Wicked Game
Hey ! Me voilà déjà avec le second chapitre ! J'ai essayé de le faire aussi « parfait » que possible et j'espère qu'il vous plaira autant que le premier. Sur ce, je vous laisse avec le chapitre et n'oubliez pas de laisser une review ! A bientôt ^^ ! –Plume224
Chapitre II.
Un pacte avec le diable
« Hermione ! Réveille-toi ! » j'ouvris les yeux sur le visage de Ginny, celle-ci me secouant vigoureusement. Je regardai l'heure et en effet, il était temps que je me lève et que j'aille prendre mon petit déjeuner. Tandis que je me préparais, je repensai aux évènements de la nuit. Jamais Drago Malefoy ne m'avait autant effrayé auparavant. Je l'avais toujours considéré comme un idiot qui se prenait pour le roi du monde, j'avais toujours pensé de lui qu'il était un lâche, qu'il ne mettrait jamais à exécution toutes les menaces qu'il avait proférées contre moi les cinq années précédentes. Seulement, désormais, je n'en étais plus si certaine. Cette nuit, il ne s'était pas montré particulièrement menaçant, pas plus que d'habitude en tout cas, mais il y avait eu cette lueur inquiétante dans le regard et son sourire en coin avait eu l'air plus…malveillant. Et, lorsque j'avais trouvé son message sur mon oreiller, la terreur s'était emparée de moi, m'enserrant dans ses griffes acérées. Je n'avais toujours pas deviné comment il s'y était pris pour me le faire parvenir, et je ne préférais pas le savoir. Imaginer le Serpentard dans l'obscurité du dortoir, debout près de mon lit, déposant le petit morceau de parchemin sur mes draps, me glaçait le sang. Je ne savais pas vraiment de quoi j'avais peur, je savais seulement que je devais me méfier de lui, bien plus qu'avant.
Je m'assis à la table des Gryffondor, en face de Ron. Celui-ci était occupé à dévorer le contenu de son assiette. Du jus lui dégoulinait du menton alors qu'il mâchait goulument ses œufs brouillés. Si l'on me demandait de citer la chose la plus répugnante du monde, je parlerais sans hésiter de la façon de manger du dernier garçon Weasley.
« Chalut Hermione ! Cha va ? » me demanda-t-il la bouche encore pleine. Vraiment, il ne savait pas se tenir à table.
« Oui, oui. » mentis-je. Bien sûr que je mentais, je n'allais pas bien. Du tout. Mes petits « arrangements » avec Malefoy allaient finir par me rendre folle. J'espérais qu'il se lasserait de moi rapidement, ce qui mettrait un terme à son chantage. Mais avant que tout cela ne prenne fin, j'allais devoir, à seize heure, me rendre à la salle sur demande. Qu'allait-il me faire ? Qu'allait-il me dire ? Il n'y avait qu'une façon de le savoir, et puis de toute façon, je n'avais pas tellement le choix. Je baissai les yeux vers mon assiette et déglutis. Je n'avais pas faim. Je sentais que si je me forçais à manger, toute la nourriture que j'allais ingurgiter finirait par ressortir, et si cela arrivait sur mon persécuteur, j'allais avoir des ennuis.
« Tu la veux ? » demandai-je à Ron en désignant mon assiette pleine. Il ne me répondit même pas et se rua dessus. Je laissai échapper un léger rire, décidemment, il ne changerait jamais.
« Tu es sûre que ça va ? » s'inquiéta Harry, assit à ma droite. Je lui répondis par l'affirmative, essayant d'avoir l'air le plus convainquant possible alors que je regardais droit devant moi afin qu'il ne voit pas mon regard, qui pouvait trahir mon réel état. Sauf, que je n'aurais pas dû faire cela. En effet, derrière Ron, assis à la table des Serpentard, des yeux argentés étaient posés sur moi. Un frisson me parcouru l'échine et je sentis le rouge me monter aux joues. Il me regardait comme un serpent regarderait sa proie. Et c'est ce qu'il était : un serpent sournois et dangereux. Mortel. C'était comme s'il pouvait lire mes pensées, comme s'il savait parfaitement ce que je ressentais à cet instant. Sous ce regard, j'avais l'impression de n'être plus rien, j'avais l'impression que j'allais périr s'il continuait de me regarder ainsi.
Je tournai la tête vers Harry. Je devais échapper au regard glacé posé sur moi.
