Salut tout le monde !
Voici le deuxième chapitre de cette fanfic. D'ailleurs, intéressant de noter qu'à la base, c'était censé être un one-shot… mais au bout de deux semaines à peine d'écriture… ben, c'est devenu une fic… comme quoi.
Je vous laisse partir à la découverte de ce chapitre en espérant qu'il vous plaira !
(remarquez le titre pourave au passage XD)
Et merci au reviews de Tsuki2608 et Nawell : ça m'a fait très plaisir :)
Disclaimer : l'univers des Légendes ©William Joyce, Les Cinq Légendes ©Dreamworks, les deux jumelles ainsi que les deux nouveaux personnages ©moi-même
Bonne lecture !
Chapitre 2 : Décisions
La jeune femme aux cheveux roux foncé contemplait le ciel d'azur derrière les carreaux du salon, une tasse de thé à la main. Son visage était emprunt de rêverie. Elle posa une main sur la poignée de la porte-fenêtre. Après un temps d'appréhension où sa bouche se tordit en tout sens, preuve d'un conflit intérieur, elle finit par ouvrir. La clameur de la ville monta brusquement jusqu'à ses oreilles, comme une grande cacophonie, amenés par le vent froid du Nord qui persistait en ce début de mois d'avril. Elle s'engagea sur le balcon. Un frisson lui parcourut l'échine. Aussitôt, elle rebroussa chemin et claqua la porte derrière elle. Tout devint à nouveau silencieux. Un homme qui avait deux têtes de plus qu'elle entra dans la pièce, une ordinateur portable sous le bras. Il l'installa sur la table basse et s'assit sur le canapé avant de l'allumer. Il détailla la jeune femme frissonnante avec un petit sourire moqueur.
- Ben alors, Stacy, encore en train de tester le balcon ? demanda-t-il ironiquement
- Oh, fous-moi la paix, rétorqua-t-elle
Elle s'affala sur le fauteuil et, dans ce brusque mouvement, du thé se renversa sur son pull à col roulé marron. Elle poussa un cri de surprise. Le jeune homme ne sourcilla pas et se contenta de se pincer les lèvres pour éviter de rire. Irritée, Stacy posa sa tasse sur la table basse. Elle se releva, étira le vêtement pour juger de l'importance de la tâche. Puis, elle alla rejoindre la cuisine dans un soupir agacé. Elle passa un coup d'eau dessus. Désabusée, elle finit par se rendre dans sa chambre et se changea. La jeune femme apparut de nouveau dans le salon vêtue d'un sweat cyan. Elle attrapa le vieux plaid verdâtre et s'enroula dedans avant de se laisser tomber dans le fauteuil. Elle avisa la télécommande et sa tasse de thé où la boisson fumait encore. Elle attrapa la première et toisa la deuxième. Elle alluma la télévision et se planta devant Super Soul Sunday, une émission qui avait pour but d'enseigner aux spectateurs comment vivre au mieux.
- Donc, d'après vous, il y a un moyen de se débarrasser de ses défauts, semblait conclure Oprah Winfrey, l'animatrice la plus en vogue des Etats-Unis
- Non, pas de se débarrasser, répondit le psychologue interviewé, à partir du moment où vous reconnaissez vos défauts, c'est déjà une manière de les combattre. Dès lors que vous les connaissez, vous vous sentirez plus en confiance, parce que vous saurez ce qui vous fait défaut. Il faudra apprendre à composer avec.
Stacy était complètement absorbée par ce que disait le psychologue. Son regard ne quittait pas l'écran. Le psychologue rajusta ses lunettes avant de poursuivre :
- Vous pouvez essayer de vous habituer à eux. Ça, c'est certain.
- Dans ce cas, que préconisez-vous ? reprenait l'animatrice
- Et bien, imaginons la situation suivante : vous êtes une personne colérique. Des accès de colère par moment, voilà ce qui vous fait défaut. Et bien, pour y remédier au maximum, et cela demande un travail sur soi intense, vous devrez d'abord avouer que vous vous êtes mise en colère. D'abord à vous-même, puis aux personnes concernées. Reconnaître l'acte, c'est la base de tout, insista-t-il en ponctuant sa phrase avec une main, ensuite, vous devez essayer de capter le moment où vous sentez la colère montez en vous. Et là arrive la phase la plus difficile : vous devez vous raisonner et calmez votre colère.
