Disclaimer : La Terre du Milieu, son histoire, ses habitants, ses lieux, ses dialectes et autres particularités appartiennent à Tolkien. Seuls quelques OCs sont de mon invention.

Pour cette fic, je me base sur le fait que Le Seigneur des Anneaux n'existe pas. Les noms de villes et autres lieux et monuments relatifs au pays d'Isis seront entre […]. C'est une censure inspirée de Kill Bill (superbe film de Tarantino, si vous ne connaissez pas), et qui rejoint la note à la fin du chapitre précédent. Le seul indice géographique est le suivant : il s'agit d'un pays européen. Mais ça, vous l'avez sûrement compris. Après, qu'il soit réel ou imaginaire, c'est une autre histoire…

Chapitre écrit en écoutant Black Veil Brides. Je sens que vous vous en foutez…

Pas de citation en ce début de chapitre, je n'ai pas d'idée…

Chapitre 2

Valimar. Capitale d'Aman, située dans la région de Valinor, ville de marbre et de cristal. Ici se côtoyaient Elfes, Maiar, et parfois Valar. Le temps ne l'avait pas affectée, lui laissant sa splendeur inégalée. A l'est de la mer, aucune ville en Terre du Milieu n'était si magnifique, si puissante. Chaque construction rivalisait de beauté avec sa voisine. Si l'on devait comparer (pour peu que ce soit possible) avec les architectures terriennes, ce serait une synthèse du gothique d'Europe occidentale et du russe médiéval. Le jour elle s'habillait d'or, et la nuit, se voilait de bleu.

Dans une chambre de la maison d'Estë, Isis se réveillait doucement, l'esprit encore cotonneux. La jeune femme, en ouvrant les yeux, ne reconnut pas du tout l'endroit. Si elle s'était déjà réveillée dans une chambre à l'architecture aussi élégante, elle s'en serait souvenue. Rangeant les nombreuses questions qu'elle se posait dans un coin de son esprit, elle s'assit et détailla la pièce. Spacieuse, elle s'ouvrait sur un balcon, séparé de l'intérieur par deux colonnes entourées de rideaux blancs filtrant la lumière du soleil levant.

Isis se leva, marchant difficilement. Apparemment, elle était encore trop faible. Elle voulut néanmoins aller au soleil, mais ne parvint pas à atteindre le balcon. Comme si les colonnes marquaient une limite, un mur. Elle avait suffisamment de souvenirs des films Captain America et Captivity (ce dernier l'avait dégoûtée) pour craindre la suite des évènements. En gros, soit elle avait hiberné des décennies, soit un dangereux serial killer l'avait kidnappée pour lui laver le visage à l'acide et autres joyeusetés. Charmant programme.

Le bruit de la porte qui s'ouvre attira son attention. Une femme venait d'entrer. La première chose que remarqua Isis à propos de la nouvelle venue, c'était sa beauté. Une beauté éthérée, comme celle des fées de légendes. Elle portait une élégante robe médiévale gris-argent, ainsi qu'un fin bandeau d'argent dans ses cheveux roux tressés. Il ne fallait certes pas se fier aux apparences, mais cette femme n'avait pas le profil du serial killer. Donc, pas de lavage à l'acide. Restait l'autre hypothèse, mais qui ne tenait pas debout étant donné le décor et les vêtements médiévaux. Isis cherchait une explication rationnelle à tout ça, mais elle n'en vit pas (hormis une blague organisée par des rôlistes…). Mais comme disait sa mère, quand on ne sait pas, on demande.

-Où suis-je ?

-Vous êtes à Valimar, dans ma maison plus précisément.

-Vali-quoi ?

-Je pensais que vous connaissiez.

-C'est gentil à vous d'avoir confiance en ma mémoire et ma culture, mais là, je ne sais pas du tout ce qu'est Valimar.

-Une ville. Mais pas n'importe quelle ville. C'est la capitale de la région de Valinor, sur l'île d'Aman.

Tous ces noms ne disaient absolument rien à Isis. Elle chercha où elle aurait pu les avoir entendus, mais rien ne lui vint. Elle pensa alors que son interlocutrice plaisantait.

-J'aurais dû mieux écouter le prof de géo… Non, sérieusement, il n'y a pas de région appelée Valinor en […].

-Mais vous n'êtes pas dans votre pays, vous êtes à Aman.

Et comment aurait-elle pu partir ? Alors que Treynat n'aurait pas perdu l'occasion de se vanter d'avoir enfin tué son ennemie jurée, que tous les moyens de quitter le pays étaient désormais surveillés pour traquer les «terroristes». Tout ça n'avait aucun sens. Non, vraiment, ce que racontait la rousse était impossible.

