Me revoici, je ne vous avais pas menti en parlant du temps que j'avais à tuer, et heureusement pour vous d'ailleurs ! ;) Tout d'abord merci beaucoup aux reviews, étant donné que je ne savais pas à quoi m'attendre quand au retour de ma fiction, ça m'a surpris et beaucoup plu ! Voici donc le deuxième chapitre, du point de vue de Rosalie, je sais que vous l'auriez deviné mais je tenais à le préciser puisque ces deux premiers chapitres sont des sortes "d'introductions" du côté des deux personnages, avant d'attaquer les choses sérieuses, et donc autrement dit des chapitres plus longs. :D Pour le moment tout va bien, j'ai pas mal d'inspiration et l'histoire est prise assez à la légère. Voici donc, pour votre plus grand plaisir, le deuxième chapitre ! Levé de rideaux ! Bonne lecture ;)

Je cours dans des foulées régulières, poussant le plus possible sur mes jambes pour garder un bon rythme. Les écouteurs enfoncés dans les oreilles, j'ai le regard fixe sur le bout du long chemin plat que je parcoure pendant que Lana del Rey me chante sa mélancolie. J'aime courir, ça me donne la sensation de m'échapper de tout, de mes problèmes, de mon avenir, de mes responsabilités, même de mes amis. Rien, pas même certains lourdeaux qui tentent de m'arrêter dans ma course, ne peut m'empêcher de continuer ainsi pendant des heures.

Prise d'un étouffement soudain, je ralentis brutalement le rythme et vais m'appuyer à une barrière le temps de reprendre mes esprits. J'enlève l'écouteur de mon oreille gauche et lève le nez vers la colline tout à l'horizon, imposante et recouverte d'arbres. Là est ma destination, chez Alice, ma récente amie. Elle est très spéciale, mais entre elle et moi s'est installé un lien que je ne saurais expliquer. Je me redresse et resserre ma couette avant de renfoncer l'écouteur à sa place.

I'll wait for you, babe

It's all I do, babe,

Don't come through, babe,

You never do.

Because I'm pretty when I cry.

Ma respiration s'adapte toute seule et je parviens de nouveau à atteindre mon rythme rapide, je serai chez elle dans peu de temps.

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- Rosa ! S'exclame Alice en ouvrant la porte.

Je m'étire les bras.

- Salut. Comment ça va ?

- Il est dix heures. T'es venue ici en courant ?

- Ouais, sinon j'aurais pas pu de la journée. Ça te dérange que j'emprunte ta douche ?

- Non, absolument pas mais... Tes vêtements de rechange ?

Je pointe mon mollet droit, où est relié d'une corde un petit sac rempli de la fameuse tenue. Elle écarquille les yeux.

- Ah oui d'accord. Rentre, je t'en prie. Elle s'écarte. Papa, maman ! Rosalie est arrivée.

J'entends qu'on me salue depuis l'autre bout de la maison, je réponds à l'aveugle, concentrée à couper la musique de mon téléphone. En relevant la tête, j'aperçois du malice dans les yeux de mon amie, ce qui me vaut d'arquer un sourcil interrogateur.

- Oui ?

- Je vais finir par croire que tu as dit oui à cette agence de mannequin. Tu es sublime ! Elle ajoute en me détaillant de la tête au pied.

Je cligne mes yeux ronds.

- ... Je viens d'aller courir, mais merci. Et non, je ne me préoccupe absolument pas de cette agence.

Je me dirige toute seule vers sa chambre, j'entends qu'elle suit la marche. Ce n'est pas la première fois qu'elle me gonfle avec cette agence, tout ça parce que j'ai eu le malheur de lui montrer le message qu'on m'avait envoyé sur un réseau social après avoir "détaillé mon profil". Faut croire que j'ai un certain charme de l'extérieur, mais quand on commence à apprendre à me connaître, c'est autre chose. Je ne suis pas très sociable, pour commencer, et c'est par choix. Ensuite, je me fiche bien des compliments, la plupart du temps. Tout ce que je demande, c'est qu'on me fiche la paix, qu'on me laisse dans ma bulle, et qu'on entre pas si j'ai pas dis d'entrer. Ce que n'a absolument pas fait cette agence, en me harcelant de messages, n'ayant pas compris que la politesse d'un "non" ne signifiait pas qu'on répondait "oui".

Je soupire et m'enferme dans la salle de bains de mon amie avant qu'elle n'arrive à en placer une de plus. Je l'adore, vraiment, mais parfois j'ai juste envie de mettre mes écouteurs pendant qu'elle part dans ses débats.

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- Saleté d'ordinateur de merde. Je jure entre mes dents avant de lui asséner un nouveau coup au crâne.

- Rosalie, ton langage ! S'indigne mon amie dans la pièce à côté.