- Et ça marche avec tous les défauts ?
- Oui et même les points faibles, les peurs, le stress.
Le jeune homme qui travaillait alors sur son ordinateur releva la tête. Il se tourna vers Stacy.
- T'es vraiment obligé de regarder ces idioties ? T'as pas des devoirs ?
Puis, après un instant, il ajouta :
- Pourquoi t'es si obsédée par le froid en ce moment ? D'habitude, t'aimes pas ça. Dès qu'il fait mois de quinze degrés, tu tires la tronche, tu t'emmitoufles dans tes couettes et tes sweats et tu ne sors qu'en cas d'obligation absolue.
- Tu me croiras pas, Tmmy, marmonna-t-elle en attrapant sa tasse de thé
- Encore tes histoires d'esprits ?
Stacy demeura silencieuse et contempla la couleur translucide de sa boisson.
- Anastasie, insista Timmy
- Oui, mon cher Timothée ? répliqua-t-elle avec un grand sourire jusqu'aux oreilles
Le jeune homme soupira. Quelle tête brûlée, cette fille ! Il passa une main dans ses cheveux châtain. Il sauvegarda son document, puis se tourna vers Anastasie, de son vrai prénom.
- Ecoute, papa et maman ont bien voulu que tu restes ici avec moi. Ils comprenaient que tu n'ais pas envie de changer de lycée pendant la dernière ligne droite. Alors, bon, si tu ne leurs prouve pas qu'ils ont fait le bon choix, ils vont te ramener à eux. C'est ça que tu veux ? Aller à Seattle ? Je suis ton frère, moi, je vais pas te courir après et être tout le temps derrière toi.
- C'est quoi le rapport avec les esprits ?
- Tu peux pas passer ton temps à rêvasser et imaginez des créatures fantaisistes !
La jeune femme leva les yeux au ciel et souffla. Elle éteignit le téléviseur et traîna la patte jusqu'à sa chambre, sans un mot ni un regard pour son grand frère. Timothée l'observa jusqu'à entendre la porte claquée. Il aimait beaucoup sa petite sœur mais son caractère têtu pouvait se révéler être un véritable obstacle. Lorsque leurs parents avaient été mutés dans un cabinet juridique de Seattle, Timothée s'était installé dans son propre appartement, en plein dans Burgess, et avait décroché plutôt aisément ses premiers contrats en tant que responsable de base de données marketing. De fait, lorsqu'Anastasie, en pleine adolescence, s'était rebellée et enfermée dans sa chambre pour enfin déclarée qu'elle ne voulait pas quitter la petite bourgade de Pensylvannie, son grand frère avait proposé de la prendre en charge. Ainsi la décision fut-elle prise pour monsieur et madame Lawford de laisser leurs enfants à Burgess. Et depuis, Timothée découvrait de plus près la vie avec une adolescente de dix-huit ans, ce qui lui permit d'affirmer très rapidement qu'il n'aurait pas d'enfant avant longtemps. Néanmoins, il s'inquiétait pour sa petite sœur : depuis début mars, elle avait un comportement de plus en plus rêveur. Quand bien même elle avait une effrayante tendance à attraper un rhume au premier coup de froid, créant ainsi en elle une certaine animosité envers l'hiver, elle tentait de plus en plus souvent de passer du temps dehors. Chose que Timothée ne comprenait pas. L'hiver dernier encore quand l'envie lui avait pris de faire une bataille de boules de neige dans le jardin de leur ancienne maison, Anastasie s'était recluse près de la cheminée, emmitouflée dans la couverture de son propre lit, avec gâteau et chocolat chaud à disposition. Oui, en plus d'être têtue, elle était aussi gourmande… Bref, c'était à n'y rien comprendre aux yeux de son frère. Et s'il n'y avait que ça ! Depuis toute petite, elle était intimement persuadée qu'il existait en ce monde des êtres de la nature qui gérait le climat, les intempéries, les végétaux, le monde en somme. Complètement insensée ! D'ailleurs, depuis mars, elle n'en disait bizarrement plus un mot, mais un jour que Timothée faisait le ménage et était passé par la chambre de sa sœur, il n'avait pas pu