Playlist
« Nervous » Gavin James
« Let's be young » Picture this
« Sign of the times » Harry Styles
« Fireflies » Owl city
« Que le temps s'arrête » Amir
« Lithium » Evanescence
Chapitre n°1
Point de vue d'Aurore
Sans ma sœur, je ne sais pas ce que je serais, elle me soutient et sa présence m'est indispensable. Fuir sans laisser de traces dans la Société, comme si nous n'avons jamais existé, comme si depuis notre naissance, rien ne s'était passé.
Avant je n'aurais jamais imaginé être éternelle. Je ne savais même pas ce que ça signifiait. Pouvoir vivre une nouvelle vie, sans ce préoccuper de quoique soit. Être libre, sans jugements et ne penser qu'à soit, parce que je suis seule. La solitude fait partie intégrante de ma vie. Je suis une créature de la nuit. Je ne peux compter sur personne et personne ne peut compter sur moi.
« À quoi penses tu ? » me demande ma sœur Alice.
J'ai du mal à me concentrer sur autre chose. Mes pensées restent confuses un moment. A vrai dire, fuir m'exaspère. J'aimerai avoir le cœur léger, profiter du moment présent sans forcément avoir peur, sans craindre quoique ce soit et avoir un travail, avoir un logement ou encore tomber amoureuse. Ce sont des choses simples mais essentielles dans une vie et j'ai envie de les vivre.
« Tu le sais toujours » dis-je en affichant un mince sourire.
« Nous devons quand même y aller ».
Ma sœur est mon plus grand soutien. Nous avons été méprisées pendant quasiment toute notre maigre existence. Ma mémoire reste tout de même infaillible malgré les fortes doses de médicaments administrées à l'hôpital psychiatrique. Notre fuite est donc indispensable à notre survie. Nous ne sommes plus les mêmes jeunes filles qu'auparavant.
Je regarde le numéro tatoué sur mon poignet, c'est la seule chose qu'il me reste de l'hôpital. Il s'agit d'un souvenir ineffaçable de ma vie et il va m'aider à tourner la page définitivement.
« N'y pense pas ce soir ».
Nous n'avons qu'un seul chiffre de différence. Elle aussi a été marquée. Je lui sourit. Un sourire peut non seulement apporter beaucoup mais aussi cacher cacher beaucoup de choses.
Je suis ma sœur dans les rues de Rome. Une brise nous frappe le visage et l'atmosphère commence à être glauque, un brouillard se forme. Nous sommes indépendantes et pas encore libres. J'aimerai trouver un havre de paix où vivre, avoir une vie normale.
« Il est vraiment temps de tourner la page » murmurais-je.
« On prendra le temps » murmure Alice.
Pouvoir être soi-même, ne pas se préoccuper du passer qui viendrait assombrir une belle journée ensoleillée ou une soirée agréable et profiter du moment présent. Parfois je me demande si profiter du moment présent ne serait pas une solution. Ne pas se soucier du lendemain. Cela me permettrait sûrement d'avancer dans ma vie. Je me pose la question.
Maintenant que James nous a transformé en vampires, il nous ait possible de vivre une seconde fois. Dans quelles conditions ? Je refuse de fuir toute mon existence. Je refuse de vivre dans la peur du lendemain. James doit payer pour nous avoir rendues immortelles, pour avoir assassiné notre amie Isabelle sous nos yeux. Il nous traquera toute notre vie, il est né pour ça. Je refuse de croire que le fuir pour pouvoir lui mettre la main dessus ne soit qu'une illusion. Alice ouvre la porte de notre logement. Il est petit. Situé dans une petite rue, nous pouvons rayonner dans la ville.
« Tu veux du thé ? »
« Oui, merci »
Je m'installe dans le canapé et feuillette un vieux carnet. Les pages sont noires par mon écriture. Ce carnet comprend des notes, des textes personnels, des listes. Ce sont des traces de mon anciennes vie.
« Peut-être que l'on devrait partir ? » me demande ma soeur.
« Partir où ? »
« N'importe où dit-elle en buvant une gorgée de thé ».
« Quand ? »
« Dès que possible »
« James nous traque, le plus tôt sera le mieux ».