-Mais bien sûr… Et vous êtes ?

-Estë, la Valië guérisseuse.

-On dirait que la syllabe Val est appréciée ici… Il y a beaucoup de vallées dans le coin ?

-Orëanna, ne jouez pas à la plus maline. Vous n'êtes pas ici pour faire l'enfant.

-Comment m'avez-vous appelée ?

-Par votre prénom. Il paraît que c'est efficace pour s'adresser à quelqu'un.

-Sauf que vous vous êtes trompée. Je m'appelle Isabelle, ou Isis pour les intimes. Alors il n'y a aucune raison que je sois enfermée ici.

Elle s'empêcha juste à temps d'ajouter un «et toc !» qui aurait envenimé la situation.

-Arrêtez ça.

-Quoi donc ? Si je suis prisonnière dans cette cage dorée pour les crimes de cette Orëanna, vous commettez une erreur judiciaire. Je n'ai pas défié tous ces salauds pour être emprisonnée injustement.

-De quels «salauds» parlez-vous ?

-Je pensais que vous saviez.

La répétition quasi-exacte et acide de sa propre réplique fit monter d'un cran l'énervement d'Estë. Cette gamine, malgré ses actes passés, était bien traitée, et non pas au fond d'une cellule, et pourtant elle restait insolente.

-Quoiqu'il en soit, maintenant que vous êtes ici, nous pourrons tous clarifier la situation. N'oubliez pas que vous êtes en sécurité, Orëanna Gorthauriel.

-Je ne suis pas…

Mais avant qu'Isis n'ait fini sa phrase, Estë avait déjà quitté la pièce et fermé la porte. La jeune femme s'appuya contre une colonne et poussa un profond soupir de lassitude.

XxXxXxXxXxXxXxXxX

Emily était réveillée depuis une bonne heure dans sa propre chambre. Elle aussi avait été étonnée de se retrouver dans un lieu inconnu. Quand Estë était venue la voir, les mêmes questions qu'Isis lui avaient traversé l'esprit. Sauf que dans son cas, la Valië guérisseuse fut bien plus inquiète.

-Mais enfin, vous êtes née ici !

-Je regrette, avait répondu la jeune blonde, mais ce n'est pas le cas. Je suis née en […], dans la ville de […]. Pas ici.

-Que vous est-il arrivé, Sarika ?

-Pardon ?

-Oh, vous aussi, vous allez vous y mettre ? Laissez-moi deviner, vous ne savez pas d'où je sors ce nom qui sonne étrange à vos oreilles. Comme celle qui prétend s'appeler Isabelle…

-Isis est ici ?

-Oui.

-S'il vous plaît, dites-moi où je peux la trouver.

-Hors de question. Cette fille est dangereuse. Eru sait quelle éducation elle a eu…

-Pour votre gouverne, madame, vous parlez de ma meilleure amie, ma sœur de cœur. Elle a peut-être été agressive avec vous, mais malgré ses rares sautes d'humeur, c'est quelqu'un de bien en qui j'ai confiance. Nous sommes amies depuis plus de dix ans, je pense donc la connaître mieux que vous. Alors je vous prierai de ne pas faire le moindre commentaire.

Emily sortit de sa chambre, encore en chemise de nuit, laissant son interlocutrice avec un air choqué sur le visage.

-Sarika...

-Non, je m'appelle Emily.

-Demandez à vous appeler comme vous voulez, mais la chambre de votre amie, c'est à gauche.

-Ah…

La jeune femme suivit les indications de la guérisseuse et arriva devant une porte sur laquelle elle frappa trois coups, puis deux. La poignée tourna, et Isis ouvrit.

-Emily ?

-Salut.

Les deux jeunes femmes s'étreignirent, plus soulagées que jamais de se retrouver. Maintenant qu'elles n'étaient plus seules, l'avenir paraissait moins sombre. Mais il y avait de nombreux mystères à résoudre. Elles se séparèrent et s'assirent sur le lit, afin de discuter de ce qu'elles n'avaient pas appris.

-Donc, résuma Isis, nous sommes dans une maison inconnue dans une ville inconnue sur une île inconnue, le tout dans une civilisation apparemment médiévale, et la femme sensée nous guérir nous appelle avec des noms étranges que nous n'avons jamais entendus…

-Dit comme ça, c'est encore pire.

-J'ai besoin d'aspirine…

-Tu as oublié une chose.

-Quoi donc ?