s'empêcher de farfouiller dans les affaires de sa sœur. Sale manie, penseraient certains, mais il considérait ça comme son devoir en tant que frère et en tant que tuteur. Il avait découvert des cahiers entiers noircis de la main d'Anastasie dépeignant le caractère, les habitudes et le mode de vie de créatures tout à fait improbable. Cependant, force était de reconnaître que la jeune femme faisait preuve d'un esprit d'analyse exemplaire. Timothée avait aussi trouvé dans les tiroirs de son bureau des dizaines de feuilles volantes où étaient gribouillées avec un certain coup de main non négligeable des croquis de bêtes fabuleuses, êtres fantastiques et créatures mythiques. Souvent, l'idée que sa petite sœur puisse avoir un trouble mental ou un problème d'ordre psychologique lui avait traversé l'esprit. Par la suite, il était tombé nez à nez avec un carnet à la couverture vert buisson. Ça, c'était son journal intime. Il le savait pertinemment puisque c'était lui-même qui le lui avait offert à Noël dernier. Il avait posé la main dessus. Cependant, il s'était ravisé. Non, ça, il ne le ferait jamais. Il avait rangé le carnet à sa place et avait reprit sa tâche ménagère.
Après s'être enfermée dans sa chambre, Stacy s'affala sur son lit. Elle grogna quelques paroles inaudibles à l'encontre de son grand frère, qu'elle aimait pourtant. Puis, elle se redressa sur les bras et avisa ses affaires scolaires étalées sur le bureau. Elle souffla. Elle savait que personne ne croyait à tous ces êtres surnaturels.
Pourtant, elle, elle les avais déjà vus. La première fois, elle était alors âgée de neuf ans. Pendant un pique-nique estival, elle s'était aventuré toute seule dans la forêt. Alors qu'elle traversait un ruisseau en sautant de pierre en pierre, son pied glissa sur la dernière et elle partit en arrière. Elle avait soudain senti comme une épaisse racine d'arbre dans son dos. Puis, elle était tombée à l'eau. Au lieu de se retrouver avec le cou rompu ou une jambe tordue, elle se retrouvait simplement mouillée. Elle s'était subitement retournée et il lui avait semblé voir comme des cheveux s'éclipser derrière la cime des pins. Quelques secondes plus tard, Timothée était arrivé et s'était moquée d'elle. Aujourd'hui encore, elle se souvenait avec précision le contact de l'écorce contre son dos de fillette. Elle n'avait pas rêvé. Elle le savait. Depuis, elle nourrissait la théorie que des êtres de la nature habitaient aux côtés des humains. Autant elle avait rapidement arrêté de croire au Lapin de Pâques, à la Fée des Dents ou au Père Noël, autant elle était convaincue de l'existence d'esprits des saisons, des éléments et tous les autres composants de la nature. Elle croyait bien plus en Dame Nature qu'en Dieu, au grand damne de ses parents. Elle avait dû lire la plupart des encyclopédies sur le merveilleux et le fantastique, la majorité des romans du genre et s'était renseigné sur les partisans de ses théories, qu'ils soient vivants ou morts d'ailleurs. Elle avait fait des croquis en croisant les différentes sources littéraires, bibliques et orales. Néanmoins, malgré de nombreuses excursions en forêt, à la montagne, à la mer, à la campagne, même dans des marais, malgré de nombreuses heures à patienter, des après-midi à rester silencieuse, Stacy n'avait jamais rien vu. Mais elle y croyait dur comme fer. Et il y a un mois, un… oui, on pouvait nommer cela un miracle, un miracle s'était produit. Un esprit lui était littéralement rentré dedans alors qu'elle rentrait des courses avec son frère. Comment avait-elle su que c'était un esprit ? Il traversait les gens, sauf elle et deux garçons qu'elle l'avait vu secourir. Si ce n'était pas une preuve, ça. Mais comme il n'y avait qu'elle et ces enfants qui semblaient le voir, sa preuve s'était aussitôt envolée. Le