« Il continuera ».
« Nous ne pouvons fuir indéfiniment ».
« Le plus longtemps possible en tout cas ».
Assise sur une chaise, Alice regarde l'horizon, elle est pensive en ce moment et je sais qu'elle souhaite changer de vie rapidement. Moi aussi.
« Tu as eu des visions récemment ? »
« Non ».
Elle semble pensive.
« J'ai peur que l'on se sépare ».
« Pourquoi ? ».
« Un jour il le faudra, tu dois mener ta vie » me dit-elle en me regardant.
« Pas sans toi ».
Nous avons vécu suffisamment de choses ensemble pour savoir qu'un jour, l'une de nous voudra vivre sa vie. Je ne sais pas. C'est mon point de vue. Ma soeur m'est indispensable.
« Tu ne devrais pas penser à une séparation ».
« Mais tu l'envisages ? Si jamais tu rencontres quelqu'un ? ».
« Pas pour le moment. N'y pense pas. Tu devrais boire ton thé avant qu'il ne refroidisse ».
L'éternité n'est pas un cadeau ordinaire, il est empoisonné. Chaque jour qui passe va changer ma vie, je reste la même personne sauf que l'éternité fait partie de ma vie. Je ne changerai jamais physiquement. Je pense que c'est le nouvel aspect de ma vie qui m'effraie le plus.
Le miroir disposé sur le sol en face du canapé reflète mon apparence, blonde, yeux verts au teint blanc vampirique. J'aimerai oublier mon apparence et passer à autre chose mais c'est dur. Je n'ai jamais été à l'aise avec mon corps. A l'hôpital, les remarques déplacées étaient devenues courantes.
Tout ce que je veux c'est être entourée de gens qui m'aiment pour ce que je suis. J'ai la chance d'avoir ma soeur, heureusement. Sans elle, je n'aurai pas supporté ma condition de vampire. Du moins, ça aurait été compliqué. Trop compliqué.
Le reflet de ma sœur apparait aussi dans le miroir. Ses cheveux noirs, court, entourée par ses yeux marrons chocolats et son doux visage de porcelaine font de ma sœur le plus beau visage vampirique que j'ai vu.
Un sourire s'affiche sur son visage. Nous sommes ensemble, c'est tout ce qui compte.
« Tu viens ? ».
« J'arrive ».
Demain sera un autre jour.
« En fait si, j'ai eu une vision hier » me dit-elle.
« De nous ? ».
« C'est encore flou mais je ne me trouvais plus en Italie ».
« Où ? ».
« Je ne sais pas » dit-elle. « Je n'ai pas plus d'informations ».
On y arrivera.
« Bonne nuit » me souffle t-elle en ne pouvant se retenir de rire.
« Les vampires ne dorment pas. Les vampires n'ont pas besoin de sommeil » dis-je en riant plus fort.
« Il est temps d'aller chasser alors ? ».
« Exactement ».
« Dormir, comme si nous dormions ».
« C'est toi qui souhaites adopter des habitudes humaines » dis-je.
« Pour se fondre dans la masse ».
« Bien pensé ».
« Il va falloir jouer le jeux, personne ne doit découvrir notre vraie nature ».
« Les conséquences seraient dramatiques ».
« Pour éviter cela et que tout se passe bien, restons discrètes ».
Nous chassons près de là où nous vivons, un coin de verdure à l'abri des regards où nous pouvons être tranquille.
Seulement une odeur attire mon attention et c'est une odeur obsédante. Elle prend possession de mon corps immédiatement. Mon esprit est brouillé par mon besoin de mettre la main sur cette odeur. Il le faut.
Ma main se crispe quand j'aperçois la source de mon obsession.
La culpabilité, un sentiment encore inconnu jusqu'à maintenant. ce soir, je le connais pour la première fois. Ma première victime a payé les frais de ma condition vampirique, un être assoiffé de sang. Elle a eu le temps de rien et il le valait mieux. Je suis condamnée à commettre d'autres crimes pour assouvir mon envie d'hémoglobine.
