La suite...
Merci à ma sublime Bêta SomeCoolName qui fait des merveilles.
En vous souhaitant une bonne lecture.
Le troisième homme
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Chapitre 2
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Les minutes s'égrainaient telles des heures avant que les secours n'arrivent. Ce fut aussitôt un terrain de guerre, une bataille contre la mort à coups d'aiguilles et de perfusions, de compresses imbibées d'écarlate. L'inspecteur s'était écarté, les mains couvertes du liquide poisseux, il regardait faire, impuissant. Sherlock n'avait toujours pas bougé, il ne tressaillit même pas quand un hélicoptère se posa sur la place à quelques pas, que Mycroft en descendit. Ce dernier jugea de la scène en quelques instants et murmura à l'oreille de son assistant qui prit son téléphone.
Mycroft donna ses instructions, on devait charger John Watson dans l'hélico pour le ramener à Londres, le médecin et un infirmier suivirent sans broncher, personne n'ignorait qui il était.
« Inspecteur, je vous laisse régler les détails ici. Allons Sherlock, viens. »
Le détective suivit son frère comme un enfant, il n'avait pas dit un mot, pas posé une seule question quant à la présence des deux hommes ici. Et ça, ce n'était pas normal, tout le monde le savait. Greg s'en inquiéta, Mycroft ne faisait qu'attendre qu'il se réveille... et explose. L'appareil décolla dans un vrombissement de rotors et là, Greg se permit de s'effondrer sur le banc.
OoO
C'est un séisme. Un tremblement de terre pas loin du 7 de l'échelle de Richter que je ressens jusque dans mes os. Mes yeux ne voient que le vide, je me suis précipité dans mon palais mental mais tout s'effondre, il n'en reste que des ruines, des murs rouges qui s'écroulent. Un seul chemin, celui qui mène à John mais il est si loin, je n'arrive pas à le rejoindre. Pour la première fois de ma vie, je n'arrive pas à réfléchir, mon cœur tambourine dans mes oreilles, un son de grosse caisse trop fort, trop rapide, qui ne me laisse pas de répit. Il me faut du silence ! Mais ce putain de palpitant ne veut rien savoir, il tape, il cogne, il hurle. Il faut que je le fasse taire, non ?
« Si ton cœur arrête de battre, ce ne sera pas très bon signe.
- Je sais John, j'ai juste du mal à penser, je ne suis pas devenu stupide ! »
Il m'a parlé, de loin, je ne le vois pas mais je sais qu'il est là. Il est toujours là !
Fermer les yeux. Inspirer. Expirer. Compter jusqu'à cent. Recommencer.
« Tu m'as menti, John.
- Absolument pas, j'ai juste omis quelques informations.
- Tu a pris une balle à ma place, elle m'était destinée et tu le savais.
- Oui, Sherlock.
- Je te déteste.
- Je sais. »
Fermer les yeux. Inspirer. Expirer. Compter jusqu'à cent. Recommencer.
OoO
Des heures qu'ils étaient dans la salle d'attente de l'hôpital. Mycroft observait son frère du coin de l'œil, il aurait dû rentrer à son bureau mais il avait préféré attendre, Sherlock semblait en état de catalepsie. Il avançait quand on le le lui disait, il se fixait d'une simple pression sur son bras, son regard était fixe et vide, jamais il ne l'avait vu ainsi, du moins, à ce point et si longtemps.
La dernière fois, il était enfant, six ans pour être précis, leur chien venait de se faire écraser par le laitier, il avait couru après un chat, le conducteur n'avait rien pu faire. Sherlock avait appris la nouvelle en rentrant de l'école, ne sourcillant pas une seconde. Il s'était muré dans un silence rêveur, demandait après le setter, puis retournait dans son monde. Il était resté ainsi trois jours, le médecin avait été appelé, avait prescrit un léger tranquillisant. La troisième nuit, leur père l'avait trouvé dans le jardin, au-dessus du corps qu'il venait de déterrer.
