Bon, j'ai une conscience m'voyez vous ("Sans blague ? Ils avaient pas deviné ! - J'peux faire deux phrases sans que tu viennes me faire chier ?") et comme le prologue était court ben... Merci pour vos lectures, mise en favoris et rewiews, ça me fait toujours autant plaisir !
Bref, sans plus tarder, en espérant que ça vous plaise...
Apocalypse Time !
J'me souviens comment tout a commencé. Ça crevait les yeux pourtant. Mais c'était trop anormal, trop impossible pour qu'on y croit vraiment. Et pourtant, la menace était bien là. D'abord discrète, elle avait doucement grandie, jusqu'à se déverser d'un coup, sans prévenir.
La dernière journée comme les autres avant la fin. Plus j'y repense et plus j'me dis que j'aurai dû comprendre.
J'étais à moitié endormi et mon cerveau peinait pour la simple tâche de conduire ma cuillère de céréales à ma bouche. Ma mère avait allumé la radio, avant de me rejoindre et de boire son thé en silence. Depuis le départ de mon père, quelques semaines plus tôt, elle s'était murée dans sa peine et ne prononçait plus un mot. Autant dire que c'était pas trop la fête à la maison. Mais moi, gamin naïf que j'étais, je pensais que ce n'était que temporaire, que très vite, elle sourirait comme avant.
"... De ce fléau a été exécuté hier soir. Le gouvernent assure que la situation est entièrement sous contrô..."
Ma mère coupa brusquement la radio, histoire de me faire comprendre qu'il était temps de me bouger. Je me trainai péniblement jusqu'à l'entrée de chez moi enchainant bâillement sur bâillement.
" Ouah, c'est la grande forme on dirait. Me lança Zoro, qui m'attendait sur le pas de la porte.
- Le jour où je pèterai la forme le matin, Sanji te demandera en mariage sous une arche de fleur, avec des p'tits oiseaux qui chantent et tout le bastringue.
- Faut que t'arrêtes les corn-flakes le matin, chais pas ce qu'ils mettent dedans, mais ça te réussit pas..." Répliqua-t-il, une grimace de dégout se formant sur son visage.
On rit tous les deux, avant que je ne demande :
"Sinon, qu'est ce que tu fais là ? C'pas la porte à côté chez toi...
- Y a pas de bus ce matin. J'me suis dis que tu aimerais pas faire le chemin tout seul.
- Dis plutôt que tu sais pas aller à l'école tout seul sans te perdre. J'me demande comment tu as réussi à arriver jusqu'à chez moi sérieux. Ris-je.
- Je me perds jamais ! C'est pas ma faute si toutes les rues se ressemblent !
- Mais oui, c'est cela..." Commentai-je en me marrant toujours plus.
Il me donna un coup de coude en me demandant de me taire, avant de rire avec moi. C'était toujours comme ça. Les gens se demandaient bien comment on pouvait être les meilleurs potes du monde. On en avait aucune idée, et honnêtement, on s'en foutais. On était amis, point. J'voyais pas pourquoi on chercherait des raisons.
On accéléra un peu le pas, grommelant un peu contre les problèmes de transports qui se multipliaient ces derniers temps. C'était limite un miracle de voir un bus ou un train. Et c'était pas que, mais ça faisait qu'on était souvent en retard. Ce qui nous donnait l'immense privilège de passer régulièrement du temps dans le bureau du dirlo. Pas le truc le plus agréable du monde. J'en pouvait plus de son discours sur la ponctualité et de la raison pour laquelle je devais enlever mon chapeau de paille. Puis j'étais sûr que s'il critiquait encore une fois la couleur de cheveux de mon meilleur pote, il allait finir assassiné à coup d'agrafeuse. Ou étranglé par sa putain de cravate, au choix.
On arriva juste à temps dans l'établissement, et je laissai un soupir de soulagement m'échapper. Un brun nous agrippa tous les deux par les épaules avant de demander :
"Pas envie de passer voir votre meilleur ami les gars ?
- Pas vraiment non. Tu veux peut-être y aller pour nous ?
- Allez voir ce type ? Plutôt mourir ! Sans déconner, il a déclaré que mon nez n'était pas réglementaire ! Ce nez, fierté de ma famille depuis des générations ! D'ailleurs, je vous ai raconté la fois ou mon arrière arrière grand oncle avait arrêté une invasion rien qu'avec la prestance de son nez...
- Au moins 567 fois Ussop... Lança un blond qui venait d'arriver.
- Sanji ! M'écriai-je joyeusement.
- Non, j'ai pas ramené de gâteau aujourd'hui."
Je soupirai de frustration, tandis que derrière moi s'engageait une des habituelles disputes entre mes deux amis.
