Maudites soient les femmes.


Partie II.


Je dois avouer que j'ai un peu beaucoup déchanté sur ce coup-ci. J'ai eu droit à tout un interrogatoire made in Serpentard, Mary-Jane, c'tte blondasse, voulant tout savoir de mes goûts, mon caractère -qu'elle a immédiatement décrit comme narcissique dès que j'ai ouvert la bouche-, mes relations, mes préférences, et quelques évènements marquants de mon histoire. Autant vous dire que lorsque j'ai cité que j'avais réussi à voir sous la jupe d'une amie de Victoire, alors âgée de quinze ans, et moi de onze ans, découvrant la joie que pouvait nous procurer la vue de dessous féminins -bref les émois pré-pubères que tout garçon a-, Mary-Jane tapotait furieusement du pied dans son bureau. C'était pas un événement marquant ça ? Ah oui, j'ai peut-être -un peu beaucoup- abusé lorsque je lui ai raconté aussi a première fois où je me suis masturbé. Elle l'a cherché, cette conne. Et bien sûr, elle est assortie d'une putain de langue de vipère.

Une vraie Serpentarde, cette Crivey.

Et EN PLUS, elle est allée jusqu'à me demander mes petites habitudes du matin et du soir. Merde, ça c'est sacré. J'ai pas envie qu'une parfaite inconnue sache ça de moi. Moi, je veux que ça soit ma petite amie qui sache ce genre de truc, pas une consultante à la con dans une agence matrimoniale. Et quelle consultante !

Ah oui, parlons-en encore de Blondie. Elle a beau avoir ouvert une putain d'agence matrimoniale, mais Blondie ne croit pas à l'amour. Elle croit en l'affection mutuelle, en la durée d'un couple qui tient bien la routine, en la compatibilité de deux êtres. Putain, quand j'ai su ça, j'ai eu envie de la secouer dans tous les sens. Un couple ça tient pas sans une dose de passion, de spontanéité, de surprise, de disputes, et justement d'incompatibilité. Ne dit-on pas que les contraires s'attirent ? ..Aussi que qui se ressemble, s'assemble. Foutaises. Compatibilité mon cul. On aime, ou on aime pas. C'tout. Je sais, si j'lui avais dis ça, elle m'aurait demandé avec un sourire moqueur si je tirais cette conclusion de mes différentes relations, et je l'aurai eu dans le cul. Mais j'aurai pu dire que non, en fait je tiens cette réflexion sur les différents couples qui m'ont entourés depuis des années. Celui de mon père et de ma mère, compatibles au premier abord, et ..aussi au dernier. Hum, prenons plutôt l'exemple de mon oncle Ronald et de ma tante Hermione. Eux, ils sont totalement incompatibles, ils se prennent la tête pour un nombre de choses incalculables, et pourtant, malgré leurs disputes, malgré leurs caractères trop différents, ils s'aiment et continuent toujours leurs bouts de chemins ensemble, main dans la main..

C'est nunuche.


Si ça suffisait pas d'empiéter mon espace personnel, il a fallu qu'elle rencontre ma mère. Enfin l'inverse, mais bon, qu'importe, le fait est que ces deux-là se sont rencontrées et bien sûr se sont..adorées. Bon ok, c'est pas exactement ça. Disons que ma mère, ayant été mise au courant de toute l'affaire par mon cher père et surtout par mon cher frère cadet Albus Potter, a voulu rencontrer cette blondasse. Une heure plus tard après avoir vu cette charmante jeune femme, elle est venue me dire avec un grand sourire qu'elle aimait beaucoup cette petite Crivey. Nul doute que c'tte blondasse lui a fait son numéro de charme de vipère. D'habitude ma mère déteste automatiquement ceux qui essaient de profiter de ma célébrité -comme quoi, j'aurais dû l'écouter pour Sarah-. Elle est comme programmée pour ça.

Moi aussi, Mary-Jane Élisabeth Crivey m'avait eu au début. Mais c'était avant, bien avant. Bien avant qu'elle m'arrange mon premier rendez-vous. Merde, j'ai l'impression d'être un looser même pas capable de se dénicher un rendez-vous comme un grand garçon.