« Oh ! Harry ! » m'écriai-je « J'ai oublié de te rendre ta cape ! »
« Ce n'est pas grave, tu me la rendras plus tard. »
Ne pouvait-il pas s'énerver ? Ne pouvait-il pas se lancer dans une longue tirade qui me ferait oublier le blond à l'autre bout de la salle ? Non, bien sûr que non, pourquoi s'énerverait-il contre moi pour si peu ? Je tentai alors d'engager la conversation, sans grande réussite. J'étais déstabilisée car je savais que Malefoy me fixait toujours. Soudain, du coin de l'œil, je le vis se lever et marcher en direction de la grande porte. En passant derrière Ron, il me jeta un dernier regard, qui me laissa perplexe. Dans ce regard, j'avais pu lire de la haine et du dégoût, mais il y avait quelque chose d'autre, quelque chose comme de la souffrance. Je n'écoutais plus ce qu'Harry et Ron me racontait, je ne pensais plus qu'au Serpentard, à son regard troublant. Pourquoi il y avait-il eu cette pointe de souffrance, de douleur, dans ses yeux ? Cela me hanta durant des heures entières.
Cinq minutes avant l'heure convenue, alors que je sortais de potion, je me hâtai de gagner le couloir de la salle sur demande. Depuis le matin même, je n'avais pas arrêté de regarder ma montre, j'avais peur d'être en retard, mais j'étais aussi légèrement curieuse de ce que Malefoy allait faire de moi. C'était étrange de vouloir savoir le sort que mon ennemi, mon maître-chanteur, me réservait, mais je ne pouvais pas m'en empêcher, c'était plus fort que moi. J'avais toujours été curieuse, j'avais toujours envie de tout comprendre, c'était dans ma nature. Harry et Ron allaient sûrement me chercher et se demander où j'étais passée, mais tant pis, je ne pouvais de toute façon pas leur dire où j'allais.
Lorsque j'arrivai, je trouvai le blond, adossé contre l'immense mur, le regard fixé sur le sol. Il dû m'entendre arriver car il leva brusquement la tête et me toisa de la tête aux pieds. Ni lui ni moi ne prononça un mot. Je le laissai m'étudier, faisant la même chose de mon côté. Il avait l'air, comme à son habitude, froid et distant. Je regardai ses yeux, il n'y avait plus de trace de quoi que ce soit d'autre que du dégout. Je le répugnais, je le savais parfaitement. Mais alors, pourquoi vouloir passer du temps avec moi, moi pauvre petite sang-de-bourbe insignifiante comparé à un sang-pur tel que lui ? A moins que « passer du temps » signifiait « torturer » dans son vocabulaire, je ne comprenais pas.
« Tu es pile à l'heure Granger. » souffla-t-il, brisant ainsi le silence qui s'était installé entre nous. Ensuite, il se plaça face au mur et ferma les yeux. Quelques instants plus tard, la porte, majestueuse, de la salle sur demande apparue devant lui. Elle s'ouvrit et il y pénétra. Je le suivis, l'angoisse prenant doucement le dessus sur mes autres émotions. Je me retrouvai face à des montagnes d'objets, empilés les uns sur les autres. Que voulait-il faire ici ? Pourquoi avait-il demandé cette facette de la salle sur demande ? Devant moi, je le vis déambuler entre les piles d'objet. J'eus du mal à le suivre et crus me perdre plusieurs fois. Soudain, il s'arrêta devant un immense drap qui couvrait quelque chose comme un meuble. Que pouvait bien cacher ce drap ? Et encore une fois, pourquoi Malefoy m'avait-il emmené ici ? Sans un effort, il retira le drap, dévoilant une espèce d'armoire biscornue, sans décoration aucune.
« Qu'est-ce que c'est ? » osai-je demander.
« Une armoire à disparaître. » me répondit-il, l'air grave et sérieux « J'ai eu pour mission de la réparer et j'ai besoin de toi pour savoir si elle fonctionne correctement. J'ai déjà essayé avec diverses choses, mais jamais avec un humain. »
Il ne voulait quand même pas que je monte là-dedans ? Où allais-je me retrouver en en sortant ? Et s'il l'avait mal réparée, que se passerait-il ? Alors que je réfléchissais, il ouvrit la porte de l'armoire et attendit. Il s'impatienta et commença à taper du pied.
« Et bien » grogna-t-il « qu'est-ce que tu attends pour monter là-dedans ? »
« Qu'est-ce qu'il se passera si jamais tu l'as mal réparée ? »
Il haussa les épaules, montrant qu'il n'en n'avait aucune idée. Bien, mon envie d'aller dans cette armoire diminuait de plus en plus.
« Je n'en sais rien. On verra bien. Maintenant dépêche-toi si tu ne veux pas que je t'y fasse rentrer moi-même. Ah oui et donne-moi ta baguette. » Il tendit la main, attendant que j'y dépose ma baguette. Cependant, il pouvait toujours rêver.
« Non. » déclarai-je d'un ton ferme.