« Je ne savais pas si c'était vrai, il fallait que je le vois. »
Leur père l'avait ramené dans la maison sous les yeux de sa femme qui tenait ses bras croisés sur sa robe de chambre. Avec douceur, elle l'avait emmené se laver, il était couvert de terre, frissonnant dans son pyjama humide de rosée. Seul Mycroft avait semblé remarquer cette étincelle dans son regard qu'il avait revu si souvent ensuite : Sherlock venait de comprendre, avait observé, décortiqué, analysé tout ce qu'il venait de voir, la mort était un corps inerte, nettoyé par les asticots. Rien d'autre. C'était devenu quelque chose de tangible, pas juste des paroles qui ne voulaient rien dire – un paradis pour chiens, non mais quelle idée ! -, il pouvait passer à autre chose.
Puis la vie avait repris son cours, comme si de rien n'était. Sauf que Sherlock n'avait plus jamais voulu reparler du chien.
Mycroft détailla son frère, assis sur une chaise en face de lui. Il ressemblait à une statue de cire et aurait pu sans complexe appartenir au musée de Madame Tussaud, le dos droit, les mains sur les genoux, le regard fixe et inexpressif. Il soupira et vint se poser à ses côtés.
« Sherlock, John Watson n'est pas mort. »
Pas de réponse, pas un tressaillement. L'aîné amorça une tape amicale sur l'épaule mais rabaissa sa main avant de le toucher et l'attente reprit, tous deux immobiles au milieu de l'effervescence de l'hôpital qui ne dormait jamais.
OoO
Le médecin débarqua dans la salle après plus de quatre heures d'attente.
« L'opération s'est bien passée. Le docteur Watson est en réanimation, il dort, rien n'est acquis mais je suis plutôt confiant pour l'avenir. »
Quatre-vingt-dix-huit,...
« Merci docteur. », répondit Mycroft alors que ce dernier quittait les lieux, sans doute pour retourner auprès d'un autre patient.
… Quatre-vingt-dix-neuf,...
Mycroft ne put que constater l'absence de réaction de son frère mais alors qu'il allait demander à ce qu'on l'examine, ce dernier se leva comme un ressort.
… Cent.
« Sherlock ?
- Je dois partir. Je rentre chez moi.
- Ce n'est pas possible, question de sécurité. »
Le détective lui dédia un regard froid avant de soupirer.
« Je rentre à Baker Street, il faut que je réfléchisse. Nos parents sont en sécurité, eux ? Et inutile de hausser le sourcil, nous sommes dans un salon privé, deux hommes de la sécurité sont ici, trois autres à l'extérieur, ce qui est beaucoup, même pour toi. Et tu es un peu raide, enfin, plus que d'habitude, un gilet pare-balles n'est pas très souple. J'en déduis que ta vie est menacée, la mienne aussi donc le nom de Holmes. Alors, les parents ?
- Ils sont en Écosse, sous protection.
- Lequel des deux a été blessé ? »
Mycroft hésita un instant à jouer à le laisser deviner mais l'heure n'était pas à la plaisanterie.
« Papa. Mais juste quelques coupures quand la balle a fait exploser la vitre.
- Bien.
- Sherlock, tu dois venir avec moi.
- Il n'en est pas question.
- Et pourquoi, je te prie ?
- Parce que ça ne sert à rien ! Un malade est dans la nature, tu t'es caché, nous sommes samedi, je sais que tu n'es plus allé à ton bureau et que tu as déserté ta fameuse visite au club Diogène lundi, ceci est tout bonnement impensable.
- Encore ton réseau de sans-abris ?
- Bien plus efficace que tes espions payés pour ça.
- Sherlock...
- Non ! Tu as parlé à John, n'est-ce pas ? Il savait et regarde où il en est ! »
Les mots accusateurs avaient jailli. Le détective était hors de lui pourtant, il ne bougeait pas, droit, le menton relevé, seule sa mâchoire serrée trahissait son état, on lui avait caché des choses et tout ce qui comptait alors était de comprendre. Sauf qu'une douleur sourde le faisait dévier des faits, l'affect prenait le pas sur la raison, sensation nouvelle et oh combien désagréable. Mais Mycroft se planta devant lui, un index posé sur sa poitrine.