Comme vous l'avez sûrement deviné, le rendez-vous s'est bien passé, mais à manière. J'avais réussi à emballer la demoiselle toute mignonne qui me faisait face, et je m'apprêtais à conclure bien comme il le fallait, mais d'un coup, Mary-Jane nous a interrompu et a dit à cette jolie demoiselle, qui s'appelait Ann -je crois- qu'elle allait la rappeler..Mais après quand on a été seuls, elle m'a passé un joli savon. Un très joli savon. Comme quoi je n'étais qu'un immonde goujat, et que les femmes qui faisaient appel à ses services cherchaient l'amour et non une partie de jambe-en-l'air. Et moi bien sûr, j'ai pas pu m'empêcher de répliquer : « Faut quand même vérifier la qualité de la marchandise ! »

J'ai cru qu'elle allait m'étrangler sur place. Mais elle n'en a rien fait, allumant à la place une cigarette. Ce qu'elle peut m'agacer cette-là avec ses cigarettes. Je déteste les femmes qui fument. Je trouve ça..déplorable. Sauf pour Roxanne, la sœur de Fred. Juste parce qu'elle fume des cigarettes mentholées. C'est les seules que je supporte, sinon je déteste.

En fait, Mary-Jane est tout ce que je déteste. En fait, ..je ne la vois même pas comme une femme à part entière. Certes, elle est mignonne. Mais..elle fume, premièrement. Deuxièmement, elle ne porte quasiment que des jeans et des grands talons aiguilles. Non moi j'préfère quand les femmes mettent des jolies robes, des mini-jupes, ce genre de chose quoi. Troisièmement, c'est une langue de vipère. Elle est méprisante, cynique, tête brûlée, tenace, chiante, emmerdante, serpentarde, rusée, ambitieuse, tête-à-claque, et..bref, elle est insupportable.


-Mary-Jane, je commence d'un ton doucereux.

Cette blondasse me prend la tête d'une façon inimaginable. Elle me fait passer en revue toutes les fiches des femmes sorcières potentiellement « exploitables ». J'veux dire par là les femmes qui ont du potentiel pour me plaire et pour me pousser à me caser avec elles dans une maison charmante de banlieue, avec jardin verdoyant, un ou deux chiens et trois gosses. Cliché.

Elle lève ses yeux noisettes vers moi, franchement agacée. Qu'est ce que j'y peux, moi, si toutes les femmes qu'elle me propose et qui me conviennent -juste à leurs fiches- finalement sont des connasses que je ne peux pas supporter ? Pareil pour les femmes dont la fiche ne me plaît pas.

-Peut-être que par hasard, toutes les femmes inscrites dans ton agence ne me sont pas destinées..

Là, ses yeux ne montrent plus de l'agacement, mais des envies de meurtres. Joyeuse perspective que cela.

-Vous ne faites aucun effort, Potter, lâche-t-elle au bout de quelques secondes de silence.

Quoi ? N'importe quoi ! Je fais énormément d'efforts..Oui, oui.

-J'espère que vous ne faites pas ça pour saboter mon projet, susurre-t-elle doucement.

Non, du tout.

Bon d'accord, peut-être un peu. Rien qu'un peu. Mais aucune des jeunes femmes que j'ai vu durant ces derniers jours ne me plaisaient vraiment. On a le feeling, ou on l'a pas. Avec elles, y'avait rien, c'était plat de chez plat au bout de cinq minutes, alors bon le restant de ma vie avec une de ce genre, très peu pour moi. Même pas pour faire plaisir à c'tte blondasse. Surtout pour ne pas faire plaisir à c'tte-là.

-Vous êtes insupportable Potter. Rien qu'à Poudlard, à ta simple vue, t'me faisais chier, mais là c'est le summum.

« On se connaissait à Poudlard ? » Je demande, curieux d'en savoir plus sur la demoiselle à Poudlard -ce qui me permettrait de trouver une faille que je pourrais exploiter- et surtout avide de changer de sujet. Et en plus, elle a changé de pronom, c'est mauvais signe.

-Pour mon plus grand bonheur, non.

-Ouais en fait j'te faisais chier juste parce que j'étais quelqu'un de connu, et que j'appartenais à la maison Gryffondor, hein ?

-Tu veux savoir pourquoi, Potter ? Me demande-t-elle avec un sourire trop hypocrite pour être honnête.

Oh oui. Rien qu'à ma mine perplexe, elle a sa réponse. Douée c'tte blondasse pour lire mes expressions.