Son corps inerte sur le sol, moi devant incapable de bouger, je le fixe des yeux. Ma respiration s'accélère. Je me sens bien parce que ma gorge est apaisée. J'ai eu besoin de boire son sang, maintenant j'aurai son visage sur la conscience, à vie.
Il fait nuit noire, je erre dans les rues de Rome en étant bouleversée. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée.
Mes mains ont suffisamment essuyées de sang. Cela ne fait que commencer.
Demain, je ne devrais plus penser à ma précédente victime. Je ne serais pas quand sera ma prochaine vie enlevée.
« Il faut partir d'ici dit ma sœur ».
Mes larmes ne demandent qu'à couler le long de mes joues. Incapable de respirer calmement et encore moins de bouger, elle est obligée de me tenir le bras.
« Nous n'avons plus le temps ».
« Nous n'avons plus le temps de pleurer ».
« Il faut partir » répétais-je.
« Viens » dit Alice.
« Il faut faire quelque chose, on ne peut pas la laisser ici, pas seule » dis-je.
« Laisse tomber ».
Je n'ai d'autre choix que de finir avec Alice dans les ruelles de Rome. Une forte odeur de sang attira l'attention des habitants aux alentours et peut-être d'autres vampires. Je cours sans me retourner. C'est irréel. Ma sœur me suit de près.
Je ne suis pas prête pour ça. Je ne veux pas devenir une autre personne.
« Qu'est-ce que j'ai fait ? » dis-je choquée au milieu d'une rue.
Maintenant, je connais ma vraie nature. Mes mains sont recouvertes d'hémoglobine. Le liquide dégouline le long de mes doigts pour tomber sur le plancher. Les gouttes elles-mêmes émettent de fines projections.
Ma sœur ne sait plus quoi dire mais ne semble pas affolée, elle semble compréhensive.
« Je l'ai vécue en vision deux minutes avant de le vivre » me dit-elle. « C'était instinctif, je devais le faire, il fallait épancher ma soif avec son sang. C'était aussi une jeune fille. Je n'ai eu aucune compassion sur l'instant car son sang m'était vitale. Je n'ai pas réfléchie ».
« Qu'est-ce que l'on devient Alice ? » dis-je en la regardant dans les yeux.
« D'autres personnes. Nous sommes immortelles et dépendantes du sang d'autrui ».
« C'est le sentiment de dépendance ? ».
« Oui » murmure t-elle. « Tu t'y habitueras ».
« Comment ? » dis-je sous le choc. « Mes mains tremblent, ma respiration n'est pas régulière et les battements de mon cœur sont quasi inexistants. J'ai peur Alice ».
« Nous sommes ensemble » dit-elle en pressant ses mains contres les miennes.
« Sans te vexer, je doute que ce soit suffisant ».
« Personne ne nous a vu ».
« C'est ce que tu penses » dis-je sceptique. « S'il y avait quelqu'un de sa fenêtre témoin de la scène, nous étions condamnées ».
« Ce ne sera pas le cas ».
« Comment le sais tu ? Comment es tu aussi sûre de toi ? » dis-je méprisante.
« Je » répond Alice hésitante. « Je l'ai vu ».
« Tu as eu une vision ? ».
« Une bribe. Ce n'était pas mon attention de te vexer ».
« C'est maladroit de ma part » dis-je pour briser le silence. « Il faut que je maitrise mes émotions ».
Je sais parfaitement que ma soeur me veut du bien. Je n'ai jamais eu l'attention de faire du mal à quelqu'un. Sauf que ce soir, le ciel m'est tombé sur la tête. Je n'ai pas su quoi faire en premier et ça m'effraie.
« Ne t'excuse pas » me dit-elle en me prenant dans ses bras. « Après ce qu'il s'est passé cette nuit, tu es plus importante que le reste ».
« Tu l'es aussi ».
En rentrant chez nous, Alice mets les clefs près de l'entrée. Elle enlève sa veste.
« Bois un autre thé chaud, ça te fera du bien ».
« Tu en veux un aussi ? ».
« Oui, merci » dit-elle depuis la fenêtre.
« Tiens » dis-je en lui donnant la tasse de thé brûlante. Je ne suis pas sûre qu'elle soit sensible à la chaleur. « Qu'est-ce que tu regardes ? ».