Je lève les yeux au ciel.

- Ce n'est pas ma faute si ton ancêtre n'arrive pas à charger une page sur internet ! J'ai pourtant pas cliqué sur internet explorer, merde !

Je vois la petite tête brune s'extirper de la salle de bains.

- Comment ça, ancêtre ? C'est un...

Elle contemple l'objet entre mes mains, avant d'écarquiller les yeux.

- Ah bah oui ça c'est un sacré ancêtre je confirme.

- Tu vois ?! Je m'indigne.

- Oui, mais mon ordinateur est juste là.

Je suis des yeux son index pointé vers un fauteuil au coin de la pièce. Et... En effet, sur celui-ci trône fièrement un ordinateur dernier cri.

- Gnagnagna. Je repousse l'antiquité en ignorant son rire moqueur.

D'un retournement de ma chevelure encore humide, je traverse la pièce de mon air dédaigneux que je maîtrise si bien, avant de me renfoncer dans les coussins par milliers disposés sur le lit de mon amie.

- Bon, ça risque de mieux fonctionner cette fois.

- C'est certain. Affirme Alice en retournant là où elle était.

La langue sortie de concentration, je clique à droite et à gauche sur ce qui m'intéresse, lorsqu'une notification apparaissant sur l'écran m'interpelle. Un rire m'échappe.

- Merde, t'es encore à découvert ?

- Quoi ?!

Elle sort en trombe de la salle de bain, le mascara qu'elle a en main ayant visiblement dérapé de par la surprise sur sa joue. Je pointe l'écran d'une main explicative.

- Bah je vois un mail de ton banquier, découvert à... 100 euros, eh, c'est plutôt modeste de ta part.

- Oh non non non non nooon ! J'avais tout remboursé ! Elle s'affole autour de moi. Je suis sûre que ma banque complote contre moi.

J'ai une moue dubitative.

- Ça où tu devrais sérieusement revoir ta façon de dépenser ton fric sur des fringues de marque.

- Je suis passionnée ! Il faut bien que je pratique sur le terrain !

- Bien, envoie ça à ton banquier je suis sûre que ça lui fera plaisir comme excuse.

Elle incline la bouche dans une grimace boudeuse.

- Nan. Beaucoup trop strict.

- En même temps... C'est un peu son job.

- Je sais ! Mais je suis sûre que depuis qu'il m'a été assigné, après que mon ancien soit parti à la retraite, et qu'il a vu que j'achetais du Gucci, il est devenu jaloux et il a décidé de me couler.

- Attends une minute... Je plisse les yeux.

Elle incline la tête d'un air interrogateur.

- C'est pas lui le banquier sexy que t'étais allée voir la semaine dernière ?! Ou alors je confonds avec quelqu'un d'autre.

- Non non, c'est lui. Elle soupire, lasse. Diablement sexy oui. Mais il est d'un ennui, mon dieu ! Il me parle toujours de mes comptes.

- ... C'est un banquier ?

- Tu sais ce que j'ai voulu dire ! Elle s'agace tandis que je me moque.

- Si il faut, il manigance tout ça pour que tu viennes le voir plus souvent.

Elle réfléchit sérieusement à ma théorie pendant que je me retiens de rire, me concentrant de nouveau sur l'écran. Sans que je ne fasse attention, elle se remet à partir dans ses monologues habituels et son esprit dérive tout seul.

- Peut-être ? Je veux dire, la dernière fois mon découvert n'était pas assez gros pour qu'il vaille la peine que je me déplace jusqu'à la banque, clairement. Même papa s'est étonné tu vois, c'est bizarre maintenant que j'y pense. Et puis il a l'air seul, je n'ai pas remarqué d'alliance sur sa main gauche, vu qu'il est droitier ça aurait du sens s'il était marié qu'il en ait une mais il n'en avait pas ! Alors attention, j'ai vérifié l'autre, je ne suis pas folle, et toujours rien ! Bon mais alors pourquoi pas une copine ? J'ai jamais vraiment essayé de lui demander vu qu'il est juste là pour m'engueuler quand je vais faire du shopping, tu vois. On dirait un second père, c'est hallucinant ! Bon par contre je fantasme sur celui-là et pas sur mon vrai père, non parce que sinon ce serait clairement malsain et tu sais moi les complexes d'œdipe ou conneries du genre c'est vraiiiment pas mon truc, déjà qu'à l'école quand on étudiait l'Antiquité je m'endormais sur ma chaise alors là ! Du coup je me contente d'admirer son beau minois pendant qu'il fronce les sourcils sur mes relevés de compte tu sais c'est très plaisant à force ! Mais bon. Je crois que je le désespère plus qu'autre chose.

- J'ai trouvé ! Je m'exclame enfin.