-T'étais un connard, Gryffondor ou pas. Tu considérais que c'était normal d'avoir le monde à tes pieds avec ce qu'avait fait ton père pour la communauté sorcière. Tu changeais de petite amie comme de chaussettes, Potter. Tu n'étais en aucun cas modeste de ton talent pour le Quidditch, t'en vantant comme une seconde queue. Tu ne t'es jamais demandé ce que vivaient les autres dans ton ombre, celles que t'as brisé sans aucune considération, ceux qui rêvaient d'être comme toi, ceux qui n'approuvaient pas ton comportement. Tu étais enorgueilli du nom « Potter », mais tu ne réalisais pas vraiment ce que ton père a fait pour le monde sorcier et des conséquences qu'a pu avoir cette guerre sur certaines familles. C'était toi, toi et toujours toi. Tu régnais sur ton petit monde, fier de toutes tes petites farces, et vouant une haine aux Serpents, considérant que c'était ton devoir de les écraser. Merde Potter, les Serpentards ne sont pas tous les mêmes ! C'étaient des gosses,..nous étions des putains de gosses.. Que des gosses.. Qu'est-ce qu'on avait fait ? Rien ! Y'avait des Né-Moldus, des Sang-Mêlés, des Sang-Purs. On était tous mélangés, et sous prétexte qu'on appartient à la maison des Serpents, nous étions tous méprisables ! Tu faisais de Poudlard ton royaume où les lions étaient les gentils, et les serpents les méchants.. Tu rendais responsable des enfants des actes passés de leurs familles, de personnes de leur maison. Même ton propre frère, tu l'as quasiment renié. T'es toujours resté en bon contact avec lui, mais juste parce que Lily te l'a demandé. T'as jamais rien pu refuser à ta petite sœur chérie..Mais pour les autres, aucune pitié. Aucune.

Merde. J'ai été si salaud ?


Si ce que Mary-Jane a dit est vrai..J'étais vraiment un connard. Mais après tout, un Serpentard est un Serpentard, non ? On ne peut pas me dire que Rosier est une gentille fille, non-adepte de la magie noire, alors qu'on sait pertinemment que son père était un bourreau de la pire espèce, Mangemort avec ça, et qu'elle a été dénoncée par un naïf mais loyal Poufsouffle pour des pratiques illicites.

Et je peux citer encore des tas d'exemples de ce type. Célynda Rosier n'est qu'une partie de l'iceberg. Je peux citer aussi Anastasia Selwyn, et son jumeau Anderic, Jeremiah Prince, Bérénice et Mia Dolohov, Melchior Nott, et Aobh Zabini, qui était tous les deux les contraires de leurs frères aînés, bien que Édouard Nott ait été à Serpentard, et que Aobh avait un physique angélique. Faux-semblants.

J'aurai voulu hurler à Mary-Jane ces exemples, et qu'aucun Gryffondor n'avait été trouvé en train de pratiquer la magie noire, ni de terroriser ses camarades de dortoir, ni de maltraiter les autres élèves dès que l'occasion s'en présentait. Mais..je n'avais pas pu.

Au lieu de cela, je suis parti sans dire un mot après sa tirade. D'un côté, elle m'avait un peu éclairé. Je ne connaissais pas Mary-Jane personnellement mais j'avais fait quelque chose contre elle, ou elle avait été touchée par une de mes blagues contre les Serpentards. Victime, pauvre victime. D'un autre côté, elle m'a montré comment d'autres personnes pouvaient me voir, ce n'est pas plus mal. D'habitude, ça ne me touche pas. D'autres ont essayé avant elle à Poudlard, mais jamais ça ne m'avait touché. Jamais comme ça..

Putain de bordel de merde.


-Faut pas être si touché que ça, James.

Merci Fred, mais si, faut être si touché que ça. Même lui ne comprend pas. Après tout, il était de ma bande, sa femme et ma meilleure amie aussi, c'est peut-être un peu normal qu'elle non plus ne comprenne pas vraiment. Je ne sais même plus combien d'années nous sépare Mary-Jane et moi. Au maximum, six ans. Au minimum, un an. Mais ça m'étonnerait, sinon je sais que je l'aurai remarqué, et que je lui aurai au minimum volé un baiser. Je sais, je sais, je suis un incorrigible coureur de jupons, et alors ?

-J'ai bien envie de rencontrer cette Mary-Jane, souffle Caitlin d'un air songeur.

Vas-y. Va empirer les choses, Cait' chérie. Au mieux, tu trouveras toi aussi qu'en fait Blondie est formidable, au pire tu seras tellement surprise par sa langue de vipère que tu ne souhaiteras qu'une chose, tout comme moi. Qu'elle s'étouffe avec..


Par les burnes de Merlin, j'me souviens !


Les mains enfoncées dans mon jean, chauffé convenablement dans un pull noir, je suis planté devant la porte de l'appart' de Mary-Jane Crivey, l'autre blondasse. Comment j'ai atterri là moi ? C'est simple. Je suis retourné à l'agence, j'ai croisé l'autre brunette de l'accueil, Jenny qu'elle s'appelle, et je lui ai demandé aimablement si elle pouvait me procurer l'adresse de Miss Crivey. Le tout rondement mené avec une voix sensuelle, des regards enflammés, et une invitation à dîner ! Ahaaaa, je suis trop bon.