« Pardon ? Tu peux répéter ? Je crois que j'ai mal entendu. » Il brûlait de colère, je pouvais clairement le voir.
« Tu m'as très bien entendu, je ne monterai pas dans cette armoire et je ne te donnerai encore moins ma baguette. J'ai accepté de passer du temps avec toi, pas d'être ton cobaye humain. »
« Bien. Dans ce cas je vais aller de ce pas raconter à Rogue tout ce que j'ai vu dans les toilettes, et aussi le fait que tu étais hors de ton dortoir cette nuit et que tu sèches les cours pour venir te détendre dans la salle sur demande. » Il sourit. Sa grimace s'étendit sur tout son visage. Je savais qu'il savait que j'allais craquer sous la menace.
« C'est bon… j'y vais. » A contre cœur, je lui tendis ma baguette et montai dans l'armoire à disparaitre. Il se plaça en face de moi, toute trace de son rictus ayant disparu. L'expression de son visage aurait pu laisser croire à cet instant qu'il avait peur. Ne sois pas idiote Hermione. De quoi aurait-il peur ?
« Surtout, laisse-toi faire. » me dit-il avant de refermer la porte. Quoi ? Pourquoi avait-il dit cela ? Je n'eus pas le temps de m'interroger d'avantage car je me retrouvai plongée dans l'obscurité. Il faisait une chaleur étouffante et l'armoire sentait la poussière humide. Je n'étais pourtant pas claustrophobe, mais j'avais l'impression de suffoquer. Si quelqu'un ne me faisait pas vite sortir, j'allais finir par faire un malaise. Quelques secondes plus tard, ce fut comme si mes prières avaient été entendues. La porte de l'armoire s'ouvrit doucement, grinçant d'une atroce et terrifiante manière. Lorsque je vis la personne qui m'avait libérée, mon sang se glaça. J'aurais préféré m'évanouir dans l'armoire.
Un sourire sadique collé au visage, Bellatrix Lestrange se tenait devant moi. Je n'osai pas bouger et si je l'avais pu, me serai évaporée. Je me sentais tellement vulnérable sans ma baguette, face à la mangemort.
« Drago a enfin trouvé un cobaye ! » ricana-t-elle « En plus, maintenant que tu es là ma chérie, cela prouve que la première partie de sa mission est terminée et mon cher neveu va enfin pouvoir passer à la seconde étape. Et tu sais quoi ? C'est la plus amusante ! » Elle était folle à lier. Elle riait et criait telle une furie alors que je tentais de ne pas laisser apparaitre ma terreur. « Mais trêve de bavardage, je vais devoir te renvoyer mais d'abord… » Je la vis sortir un poignard d'une de ses poches. Qu'allait-elle me faire ? Allait-elle me tuer ? Me renvoyer à Poudlard, certes, mais morte ? Elle s'approcha encore plus près de moi et laissa trainer la lame du couteau sur ma gorge puis elle la fit remonter derrière mon oreille et enfin vint me caresser la joue. Soudain, je sentis la lame de métal froide s'enfoncer légèrement dans ma peau et du sang coula sur ma joue. « Voilà… » murmura Bellatrix « Maintenant Drago aura la preuve que l'armoire fonctionne à merveille. »
Puis, tout redevins noir. Elle avait refermé la porte, me plongeant à nouveau dans l'obscurité. Que venait-il de se passer ? Tout cela avait été tellement rapide que je n'avais pas vraiment eu le temps de réaliser ce qu'il venait d'arriver. Malefoy complotait et préparait je ne savais quel coup tordu, avec des mangemorts. Il était de son côté. Il était avec Voldemort. Et moi dans tout cela ? Qu'allais-je faire désormais ? Sans le savoir, j'avais signé un pacte avec le diable.
La porte s'ouvrit à nouveau. Il se tenait au même endroit que lorsqu'il l'avait refermée. Je sortis en trombe de l'armoire. Je lui arrachai ma baguette des mains et la pointait dans sa direction.
« Espèce de traitre ! » hurlai-je « Comment oses-tu t'allier à eux ? Comment oses-tu LE servir ? ». La main qui tenait ma baguette tremblait sans que je ne puisse l'arrêter. J'étais morte de peur et ne m'étais toujours pas remise du choc que je venais d'avoir.
« Ça a marché… » murmura-t-il en voyant l'entaille sur ma joue « Tu crois que tu me fais peur Granger ? Tu es pathétique. » Tout en parlant, il remonta sa manche gauche, dévoilant ainsi, sur son avant-bras, l'horrible marque des sujets du mage noir. Je retins mon souffle. Il n'était plus uniquement un rival d'école, il était devenu un véritable ennemi, une véritable menace. Qu'elle était donc cette mission dont Bellatrix avait parlé ? Je devais aller en parler à Dumbledore, tant pis s'il apprenait que j'avais enfreint le règlement plusieurs fois. On ne jouait plus désormais, il n'y avait plus de marché qui tienne, des vies étaient en jeu, notre liberté à tous l'était également.