C'était incroyable de voir à quel point ces deux là pouvaient pas se blairer. Ou qu'ils adoraient se disputer, au choix. C'était presque devenu un rituel. L'engueulade du matin, la petite bataille du soir... Je n'aurais manqué ça pour rien au monde.
" S'pèce de cornichon verruqueux sans cervelle !"
Tiens, je l'avais pas celle-là. Je la rangeai dans un coin de ma tête, avant de me diriger en classe, le cornichon verruqueux en question sur mes pieds.
Franchement, ça me faisait chier d'être là. Déjà parce que j'y comprenais pas grand chose, et puis surtout, parce que j'avais aucune idée de ce que je voulais faire plus tard. Enfin si, mais c'était pas là que je pouvais y arriver, bien au contraire.
Le seul moment sympa, c'était le cours d'histoire-géo. Ce prof, c'était quelque chose. Il arrivait à te faire croire que la place de notre pays dans la mondialisation était le truc le plus passionnant de l'univers. Puis dès le premier cours, il avait montré qu'il pensait pas comme tout le monde :
" Autant mettre les choses au clair. On a beau vous dire que vous êtes des adultes, pour moi, vous êtes encore des gamins yoi."
Des murmures de protestation s'étaient élevés d'un peu partout dans la classe. Sans en tenir compte, il avait continué :
"Y a rien de mal à être encore des gosses yoi. Vous avez encore la possibilité d'avoir vos idées, de vous faire votre propre opinion du monde, avant que celui-ci ne vous en impose une. C'est pour ça que, contrairement à beaucoup d'autre, je ne compte rien vous cacher yoi.
- Même ce que vous faites avec votre copine ?" Avait lancé un élève depuis le fond de la salle.
Le prof avait souri en passant une main dans ses cheveux blonds, avant de s'arrêter devant le bureau de l'élève et de déclarer sournoisement :
"Même le fait que vous êtes collé samedi pour "propos inappropriés" dans une salle de classe."
Aujourd'hui ne faisait pas exception à la règle. Assis sur son bureau, il attendait patiemment que les élèves s'installent. Je m'installai à ma table, que j'avais choisie exprès pour la proximité avec le radiateur. Un vrai bonheur.
"Je suppose que vous êtes tous au courant de ce qui s'est passé ce matin yoi..." Commença-t-il.
Plus ou moins ouais. On avait exécuté un type alors que la peine de mort était normalement interdite, sous prétexte que ce qu'il avait fait remettait en cause toute la loi. C'était beau de voir comment on pouvait changer les règles quand ça nous arrangeait.
"Ouais, mais pas moyen de savoir pourquoi. Lança Zoro, les deux pieds sur la table. On sait juste que tout est sous contrôle comme ils disent.
- Avant de continuer, Roronoa, enlève tout de suite tes pieds de ce meuble yoi."
Mon meilleur ami remit ses pieds sous sa table en grommelant. Je souris en sachant pertinemment que, dans trente secondes, ils seraient à nouveau dessus. Zoro et la notion d'obéissance, toute une histoire. Le sachant aussi, notre enseignant soupira avant de déclarer :
" Et c'est là que ça cloche yoi. Si "tout était sous contrôle" justement, on saurait pourquoi ce type a été exécuté. Le gouvernement serait si fier d'annoncer sa victoire en chantant ses propres louanges. Or, tout ce qu'on sait, et encore il faut chercher, c'est qu'il est le créateur d'un danger pour l'humanité yoi.
- Donc, si je vous suis bien prof, le gouvernement nous cache un truc pas net" répondit Zoro, ses pieds ayant retrouvés leur place première.
Je commence à pouffer en voyant le regard noir de Nami sur mon meilleur pote, avant de m'arrêter immédiatement en sentant ses yeux sur moi. Nami, c'est une super fille certes, mais faut pas prendre le risque de la contrarier sérieux. J'me souviens du type qui avait tenté de lui piquer son porte-feuille un fois. Il parait qu'il s'était retrouvé à l'hosto, castré, et avec une incontrôlable phobie des rouquines. Dire que Sanji voulait sortir avec, j'lui souhaitais bien du courage. Je recentrai mon attention sur le prof en le voyant s'approcher près de nos bureaux.
" Exact. Un truc qui craint profond même. J'arrive pas à mettre le doigt sur ce que c'est, mais dans tous les cas, c'est pas bon."
Il sembla un instant se perdre dans ses pensées, avant de continuer, nos regards suspendus à ses lèvres :
" Et vu que l'exécution a eu lieu ce matin, je pense que le Gouvernement a abandonné l'idée d'essayer de contenir le problème. Il a plus de place dans son grenier pour planquer ses cadavres."
Il se racla la gorge, avant de reprendre :
"Je sais qu'en tant que prof, je devrais pas dire ça, mais je vous conseille de rester chez vous demain."