« La rue dans laquelle on vit ».
« Elle a quelque chose de particulier ? ».
« Ne dis pas de bêtise » dit-elle en riant.
« Nous ? » ajoutais-je.
Alice se met à rire joyeusement.
« Comment sais tu passer des larmes au rire ? ».
« Tu me fais rire » répondais-je.
« L'argument est moyen » dit-elle sceptique. « Termine ton thé au lieu de dire des bêtises ».
« Entendu » m'inclinais-je.
Quatre vingt cinq ans plus tard...
Un panier d'osier à la main, j'arpente les allées du marché. Les étales sont garnies de produits frais, colorés et très variés. Je n'ai pas de talent culinaire pour les cuisiner. J'imagine alors les odeurs de tomates, du basilic mêlé au parmesan râpé. Un tas de recettes que je ne goutterai jamais.
Je continue mon marché en m'arrêtant à plusieurs stands. A force de regarder toutes ces bonnes choses, je pense qu'il est temps de prendre des cours de cuisine italienne. Passer à autre chose, être quelqu'un de normal serait super.
La foule, les gens pressés ne me rassurent pas. Je suis pourtant arrivée ici tôt mails il y a trop de monde. Hors de question que mon instinct vampirique prenne le dessus.
En rentrant à la maison, ma soeur m'accueille avec un sourire. Je fis de même en montrant mon panier garni de produits frais.
« J'ai décidé de prendre des cours de cuisine ».
« Quoi ? ».
« J'ai lu dans tes pensées et j'ai deviné à quel point ça te ferait plaisir ».
« Cesse de lire dans mes pensées ».
« J'ai eu des billets pour des cours et on commence demain, il y en a deux par semaine pendant trois semaines pour le moment et on avisera ensuite si on renouvelle ».
La semaine suivante...
Le cours de cuisine se déroule dans un petit restaurant à l'opposé de notre logement mais c'est l'occasion de passer un moment convivial ensemble. L'ambiance est plutôt bonne, nous ne sommes que dix personnes par cours.
« Tu comprends ? ».
« Grâce à toi ».
« Ça sent extrêmement bon ».
« Je sais et on ne peut pas partir d'ici sans goûter ».
« On ne mange plus ».
« Par politesse ».
« Evidemment ».
J'ai perdu l'appétit en ce qui concerne la nourriture humaine. Dommage.
« Tu me revaudras ça » dit-elle. « On s'éclipse ».
Une fois dehors, nous prenons une profonde inspiration car la chaleur de la cuisine devenait étouffante sans parler des huit autres humains présents.
Si notre instinct avait pris le dessus, nous aurions fait un massacre. Je ne comprends pas comment nous avons pu nous maitriser autant. L'obsession du sang fait partie de nos vies et elle peut poursuivre un vampire pour l'éternité.
Je me réjouie de ne pas avoir provoqué de carnage. Mon dernier meurtre me reste sur la conscience, chaque victime est gravé dans ma mémoire, elles datent d'y a si longtemps pourtant.
« Je me demande comment on a fait pour tenir là dedans ».
« Et moi donc » dit-elle en s'essuyant le front. « On mérite une médaille. Je n'en pouvais plus. De plus, mon chemisier est tâché ».
Je lève les yeux au ciel, ce n'est pas dramatique. Nous prenons le chemin du retour. Il est temps de rentrer.
Ma soeur me devance. Elle court aussi vite que moi. Nous nous amusons à faire la course dans la ville. Elle parcourt les rues de façon aisée parfois elle rebondit sur les toits. Elle s'arrête pour observer les étoiles. Elle en connait beaucoup, contrairement à moi. Parfois je lui demande s'il y a une raison particulière pour regarder les étoiles. Alice me répond que non, elles sont belles et elles ont chacune une histoire. Je m'assois près d'elle, curieuse de partager cela avec elle, pour en savoir davantage. Seulement, nous n'avons pas beaucoup de temps pour rêver. Cela me manque cruellement.