Comme s'il avait lu dans mes pensées, le jeune mangemort s'avança vers moi, d'un pas souple mais rapide, et me poussa contre l'armoire. Il colla son corps contre le mien et me bloqua les poignets. J'étais prise au piège, plus vulnérable que jamais.
« Ecoute moi bien » souffla-t-il contre mon oreille « si jamais tu parles de quoi que ce soit en rapport avec ce que tu as vu aujourd'hui à Dumbledore, à Potter ou à n'importe qui, je te tues. Je te tuerai s'il le faut Granger. Et crois-moi je n'hésiterai pas une seule seconde. Une sang-de-bourbe de plus ou de moins sur cette Terre ne changera pas grand-chose. » Je ne pouvais plus respirer tellement la terreur qu'il m'inspirait était grande. Je devais en parler, mais je savais qu'il mettrait sa menace à exécution si je le faisais. J'étais confronté au plus gros dilemme de toute ma vie. Sauver des vies et mourir ou rester en vie et voir des innocents mourir. La première solution était celle que n'importe qui devrait choisir, mais je voulais vivre. Mais ma vie valait-elle plus que celles de milliers d'innocents ? Certainement pas. Comme il l'avait si bien dit, une sang-de-bourbe de plus ou de moins sur Terre ne changerait pas grand-chose. « Maintenant, » reprit-il « sauve-moi Granger. »
Que venait-il de dire ? Venait-il de me demander de le sauver ? « Quoi ? » demandai-je d'une voix faible.
« Tu le fais exprès d'être aussi stupide ? Sauve-toi ! Dégage de là ! » Son ton était d'une méchanceté sans pareille. J'aurais voulu pouvoir protester mais je n'étais pas de taille, alors je partis en courant.
Toujours en courant je gravis les escaliers menant à la tour de Gryffondor, bousculant des élèves sur mon passage, qui me regardaient avec curiosité ou inquiétude. Ils devaient se demander la raison de l'entaille sanglante sur ma joue. Je viens de me faire menacer par un mangemort qui n'est autre qu'un élève de Poudlard, tout va bien ne vous en faites pas. Ah oui et il prépare quelque chose avec ces petits camarade à la marque noire, la routine quoi.
J'entrai dans la salle commune de ma maison et me précipitai vers les dortoirs, ne faisant pas attention à tous les visages tournés vers moi lorsqu'ils me virent. J'avais des ennuis jusqu'au cou et cette fois-ci ils étaient bien réels, loin d'une simple punition pour avoir préparé une potion dans les toilettes de Mimi-Geignarde.
Une fois dans le dortoir et après avoir vérifié qu'il était vide je m'enfermai et m'occupai de la coupure que m'avait faite Bellatrix. Elle n'était pas très profonde et disparut d'un simple coup de baguette. Par contre, ce qui était profond, c'était mon traumatisme. Jamais je ne pourrais oublier le visage de la mangemort apparaissant subitement devant moi. Jamais l'image de Malefoy, me montrant sa marque des ténèbres, ne s'effacerait de mon esprit. Je m'assis sur mon lit, la tête entre les mains. Rapidement des larmes coulèrent sur mes joues. Je ne savais pas pourquoi je pleurais, mais face à ce qu'il se passait, que pouvais-je faire d'autre ? Le destin de la communauté sorcière était en quelque sorte entre mes mains. Si j'arrivais à stopper le Serpentard, je sauverais sûrement beaucoup de vie, seulement, je devrais agir seule, sinon c'était la mort qui m'attendait. J'étais perdue. Je ne savais pas quoi faire.
Je fus tirée de mes réflexions par un coup sec frappé à la vitre du dortoir. Je relevai la tête pour voir le même hibou noir que la veille. Que voulait-il cette fois ? Me prévenir que ses menaces n'étaient pas des menaces en l'air ? Merci mais je le savais déjà. Je me levai et ouvris la fenêtre pour m'emparer du bout de parchemin. Je le dépliai, les mains tremblantes comme jamais encore. Le papier était froissé et l'encre avait coulé à certains endroits, comme si des larmes étaient tombées dessus. Lorsque je déchiffrai les mots tracés, d'une inhabituelle écriture tremblante, je crus d'abord halluciner, puis je me rappelai ce qu'il m'avait dit avant que je ne parte. A l'encre noire, était écrit.
« Sauve-moi. Je t'en supplie. »