Sur ces mots, il déclara que le cours était terminé. Tous les élèves sortirent dehors, trop heureux que la journée de torture se finisse. J'avais déjà oublié les paroles de notre prof et grignotait un morceau de saucisson, avant de demander à mes amis :
"Chinonche, faiches quoi demainch ?"
Sans prévenir, un violent coup m'arriva dans l'arrière de la tête. Pas besoin d'être devin pour savoir d'où ça venait. Tain, elle avait une sacrée poigne quand même Nami.
" Parle pas la bouche pleine toi ! C'est dégueulasse ! Et sinon demain, j'avais pas prévu de venir de toute façon.
- Et toi Zoro ? L'interrogeai-je, en prenant bien soin de n'avoir rien dans la bouche cette fois-ci.
- Si un prof me conseille de pas venir, qui serai-je pour le contredire ? Me répondit-il, un sourire se dessinant sur son visage. J'suppose que toi tu viens ?
- Ouais. Ma mère serait capable de m'imposer son régime végétarien pendant un mois si je séchais... L'horreur..." Dis-je en tremblant.
Mes deux potes se marrèrent en voyant ma réaction, avant que Nami ne me demande :
"Mais genre, elle trouve pas qu'il y a quelque chose de pas normal ces derniers temps ?"
Pas vraiment non. Fin, je n'avais surtout pas trop eu l'occasion de lui parler à propos de ça. Genre de tous ces problèmes de transports, ces histoires de rébellions incontrôlables dans les rues...
"J'te rappelle que c'est elle qui m'a élevée. C'est le genre de truc qui change ta notion de normalité.
- Oh, mais c'est une réplique intelligente ça. T'es sûr de pas être malade ? Se moqua Zoro.
- Ta gueule." Répliquai-je en boudant.
Il m'ébouriffa les cheveux, avant que Nami ne nous quitte pour rentrer chez elle. On continua notre route, profitant d'un doux soleil d'octobre. On se sépara au bout d'un certain temps, et je hâtai le pas vers chez moi, pressé de retrouver mon fauteuil. Et de faire une razzia dans le frigo. J'entrai, balançai mon sac et mes tongs à l'autre bout de l'entrée, avant de m'affaler devant la télé, paquet de biscuits à la main.
" L'homme suspecté d'avoir volé des cadavres dans différents hôpitaux a été appréhendé et placé en garde à vue. Il refuse d'avouer les fai..."
J'éteignis la télé en pouffant. Un voleur de cadavre, c'était original tiens. Il voulait quoi, faire une armée de zombies ?
J'aurais tellement voulu que ça ne reste qu'une blague.
Le lendemain, j'étais arrivé à la bourre en cours, parce que tous les bus avaient été annulés, encore une fois. Chiant.
Je m'attendais à trouver le dirlo à la porte, jubilant de pouvoir me sermonner encore une fois, mais là, personne. Comme dans les rues.
Y avait une méga fête et j'étais pas au courant ? Je pénétrai dans l'établissement, et fut étonné de voir une grande partie des lumières éteintes. J'avançai prudemment, tandis que les paroles du professeur Marco tournaient dans ma tête. J'aperçus un groupe d'élèves et lâchai un soupir de soulagement, quand je vis qu'ils étaient en très mauvaise compagnie. Hum... Des sortes de créatures puantes avançant de manière désordonnée, uniquement capable de grogner ou de crier ? C'pouvaient pas être des bébés, trop grands pour ça, ce qui ne laissait qu'une seule possibilité.
Zombies. Shit.
" Ne bougez surtout pas ! Leur acuité visuelle est basée sur le mouvement !" Hurla le seul garçon du groupe.
Ben voyons. Crie le plus tant que tu y es. Même moi, je savais que ces trucs ne voyaient pas grand chose. En revanche, ils entendaient très bien. Et ça, c'était pas bon. Du tout.
Je ne me posai pas de question et filai de l'établissement en vitesse. J'étais pas un lâche, mais je savais reconnaitre un combat perdu d'avance. Sans armes face à un groupe de zombies, c'était comme se balader avec un immense panneau lumineux indiquant "buffet service". Oui mais non. J'crèverai pas comme ça.
Sauf que là, c'est mal parti. Il sont pas loin, je le sais. Ils sont même extrêmement proches. J'entends leurs grognements de plus en plus distinctement au fil du temps. J'voudrais courir, mais ma cheville a décidé de n'en faire qu'à sa tête. J'suis coincé sur le sol, à pas pouvoir me relever. J'ai la flippe. Ils sont juste à côté maintenant. Je tente de me trainer de mon mieux, mais ça sert à rien, j'avance pas d'un pouce. Merde, tout mais pas ça.
Je veux vivre.
("J'te propose de fuir. Et vite. - Pour une fois, chuis d'accord")