soir même, elle avait dessiné cet esprit sur des dizaines de feuilles, qu'elles avaient quasiment toutes froissées, toujours insatisfaite du résultat. Elle avait capté ce regard bleu océan, ces cheveux blancs comme la neige, ces traits d'adolescent, cette fine taille élancée. Mais rien à faire, elle n'arrivait à pas le récréer à l'aide d'un crayon. Elle avait deviné à son sweat bleu marqué par le givre et son bâton courbé veiné de glace qu'il s'agissait de l'esprit de l'hiver. Elle avait fait des recherches et en avait conclu qu'elle avait bel et bien percuté Jack Frost. Depuis, elle cherchait désespérément à le revoir. Elle pensait tellement à lui qu'elle en vint à se demander si elle ne cherchait vraiment à la voir que pour le dessiner. Toutefois son caractère frileux l'empêchait d'aller se perdre dans la forêt, là où théoriquement devrait se trouver un esprit. Pourtant, plus les jours passaient, moins elle avait de chance de le revoir. Mais c'était plus fort qu'elle : elle ne supportait pas le froid ! Surtout qu'elle achevait sa scolarité obligatoire. Qui sait où elle serait, l'hiver prochain…
Stacy soupira. Elle se leva et s'accouda à la fenêtre, le visage dans le creux des paumes. Elle contempla les dernières neiges au loin sur les collines, avant d'observer la rue en contrebas, dont les ultimes traces de neige n'étaient plus qu'au final que de la boue tassée dans la chaussée par les voitures. Son souffle laissa une trace de buée sur la vitre. Elle traça d'un doigt la silhouette de l'esprit de l'hiver. Puis, la jeune femme aux cheveux roux foncé se tourna vers son bureau et observa d'un œil las le monticule de classeur et de livre. Elle soupira une nouvelle fois. S'il n'y avait que l'envie qui lui manquait pour ses devoirs… son cerveau, son esprit, son âme, tout son être était ailleurs ! Soudain, elle eut une idée. Un peu folle certes, mais ce n'était pas grand-chose comparée à sa passion pour ces êtres invisibles. Stacy se rua sur son bureau et passa un bras déterminée tout le long, ce qui éparpilla ses affaires scolaires par terre. Elle s'installa confortablement, attrapa une feuille blanche, un crayon à papier et commença à griffonner.
Cupamor jeta un œil au cadran lunaire qui était accroché au mur, en face de deux bureaux de pierre. Un premier rayon de lune venait d'apparaître. La nuit était tombée. Il était temps d'aller contacter l'Homme de la Lune. Mais avant, l'être aux ailes azur veinées d'or avisa le tas de feuilles qui s'amoncelaient à côté de son bureau : peu importe le temps qui passait, il ne désemplissait pas. Elle jeta un œil à sa sœur qui continuait sans relâche de répondre à tous ces humains libidineux. L'être vêtu de blanc soupira. Puis, elle inspira profondément et attrapa l'énorme pile de feuilles qu'elle avait triée, et qui représentait finalement de tels points communs qu'elle n'avait qu'une seule réponse à formuler. De son tiroir, elle extirpa un tampon. En effet, quelques décennies auparavant, constatant que les demandes étaient de plus en plus communes, Cupamor avait eu la fâcheuse impression de devoir recopier une punition où elle écrivait toujours la même chose. Des mots impersonnels. Elle avait été donc voir le Père Noël qui lui avait confectionné un tampon de son invention. Il avait la capacité d'imprimer sur plusieurs feuilles empilées en même temps. L'être aux ailes d'azur prit donc sa pile de demandes fades, les plaça devant elle, empoigna fermement son tampon et l'appliqua avec force. Quand elle l'ôta, elle contempla, légèrement dégoûtée, cette réponse imprimée en noir dans une fausse écriture manuscrite : « continuez : vous êtes sur la bonne voie. » Par la suite, elle se leva et déclara à Desidone qui n'en délogeait pas :
- Bon, je vais voir l'Homme de la Lune à propos de cette lettre.
