Chapitre 2 : Aurore.

Troublé, il se leva tôt.

Il quitta silencieusement le lit ; pieds nus il passa la porte et se rendit dans la partie commune qu'ils partageaient encore. Il n'était pas là. Bien sûr.

Le soleil, orbe de feu et d'or, entamait son lever au dessus des innombrables tours constituant l'horizon de Coruscant. Les rayons du soleil jouaient sur les murs réguliers de la pièce, l'emplissant d'un éclat brûlant, de longues ombres déformées par l'angle de la lumière.

Anakin savait où était son maître.

Tandis qu'il s'habillait, ses pensées troublées retournaient à son entraînement au sabre laser de la soirée précédente. Obi-Wan était là à le regarder, n'avait rien dit, et s'était caché d'Anakin. Pour résumer.

Anakin était si déçu ces temps-ci, par le Conseil, par Padmé, même par son ancien Maître. L'exercice de la nuit dernière avait fait merveille en lui permettant de relâcher l'essentiel de cette tension dans la Force. Et ce, jusqu'à ce qu'il réalise qu'Obi-Wan était là.

Pourquoi Obi-Wan le regardait-il ? Pour le critiquer encore plus ? Bien qu'il soit un négociateur réputé, Obi-Wan n'était pas un homme bavard ; ses actes parlaient bien plus. Anakin hocha la tête. Il ne le ferait plus. Plus jamais. Maintenant, il était un Chevalier, et il n'avait plus besoin de plaire à Obi-Wan Kenobi.

Alors pourquoi le voulait-il, en avait-il besoin, y mettait-il tant de désespoir ?

Fronçant les sourcils de frustration, il quitta leurs quartiers, s'appliquant intensément à trouver son aîné Jedi. Il se fichait d'être irritable. Obi-Wan n'avait plus aucun droit, et Anakin voulait savoir pourquoi il l'espionnait.

Il se rendit au seul endroit où Obi-Wan pouvait se trouver à une heure pareille. Après tout, l'aurore avait toujours été son moment préféré de la journée.

Les Jardins, Anakin le savait, étaient l'endroit favori d'Obi-Wan dans le Temple depuis qu'il était apprenti. C'est là qu'Anakin le trouvait à méditer, souvent, depuis qu'il était revenu de son calvaire chez Asajj Ventress. L'air était humide et dense, plein de vie, de Force, et était extrêmement apaisant, trop d'une certaine manière.

Anakin passa d'un air digne le portail, répandant des vagues de présomption et d'orgueil, prêt à faire face à Obi-Wan pour son comportement insultant et dissimulateur.

A la vue devant lui, Anakin faillit haleter de surprise, et s'arrêta brusquement sur place, sa cape noire cinglant devant lui en s'enroulant autour de ses jambes.

Au milieu du jardin se tenait le spectacle sans doute le plus captivant qu'il ait jamais vu, dépassant même la première fois où il avait posé les yeux sur Padmé et établi qu'il s'agissait d'un ange. Il frissonna sur place, incapable de bouger, même de respirer.

Il ne pouvait rien faire sinon regarder.

Des muscles ondulaient et se tendaient tandis que des bras nerveux se tendaient au dessus de la tête, et que de fortes jambes se mouvaient selon leur propre cadence sur l'herbe verte et humide. La silhouette devant lui était l'incarnation de l'équilibre, de la fluidité, et de la beauté, se déplaçant si naturellement, si gracieusement, qu'il semblait qu'une ombre lui servait de partenaire dans sa danse.

Un ample pantalon noir s'élevait et s'abaissait sans effort sur des jambes qui s'élançaient, uniquement pour se poser avec douceur, comme un murmure, sur la pelouse. Une poitrine ciselée et un ventre bien dessiné, comme le corps auquel ils appartenaient se mouvaient en exécutant une série de mouvements de défense et d'attaque.

Anakin suivait les mouvements en remontant, remontant le long des fortes épaules et de la nuque inclinée. Le visage de son maître était calme et serein, contrastant avec les mouvements de son corps. Les yeux fermés, la bouche entrouverte, Obi-Wan travaillait ses katas, ses bras et ses jambes coupant l'air en une série complexe de manœuvres destinées à améliorer la synchronisation, le style, l'attention. Certains travaillaient les katas juste pour s'exercer, mais Obi-Wan les utilisait comme une forme de méditation, une manière de se débarrasser du stress et d'entrer en communion avec la Force.