« Ne rejette pas la faute sur moi, Sherlock ! Il..., nous savions tous que dès que tu saurais, tu te pendrais toi-même au bout de la ligne pour servir d'hameçon. Il a choisi de faire à sa façon, totalement idiote, comme de bien entendu. Il a fait cavalier seul, je comprends pourquoi vous vous entendez si bien, d'ailleurs. »
Les mots avaient atteint le jeune homme. Sa faute... mais la culpabilité ne devait pas ternir son jugement, il avait peu de temps, beaucoup de travail, tout un palais mental à reconstruire. Il secoua la tête comme pour se sortir une idée gênante et releva son col.
« Je t'appelle plus tard, Mycroft. Mais d'ici là, veille à ce que personne n'approche John, il est sous ta responsabilité. Et s'il lui arrivait quelque chose, je peux te jurer que j'oublierais que tu es mon frère. »
Ils se séparèrent ainsi. L'aîné le regarda partir jusqu'à ce qu'il disparaisse derrière les portes battantes. Puis il prit son téléphone, il avait des ordres à donner.
OoO
Au 221 B Baker Street, Madame Hudson était absente, sans doute évacuée elle aussi. Sherlock se rendit dans le salon, laissa tomber son manteau au sol et s'effondra sur son fauteuil, en face de celui de John, cruellement vide. Tout était silencieux, rien n'accrochait son regard, pas un mouvement, même pas une poussière qui danserait dans le rayon de soleil qui filtrait à travers la fenêtre. Il se sentait vide lui aussi, sa tête était plus sèche que le désert aride. Enfin, non, seuls les souvenirs remontaient à la surface, la table autour de laquelle ils s'étaient engueulés la semaine dernière à propos d'une main dans le frigo, le canapé où ils avaient fait l'amour la veille de leur départ comme des animaux en rut, ce pull beige oublié sur une chaise qu'il détestait tant...
Il remonta ses genoux sous son menton et ferma les yeux.
Il n'y a que des ruines... je ne vois rien, du rouge et du noir... rien...
« John ? »
Il ne me répond pas, ça n'arrive jamais... sauf quand il m'en veut, ça a duré des semaines quand je suis revenu. Il me demandait de la considération, de la compassion, ne voulait pas d'excuses. Il peut être très pénible et borné quand il s'y met.
« John, je ne te déteste pas, je ne le pensais pas.
- Je sais. »
Il est là ! J'en éprouve une telle joie qu'un rire s'étrangle dans ma gorge.
« John... je ne peux rien faire, je...
- Tout est imprimé dans ta tête, Sherlock. Il faut juste te rappeler de ce qui compte.
- Ce qui compte : tu es sur le sol...
- Non, pas moi ! Autour, regarde autour, c'est tout ce qui prime.
- ... La rue en pente, des voitures stationnées, Lestrade qui descend de la sienne. Il crie, tourne la tête, sort son arme... un coup de feu puis un autre... une voiture bordeaux, jaguar, certains moyens financiers... Je distingue à peine la plaque... OA 14 BBM ou BBN... il est d'Oxford d'après la plaque... la portière arrière a une couleur à peine plus vive, a été changée... sur le toit, une feuille d'arbre, je ne connais pas...
- Bien-sûr que si ! Remonte ces putains de murs de ton putain de palais, Sherlock ! »
Il me dérange que John puisse avoir raison mais c'est un fait. L'effort est monumental, je n'y reconnais rien, tout n'est que chaos. Une pierre, un mur, un couloir, une salle, une autre... je redresse les méandres de ma pensée... c'est une plante tropicale... on ne la trouve en Angleterre qu'aux jardins royaux de Kew, ici à Londres... Mais quel est le lien avec Mycroft ? Il s'est exilé avant que nos parents soient pris pour cible, chronologiquement, il est celui qui est visé. Pourquoi ?
« John, pourquoi lui ?
- Je ne peux pas t'aider, je suis tes souvenirs, je ne suis pas vraiment là.
- Lestrade aussi savait, pourquoi lui, toi et pas moi ? »
Je ne pense qu'à ça, ça me ronge de l'intérieur, je ne comprends même pas pourquoi. Lestrade est le troisième homme. Il faut que je pense, j'ai les informations mais il me faut... John mais il n'est pas là.