- Hum, ok, lui répondit vaguement sa sœur
Cupamor attrapa la demande concernant Jack Frost et la coinça dans la ceinture fine de sa tunique blanche. Elle attrapa ensuite le tas de feuilles qui trônait sur son bureau de pierre et s'éclipsa de la pièce. Elle alla rejoindre une petite pièce contigüe à l'arrière de la salle dans laquelle les deux jumelles travaillaient. C'était une tout petite pièce avec en son centre un puits recouvert de rosiers aux fleurs largement écloses et aux épines énormes. Lorsqu'on s'y penchait pour tenter d'apercevoir le fond, on ne voyait que ces fleurs et ces tiges descendant semblait-il jusqu'à l'infini. L'être aux ailes d'azur veinées d'or jeta soudainement tout son travail de la journée dans ce puits sans fond. Les feuilles de papier planèrent et finirent par disparaître dans un crépitement doré.
- Une bonne chose de faite, conclut-elle en se frottant les mains
Les réponses avaient été renvoyées à leurs consciences d'origine. Maintenant que cela était fait, Cupamor avait à discuter avec l'Homme de la Lune. Elle rejoignit l'immense cour centrale, à l'avant du Temple. La nuit avait envahi les lieux. La Lune éclairait les colonnes emprisonnées dans les roses, et se reflétait dans le bassin à l'eau calme. L'être aux ailes azur veinées d'or s'en approcha. Elle contempla un instant le reflet du satellite terrestre. Elle hésita un instant. Puis, elle inspira profondément : elle se devait de remplir ses obligations. Puis, elle se pencha et plongea la main dans l'eau froide. La Lune sembla se couvrir d'un léger voile bleu. Elle darda ensuite ses rayons pâles sur le bassin. Cupamor savait désormais que la connexion était établie. Elle prit la demande de cette humaine, la déroula et la relut à haute-voix. Puis, elle demanda :
- Homme de la Lune, que dois-je faire ? Mon travail est de guider les humains vers l'amour, mais il s'agit d'un esprit…
Elle se tut. Il n'y avait que le silence à écouter et pourtant, le regard de Cupamor était rivé sur la Lune. Ses sourcils se fronçaient de temps à autre. Soudain, son expression se fit comme affligée.
- Mais… Homme de la Lune… je ne peux pas faire ça. Je ne peux pas priver une personne de l'amour qui lui est dû, bredouilla-t-elle bien qu'elle s'était attendue à ce genre de réponse
Elle observa le satellite terrestre comme s'il venait de lui annoncer une terrible vérité. Elle le détaillait avec incompréhension et une légère moue.
- Homme de la Lune, j'ai pour tâche… vous m'avez confié la tâche, insista-t-elle, de guider les consciences humaines en fonction des sentiments qu'elles avaient. Cette jeune femme éprouve… une attirance, si ce n'est de l'amour. Certes, pour un esprit. Mais c'est avant tout son cœur qui parle. Et je suis là pour l'aider.
Elle se raidit soudainement comme si on venait de lui hurler dessus. Elle baissa la tête, confuse, pareille à une enfant prise en flagrant délit.
