Amis writers bonjour (ou bonsoir peut-être ?) ! Ici Narkotik, qui vous écrit depuis son orbite. Voilà mon premier chapitre (d'une longue série j'espère) pour Holes Stars. Les capacités extraordinaires de nos heroes préférés ont fait des émules en Franche-comté grâce à Narayam, mais c'est bien connu plus on est de fous plus on rit donc voilà une nouvelle héroïne qui va en baver sauver le monde (ou pas !). Bonne lecture !

Chapitre 2 – Sketch book

Les réveils sonnent toujours trop tôt. Celui de Jenny ne faisait pas exception, si bien que quand il retentit en début d'après-midi une pulsion violente lui traversa l'esprit. Elle marmonna quelque chose d'inaudible et se leva pour éteindre l'appareil. Les yeux encore pleins de sommeil elle envisagea son visage dans la glace : ses cheveux courts un peu roux partaient dans tous les sens et elle avait les plis de l'oreiller imprimés sur la joue.

En montant à la salle de bain elle s'aperçut qu'il avait arrêté de pleuvoir. Dommage. Depuis toute petite elle adorait la pluie. Sa grand-mère disait toujours qu'elle allait se transformer en grenouille, à trop danser sous la pluie. Ce souvenir la faisait toujours rire, mais pour le moment elle avait autre chose à penser, en commençant par se souvenir où traînait sa brosse.

Elle regarda sa montre. Il était 15 heures. Elle attrapa un vieux pull avachi et sortit sans rien dire. Il fallait qu'elle passe à la librairie : Tim lui avait réservé "quelque chose d'intéressant", selon lui. La rue était semée de flaques. Elle sauta dedans une par une jusqu'au centre commercial de sa petite ville. Le soleil laissait filer un ou deux rayons, un temps d'automne en somme. Les gens marchaient vite, en regardant leurs chaussures. L'été terminé chacun redevenait égoïste pensa-t-elle. Elle y réfléchissait encore quand elle arriva à la librairie.

C'était un petit magasin qui occupait un coin du rez-de-chaussée du centre commercial. Rien de très attirant à première vue, avec son enseigne vieillotte et ses étagères dépareillées, mais l'endroit était entretenu et chaleureux. Il n'y avait pas grand monde à l'intérieur, juste Tim et grand type qui tripotait un comics.

En la voyant, son libraire préféré plongea derrière son vieux comptoir de récup' et en remonta avec un grand livre blanc dans les mains.

Un client l'a déposé hier. J'ai tout de suite pensé à toi et je l'ai mis de côté.

Waooooouuu ! Trop sympa ! Le sketch book de Mendez ! Comment t'y a pensé ?

Bah euh … J'avais remarqué que t'étais très "graphisme" alors ben …

Merci, merci, merci ! Mais c'est pas la peine de rougir hein …

Ils étaient aussi gênés l'un que l'autre. Pour se donner une contenance, Tim se tourna vers son seul client :

Dis ! Je sais que tu l'attendais celle là mais va falloir l'acheter ou la laisser …

Oh désolé, je rêvais. Je la prends avec les deux autres qui suivent. Quand est-ce que vous allez avoir la suite ?

Houlà ! Pas avant 2 semaine, au moins. Tu sais, elles sont publiées toutes les semaines en Amérique, et si j'en ai ici c'est par pur hasard.

Le type sortit. La gêne était heureusement dissipée et Jenny commença à taquiner son libraire préféré :

Dis donc quelle autorité !

Oh ça va !

Et en plus tu t'y connais en comics ! C'est quoi le titre de celui-là ?

"The 9th Wonders" de Mendez.

Raaaaaaaaaah ! Mais je les ai déjà tous à la maison, quel dommage ! Et en plus tu ne les as que par hasard, t'es pas un peu à la ramasse pour un libraire ?

Toi si je te chope gamine, tu vas voir !

Tim quitta son bureau et commença à la poursuivre dans la boutique, après tout il n'y avait aucun client …

Jenny rentra chez elle de bonne humeur, se changea, et se plongea directement dans les illustrations de Mendez. Sa surprise fut immense quand au bout de quelques pages elle tomba sur le type au comics en train de fracasser une guitare électrique. Elle savait Mendez visionnaire, mais de là à reproduire un petit provincial français avec tant de réalisme … Elle avait du mal à intégrer l'information.

Elle monta à la cuisine se servir un verre d'eau. Elle le but d'un trait et en avala un deuxième à la suite. Elle n'en revenait toujours pas. Comment le type de la librairie pouvait-il se retrouver dans le livre d'un dessinateur américain ? En finissant son verre elle finit par sourire : elle avait dû se tromper ! Elle repartit continuer sa lecture.

En descendant l'escalier, Jenny ne vit pas la flaque qu'avaient laissés ses vêtements trempés lorsqu'elle était montée se changer. Elle posa le pied dessus et glissa. Elle s'attendait à la douleur de la chute mais soudain elle ne sentit plus rien. Dans un grand bruit humide elle se vit dégouliner entre les marches de l'escalier de fer.

Elle reprit conscience quelques minutes plus tard, allongée près des marches. Elle ne ressentait aucune douleur, elle allait même presque mieux qu'avant de tomber. En se relevant elle ne remarqua aucune trace de sa chute. Même la tache d'eau assassine avait disparue.

Jenny ne comprenait plus rien. Elle regagna sa chambre dans une confusion totale et alluma la radio pour déconnecter de ce trop plein d'étrangetés.

"Les infos de 19h00, Regina Bordier.

La fête de la bière fait une victime : un homme en état d'ivresse a aété retrouvé à moitié dévoré par un chien. A Paris la grève des conducteurs de métro reconduite jusqu'à jeudi. Une voiture percutée par un train à Belfort, le véhicule avait effectué une sortie de route depuis un pont. Enfin les sorties ciné, ce mercredi sortira Pathology un film de Marc Schoelermann ave Alyssa Milano et Milo Venti …"

Les nouvelles se perdirent dans les ondes. Il n'y a pas lieu de se poser des questions pensa Jenny. Je me suis juste cogné la tête et j'ai la chance d'être en vie.

Le sketch book était toujours ouvert sur le lit. Sur la page de droite un couple s'embrassait sous un parapluie rouge. Jenny tourna la page et un feuillet glissa du livre.

"Je sais qui tu es, et je sais que tu me liras. Ce que tu as entre les mains n'est pas k'une des reproductions en édition limitée mais l'original du recueil de Mendez. Un second cahier est dans la consigne 042 de la gare. La clé est sous ton oreiller. Va le chercher."

Les yeux écarquillés jenny glissa la main sous son oreiller et en ressortit une petite clé argentée. La suite d'évènements bizarres se poursuivait. Un moment la jeune fille paniqua puis elle fut secouée d'un éclat de rire. De telles invraisemblances étaient impossibles ! Son réveil allait sonner et elle se lèverait pour aller se laisser draguer par Tim à la librairie.

Mais ce fut une autre sonnerie qui retentit …