Arrivée à quelques mètres du lieu où nous vivions depuis quatre vingt cinq ans, un bruit m'interpelle. Avec ma soeur nous sommes spectatrice de la scène, deux silhouettes sont dans notre rue. Elles n'ont pas l'allure d'humains mais bien de vampires. Il y en a d'autres, à Rome et nous ne sommes pas seules.
« Tu as vu ça ? » dit l'un à l'autre.
« Du sang humain » constate t-il.
« Nous ne sommes pas seuls dans les parages ».
« Il y a des vampires partout ».
« Je sais mais il n'y a pas de traces de sang humain partout ».
« Ça a été nettoyé ».
« Oui par la pluie ».
« Bref, ne faisons pas d'analyse rapides ».
« Il faut partir Jasper ».
« J'arrive ».
Jasper. C'est le prénom d'un des vampires.
« Je l'ai déjà vu en vision » me chuchote Alice qui ne m'a rien dit jusqu'à présent.
Cette réflexion lui ait apparue comme un flash.
« Comment ça ? » dis-je directement.
« Chut » me dit Alice en me faisant taire et en m'adressant au passage un regard noir.
Je n'arrive pas à distinguer les deux vampires à cause de ma soeur. Elle presse son doigt contre ma bouche et s'assure que je ne bouge pas. Je réussi quand même à voir ces deux vampires inconnus. L'un est plus grand que ma soeur, ce n'est pas difficile, d'environ deux ou trois têtes. L'éclairage public ne me permet pas d'établir une couleur de ses yeux précise, selon moi ils sont or et miel, un mélange de ces deux nuances. Son visage semble apaisant au premier abord. Il a dû sûrement avoir eu des phases compliquées auparavant vu les marques sur son bras gauche, je ne vois pas le bras droit. Il a de beaux cheveux bouclés et blonds. Quant à l'autre, son visage est d'une douceur. Ses cheveux blonds me rappellent les miens mais en plus foncés, cendrés je pense. Il a aussi des marques sur les bras, davantage sur le bras droit on dirait et une autre au niveau du cou. Je me demande qui est à l'origine de toutes ces marques corporelles. La douleur a dû être épouvantable. Y penser me fend le coeur.
« Oui je l'ai vu en vision récemment et maintenant je connais son prénom ».
« Pourquoi ne me l'as tu pas dit ? ».
« C'était flou. Mes visions sont subjectives ».
« En tout cas, on connait son prénom ».
« Oui » sourit ma soeur.
« J'aime bien ce prénom ».
« Vraiment ? ».
« Oui ça fait Caroline du Sud, Texas peut-être ».
« Aucune idée mais c'est peut-être une piste » dit-elle en me regardant avant d'ajouter. « Tu as vu son ami ? Il est canon ».
« Tu crois qu'ils sont de la même famille ? ».
« Possible, il y a des traits de ressemblance ».
« S'ils sont dans les parages, ce n'est pas un hasard ».
« Tu crois ? ».
« Ce ne doit pas être des nouveaux nés comme nous ».
« Nous sommes vampires depuis quatre vingt cinq ans » dis-je directement. « Les nouveaux nés ne survivent pas la plupart du temps ».
« D'accord je me suis mal exprimée mais l'appel du sang humain est valable pour tous, personne ne peut y résister. Eux si, ils ont eu le contrôle. Ils doivent consommer du sang animal ».
« Rentrons » dis-je. « Personne ne doit nous voir ici ».
« On doit encore se cacher combien de temps ? On est ici depuis des années ».
« Ce sont des précautions à prendre ».
« Tu penses que ce Jasper pourrait être ton âme soeur ? » demandais-je.
« A cause de ma vision ? Mes visions sont subjectives ».
« Je ne cesse d'y penser ».
« On verra » dit-elle sans savoir quoi répondre.
Si ces deux vampires découvrent notre existence, je ne sais pas quelles seront les conséquences. Nous n'avons pas de lien avec d'autres vampires. Le visage de Jasper me reste en tête et celui de son ami aussi. C'est troublant. Toute cette histoire, ce contexte me dépasse un peu. Nous avons établi domicile à Rome depuis quatre vingt cinq ans. La vie a changé du tout au tout.