OoO
John ouvrit péniblement un œil, sa paupière était plus lourde qu'une chape de plomb, la gorge sèche et douloureuse. Des murs blancs, des tubes, des bips de machine... Il émit un gémissement.
« John ? »
Sa vue floue distinguait une silhouette qui se précipitait vers lui et il dut attendre de faire le point.
« Greg...
- Content de te revoir parmi nous. Comment tu te sens ?
- Bien, un peu dans le gaz.
- Normal, ils t'ont bourré d'anti-douleurs. Tu as pris une balle, tu te souviens ?
- Ah, oui. »
Oui, il se souvenait, surtout de l'absence de douleur, un très mauvais signe en soi. Puis il avait eu si froid, ce bruit de pas dans la neige à chaque respiration, pneumothorax, pas bon, pas bon du tout mais il semblait s'en être sorti.
« Je suis là depuis combien de temps ?
- Neuf jours, tu as été plongé dans un comas artificiel, pour que tu guérisses. Tu t'es réveillé brièvement depuis, tu ne t'en souviens pas ?
- Non. Tout le monde va bien ?
- Oui, ne t'en fais pas, Vernon Cooper, le connard à la gâchette facile, est sous les verrous, on l'a eu avant qu'il ne fasse plus de dégâts. Tout ça grâce à Sherlock, il est entré par effraction dans le bureau de Mycroft, s'est fait passer pour lui et a eu la bonne idée de m'appeler, on n'a eu qu'à le cueillir.
- Parfait... et Sherlock doit passer? »
Greg baissa les yeux, soudain gêné. Non, il n'était pas venu une seule fois, lui-même était allé le trouver, l'avait engueulé, insulté, supplié mais le détective lui avait seulement répondu qu'il était occupé. À quoi, on se le demande, vu qu'il passait ses journées enfermé, vêtu de sa robe de chambre, Madame Hudson avait du mal à le convaincre de se nourrir, l'enfoiré ! Il sentit la main de John serrer la sienne.
« C'est pas grave, c'est Sherlock.
- Ouais, c'est... Sherlock. Tu aurais dû lui dire, nous aurions dû... nous lui avons caché trop de choses.
- Je sais, je n'ai pas eu le courage ni l'envie. Quelle merde ! »
Greg serra un peu plus fort sa main qu'il n'avait pas lâché.
« Je vais devoir y aller, j'ai du boulot.
- Merci d'être là, Greg.
- Ce ne pourrait être autrement. Repose-toi, je repasse ce soir. »
Gregory n'avait pas fermé la porte que John dormait déjà. Il avait pris l'absence du détective avec légèreté mais il savait qu'il avait eu du mal à encaisser la nouvelle et son poing le démangeait d'aller l'écraser contre une certaine pommette saillante. Vraiment, Sherlock Holmes ne méritait pas John Watson.
OoO
Cooper sous les verrous, nulle occupation, Sherlock s'ennuyait ferme. Ce n'était même pas drôle de torturer son violon si John n'était pas là pour lui tomber dessus. En fait, tout était fade depuis, au point qu'il était allé acheter une dose d'héroïne au dealer su coin. À présent, assis dans le salon, il triturait le petit sachet entre ses doigts, la cuillère, le briquet , le garrot et la seringue déjà alignés sur la table.
« Sherlock, t'es pas sérieux, là ? »
Je soupire, j'entends encore sa voix alors que je ne l'ai même pas demandé, il s'impose à moi sans que je ne puisse rien faire.
« Ce n'est pas le moment, je suis occupé, John.
- Pour sûr que tu l'es ! À n'importe quoi d'ailleurs !
- Je m'ennuie.
- Ce n'est pas une excuse et tu le sais. Fais autre chose, une expérience, je sais pas... Y'a personne dans le réfrigérateur ?
- Même pas, la dernière main, tu l'as jetée.
- Oh puis cesse de faire ta voix de mourant, secoue-toi, merde ! »
Je soupire, encore. Je sens ma patience s'effriter, John est de plus en plus présent depuis que j'ai reconstruit mon palais mental, j'ai l'impression de ne plus jamais être seul et ça me gonfle, furieusement. Et pourtant, il me manque, furieusement.