- Non… je sais que nous ne devons pas nous immiscer dans les affaires des humains… bafouilla-t-elle en guise d'excuse
Elle releva la tête une dernière fois pour supplier l'Homme de la Lune du regard. Mais à peine ses yeux translucides rencontrèrent-ils les cratères que le satellite terrestre reprit sa douce lueur blanchâtre, et ses rayons se propagèrent partout, bien loin de se concentrer dans le bassin désormais. L'être aux ailes azur veinées d'or sursauta et se rendit bien vite à l'évidence : l'Homme de la Lune avait parlé et venait de couper court à la conversation. Elle soupira, puis reprit d'un pas las la direction de son bureau. Cupamor trouvait cela injuste. Jamais encore elle n'avait eu à faire disparaître une demande. Quand bien même elle pouvait être contre une relation, c'était du ressort des humains et de leur vie personnelle. Elle n'avait pas à s'en préoccuper. Elle ne s'impliquait pas dans leurs histoires de cœur, même si cela le paraissait. Non. Elle soufflait juste à leur conscience d'aimer. Elle pouvait donner des conseils sur la façon d'aimer, d'attirer une personne ou de s'en approcher. Mais elle ne jugeait certainement pas les relations. Elle ne cherchait pas à savoir s'il valait mieux qu'une telle se retrouve avec un tel ou un tel.
Cupamor descendit un escalier de marbre et s'enfonça dans un couloir étroit, faiblement éclairé par une torche. Elle souleva les tentures d'une petite pièce et se trouva nez à nez avec un puits. Elle se pencha et observa la fournaise en ébullition. C'était là que les jumelles devaient jeter les requêtes auxquelles elles ne devaient pas donner suite. C'était très rare mais sur ordre de l'Homme de la Lune, c'était là que les demandes finissaient.
Elle pensa à sa sœur jumelle. Desidone ne semblait pas avoir ce genre de problème. Elle se contentait d'exaucer les désirs, les envies et les fantasmes de chaque être sur cette planète. Et encore heureux qu'elle ne s'occupe que des humains, d'ailleurs… L'être aux ailes pourpre veinées d'or pouvait insuffler aux consciences des idées de son invention. Le désir étant en majorité égoïste, elle n'avait pas à se préoccuper des conséquences. C'étaient dans l'ordre des choses.
L'être vêtu de blanc attrapa la lettre concernant Jack Frost. Elle l'observa avec une petite mine affligée. Elle n'avait pas envie de laisser brûler cette demande. Mais elle repensait à la Maîtresse des Bonnes Etoiles et à son châtiment. C'était les ordres de l'Homme de la Lune, certes, mais c'était aussi son travail qu'elle bafouait ainsi. Pourrait-elle encore se regarder dans le reflet du bassin si elle venait à jeter cette demande ?
Cupamor en convint qu'en effet, il semblait plus aisé aux humains de faire l'amour que de trouver l'amour… L'être aux ailes azur veinées d'or secoua vivement la tête. Non mais ! Elle n'allait tout de même pas se mettre à penser que sa sœur avait raison. C'était tout à fait absurde ! L'amour avec un grand A existait, existe et existera toujours. Et il primera toujours sur l'échelle du bonheur par rapport aux fantasmes ! Cupamor en avait la certitude. Alors qu'elle pensait justement qu'elle devait prouver à sa sœur jumelle qu'elle avait raison, elle eut une idée. Cette pensée était totalement contraire à ses fonctions et elle aurait même dû la renier au moment même où elle lui avait traversé l'esprit. Elle avait dans l'idée de répondre à cette fameuse lettre que l'Homme de la Lune prohibait. La remarque de sa sœur l'avait tellement irritée. Après tout cela ne pouvait pas porter tant que cela à conséquence. Cupamor eut un léger sourire digne de sa sœur dans ses mauvais jours. Elle glissa malicieusement la requête dans sa tunique et quitta la pièce.
A vos claviers ! On se retrouve pour le chapitre 3 jeudi !
Disclaimer : l'univers des Légendes ©William Joyce, Les Cinq Légendes ©Dreamworks, les deux jumelles ©moi-même, l'évocation de Jackie O'Lantern ©Bel Oujisama
Je laisse ma demande :) : avis aux amatrices (je suppose que je peux mettre aux féminins sans froisser une présence masculine XD) de dessins, je recherche quelqu'un pour donner une tête à mes OCs, histoire de pouvoir les mettre aussi en couverture. Si vous voulez me proposer des dessins, je vous donne rendez-vous sur ma « galerie » DeviantArt, ici même (voir profil). Mais vous pouvez aussi m'envoyer un MP ;)
