Par Blaise.

Je suis là pour toi tu sais, non, faux, je ne suis plus là. Je ne serai plus jamais à tes côtés ni aux côtés de personne, malheureusement.

Plus jamais je ne pourrai ouvrir les yeux, plus jamais je ne pourrai contempler ton sourire éternellement triste. Je ne pourrai plus jamais bouger ne serait-ce que le bras pour chasser une larme de ta joue ou pour prendre ma baguette de sorcier.

Tes yeux bleus, tes cheveux blonds, ta manière d'être et de bouger, ton hyper-activité, ta dyslexie. Je ne pourrai jamais revoir tout ça.

Plus jamais je ne pourrai rire, manger, pleurer, dormir, parler, écrire, lire, aimer, détester... Rien, plus rien, plus jamais.

Tu ne m'a pas cru, tu ne m'aurai jamais cru, si peut-être, un jour. Clarisse, c'est dur à avaler mais je suis un sorcier, enfin j'étais. Ça aussi c'est étrange, parler de soi au passé, comme si l'on existait plus, ce qui est, techniquement parlant, le cas. Je t'ai cru moi quand tu m'as dit que la mythologie Grecque existait et que tu étais la fille d'Arès. Je t'ai crue, crue sur parole, parce que je t'aimais. Je sais que tu m'as aimé, je l'espère fort du moins.

Je suis mort, je suis triste, je suis un sorcier. Je suis Blaise Zabini. Je ne crains pas la mort, je l'ai frôlée tant de fois, et de trop près. Ma famille ne me manquera pas, elle ne m'a jamais aimé, je le sais, elle ne voyait que ma condition de Sang-Pur.

Mes amis ? Ai-je vraiment des amis ? Draco... Pansy... Théodore... Foutaise ! Eux aussi n'ont vu que le Serpentard, Sang-Pur, fils de riches. La seule personne que j'avais, c'est toi, Clarisse. Fille d'Arès, dieu de la guerre.

J'ai été un idiot ce jour-là, un idiot fini, et je le regretterai jusqu'à la fin de mes jours. Si on peut dire que je suis conscient. J'aurai du te montrer mieux, j'aurai du jeter un sort tel que Levicorpus ou Alhomora, pas me contenter de Lumos. Pourquoi ai-je fait ça ?

Pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi... Je pourrai ressasser encore et encore ce mot pendant des années. Pourquoi ne t'ai-je pas montré ? Pourquoi ai-je couru sans regarder attentivement ? Pourquoi ne t'ai-je pas embrassé une dernière fois, murmuré un dernier "je t'aime" ? Pourquoi suis-je parti en coup de vent et en colère ? Pourquoi ?

J'ai juste envie de te voir, de te parler, de t'embrasser, de te regarder. Toutes ces choses que j'ai fait pendant ces mois passés avec toi, toutes ces choses que je rêverai de refaire, mais je ne pourrai plus jamais. J'ai envie de pleurer en repensant à tous ces souvenirs, ces souvenirs si heureux. Notre rencontre, notre premier tête-à-tête, notre premier baiser. Tellement de choses, de choses heureuses, merveilleuses, magiques, magnifiques.

Clarisse, je t'aime, même mort, écrasé par cette satané voiture et son conducteur ivre. Je t'aime, je t'aime plus que tout, je t'aime jusqu'aux étoiles, je t'aime au delà de la mort et de la vie, je t'aime sans limites, je t'aime pour toujours.

Je t'ai laissée seule à tout jamais, mais sache que moi aussi je suis seul. Sans toi. Sans ton sourire et tes manies, sans ton amour, sans notre amour. Je ne pourrai plus jamais être heureux, même si j'accède à l'Elysée. Les mots traverseront-ils les barrières de la mort ? Aucune idée. Est-ce-que tu sais au moins que je pense à toi ? Tout le temps, chaque jour, chaque heure, chaque minute et chaque seconde.

Je t'en pris, je ne te demande qu'une seule chose. Ne me rejoint pas là où je suis, par pitié.

Always.