-Nous ne savons pas pourquoi ni comment nous sommes arrivées ici.

-Finalement, ce sera deux boîtes d'aspirine…

Emily aurait ri si la situation n'était pas si compliquée. Mais voir Isis tenir sa tête entre ses mains comme si elle allait exploser avait quelque chose de comique. D'ailleurs, un détail sur son amie l'interpella.

-Isis, depuis quand tu as les cheveux longs ?

-Comment ça ?

La jeune femme attrapa une mèche et se rendit compte qu'en effet, ils n'étaient plus raides et coupés sous les épaules, mais longs jusqu'aux hanches et bouclés. Débarrassés de la coloration noire et des mèches rouges semblables à des plumes d'oiseau, ils avaient retrouvé leur couleur naturelle, à savoir brun chocolat.

-Comment…

-Estë t'a peut-être donné quelque chose de pas net…

-Toi aussi, tu es différente. Tes cheveux sont aussi longs que les miens, sauf qu'ils ont l'air argentés…

-En effet… Je pourrais me déguiser en Daenerys Targaryen pour Halloween.

-Avec la mode locale, ça ne va pas être dur… D'ailleurs, tu sais quel jour nous sommes ?

-le 14 avril de l'an 3010 du Troisième Age, répondit une voix masculine et familière.

Les deux filles se tournèrent vers l'entrée et virent dans l'encadrement de la porte Adrien et Josh qui affichaient de grands sourires. Aussitôt, Emily se leva et se blottit dans les bras de son petit ami pendant qu'Isis allait saluer Josh.

-C'est Estë qui vous envoie ? demanda Emily.

-Elle a plutôt voulu nous retenir, répondit Adrien. Je l'entends toujours : «Erasyl, Baldwin, revenez ici immédiatement !». Mais on a décampé et entendu vos voix.

-Vous aussi elle vous a donné des noms bizarres ? demanda Josh.

-D'après elle, je suis Sarika, et Isis est une dangereuse criminelle du nom d'Orëanna.

-Je me demande vraiment où nous sommes tombés, soupira ladite dangereuse criminelle.

C'est à ce moment qu'Estë entra, l'air furieux, et accompagnée d'une sixième personne : un homme aux longs cheveux bruns, le crâne entouré d'une fine tresse. Ses yeux malachite exprimaient un grand trouble. Ses vêtements médiévaux étaient de vert et d'or. Sur son front, un simple diadème d'or et d'émeraude.

-Bonjour jeunes gens, les salua-t-il avec courtoisie. Je suis Irmo, le Vala des rêves et l'époux d'Estë. Ma femme m'a tout dit à votre sujet. Ainsi donc, vous ne vous souvenez pas de votre passé ?

-Mais de quoi devons-nous nous souvenir exactement ? demanda Adrien. Tout ce que vous nous avez dit nous est inconnu.

Irmo se tourna vers sa femme, qui affichait la même expression troublée. Quelque chose n'allait pas.

-C'est exactement ce que Námo craignait, soupira Irmo. Ecoutez bien, tous les quatre. Ce que vous allez apprendre ne sera pas facile à accepter, mais il le faudra bien. Mais il vous faut d'abord avoir l'esprit très ouvert et ne pas tirer de conclusions trop hâtives. Etes-vous prêts ?

Les quatre amis se consultèrent du regard. Les informations d'Irmo pourraient les aider à comprendre la situation.

-Très bien, nous vous écoutons, déclara Josh.

Les Valar m'avaient manqué… Je plaisante, bien sûr ^^.

A propos des noms des personnages, ils existent vraiment. Mais c'est par un gros hasard qu'ils peuvent avoir des significations quenya. En voici les différentes étymologies :

-Baldwin (ancien germanique) : ami courageux. Quenya : composé de vald (bénédiction, joie) et du suffixe .

-Erasyl (kazakh) : noble héros. Quenya : composé de er (seul) et du verbe sil (briller, blanc). Donc, ça pourrait grossièrement signifier «celui qui brille seul».

-Sarika (sanskrit) : oiseau mainate. Quenya : composé de sar (petite pierre) et de ilca (rayonner, briller d'un éclat blanc). Peut être traduit par «petite pierre brillante».

-Orëanna (déformation de l'italien Oriana) : dorée. Quenya : composé de órëa (de l'aube, oriental) et anna (le don, le cadeau). Donc «cadeau d'Orient».

Merci au site behindthename pour tous les choix de noms qu'il propose. Pratique quand on galère pour nommer les OCs.

Je fais des chapitres courts afin de mieux étendre l'histoire, retarder les révélations… Reviews ?