Titre : Rencontre inespérée
Auteur : ylg/malurette
Base : FullMetal Alchemist, 1er anime
Personnages : Fletcher et Russel Tringham, Scieszka
Genre : gen
Gradation : G / K
Légalité : propriété d'Arakawa hiromu, Square Enix, studio Bones je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.

Thème : C#4, « glace » d'après 7 liens
Continuité : post-1ère série, non spoilant
Nombre de mots : 1500

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À peine sortis du tribunal et libérés de toute menace de prison, avant même de chercher un logement et du travail, faisant la sourde oreille aux sages conseils de Fletcher, Russel prend la direction de la nouvelle Bibliothèque Centrale. À défaut de pouvoir acheter des ouvrages anciens et rares, il espère pouvoir au moins les compulser sur place et en tirer les passages importants. Même s'il n'a pas assez de temps pour tout lire à son aise, he bien, il fera avec.

Cependant à peine arrivés là ils se voient refoulés. Ils peuvent entrer dans une première salle mais pas accéder aux plus importantes. On dit « aimable comme une porte de prison » pour entendre le contraire d'expérience récente pour comparer l'image et la réalité l'employé qui les empêche de passer n'en est pas à ce point. Ça n'est clairement pas si pire mais ils se heurtent tout de même à un refus froid et catégorique.
Fletcher serait d'avis, puisqu'on les y invite, de juste faire demi-tour, vaquer à plus urgent, prendre le temps de se renseigner et revenir plus tard. Russel qui voudrait insister encore un peu est sur le point de se laisser convaincre, quand une scène absolument injuste se déroule devant eux et le fait changer d'avis.

Une fille qui ne paie absolument pas de mine, elle, peut y aller ! Elle n'a pas montré de laissez-passer et elle a pu entrer comme ça. L'espèce de vigile lui a même tenu la porte. Est-ce que ça se fait à la tête du client, ou est-elle connue des services…

Comme il proteste, on lui explique que oui à vrai dire, cette demoiselle Scieszka de son petit nom, bénéficie d'une autorisation spéciale. C'est une ancienne employée, maintenant elle travaille pour un service administratif de l'Armée et elle a bien des passe-droits bien particuliers. D'humeur tout à coup bavarde, l'employé en rajoute même.
Elle y est autorisée parce qu'elle aide à la tenue du catalogue alors on la laisse lire ce qu'elle veut dès qu'on reçoit de nouveaux ouvrages.

Embarrassée par tous ces détails que l'on sort sur elle, Scieszka rougit et ne sait plus où se mettre. Elle n'a même pas encore un livre à la main pour se cacher derrière, et ça serait impoli de courir en chercher un, justement.
Russel commence à concevoir quelques espoirs, aussitôt douchés :
« Lire seulement, pas emprunter. Rien ne sort d'ici. »

Timidement, l'intéressée explique juste que ça n'est ne lui est pas nécessaire, et amorce enfin un pas de côté pour s'éclipser vers l'intérieur de la salle défendue. S'ils pouvaient la laisser refermer la porte derrière elle…

Russel fomente alors un plan fou. Ils vont rester là, le temps qu'il faudra, en profiter pour lire et prendre en notes le peu qu'il y a d'utile ici, et il va guetter sa sortie pour la cuisiner un peu.
Du haut de ses quinze ans, très sûr de lui, il s'imagine pouvoir séduire comme ça la jeune dame d'aspect banal : sûrement personne ne s'intéresse à elle et ça la flattera et elle ne pourra rien refuser !
Fletcher soupire encore une fois c'est à lui d'être responsable à la place de son grand frère…

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Le talent improvisé de Russel, sur n'importe quelle autre fille, resterait sans effet. Déjà, son don pour provoquer les « coïncidences » se repère à cent pas. Il a de la chance de ne pas être tombé sur n'importe quelle fille.
Scieszka reste imperturbable aux flatteries. Elle se montre en revanche sensible à la détresse du lecteur déçu… De son côté, malgré le côté insolite de la rencontre et de la demande, la glace est instantanément brisée. Elle se voit en se Russel comme en un miroir.

« Vous voulez tellement lire ce livre… Malheureusement je n'ai pas le temps de vous en faire une copie pour l'instant, et je crois que je n'en ai plus le droit. Oh, ils ne peuvent pas surveiller c'est vrai, mais c'est réglementé, quand même. »

Fletcher n'a pas à se forcer, dans cette situation où il pense qu'ils sont juste en train de perdre leur temps, celui de la jeune dame, et leur respectabilité, pour prendre un air de chiot perdu. Russel l'imite à merveille.