« John, fiche-moi la paix ! J'en ai juste marre que que tu joues à Jiminy Cricket, tu n'es pas ma conscience.
- Tu connais Jiminy Cricket ? Merde, j'en reviens pas.
- J'ai été enfant aussi, je te signale.
- Ah bon ? Je n'en ai guère l'impression. », ironisa John.
Moi non plus à vrai dire mais bon, il parle dans ma tête, normal qu'il soit de temps à autres d'accord avec moi, je suis le patron.
« Pourquoi tu ne viens pas me voir à l'hôpital, Sherlock ? »
Tiens, la culpabilité, sauf que je ne me sens pas coupable, ce ne peut être ça. Juste que cette question, il la poserait, oui, ça vient de John, pas de moi.
« Inutile, j'ai un rapport quotidien sur ton état de santé.
- Mais si j'avais besoin de toi ?
- Non, tu n'as pas besoin de moi, tu as Graham. »
Il se tait. Je sais que ce n'est pas vraiment lui car il n'a pas corrigé ce satané prénom. Et je me sens si idiot de penser ainsi, ce n'est pas moi, ma façon de voir, de vivre. Les gens m'horripilent, au mieux, ils m'indiffèrent. Sauf John. Pendant ces deux ans, il m'a peu manqué, j'agissais pour lui, je savais qu'il m'attendrait... du moins, je le croyais.
Quelle ne fut pas ma surprise de le retrouver, tout juste à se fiancer. De prime abord, je m'étais dit que ce n'étais qu'une passade, cette Mary ne comptait pas plus que Jane, Paula ou les autres, juste le besoin primaire de sexe. Mais se marier... la prochaine étape, un enfant, un mini-Watson ? Là, je n'existerais plus pour lui. (1)
On me dit égoïste, sociopathe, des adjectifs qui ne me dérangent pas. Je le suis souvent (bien que je ne l'admettrai jamais, même sous la torture), je l'ai été cette fois aussi. Et j'ai offert à John ce qui lui faisait alors défaut : de l'action... et du sexe. Au départ, je l'ai embrassé puis j'ai précipité les choses sérieuses, je le sentais prêt à craquer et vouloir retourner auprès d'elle après leur rupture. Un plan réfléchi, calculé, le temps d'éloigner cette femme sans espoir de retour.
Le sexe est un instinct primaire pour se reproduire, là, on ne pouvait pas dire que ça correspondait (oui John, je sais comment on fait les enfants). Non, c'est devenu d'abord un plaisir, puis un besoin, une nouvelle addiction car dans ces moments là, c'est comme la drogue, mon esprit n'est parasité par rien, juste lui. Lui et moi.
Il a quitté une femme pour un homme, est-ce qu'il pourrait me quitter pour un autre homme ? 52,6 % divorcent en Angleterre, John a quitté sa fiancée si facilement, il n'a même pas eu le temps d'entrer dans les statistiques. Il aime le changement, il aime les gens. Il se plaît à marteler qu'il est devenu gay par accident.
« Comment tu me décrirais, John ?
- Eh bien, très intelligent, je ne t'apprends rien, arrogant, prétentieux, invivable, accroc au danger... sexy. »
Je souris au dernier mot parce que je sais que c'est vrai, je le sais quand il me touche sans pudeur.
« Et Graham ?
- Calme, posé, sérieux, on peut toujours compter sur lui. Et il aime le sport, super important, ça. Et libre. »
Libre, l'est-il encore ? John et lui se ressemblent.
« Tu pourrais me quitter, John ?
- Je ne sais pas, à ton avis ? »
Statistiquement, il m'a déjà laissé.
Sherlock déchira un bout du petit paquet avec ses dents et goûta la poudre blanche de la pointe de la langue.
« Bonne qualité. »
Puis il se leva, ouvrit une fenêtre et laissa une bourrasque de vent emporter le poison.
OoO
(à suivre)
(1) Mary n'est qu'un personnage anecdotique ici par rapport à la série, pas de mariage, pas de bébé. Je ne voulais pas lui accorder trop d'importance.
Merci d'avoir lu et au plaisir.