- Trouvé quoi ? Elle cligne ses yeux ronds.

Fière de moi, et sans avoir écouté un seul mot de sa tirade, je tourne l'ordinateur vers elle. Sûrement habituée à ce que personne ne l'écoute, elle se laisse aller à mon jeu et pousse un cri de joie.

- Nickel !

- Tu penses que je devrais commander maintenant ?

- Un modèle comme ça, tu crois que ça court les rues ? Fonce Rosalie et achète ce truc avant que quelqu'un ne le fasse pour toi.

- T'as raison ! Ouh, je suis toute excitée !

Je tape dans mes mains et commence à remplir le formulaire d'achat en ligne, quand la porte de la chambre s'ouvre et Edward passe sa tête de fouineur.

- Alice t'es encore en train d'acheter des fringues ? Je sais que t'es à découvert, donc...

- Mais pas du tout ! Elle le coupe. Rosalie a enfin trouvé la pièce manquante pour rénover sa caisse ! Je l'avais prévenu, que c'était risqué de prendre un modèle parfaitement vintage, parce que pour retrouver les pièces originales en cas de casse... La galère ! Et on vient d'en trouver une !

J'adresse à son frère le plus grand des sourires, pendant qu'il hoche la tête.

- Oui j'avais oublié que tu faisais ça. Il m'adresse.

- On va pouvoir la conduire bientôt ! S'excite Alice dans sa chambre. Bon, c'est Rosa qui va mettre les mains dans les pneus pour réparer tout ça n'est-ce pas, moi je servirai de spectatrice !

Toute fière de moi en pendant que le frangin s'éclipse discrètement, je finis mes achats, avant de fermer le clapet de l'ordinateur et de m'affaler dans la neige de couettes.

- La plénitude. Je soupire d'extase.

Elle saute sur le lit me rejoindre.

- Tu devineras jamais ! Elle finit par relancer.

- Mmmh ? Je grogne la tête enfouie dans les coussins.

- Mon frère va rentrer à la maison !

Je redresse la tête, je connais le lien fort entre lui et elle, et je sais qu'apparemment, il n'est pas souvent là. Alice et moi on ne se connaît que depuis quelques semaines mais bon, avec son débit de parole, c'est très facile d'en apprendre beaucoup sur sa vie privée. Cependant, je reste contente pour elle.

- C'est trop bien ! Je suis contente pour toi ! Je pose ma main sur la sienne.

- Oui ! Elle la serre fort. C'est vraiment un ours tu sais.

- En plus du fait qu'il s'occupe d'ours.

- ... Oui.

J'ai un petit rire amusé, qu'elle suit.

- Ça va me faire du bien qu'il soit là, avec la période pourrie que je suis en train de passer. Elle soupire.

- Oh, Alice... Je la prends dans mes bras. T'inquiète pas.

- Ça me fait tout bizarre d'être dans tes bras ! Elle rit.

- A ce point ? J'écarquille les yeux.

- Bah tu sais, la première fois qu'on s'est vues, tu t'étais faite renverser du macchiato sur ton tailleur blanc et... Disons que j'ai eu un aperçu de ce que tu pouvais donner face aux gens qui ne te connaissent pas.

- C'était la seule fois du mois que je portais un tailleur ! Je m'indigne. Je refuse de croire que ma colère est représentative de ma personnalité. Je suis très réfléchie, tu sais.

- Et très tendre aussi. Elle ferme les yeux en m'enlaçant à son tour.

J'ai un petit sourire.

- Bon ! Et si on allait faire un tour en dehors de ta foutue maison ? Si on reste coincées ici toute la journée, je vais finir par croire que tu m'as séquestrée !

- Oops, je suis à découvert.

- C'est le cas de le dire.

- Je t'interdis !

Je pars en éclat de rire avant de m'extirper du lit et de partir courir dans les escaliers, suivie de près par la naine qui me braille dessus armée d'un coussin.

Et hop, je sors du chapeau du magicien. Ça vous a plu ? N'hésitez pas à me laisser un review, je me ferai plaisir d'y répondre !

Merci donc à :

- Gwen Who, je suis très contente de te surprendre avec une fiction sur Emmett, que j'affectionne moi aussi (surtout quand il est remixé comme je suis prête à le faire ;)), et j'espère que la suite t'as plu et te plaira tout autant !

- Menie, merci beaucoup ! Ça me fait chaud au cœur d'obtenir un compliment comme celui-là, je dois t'avouer que j'avais peur de l'effet que mon début de fiction donnerait.

- Une inconnue (quel mystère, j'adore ça), contente de t'intriguer ! Oui, ce couple promet beaucoup je suis d'accord avec toi. J'espère que l'angle que je vais prendre va te plaire.

A bientôt !