquer à Harry que le Vampire en lui avait trouvé une âme sœur, un partenaire parfait sans qu'il croie qu'il ne l'aimait pas avant. Il décida donc de jouer le tout pour le tout.
« Harry… je ne sais vraiment pas par où commencer pour éviter que tu ne te braques et que tu ne mettes en marche ton côté de fichu Griffondor têtu… Ne grognes, pas c'est mignon, c'est juste que là il ne m'arrange vraiment pas ! » Dit Severus en provoquant le rougissement du petit brun, pour son contentement
Petit brun qui était ravi des mots doux prononcés par celui qu'il aimait plus que tout. Ils étaient de bons augures pour la suite.
« Bon alors écoutes moi et ne fais pas de conclusions hâtives stp. Il faut d'abord que tu comprennes la nature des Seigneurs Vampiriques, elle est un peu différente de celle des vampires « normaux ». Car ce sont les seuls à pouvoir être lié à un Calice. Cette capacité leur vient du fait qu'ils ne sont pas mort au moment de leur transformation, et qu'ils n'ont ainsi pas perdu leur âme. De là, ils peuvent être l'âme sœur d'une autre personne. La relation entre un Vampire et son Calice reste un mystère car elle est différente pour chaque couple. Il existe cependant des points communs qui sont connus des sorciers. Il s'agit d'un amour véritable. Le Vampire et le Calice sont en parfaite harmonie tant sur le plan physique que psychique. Le Vampire offre protection et amour au Calice auquel il ne pourra jamais faire de mal. En retour le Calice donne son sang et sa tendresse pour nourrir Son Partenaire. Une fois que l'union entre ces deux êtres est scellée, elle devient immuable et indissoluble. En outre le Vampire ne pourra plus se sustenter avec un autre sang que celui de son Calice qui lui ne pourra plus se passer du réconfort du Vampire. Ils dépendent l'un de l'autre à jamais. Bien sûr la Créature de la Nuit étant immortelle, son âme sœur le devient également.
[…]
Tu te demandais pourquoi le Directeur m'avait… comment dire… isoler, et le rapport avec ton odeur. Et bien, ton odeur a révélé au Vampire en moi ce que l'humain savait déjà… Lorsque je t'ai vu t'écrouler mon désarroi s'est mêlé au désarroi de la Créature, le Professeur a donc compris que tu étais mon Calice potentiel et a eu peur que je ne te fasse mien sans plus de cérémonie. Il m'a donc mis à l'écart en pensant à toi et à tes ressentiments à mon égard. »
Harry avait les larmes au yeux, son ténébreux amour venait de lui avouer que ses sentiments étaient partagés. Jamais il n'avait été aussi heureux de toute sa vie. Mais si le Vampire avait avoué qu'il l'aimait, il n'avait pas dit qu'il le voulait à ses côtés…
« Severus… C'est à moi de choisir avec qui je veux passer ma vie et c'est avec toi. Je n'ai pas de ressentiments envers toi, juste des sentiments. Ce que tu me dis me conforte dans ce que je pense de toi. Et surtout il y a cette phrase que tu viens de prononcer, elle me donne envie de pleurer de joie. Car tu m'as avoué que tu m'aimais déjà avant et que je n'étais pas qu'une source de sang pour toi. Ces quelques mots : « ton odeur a révélé au Vampire en moi ce que l'humain savait déjà… », sont pour moi le plus beau des cadeaux. Mais la question est : est ce que tu veux de moi pour l'éternité ? »
Dire que le Maître de Potions était choqué était un euphémisme. Il était outré, proprement scandalisé que le jeune homme puisse penser un seul instant qu'il ne voulait pas de lui. Alors qu'il venait de lui avouer implicitement qu'il ne pouvait vivre sans lui et qu'il l'aimait plus que tout et cela bien avant d'être transformé en un fichu Vampire !
« M. Potter pouvez vous m'expliquer où vous êtes allé chercher que je ne voulais pas de vous à mes côtés ? Que ce soit pour quelques instants ou pour l'éternité que je vous souhaite plus que tout à mes côtés ! Que dois-je faire pour que vous me croyiez ? » S'indigna-t-il
« Mais par contre je me passerais bien de te montrer mon côté Poufsouffle… donc si tu pouvais me demander autre chose... » Ajouta-t-il mentalement
Le survivant jubilait, jamais Son Sev' n'avait été aussi peu Serpentard et si Poufsouffle… c'était un vrai bonheur même s'il le préférait à l'inverse. Mais il se doutait que cela ne durerait pas et il en était bien aise. Il allait pouvoir obtenir ce qui lui tenait à cœur immédiatement, c'est-à-dire un beau Vampire ténébreux rien que pour lui !
« Prends moi pour Calice ici et maintenant. Je ne veux plus attendre pour t'appartenir et pour que tu m'appartiennes. Je veux être avec toi pour toujours. » Quémanda le petit brun
« Bien sûr mais je doute que tu veuilles faire ça ici… » Dit-il avec une petite lueur lubrique au fonds de ses yeux ébènes
« Ah oui ? Et pourquoi ? » Riposta le jeune homme ne voyant pas l'étincelle dans les yeux de l'autre
L'air grognon du jeune homme amusa beaucoup Severus et il ne put s'empêcher de le taquiner et de le faire rougir.
« Et bien je crois t'avoir signalé que l'union Vampire-Calice n'était pas seulement psychique mais aussi physique… J'imagine déjà la tête de Pomfresh si je te sautais dessus dans son infirmerie… »
Plus rouge qu'une tomate, Harry ne savait que dire. D'autant plus que ces paroles avaient réveillé une certaines partie de ses envies et de son imagination…
« Et que proposes tu comme solution ? » Demanda-t-il coquin
L'homme eut un sourire carnassier et satisfait, très satisfait.
« Dobby » Appela le Maître des Potions
Deux secondes plus tard un « Pop » se fit de nouveau entendre dans l'infirmerie.
« Le Professeur Snape a appelé Dobby ? Que peut faire Dobby pour le Professeur Snape ? » Couina l'elfe de maison
« Pourrais tu nous transféré discrètement dans mes appartements, stp ? » Pria-t-il poliment la petite créature
« Bien sûr Monsieur ! Dobby peut le faire ! Et il va le faire ! » Assura le petit être
Une minute après l'infirmerie était vide.
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Les Weasley et le corps enseignant se précipitèrent dans la salle dès qu'ils sentirent la magie de l'elfe s'évaporer. Leur arrivée précipitée fut saluée par le rire de Ron…