Anakin se tenait inhabituellement tranquille, regardant, osant à peine respirer, craignant d'être repéré. Alors la vision hypnotisante qu'il avait disparaîtrait.

La lumière d'or du soleil mettait en valeur la teinte cuivrée des cheveux de son maître, ébouriffés et légèrement humides sur son front. Par la Force, ce qu'il aimait les cheveux d'Obi-Wan. Quand Anakin était plus jeune, il avait l'habitude de se glisser derrière son maître et de glisser ses mains dans les longues tresses soyeuses, qui contrastaient tant avec sa coupe hérissée de Padawan. Il avait été furieux le jour où Obi-Wan était rentré en l'ayant coupée. Il rêvait toujours de la parcourir de ses doigts, mais maintenant il n'avait plus le droit ; il n'était plus un Padawan. Instinctivement, Anakin passa lentement sa main dans ses proches cheveux longs, tandis que la brise qui parcourait les Jardins pénétrait dans ses boucles, comme dans les longs vêtements de son maître.

Anakin se calma, croisant les bras sur sa poitrine, resserrant sa cape. Il regardait, et il apprenait. C'est ce qu'il faisait toujours.

Bien que son maître se considère comme vieux, Anakin détestait quand il le disait. Obi-Wan était en pleine forme, chacun de ses muscles était harmonieux, chacun de ses mouvement aussi léger et gracieux que ceux d'un danseur de Twi'lek, et son sourire et son esprit enfantins n'avaient pas d'âge, en dépit de cette barbe dont Anakin l'avait supplié de se débarrasser. Le corps d'Obi-Wan était un temple, que Anakin voulait honorer pour le restant de ses jours.

Et aimer, pour le restant de ses jours, même après que tous deux ne fassent plus qu'un avec la Force.

Il aimait Obi-Wan, depuis aussi loin que remontaient ses souvenirs, et depuis aussi longtemps, il souffrait de savoir qu'Obi-Wan ne l'aimerait jamais. Sans être sa mère, Obi-Wan avait été le seul point fixe de son existence. Il était vite devenu un père pour Anakin, puis un frère, puis un ami. Maintenant il était l'homme qui détenait la moitié du cœur d'Anakin, et Obi-Wan ne le savait même pas. Ne le saurait jamais.

Mais cela importait peu, en réalité. Obi-Wan était un Maître Jedi, et il aimait et honorait le Code Jedi par-dessus tout. Il considèrerait toujours Anakin comme un fils, un Padawan. Savoir cela avait conduit Anakin dans le lit de Padmé. Ils étaient proches, ils étaient amants, mais Anakin ne l'aimait pas vraiment, du moins sans comparaison avec cet amour brûlant, incandescent qu'il sentait rayonner dans chaque fibre de son être quand il pensait à Obi-Wan. Les Jedi étaient censés n'avoir aucun lien affectif, mais le lien qui l'unissait à son maître avait sauvé leurs deux vies plus souvent qu'il ne pouvait le compter. Si son maître ne pouvait être son amant, son âme sœur, il serait son frère et son meilleur ami. Lui garderait un œil sur Obi-Wan et assurerait sa sécurité. C'est ce qui poussait Anakin à être un Jedi, à se surpasser toujours autant quand il s'entraînait. Comme la nuit dernière.

Penser à la nuit dernière ramena Anakin à ce pour quoi il était à l'origine venu ici. Sa colère s'était évanouie, et Anakin ne savait même pas quand, ni comment. Regarder son maître s'exercer apparemment sans effort appliquait un baume sur l'âme fragile et torturée d'Anakin. Il s'était trop attardé, il devait partir, avant d'être repéré.

Plus silencieusement qu'il n'était venu, il fixa une dernière fois son maître, qui avait presque achevé son dernier enchaînement de katas, et fit demi-tour, la brise lui mettant les cheveux dans les yeux, faisant claquer sa cape derrière lui.

Anakin, ne pars pas je t'en prie, entendit-il par lien mental.

Voilà le deuxième chapitre, j'espère que ça vous plaît, c'est ma première traduction. Envoyez-moi une review pour me donner votre avis !