Bref, je poireaute depuis une heure devant la porte de son appartement, et je n'ai toujours pas pu me décider à frapper. Je sais..Pitoyable.

Allez courage Jimbo ! T'es le plus beau, le plus fort, le plus intelligent..t'es le meilleur quoi !

Lentement, comme au ralenti, j'appuie mon doigt sur la sonnette, qui fait un joli petit bruit. Mignon. Et puis c'est pas un immeuble minable, elle gagne quand même bien sa croûte Miss Crivey.

Elle ouvre la porte, et reste indifférente. Son visage ne reflète aucune émotion, et elle me détaille de bas en haut comme un vulgaire insecte à écraser. Brr, cette expression me fait froid dans le dos.

-Que me vaut l'honneur de votre visite Potter ? Me demande-t-elle d'une voix traînante.

Je remarque qu'elle est en sous-vêtements..Enfin non j'exagère. Elle porte un petit haut vert sombre, une sorte de boxer-short blanc et de grandes chaussettes en laine noires. Ouais, vraiment mignonne.

-C'est une tenue pour recevoir des invités ? Éludai-je avec un sourire..je dirais sincère.

Haussant les yeux, Mary-Jane s'éclipsa, ce que je pris comme une invitation à la suivre dans son appartement.

Immédiatement, je contemple ce qui m'entoure. Son appart' est bien rangé, et mélange modernité, et ce qu'on pourrait qualifier de « temps anciens ». Une touche de noblesse transparaît dans certains meubles, et je doute que ce soit un héritage familial, sauf si sa mère est une Moldue richissime, et noble avec ça. Je dois remarquer qu'elle a un faible pour les lignes pures, et pour les couleurs sombres et austères. Pas tapageuses comme pour nous, les lions.

Elle avait aussi une télé, une chaîne hi-fi, et tout le matériel un peu sophistiqué que tout bon Moldu doit avoir chez lui. Malgré son appartenance à la maison des Serpents, Mary-Jane assume son héritage. C'est bien..Merde, quel problème j'ai là ?

Quand elle revient vers moi, elle a enfilé un grand tee-shirt un peu informe, avec une inscription un peu effacée dessus, et un jean visiblement enfilé à la hâte et effiloché de partout. Elle me fait penser à un garçon manqué. Non, en fait c'est un garçon manqué.

-Alors Potter, qu'est-ce qui vous amène ?

Acculé au pied du mur. Bon, il ne me reste plus qu'à lui dire ce que j'ai à dire, et partir sans demander mon reste. Avec un peu de chance, elle me pardonne, et comme preuve de sa gratitude, ne mènerait plus à terme son projet de publicité à échelle internationale, ou tout du moins, nationale.

-Je voulais m'excuser, commençais-je d'une voix assurée.

Mary-Jane me toise, un sourire amusé aux lèvres. Putain, sale blondasse, aie un peu de compassion là ! James Sirius Potter s'excuser, c'est rare.

-T'excuser de quoi, Potter ? D'avoir une personnalité ? Arrête de suite. T'es peut-être un connard, tu n'en restes pas moi toi-même et..

-J'ai été un vrai salaud sur ce coup, la coupai-je brutalement, en passant une main dans mes cheveux rebelles.

-Je vois que tu te souviens de Billie Macaulay, comprit-elle après m'avoir toisé sèchement.

Oh oui que je me souvenais de Billie. Maintenant, je savais pourquoi Mary-Jane me supportait à peine, et pourquoi elle avait un aussi fort ressentiment pour moi. Je me souvenais parfaitement de tout. Peu après la Répartition de ma sixième année à Poudlard, j'avais trouvé amusant -comme un con, je dois dire- d'inciter tous les Gryffondors de première année à couper contact avec leurs amis qui étaient allés à Serpentard. J'étais arrivé au petit Billie Macaulay, et au même moment, une petite blonde à couettes était venue le voir, en trottinant, un sourire aux lèvres, et portant une cravate verte et argent. Je me souviens du regard que j'avais lancé au petit Billie, et des pleurs de la petite fille quelques minutes plus tard.

Ça avait été de la pure méchanceté gratuite.

-Je me souviens de Billie.

Je n'ai rien ajouté de plus, sachant que c'était inutile d'en rajouter, c'était du passé, et Mary-Jane s'était approchée de moi, posant délicatement ses lèvres sur ma joue, m'arrachant un sourire.