« Hum. Mais ça contenait des citations de deux autres ouvrages que je possède et ça si vous voulez je peux vous en donner les références. Et même vous les montrer si vous voulez ? »

Scieszka n'a aucune espèce d'arrière-pensée à inviter les deux jeunes garçons chez elle. Elle ne pourra pas leur offrir une tasse de thé malheureusement, s'excuse-t-elle
« La cuisine est là, avec la théïère si vous voulez vous en faire une vous-mêmes pour patienter le temps que je trouve. »
C'est juste qu'elle n'est pas très douée pour ça. Mais il y a de délicieux biscuits faits par une amie dans une boîte à côté, qu'ils se servent aussi. (Voilà qui rassure un peu Fletcher dont l'estomac n'est pas loin de crier famine, avec tous les contre-temps imposés par la recherche de nourritures spirituelles au détriment des obligations plus prosaïques.)

Les deux frères restent bouche bée devant la collection. Devant un tel trésor il n'est plus question de thé ni même des biscuits. Ils s'émerveillent autant l'un que l'autre. Il y a là de tous les genres ! de la fiction surtout, et tous les domaines plus ou moins scientifiques. Pas d'alchimie à première vue, mais il y en a tellement… Sûr qu'en cherchant bien ils trouveraient un ouvrage spécialisé récupéré par chance parmi une caisse abandonnée.

Tous trois naviguent comme ils peuvent entre les rayonnages et les piles sauvages. C'est tout une aventure : il y a si peu d'espace et tellement de détours à faire… et les titres les font voyager, à s'en faire tourner la tête.

Fletcher aperçoit un titre qui lui fait terriblement envie et même si ça n'était pas pour cela qu'ils sont venus, demande s'il peut…
« Oui bien sûr, lisez donc ! les livres sont là pour ça. »

Russel tente d'évaluer la somme de connaissances accumulées là ; même si à lui elles ne servent à rien il en reste admiratif. Rien rien que le prix que ça doit représenter… Il y a là quantité d'ouvrages qui ne valent rien, et d'autres au contraire très coûteux.

Ce que Scieszka retrouve finalement, d'ailleurs, ne lui sera pas d'un grand secours : les quelques passages y traitant d'alchimie sont sans grand intérêt pour un alchimiste accompli, c'est plus de la culture générale pour la foule moins instruite. Mais il en rste ému quand même : qu'une inconnue ait accepté de l'aider comme ça !

« Vous savez, c'est peu de choses, se défend Scieszka. Entre passionnés de lecture il faut s'entraider, n'est-ce pas ? et puis je dois beaucoup à un jeune homme qui vous ressemble un peu. Lui aussi aimait l'alchimie.
- Ah tiens ? »

Sur ces politesses, Fletcher essaie de faire prendre congé à Russel. C'est effectivement très aimable mais il ne faudrait pas abuser de cette gentillesse et de son temps beaucoup plus longtemps, quand même ?

Prise dedans, avant de les laisser partir, Scieszka s'enquiert quand même de leur devenir.

« Êtes-vous installés à Central ?
- Pas encore, nous venons d'arriver.
- Et la Bibliothèque Centrale était votre premier arrêt ? »
Russel affirme que oui sans se laisser démonter, gagnant plusieurs points d'estime supplémentaires.

« Si vous restez un peu, reviendrez-vous ? À la Bibliothèque ?
- Mais, très certainement. »

Scieszka n'a pas beaucoup de monde à fréquenter hors de son travail, et personne qui partage ce goût des livres. Pour elle aussi, cette rencontre fortuite est inespérée.

« Si je vous trouve un exemplaire de celui que vous voulez tant lire, nous pourrons lire nos ouvrages côte à côte ? propose-t-elle pleine d'espoir.
» Et peut-être aller s'offrir un rafraîchissement, selon le temps ? Il y a un café qui propose d'excellentes crèmes glacées tout près de la bibliothèque du quartier Sud. »

Voilà qui séduit absolument Fletcher, juste quand Russel commençait à se dire que ça en faisait trop.

« Oh oui dis acceptons !
- He bien… mais oui, avec plaisir. C'est vraiment tellement gentil à vous. »

Avant d'entreprendre ce voyage, ils avaient entendu les pires choses sur l'égoïsme des gens des grandes villes, surtout de la capitale : les voilà agréablement surprise de voir qu'il y a au moins des exceptions. Bon, la première exception rencontrée est peut-être excentrique : même en débarquant de la cambrousse ils peuvent se dire qu'il y a quelque chose de pas très ordinaire dans ce comportement. Mais bon.
C'est loin d'être désagréable, et si jamais elle devait se révéler trop bizarre il sera toujours temps de prétendre devoir reprendre leur chemin plus tôt que prévu ?

Rendez-vous est donc pris.