Qui aurait cru que la vipère serait si émotive ? ..Et qui aurait cru qu'elle avait les lèvres si douces ? Bien entendu, comme d'habitude, je m'apprêtais à demander plus, beaucoup plus, surtout après l'avoir aperçu à peine couverte quand elle avait ouvert la porte, mais bien entendu, elle m'esquiva et avec un sourire ironique, m'enjoint à prendre la porte.

Sale Blondaaaaaasse.


Je hais les blondes.


Et deux jours plus tard, je les hais toujours autant. Surtout notre Blondie nationale. Caitlin, comme prévu, l'a rencontrée, et non qu'elles soient copines comme cochons, elles ont maintenant chacune du respect l'une envers l'autre. Enfin bref, je sais pas ce qui s'est dit entre elles, mais apparemment elles se sont mis d'accord.

Merde, c'est de ma vie qu'on parle là ! Moi j'suis au courant de rien..Tss, et ça se dit ma meilleure amie, ma presque sœur. Lou-Ann a une mère indigne, vraiment. Quant au père, il essaie de soudoyer sa femme pour savoir -enfin un qui sait qui sont vraiment ses amis-, mais elle le tient à la baguette, ou devrais-je dire à la braguette..

-Parraaaaaaain !

Ma filleule chérie réclame ma présence. Permettez.

-Lou-Ann, ma puce, susurrai-je en me penchant sur ce trésor.

Ses prunelles d'un vert-bleu me fixent joyeuses, son sourire composé de minuscules petites dent est éblouissant, et un peu de bave coule sur le long de son menton. Elle est miiiiiiiiiiiiiignonne. Oui, c'est l'effet qu'elle me fait. Effrayant non ? Je sais, je sais.

-Je ne savais pas que vous aimiez les enfants, murmure une voix chaude que je reconnus immédiatement.

-Je suis fou de Lou-Ann. Vous avez vu cette beauté ? M'enthousiasmai-je sans me préoccuper du pourquoi de la présence de Mary-Jane chez Caitlin et Freddy.

-Vous voulez des enfants ? Questionne Mary-Jane, en s'agenouillant près de la petite elle aussi, un léger sourire aux lèvres.

-Plein, assurai-je.

Oui, je voulais pleeeein d'enfants. Pleeein, plein plein ! Rien qu'imaginer un petit bout de moi dans mes bras, ça me fout les boules. Quand est-ce que j'y aurai droit moi ? Je sais, ça fait vraiment nana de penser comme ça, mais un enfant, c'est précieux, c'est unique. C'est un morceau de nous, notre sang, notre chair, c'est une parcelle d'éternité quand on sait qu'il va perpétuer ton nom et ton sang. Parce que c'est pas que je ne crois pas Gabriel capable de nous faire une digne descendance de petits Potter -en même temps, il vient à peine de naître- mais qu'ils viennent de moi serait mieux pour tout le monde.

-Je ne sais pas comment vous faites. Moins je vois d'enfants, mieux je me porte.

..Sacrilège ! Et elle éclate de rire. Sûrement dû au regard choqué dont j'ai dû la gratifier. Putain, comment ne pas vouloir d'enfants ? Même si le monde se portera mieux si cette blondasse nous fait la grâce de ne pas enfanter, c'est quand même..anormal.

-Ne me regardez pas comme ça, Potter. Je n'ai jamais dit que je ne voulais pas d'enfants, mais en tout cas pas plein comme vous. Un suffira. Et puis je ne pourrais jamais m'opposer au souhait le plus cher de mes parents : cajoler leur petit fils ou leur petite fille, surtout que mon frère..bref.

-Tutoie-moi, lançai-je dans un moment d'égarement.

Cette blondasse m'émeut presque. Son sourire aussi.

-Tu as un frère ? Demandai-je, faisant mine de m'intéresser à elle -après tout, elle connaît bien presque tout de moi, Miss Crivey- et curieux d'en savoir un peu plus quand même.

-Oui, répond-t-elle avec un sourire désabusé, contemplant toujours ma filleule d'un air -un peu- attendri face à ses gazouillements joyeux. Il est psychomage, a trois ans de plus que moi, et..il est gay.

Ah. Je-vois. C'est pour ça qu'elle disait qu'elle était la seule à même de pouvoir réaliser le vœu le plus cher de ses parents.

-Il était à Serpentard, lui aussi ?

-Non, réplique-t-elle avec un sourire moqueur. Il était à Gryffondor, dans ta maison.

Hem. Jamais entendu parler d'un Crivey, moi. Surtout si il a trois ans de plus que Mary-Jane, donc il a un an de moins que moi..Non, jamais entendu parler.

-Je plaisante, Potter. Il était à Poufsouffle, avide de bons sentiments, et d'une loyauté à toute épreuve, ce qui m'a servi à l'époque. Peter Crivey, ajoute-t-elle, méprisante.

« Tu n'aimes pas beaucoup ton frère ? » je demande, en prenant la petite Lou-Ann dans mes bras et me levant. Mary-Jane en fait de même, époussetant un peu son jean. Comme d'habitude, elle porte quelque chose de simple comme haut. Aujourd'hui, c'est un débardeur vert anis qu'elle arbore, sous un blouson noir, un peu miteux, mais qui lui donne un petit air de jeune rebelle. Mignonne.

-Si je l'aime beaucoup. A chaque fois, il désespère de mes goûts vestimentaires, et n'arrête pas de se plaindre du fait qu'il aurait dû être dans mon corps, et moi dans le sien, si c'était pour..ahem ne pas utiliser correctement ce que j'ai à ma portée. C'est plutôt marrant, et puis je sais que si j'ai besoin de lui, il sera toujours là pour moi. D'ailleurs, il m'a été très utile pour la décoration de l'agence, et de mon appart'.

O-k. Ce mec est un dieu. Non pas que j'sois gay, non non. Juste que je vous avais déjà dit que j'aimais bien la décoration de l'appart de Blondie, mais si ce gus a aussi fait la décoration de l'agence qui est vraiment génialissime, je le vénère.

-Il est doué, lâchai-je du bout du lèvres.

Hors de question que je dise à Mary-Jane tout ce que je viens de penser. Mais quelque chose m'intrigue. Pourquoi a-t-elle eu ce ton-là quand elle a dit le prénom de son frère. Peter, Peter, Peter.

..Tilt ! SPIDERMAAAAN.

-Dis-moi Mary-Jane -regard noir de ma blondasse préférée-, tes parents ne sont pas fans par hasard de la sage moldue Spiderman ? Demandai-je avec un immense sourire, frottant le nez de ma filleule chérie, qui gazouille toujours, contre le mien.

Son teint pâle m'donne raison. J'suis trop bon, je sais. Elle semble énervée, et se retient de ne pas m'engueuler devant la petite.

..Mais oui, mais qu'est ce qu'elle fout là d'ailleurs, Blondie ? Je m'empresse bien sûr de lui demander après avoir lâché un petit « J'm'en serais douté. » la raison de sa visite.

-Caitlin m'a invité à prendre le thé.

Duh. Ma meilleure amie pactise avec l'ennemi ! Elle pactise avec la blondasse ! Par les burnes de Merlin -sûrement ramollies avec le temps, qu'importe-, Fred a épousé une traîtresse. Elle ne connaît pas la charmante Miss Crivey, alors pourquoi l'inviter à prendre le thé ? C'est bon..Je hais les anglaises blondes et les irlandaises brunes.


Évidemment, j'suis parti de chez Caitlin dès que cette dernière m'ait confirmée qu'elle avait invité Caitlin pour prendre le thé. Prendre le thé, non mais j'vous jure. Là, j'suis arrivé au Chemin de Traverse, après m'être pris une petite Bierraubeurre au Chaudron Baveur. Elle m'a un peu détendu, je dois avouer. Mais je suis quand même à deux doigts de m'arracher les cheveux en essayant de chercher une solution au problème « Mary-Jane Crivey ». Il le faut, bordel.

..Je suis con ou..je suis con ? La solution était là devant mes yeux depuis le début ! Enfin j'en ai deux, mais je préférerais n'utiliser que la première, la deuxième sera pour plus tard. Comment ça vous ne comprenez rien ? C'est simple, mais je ne vais vous parler que de la première solution.

C'est é-vi-dent. Je vais trouver moi-même ma future femme, comme j'aurais dû le faire depuis le début. Même si Mary-Jane m'organise des rendez-vous, etc. je chercherais aussi de mon côté, et toc ! Et je trouverais ! Et je ne serais plus obligé de faire la pub de cette blondasse vicieuse !

J'suis un dieuuuuu.


-James !

Me tournant de la vitrine du magasin de Quidditch, j'aperçois Teddy qui vient de m'appeler. Avec un sourire grand comme..bref, je me dirige vers mon modèle de jeunesse. Ted Remus Lupin. Aux dernières nouvelles, il était en Italie, mais je ne m'attarde pas sur ce détail. Il possède toujours cette couleur de cheveux criarde, mais tellement habitué, je n'y fais pas attention.

-Alors comme ça, on fait appel à Éternellement vôtre ? Se moque-t-il d'entrée.

Je hais la rapidité de ma famille à passer des nouvelles étrangement dégradantes. Si c'est arrivé jusqu'à Ted, ça veut dire que c'est passé par toutes les branches Weasley, et a dû sûrement atteindre les oreilles des De Chapuiset et des parents Delacour.

-Tu t'es fait attraper par ma blondasse de cousine, alors pour te moquer de moi, tu repasseras, répliquai-je, perfide.

Pas que j'aime pas Victoire, c'est juste que je la trouve un peu trop gnangnan et trop possessive. A cause d'elle, pendant l'été avant ma troisième année, je n'avais pas vu une seule fois Teddy plus de deux heures. Et les années suivantes aussi, en fait.

-Apparemment toi aussi, c'est une blonde, et jolie qui plus est. Ginny l'adore, m'enfonça Teddy, en le sachant pertinemment.

Sadique. Je n'ai aucunement l'intention de me caser avec Mary-Jane, cette vipère, cette cynique, cette psychopathe, ..ce mec ! Ok, j'exagère. Mais quand même, c'est Mary-Jane quoi. Plutôt crever que partager ma vie avec une femme qui est tout le contraire de mon idéal féminin. Absolu contraire.

-Maman adore beaucoup de monde, éludai-je de manière négligée. -Faut bien sinon il va croire que ça m'affecte.-

Je vais m'exiler, ça va être mieux. Adieu l'Angleterre, bonjour les îles Caïmans.


-Potter, j'ai deux mots à vous dire, hurle Mary-Jane à ma porte d'entrée, en frappant de toutes ses forces.

Mine de rien, la blondasse a de la voix..et de la poigne. J'ai pas envie de lui parler, je la vois déjà quasiment tous les deux jours, c'est bon là, je sature. Et puis, qu'est ce qu'elle me veut, encore ? J'ai rien fait, je plaide non coupable ! ..Elle a vraiment de la poigne cette petite. Attendez quand même, ça fait une semaine et demi qu'elle m'a pas vu, je lui manque tant que ça ?

-Quoi ? Je demande en ouvrant brusquement la tête, la dominant d'une bonne tête, même quand elle porte ses fichus talons aiguilles.

..Ouhaou, elle va où vêtue comme ça ?

En effet, devant moi se trouve Mary-Jane, furax, les poings sur les hanches, vêtue d'une robe verte foncé bustier, serrée à la poitrine, évasée sur les hanches et descendant jusqu'à ses chevilles. Miracle, elle a lâché ses cheveux blonds qui lui tombent raides sur ses épaules, et elle s'est maquillée, d'une manière..incroyable. Sa bouche paraît encore plus langoureuse, et ses yeux encore plus grands. Des vrais yeux de biche. Dans une de ses mains, elle porte une pochette de soirée noire.

..On avait rendez-vous ?

-Merde Potter, vous êtes pas encore habillé ?

Hein ? Keskispasse ?

-Potter, dites-moi, il y a une semaine, vous vous êtes bourré la gueule ? Me demande-t-elle d'une voix lourde de reproches.

Deux secondes..Y'a une semaine ? Ouais, effectivement. Pourquoi ?

-Peut-être, éludai-je, en passant une main dans mes cheveux courts.

-Donc je parie que tu as oublié que tu m'avais sommé -sous peine de ne pas remplir ton contrat malgré ta promesse- de venir avec toi à la soirée des fiançailles de ton ex par hibou express ! Je me disais aussi que tu devais être sous l'effet d'un sortilège ou d'une drogue pour faire cette demande mais j'ai accepté parce que tu me faisais plus que chier, et là, t'es rien qu'en jean, mal rasé, et pas douché !

Pas douché ? ..Sale blondasse. Tu t'es vue ? ..Mouais, mauvaise réplique.

..J'ai vraiment invité cette blonde à cette soirée ? ..Ah oui, je vous ai pas dit : une semaine et demi plus tôt, j'ai reçu d'un hibou horrible au plumage marron caca -voyez la maturité- m'apportant une invitation à la soirée des fiançailles de Mr Andrew Lynch et Miss Sarah Paxton. J'ai cru que j'allais avoir une attaque, et en même temps, j'avais vu juste. Ils ont annoncé leurs fiançailles trois semaines après ma rupture avec Sarah. Ils perdent pas de temps..J'avais dit combien de temps déjà pour leur mariage et leur premier enfant ? Cinq et sept semaines, c'est cela ? ..En fait non, je me suis trompé de deux semaines. Enfin bref, pour sauver l'honneur, j'ai bu comme un trou, et apparemment..j'ai fait une connerie.

Inviter Mary-Jane Crivey à cette soirée.

Nul doute qu'elle a dû d'abord m'envoyer chier, et que dans ma lucidité d'esprit, j'ai utilisé l'argument d'autorité : rompre le seul lien qui nous unit elle et moi, sa publicité d'enfer détruite à jamais.

-Et si par ta faute Potter, je suis dans les journaux, je te tue !

Ah ça aussi, j'avais dû l'oublier dans ma parfaite lucidité. C'était obligé qu'elle apparaisse comme une de mes nouvelles conquêtes..Mais je savais ce qui m'avait poussé à l'inviter elle, et pas une autre..Oh oui, je le savais. C'était pour montrer à Sarah que j'avais trouvé quelqu'un -même si ce n'était pas vrai-, parce qu'une conquête de passage, elle l'aurait tout de suite remarqué, mais quelqu'un que je connais depuis un peu plus de deux semaines comme Mary-Jane, et que je vois très souvent, ce qui nous amène à nous disputer, et à nous faire chier bien comme il faut, elle n'y verrait que du feu, et jalouserait Blondie comme pas possible -je sais, je suis vantard-..Et puis on ne peut pas dire que Mary-Jane et moi sommes de parfaits inconnus maintenant. Elle connaît tout de moi -quasiment tout-, cette vipère, et je peux dire que je connais quelques détails de sa vie.

-Désolé Mary-Jane, mais c'est inévitable.

-Potter, vous allez tout foirer.

-Commence surtout par m'appeler James, et à me tutoyer.

Ses yeux noisette s'éclairent, et un sourire mauvais s'étend sur son visage. Je crois qu'elle a compris pourquoi je lui ai demandé de m'accompagner.. Elle est intelligente, Blondie. Mais pas assez contrairement à sa ruse trop développée pour avoir eu avoir la chance d'être répartie à Serdaigle.

-James, je te promets que je vais te rendre la soirée infernale.

..Merci Mary-Jane. Tu m'es d'un grand soutien.

D'un regard peu amène, je lui lance que je vais me préparer. Oui, je sais, j'avais oublié que cette soirée c'était ce soir, et si Mary-Jane ne m'avait pas autant pris au sérieux et n'était pas venue me chercher, je n'y serais jamais allé..Mouais, mais où était l'orgueil là-dedans ? Je vais pouvoir montrer à l'autre rouquine de mes deux et son Poufsouffle de merde que j'ai des putains de couilles. Je suis un Gryffondor, après tout !

Et en plus j'y vais avec une femme qui porte le prénom de l'amoureuse d'un super-héros moldu, ayant été répartie à Serpentard, avec un frère gay ayant appartenu à Poufsouffle, consultante dans l'agence matrimoniale qu'elle a créée elle-même, blonde par-dessus le marché -Sarah déteste les blondes-, canon -je préfère dire la vérité, j'ai vraiment eu le souffle coupé quand j'ai ouvert la porte à cette furie- et dotée d'une putain de langue de vipère. C'est pas la classe ça ?

Je sais, j'suis un dieu. Adulez-moi.


Deuxième partie de cette mini-fiction. James est d'une vulgarité..Je vous l'accorde. Et puis, vous découvrez un peu ce que j'imagine pour la vie de James à Poudlard. Enfin bref, voili voilou. Pour ceux qui lisent Petite Lionne, la suite n'a même pas été entamé, je n'ai aucun document OpenOffice ne portant encore le nom « Lionne », désolé, c'est la période des révisions du BAC, et l'inspiration ne me vient que pour ça, ça et ça. Mais je ne peux écrire que quand je vais dans ma « maison de campagne » où il n'y a pas Internet, et où je peux emmener mon ordi -qui a les bases de l'écran pétées, et autres- vétéran. Bref, quand je suis dans ma chambre, le soir, après avoir maté la télévision avec ma chère mère, je viens « dormir » dans ma chambre, et j'écris tout ce qui me passe par la tête. Si vous avez de la chance, la semaine prochaine (le week-end prochain), vous aurez un OS sur Ted/Victoire, que j'ai presque fini.

Après ce petit blablatage inutile, je vous laisse à vos claviers. Postez-moi une jolie review, qui prouve que vous avez aimé/lu, pas aimé/lu, et vos critiques ! ;)

Un graaaaand merci aux reviewers (je ne vous remercierais jamais assez), et à ceux qui mettent en alert mais qui ne reviewent pas, n'oubliez pas que je le sais, et que forcément, ça fait pas bon genre héhé. (a) Autant ne pas suivre l'histoire hein :). (Et je dis ça pour toutes les fictions, et pas forcément les miennes, car de vrais bijoux sont suivis mais pas commenté, & forcément certains auteurs n'ont pas envie de continuer !)

Bisous à tous. !

Valouw !